Dîme

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Pierre de la dîme, à Châtel-Guyon, en France

La dîme ou dime[1] (du latin decima, dixième) est une contribution volontaire ou une taxe ou un prélèvement, habituellement en soutien d’une organisation religieuse chrétienne.

Aujourd'hui, les dîmes ont été remplacées en France par le "denier du culte" (aujourd'hui denier de l'Église), qui est à la discrétion des fidèles. Plusieurs pays européens, comme l'Allemagne, rétribuent les membres du clergé et appliquent un processus lié à la fiscalité permettant d'évaluer les dîmes de certaines églises.

La dîme a également un sens économique et juridique, qui remonte au Moyen Âge. Dans cette logique, un projet controversé de dîme royale, imaginé par Vauban et l'abbé Ragot de Beaumont, ne fut jamais mis en œuvre à grande échelle.

Dans les Églises chrétiennes d'aujourd'hui, une invitation à payer la dîme est souvent faite, mais d'une façon différente selon les confessions. Certains remarquent que la dîme n'est clairement requise que dans l'Ancien Testament et considèrent qu'il s'agit d'une pratique qui n'a plus sa place dans le christianisme moderne ; d'autres estiment que la dîme est encore en vigueur.

Selon le judaïsme traditionnel, l'obligation de dîme (connue dans les Écritures hébraïques comme « Ma'aser ») continue pour les produits cultivés en terre d'Israël.

Origine dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maasser sheni.

La dîme est exposée dans le Livre du Deutéronome[2]. Le Ma'asser Sheni(hébreu מעשר שני, seconde dîme) consistait à prélever un dixième de la production agricole des première, seconde, quatrième et cinquième années du cycle septennal de la terre pour le prendre au Temple et l'y consommer. Une autre dîme, le Ma'asser 'Ani, était prélevée la troisième et sixième année du cycle septennal. Aucune dîme n'est prélevée lors de la septième année, la Shmita, car la terre doit être laissée au repos.

Cette dîme était prélevée sur le blé, le vin et l'huile et devait être consommée au sanctuaire, sauf si la distance jusqu'à Jérusalem était trop importante, la dîme devait être convertie en argent et utilisée pour acheter tout produit comestible que le propriétaire désirerait manger à Jérusalem.

Dîme dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Selon catholiques et protestants[modifier | modifier le code]

Selon l’église catholique romaine, étant donné que ceux qui servent à l'autel doivent vivre de l'autel (1 Cor 9:13 ), il devint nécessaire que certaines provisions soient attribuées aux ministres sacrés.

Au début, cela fut fourni par l'offre spontanée des fidèles. Au fil du temps, cependant que l'Église élargie et des diverses institutions mises en place, il devint nécessaire d’établir des lois qui permettraient de garantir le bon fonctionnement et le soutien permanent du clergé.

Quelques chrétiens (catholiques et protestants) soutiennent les églises et leurs pasteurs avec des contributions financières d'un type ou d'un autre. Fréquemment, ces contributions monétaires sont appelées dîmes, et représentent ou non dix pour cent de toutes choses. Certains prétendent [3] que la dîme est une coutume juive ancrée à l’époque de Jésus, qu’il n’y a pas de commandement spécifique sur la dîme elle-même dans le Nouveau Testament. Toutefois, ce point de vue insiste sur le fait que les dîmes Israëlites sont de caractère agricole, et non pas financier. Des références à la dîme dans le Nouveau Testament peuvent être trouvées dans l'Évangile selon Matthieu, l'Évangile de Luc et le livre d'Hébreux.

Pour les catholiques, le paiement de la dîme a été adopté à partir de l'Ancienne Loi, et les premiers scribes en parlent comme d’un décret divin et une obligation de conscience, plutôt que d'un commandement direct de Jésus-Christ.

Certaines dénominations protestantes citent Mathieu 23:23 comme référence pour la dîme.

Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, mais le plus important dans la loi - le droit, la miséricorde et la fidélité – vous l’avez négligé ; c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans négliger les autres[4].

et son parallèle, Luc 11:42

‘’Malheur à vous, Pharisiens ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue et de toutes les plantes potagères et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu : c’est là qu’il fallait pratiquer sans omettre le reste.’’ [5]

À cause de la mention expresse de la dîme de Jésus dans ce passage, ceux qui soutiennent la dîme croient qu'il a donné son aval à la pratique de la dîme en général. Certains chercheurs en désaccord, toutefois, remarquent que Jésus était simplement obéissant à loi mosaïque comme tout Juif et dit aux pharisiens d’y obéir tout comme ils ont affirmé vivre en vertu de cette loi.

