Dîme

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La dîme ou dime[1] (du latin decima, dixième) est une contribution volontaire, une taxe ou un prélèvement, habituellement en soutien d’une organisation religieuse chrétienne.

L'Église catholique a imposé officiellement la dîme pour ses fidèles en 567[2].

Martin Luther, le théologien à l'origine de la réforme évangélique, a rejeté l'obligation de la dîme[3].

Dans les Églises chrétiennes d'aujourd'hui, les positions varient d'une église à l'autre et selon les confessions.

La première position biblique sur le sujet est que la dîme n'est requise que dans l'Ancien Testament. Ainsi cette loi n'est plus une obligation dans le christianisme moderne.

La deuxième position est celle qui ne prend pas en compte l'application de la Nouvelle Alliance. Pour ces partisans, la dîme serait toujours une obligation à respecter sous peine de malédiction pour vol de Dieu. Dans ces groupes, les techniques de manipulation et de culpabilisation sont fréquentes. Dans certaines églises, le sujet des dons financiers ou cotisations occupent une grande partie de chaque réunion[4],[5],[6].

La dîme n'est plus considérée comme une obligation dans la religion juive[7].

Origine dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maasser sheni.

La dîme est exposée dans le Livre du Deutéronome[8] Le Ma'asser Sheni(hébreu מעשר שני, seconde dîme) consistait à prélever un dixième de la production agricole des première, seconde, quatrième et cinquième années du cycle septennal de la terre pour le prendre au Temple et l'y consommer. Une autre dîme, le Ma'asser 'Ani, était prélevée la troisième et sixième année du cycle septennal. Aucune dîme n'est prélevée lors de la septième année, la Shmita, car la terre doit être laissée au repos.

Cette dîme était prélevée sur le blé, le vin et l'huile et devait être consommée au sanctuaire, sauf si la distance jusqu'à Jérusalem était trop importante, la dîme devait être convertie en argent et utilisée pour acheter tout produit comestible que le propriétaire désirerait manger à Jérusalem.

Dîme dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Selon catholiques et protestants[modifier | modifier le code]

Pour l'Église catholique, qui utilise certaines ordonnances de l'ancien culte (Heb 9:6), le paiement de la dîme est toujours maintenu. Selon eux, le serviteur doit vivre de l'autel (1Co 9:13), comme dans l'Ancienne Alliance.

Martin Luther, le théologien à l'origine de la réforme évangélique, a rejeté l'obligation de la dîme. En effet, dans un sermon du 27 aout 1525, il rappelle le passage de Paul dans Galates 5:3 où il est dit que si j'accepte de vivre selon la loi de Moïse, je suis obliger de pratiquer toute la loi entière (Dt 28:58)[3].

Certains serviteurs évangéliques actuels se basent sur d'autres versets. La mention de Paul sur le fait de vivre de l'autel (1Co 9:13) n'est plus valable vu la Nouvelle Alliance qui a remplacé l'ancien culte (Heb 9:1). Dans le verset précédent (1Co 9:12), Paul dit qu'il a renoncé au droit de vivre de l'évangile, déclaré par Jésus, afin de ne pas créer d'obstacles à la Bonne Nouvelle. De plus, dans 1Co 9:16-18, Paul dit qu'il annonce l'évangile gratuitement, car c'est une nécessité pour lui. En effet, Paul a suivi le modèle de dévouement de Jésus qui a travaillé comme charpentier (Mc 6:3) jusqu’à l’âge de 30 ans avant de se consacrer au ministère public à temps plein (Lc 3:23). Paul était faiseur de tente (Act 18:3), et quand les offrandes étaient insuffisantes, il occupait un deuxième travail pour subvenir à ses besoins et ne pas être à charge des gens (2Th 3:8).

Certains chrétiens (catholiques, protestants et évangéliques) soutiennent les églises et leurs pasteurs avec des contributions financières d'un type ou d'un autre. Fréquemment, ces contributions monétaires sont appelées offrandes ou dîmes, et représentent ou non dix pour cent de toutes choses. Certains prétendent que la dîme est une coutume juive ancrée à l’époque de Jésus, qu’il n’y a pas de commandement spécifique sur la dîme elle-même dans le Nouveau Testament. Toutefois, ce point de vue insiste sur le fait que les dîmes Israëlites sont de caractère agricole, et non pas financier. Des références à la dîme dans le Nouveau Testament peuvent être trouvées dans l'Évangile selon Matthieu, l'Évangile de Luc et le livre d'Hébreux.

Certaines dénominations protestantes ou évangéliques citent Mathieu 23:23 comme référence pour la dîme.

Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, mais le plus important dans la loi - le droit, la miséricorde et la fidélité – vous l’avez négligé ; c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans négliger les autres[9].

À cause de la mention de la dîme de Jésus dans ce passage, ceux qui soutiennent la dîme croient qu'il a donné son aval à la pratique de la dîme en général. Certains chercheurs en désaccord, toutefois, remarquent que Jésus était simplement obéissant à loi mosaïque comme tout Juif et dit aux pharisiens d’y obéir tout comme ils ont affirmé vivre en vertu de cette loi.

La dernière mention de la dîme dans le Nouveau Testament est dans Hébreux 7 :1. Celle-ci renvoie à la dîme d’Abram versée à Melchisédek. Ce passage, servant surtout de confirmation au fait qu’Abraham a bien payé sa dîme à Melchisédech, ne porte pas tant sur la dîme que d'essayer de montrer la supériorité du Christ à celle de la prêtrise Lévitique.

Plusieurs passages du Nouveau Testament parlent de dons sans faire expressément mention de la dîme[10] ,[11] ,[12] ,[13] ,[14] ,[15].

Dîme dans l'Église primitive[modifier | modifier le code]

L'Église primitive ne parle pas de dîme. De leurs propres volontés, les premiers chrétiens ont vendu et mis en commun leurs biens. (Actes 2:44-47, Actes 4:34-3). Dans les Actes des apôtres (5:1-20), on trouve le récit d'un homme et d'une femme qui vivaient dans l’un de ces groupes. Ils vendirent une partie de leurs biens, puis ils firent don de 50% du prix de vente à l'Église. Mais comme ils affirmèrent avoir donné le montant total, ils furent frappés de mort pour avoir menti. Heureusement, ce cas isolé de mort pour avoir menti n’est pas une loi de Dieu; sinon il ne resterait pas beaucoup de chrétiens sur Terre (…). Les autres Chrétiens de Jérusalem de Act 4 ont aussi souffert de leur erreur de « communisme », non demandé par Dieu. En vendant leurs champs, ils ont perdu leur source de revenu et se sont trouvés dans la pauvreté après. Ils ont alors été forcé de mendier l’argent des autres églises (Rm 15:26;1Co 16:1), argent qui était destinés aux démunis (les orphelins, les veuves, les étrangers (Dt 26:12). Les malades et les prisonniers (Mt 25:36). Les personnes avec handicap (Lc 14:13)). Paul a été forcé de rappeler à plusieurs reprises l’importance du travail naturel pour son pain et