La dernière mention de la dîme dans le Nouveau Testament est dans la Bible du roi Jacques, Hébreux 7 :1. Celle-ci renvoie à la dîme d’Abram versée à Melchisédek. Ce passage, servant surtout de confirmation au fait qu’Abraham a bien payé sa dîme à Melchisédech, ne porte pas tant sur la dîme que d'essayer de montrer la supériorité du Christ à celle de la prêtrise Lévitique.

Plusieurs passages du Nouveau Testament parlent de dons sans faire expressément mention de la dîme[6] ,[7] ,[8] , [9] ,[10] , [11].

Dîme dans l'Église primitive[modifier | modifier le code]

L'Église primitive ne parle pas de dîme. Les premiers groupes chrétiens vendent ou mettent en commun tout ce qu’ils possèdent pour la diffusion de l'Évangile. (Actes 2:44-47, Actes 4:34-3). Dans les Actes des apôtres (5:1-20), on trouve le récit d'un homme et d'une femme qui vivaient dans l’un de ces groupes. Ils vendirent une partie de leurs biens, puis ils firent don du prix de vente à l'Église. Mais comme ils affirmèrent avoir donné le montant total, ils furent frappés de mort pour avoir menti à Dieu.

Dîme au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Grange à Dîmes d'Ecouen- France
Ancienne grange aux dîmes à Kronenburg- Allemagne
La Grange aux dîmes de l'Abbaye d'Ardenne.

Les dîmes ont été adoptées par l'Église avant le VIIe siècle. Elles sont mentionnées dans les conciles de Tours en 567 et de Mâcon en 585 et elles ont été officiellement reconnues et généralisées en 779. Les paysans devaient offrir un dixième de leur récolte, alors que les artisans devaient offrir un dixième de leur production.

En Europe[modifier | modifier le code]

En Europe, des granges aux dîmes ont été construites dans les villages afin de stocker la dîme, impôt de l'ancien régime portant principalement sur les revenus agricoles collectés en faveur de l'Église catholique romaine. Celles-ci étaient souvent le plus grand bâtiment dans le village après l'église. La grange d'Écouen en offre un parfait exemple : le bâtiment est de loin le plus imposant du vieux village. Le prêtre ou le collecteur percevait la dîme, mais le plus souvent les donneurs de dîme apportaient eux-mêmes leur dîme à un point de collecte. L'obligation de la dîme est généralement acquise par achat, don à l'église, ou lorsque l’arrangement est trouvé.

Par exemple, la dîme de plus de soixante villages était due à l'abbaye de Ebstorf dans la lande de Lunebourg.

Qui perçoit la dîme ?[modifier | modifier le code]

La dîme correspond à une certaine part de la récolte (la part variant d'un évêché à l'autre et même d'une paroisse à l'autre, voire parfois à l'intérieur d'une même paroisse). Le taux était élevé dans le sud-ouest de la France (jusqu'au huitième), et en Lorraine (jusqu'au septième). Il était du onzième en Normandie, du treizième dans le Berry, du seizième en Nivernais[12], du cinquantième en Flandre maritime, presque aussi faible en Dauphiné et en Provence. En règle générale, 1/4 de la dîme revenait à l’évêché et les 3/4 restants à la paroisse.

Qui paie la dîme ?[modifier | modifier le code]

La dîme sur les céréales mécontentait parfois les paysans privés de la paille nécessaire à la litière et à la fumure. L'accaparement de la dîme par les gros décimateurs qui en détournaient l'utilisation originelle créaient aussi un malaise. Loin d'en demander la disparition, les roturiers qui la payaient volontairement sans que la hiérarchie ecclésiastique n'eût à user de contrainte, en réclamaient une meilleure utilisation dans une logique de redistribution et d'assistance, la dîme formant un ferment d'identité collective paysanne[13].

Comment la dîme est-elle perçue ?[modifier | modifier le code]

La perception de la dîme peut être confié à un fermier, soit pour la totalité de la dîme, soit pour une partie (moitié, tiers, quart, sixième, etc.) et en général pour une durée de six ou sept ans selon les régions.

La dîme est l'impôt perçu avant tous les autres. Le fermier la conserve moyennant une redevance annuelle versée soit en nature, soit en monnaie, au décimateur, c'est-à-dire le curé primitif. Le curé desservant reçoit alors du « curé primitif » la portion congrue.

Les différents types de dîme[modifier | modifier le code]

On pouvait distinguer, selon les régions et les périodes, différents types de dîmes :

  • dîme grosse : porte normalement sur les gros grains de type froment et seigle. Néanmoins, l'appellation de grosse dîme peut changer en fonction des régions et des époques. Elle peut très bien porter sur l'avoine ou même le vin[14]. En Bretagne et Normandie, à partir de l'Ancien Régime se pose le problème du sarrasin ou blé noir. Peu à peu ce grain prend une place de plus en plus importante dans les systèmes culturaux au point de devenir l'un des grains les plus cultivés dans certaines régions avec le seigle et l'avoine. Différents arrêts du parlement de Rouen ( 27 novembre 1621, 2 mars 1629 et 29 juillet 1638) donnent raison à de gros décimateurs réclamant l'appellation de grosse dîme pour le sarrasin[15].
  • dîme inféodée : dîme sécularisée perçue par un laïc, offerte aux seigneurs en échange de leur protection (voir féodalisme), pratique interdite par le troisième concile du Latran de 1179.
  • dîme menue : porte sur les bestiaux (également appelée « carnelage ») et la laine. Ce terme est aussi utilisé comme synonyme de dîme verte, "pour les menus grains de printemps (fèves, pois, etc) et les légumes en général."[16] A titre d'exemple, en 1724, le sarrasin fut jugé verte & menue dîme pour la paroisse de Cenilly (Manche)[17].
  • dîme mixte : porte sur les animaux.
  • dîme novale : porte sur des terres défrichées depuis moins de 40 ans.
  • dîme personnelle : porte sur le fruit du travail.
  • dîme solite : perçue depuis des temps immémoriaux (les dîmes insolites étant occasionnelles).
  • dîme réelle ou prédiale : porte sur les fruits de la terre.
  • dîme verte : porte sur le lin, le chanvre, les fruits et le légumes.

En 1789, les estimations de l'époque évaluent le montant de la dîme entre 70 et 130 millions de livres Après la Réforme, la dîme de l'église est de plus en plus prise en charge par l'État. Dans des pays comme l'Allemagne et la Suisse, cela reste le cas jusqu'au XIXe siècle, lorsque la dîme a été supprimée. En Angleterre, la dîme à l’église a été maintenue jusqu'au XIXe siècle et, dans certains cas à ce jour, les dîmes volontaires sont payés par les dévots. Dans certains cas, la suppression de la dîme a été accompagnée d’une taxe sur les fermiers. Cela a conduit de nombreux agriculteurs à l’endettement.

Enseignement des temps modernes[modifier | modifier le code]

Au cours des dernières années, la dîme a été enseignée dans les milieux chrétiens comme une forme d’intendance que Dieu exige des chrétiens. Le principal argument est que Dieu n'a jamais officiellement aboli la dîme et, par conséquent, les chrétiens doivent payer la dîme (généralement calculée à 10 pour cent de tous les revenus bruts de toutes les ressources), alors que, dans le Concile de Jérusalem, les Apôtres ne l’ont pas incluse dans la lettre aux Gentils (Actes 15:29 version du Roi Jacques). La dîme est habituellement donnée à la congrégation locale, bien que certains enseignent qu'une partie de la dîme peut aller à d'autres ministères chrétiens, tant que le don total est d'au moins 10 pour cent. Certains soutiennent la théologie de la prospérité enseignant que Dieu ‘’bénit ceux qui payent leur dîme et maudit ceux qui ne le font pas’’.

Controverses[modifier | modifier le code]

Certains chercheurs citent que le récit d’Abram donnant sa dîme au grand prêtre ayant eu lieu avant la loi donnée à Moïse, la dîme ne rentre pas dans la loi mosaïque et elle est donc pertinente aujourd'hui. Ainsi les membres de l'église sont invités "à mettre à part chez eux selon leurs moyens’ [I Corinthiens 16:2], et que « chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie "[2 Corinthiens 9:7].

Les opposants font valoir que les seules références à la dîme dans la Bible (ou les événements qui y font référence) ont lieu au cours de la période de la loi mosaïque, applicable seulement à des Juifs. Ils font valoir en outre que Jésus a enseigné qu’il est venu pour "accomplir" la loi ce qui, à leur avis, s'est produit à sa crucifixion, et donc les chrétiens ne sont plus obligés de payer un montant minimum, mais donnent seulement comme Dieu les dirige précisément de faire (qui peut être plus ou moins de 10 %) (2 Corinthiens 8-9). En outre, les opposants soutiennent que les enseignements de la "bénédiction-malédiction" utilisés dans la ‘théologie de la prospérité’ aboutirait à Dieu pouvant être «corrompu» ou qui «extorque». En outre, le point de vue de la bénédiction-malédiction annule l'Évangile, c'est-à-dire si l'on est maudit, alors Christ ne pourrait pas avoir été un ‘Sauveur’ et si nous pouvons obtenir plus de bénédiction par la dîme, alors nous ne pouvons pas avoir «tous les bénédictions spirituelles dans le Christ "(Galates 3:13; Éphésiens 1:3). S'il est vrai que tous les dons ne sont pas obligatoires alors la dîme est sans objet.

Les partisans affirment que l'on ne peut pas rejeter la loi au nom de son accomplissement car ce serait aussi un l'argument selon lequel les chrétiens ne sont plus obligés de vivre une vie sainte selon les dix commandements,

Stretton Smith créa un programme nommé les 4T (Tithing of Time, Talent, and Treasure), utilisé dans beaucoup d'Églises d'unité[18].

Collectes gouvernementales d’offrandes religieuses et impôts[modifier | modifier le code]

Autriche[modifier | modifier le code]

L’impôt pour l’église est obligatoire en Autriche et les catholiques peuvent être poursuivis par l'Église s’ils ne payent pas. Toute personne qui veut arrêter de payer doit déclarer par écrit, dans les locaux du conseil municipal, qu'ils quittent l'Église. Ils sont alors rayés des registres de l'Église et ne peut plus recevoir les sacrements. La taxe s'élève à environ 1 % du revenu.

Danemark[modifier | modifier le code]

Tous les membres de l'Église du Danemark payent un impôt d’église, qui varie selon les municipalités. La taxe est généralement environ 1 % du revenu imposable.

Angleterre[modifier | modifier le code]

Le droit de recevoir les dîmes (tithe) a été accordée aux églises anglaises par King Ethelwulf en 855. La dîme saladine est un impôt royal, mais évalué en utilisant les frontières ecclésiastiques, en 1188. Les dîmes devinrent légales par les statuts de Westminster de 1285. Adam Smith a critiqué le système dans la Richesse des Nations (1776), faisant valoir qu’une rente fixe encouragerait les paysans à cultiver plus efficacement. La dissolution des monastères a conduit au transfert de nombreux droits de dîmes de l'église vers les propriétaires laïcs, puis dans les années 1530 à la Couronne. Le système a pris fin avec la loi de commutation des dîmes en 1836, qui a remplacé les dîmes par une contribution foncière décidée par une Commission des dîmes. Les registres de propriétés foncières, ou Fichiers des dîmes (Tithe Files) établis par la Commission sont aujourd’hui une ressource précieuse pour les historiens.

Au départ, le Tithe Commutaton Act réduisit des problèmes des fermiers, (les contribuables du bout de la chaîne) en incluant les dîmes dans leurs fermages. Plus tard, le déclin des grands propriétaires terriens amena leurs locataires (tenants) à devenir eux-mêmes propriétaires fonciers (freeholders) et à avoir de nouveau à payer directement, ce qui conduisit à de nouvelles objections de principe de la part des non-anglicans.

Les contributions versées aux propriétaires fonciers furent converties par la loi de commutation des dîmes en rentes versées à l'État par le biais de la Commission de rachat des dîmes. Les paiements ont été transférés en 1960 au ministère britannique des contributions directes (Board of Inland Revenue) et, finalement, abolis par la loi de finances de 1977.

Finlande[modifier | modifier le code]

Les membres des églises d’État payent un impôt d’église de 1 % et 2,25 % du revenu, selon la municipalité. L’impôt d’Église est intégré dans le système national d'imposition.

France[modifier | modifier le code]

La dîme fut abolie avec les privilèges le 4 août 1789. Le 11 août 1789 fut publié le décret relatif à la suppression de la dîme.
La constitution civile du clergé de 1790 créa un clergé salarié par l'État, salariat qui fut supprimé cinq ans plus tard par la loi du 3 ventôse an III (21 février 1795) qui précise que la République ne salarie aucun culte.

Irlande[modifier | modifier le code]

Les dîmes ont été introduites après l’invasion normande de l'Irlande (conquête normande) de 1169-1172, et ont été précisées dans la bulle papale comme un devoir:... payée annuellement par chaque maison un salaire d'un penny à St Pierre, et conserver et préserver les droits des églises dans ce pays unis et inviolables. Toutefois, la collecte à l'extérieur de la zone de contrôle Normande a été sporadique.

Lors de la Réforme protestante des années 1500, la plupart des Irlandais ont choisi de rester catholiques et durent payer une dîme évaluée à environ 10 % par zone de production agricole, pour maintenir et financer l’Église d'État en place, l’église anglicane d’Irlande, à laquelle seule une petite minorité de la population était convertie. L’Église presbytérienne d’Irlande et autres minorités, comme les quakers et les Juifs ont été dans la même situation. La collecte de la dîme a farouchement résisté au cours de la période 1831-36, connue sous le nom de guerre des dîmes. Par la suite, les dîmes ont été réduites et intégrées aux loyers avec l'adoption de la loi de commutation des dîmes en 1836. Avec la loi sur la dissolution de l’église d’Irlande en 1869, les dîmes ont été supprimées.

Allemagne[modifier | modifier le code]

L’Allemagne perçoit un impôt d’église (allem. Kirchensteuer), sur toutes les personnes se déclarant être chrétiennes, d'environ 8 à 9 % de l'impôt sur le revenu, qui se situe généralement entre 0,2 % et 1,5 % du revenu total. Les recettes sont partagées entre les catholiques, luthériens, et les autres églises protestantes. En 1933, Hitler avait mentionné « impôt d’église », ajouté sur la carte officielle des impôts, ce qui signifie que la taxe pouvait être déduite par l'employeur comme l'une des autres taxes.

Certains croient que le système de taxation d'église a été établi ou a commencé par le Concordat de 1933 signé entre le Saint-Siège et le Troisième Reich. Il s'agit d'un simple malentendu ou de fausse interprétation de l'article 13 de l'Annexe (le protocole supplémentaire) du Concordat (Schlußprotokoll, § 13). L'article se lit : « Es besteht Einverständnis darüber, daß das Recht der Kirche, Steuern zu erheben, gewährleistet bleibt. », (se référer aux Liens externes). Cela se traduit par : Il est entendu que le droit de l'Église de percevoir des taxes reste garanti (se référer aux Liens externes). L'impôt d’église (Kirchensteuer) trouve ses racines dans la Reichsdeputationshauptschluss de 1803. Aujourd'hui, son fondement juridique est l'article 140 de la Grundgesetz (la « constitution »), en liaison avec l'article 137 de la constitution de Weimar.

L’impôt d’église (Kirchensteuer) est obligatoire en Allemagne pour les membres d'un groupe religieux particulier. Il est déduit au niveau de la paye. L'obligation de payer cette taxe, théoriquement commence le jour où l'on est baptisé. Toute personne qui veut arrêter de payer doit déclarer par écrit, au tribunal local (Amtsgericht) ou bureau d'enregistrement, qu'ils quittent l'Église. Ils sont alors rayés des registres de l'Église et ne peuvent plus recevoir les sacrements.

Italie (huit pour mille)[modifier | modifier le code]

Initialement, le gouvernement italien de Benito Mussolini, dans le cadre du traité de Latran de 1929 avec le Saint-Siège, versait un salaire mensuel aux membres du clergé catholique. Ce salaire a été appelé le congrua. La loi Huit pour mille a été créée à la suite d'un accord, en 1984, entre la République italienne et le Saint-Siège.

En vertu de cette loi italienne les contribuables déclarent que 0,8 % (huit pour mille) de leur impôt va à une confession religieuse ou, à défaut, à un programme d’aide sociale géré par l'État italien. Cette déclaration est faite sur un formulaire IRPEF. Les gens ne sont pas tenus de déclarer un bénéficiaire ; dans ce cas, la loi dispose que ce montant déclaré est réparti entre les bénéficiaires habituels de ces impôts en proportion de ce qu'ils ont déjà reçu de déclarations explicites. Seule l'Église catholique et l'État italien sont agréés pour recevoir cette partie de la taxe.

La dernière déclaration officielle du ministère italien des Finances a fait état, pour l'année 2000, de sept bénéficiaires : l'État italien, l’Église catholique en Italie, l'Église évangélique vaudoise (Waldenses), les communautés juives italiennes, les luthériens, l’Église adventiste du septième jour et les Assemblées de Dieu en Italie.

La taxe a été répartie comme suit :

  • 87,17 % Église catholique
  • 10,35 % État italien
  • 1,21 % Waldenses
  • 0,46 % Communautés juives
  • 0,32 % Luthériens
  • 0,28 % Adventistes du Septième Jour
  • 0,21 % Assemblées de Dieu en Italie

En 2000, l’Église catholique romaine a recueilli près d'un milliard d’euros, tandis que l'État italien a reçu environ 100 millions d'euros.

Écosse[modifier | modifier le code]

En Écosse, les dîmes (teinds en écossais) sont le dixième de certains produits de la terre affecté au maintien de l'Église et du clergé. Lors de la Réforme de l'Église, la plupart des biens ont été acquis par la Couronne, les nobles et les propriétaires fonciers. En 1567, le Conseil privé d'Écosse émit la condition que le tiers des revenus des terres devraient être destinés à payer le clergé de la réforme de Église d'Écosse. En 1925, le système a été remanié par la loi et des dispositions ont été prises pour une normalisation selon une valeur monétaire fixe. La Cour de Session a agi en tant que Cour des dîmes. Les dîmes ont finalement été supprimées par l'Abolition de l'Occupation Féodale (Scotland) Act 2000.

Espagne et Amérique latine[modifier | modifier le code]

Tant la dîme (diezmo), une taxe de 10 % sur l'ensemble des productions agricole, qu’une taxe supplémentaire de récolte des «premiers fruits» (primicias), ont été collectées en Espagne pendant la durée de l’époque médiévale et au début des périodes modernes pour le soutien des paroisses catholiques locales. La dîme a traversé l'Atlantique avec l’Empire espagnol, mais les peuples Amérindiens qui ont constitué la grande majorité de la population coloniale de l’Amérique espagnole ont été exemptés du paiement de la dîme sur les cultures comme le maïs et les pommes de terre cultivées pour leur propre subsistance. Après discussions, les Indiens de l'Amérique espagnole coloniale ont été forcés de payer la dîme sur leur production de produits agricoles européens, y compris le blé, la soie, les vaches, les porcs et les moutons. La dîme a été abolie dans plusieurs pays de l’Amérique latine, y compris le Mexique, peu après l'indépendance de l'Espagne (qui a débuté en 1810), d'autres, y compris l’Argentine et le Pérou collecte encore aujourd’hui les dîmes en soutien de l'Église catholique. La dîme avait été abolie en Espagne en 1841.

Suède[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2000, la Suède avait un mandat de collecte de l'impôt d'Église devant être payé par ceux qui appartenaient à l'Église de Suède, et collectait environ 500 millions de dollars annuellement pour l'église. En raison de changements dans la législation, la taxe a été retirée au cours de l'année 2000. Toutefois, le gouvernement suédois a décidé de poursuivre la collecte du paiement annuel auprès des contribuables qui vont toujours à l'église. Mais désormais, la taxe sera une option encadrée à part sur la déclaration d'impôt. Le gouvernement alloue ces fonds recueillis aux confessions catholiques, musulmanes, juives et à d’autres religions comme les luthériens, chaque contribuable choisissant à qui ces taxes doivent aller.

Suisse[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas d'église officielle en Suisse, mais l’ensemble des 26 cantons (états) soutiennent financièrement, au moins l'une des trois dénominations traditionnelles - catholique romaine, Vieille catholique, ou église protestante, avec les fonds collectés par l'impôt. Chaque canton a ses propres règlements concernant la relation entre l'Église et l'État. Dans certains cantons, l'impôt d’église (jusqu'à 2,3 %) est volontaire, mais dans d'autres, un individu qui choisit de ne pas contribuer à l'impôt d’église doit formellement avoir à quitter l'Église. Dans certains cantons, les entreprises privées ne peuvent pas se soustraire au paiement de l'impôt d’église.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis n'ont jamais recueilli une taxe d'Église ou une dîme obligatoire de ses citoyens. Une telle taxe est interdite par le Premier amendement de la Constitution des États-Unis. Les États-Unis et ses subdivisions gouvernementales exonèrent également la plupart des Églises du paiement de l'impôt sur le revenu (en vertu de l'article 501 (c) (3) du Code interne des revenus) et statuts similaires, ce qui permet également aux donateurs de considérer les dons comme un impôt sur le revenu soumis à déduction.

De plus, les Églises peuvent être exonérées en tout ou en partie de taxes locales comme les taxes sur ventes et les impôts fonciers. Cependant, les Églises sont tenues de retenir l'impôt sur le revenu de leurs employés ainsi que la part salariale de Sécurité sociale (Social Security) et d’assurance médicale (Medicare) des impôts, et de payer la part employeur de ces deux taxes.

Organisations religieuses[modifier | modifier le code]

Les procédures actuelles de collecte varient d'une religion à l'autre, sur une base strictement volontaire généralement :

  • par la pratique de la quête et du denier du culte dans le catholicisme et les principales églises protestantes,
  • sous forme de dîme dans certaines églises protestantes conservatrices ainsi que dans l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, mais également dans certaines communautés du renouveau charismatique catholique[19],[20],[21]
  • sous forme de frais d'adhésion pratiqués dans de nombreuses congrégations juives.
  • le principe de la zakât, le troisième pilier de l’islam qui dit que les musulmans font don de 2,5 % de leurs économies annuelles et 5 à 10 % de leurs récoltes.

Il n'y a pas de participation gouvernementale à destination des collectes d’églises (même si certaines contributions sont considérées comme exonérées comme des dons de charité), mais en raison d’exigences en matière de rapports et de fiscalité moins strictes pour les groupes religieux, quelques églises ont été placées sous contrôle juridique et médiatique pour leurs dépenses courantes.

Sens juridique[modifier | modifier le code]

Le sens juridique de la «dîme» fait référence à la pratique anglo-normande de diviser la population en groupes de dix hommes chargés de la police l’une de l'autre. Si l'un enfreint la loi, les neuf autres étaient responsables de le pourchasser, ou devaient eux-mêmes subir la peine judiciaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Académie française, « Orthographes recommandées par le Conseil supérieur de la langue française » (consulté le 5 janvier 2010)
  2. Deutéronome 14:22-29, 26:12 & 28:14
  3. ((Fact | date = Février 2007))
  4. Albright & Mann, Matthew, Anchor Bible, Vol. 26 (1971)
  5. Fitzmyer, Luke, Anchor Bible, Vol. l, 28A (1985)
  6. Bible (King James),2 Corinthiens 9:7 talks about giving cheerfully
  7. Bible (King James),2 Corinthiens 8:3, encourages giving what you can afford;
  8. Bible (King James),1 Corinthians 16 :1,verset 2 discusses giving weekly;
  9. Bible (King James),1 Timothy 5:17,verset 18 : exhorts supporting the financial needs of Christian workers
  10. Bible (King James),Acts 11:29, promotes feeding the hungry wherever they may be;
  11. Bible (King James)|James 1:27, states that pure religion is to help widows and orphans.
  12. La dîme ecclésiastique en France au XVIIIe siècle - Paul Gagnol - 1911
  13. Mathieu Arnoux, Le temps des laboureurs. Travail, ordre social et croissance en Europe, XIe-XIVe siècle, Albin Michel,‎ 2012, 378 p.
  14. Roch Drapier, Recueil des principales décisions sur les dîmes, les portions congrues et les droits et charges des curés primitifs... [Par R. Drapier.], N. P.Armand, 1730, p. 40.
  15. Louis-Françoisde Jouy, Principes et usages concernant les dîmes, Paris, Chez Durand Neveu,1775, 457 p. (p.68)
  16. Lachiver Marcel (Dir), Dictionnaire du monde rural, Fayard, 1997, 1440 p.
  17. Étienne Le Royer de la Tournerie, Nouveau commentaire portatif de la coutume de Normandie, Volume 1, 1778, p.20
  18. Official site: http://www.4tprosperity.com/
  19. Source : Olivier Landron, "Les communautés nouvelles: nouveaux visages du catholicisme français", Cerf, 2004, p.164
  20. Source : Hervé-Marie Catta et Bernard Peyrous, "Le feu et l'espérance: Pierre Goursat fondateur de la Communauté de l'Emmanuel",éditions de l'Emmanuel, 2006, p.101
  21. Source : Jean-Yves Calvez et Philippe Lécrivain, "Comprendre le catholicisme", éditions Eyrolles, 2008, p.190

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]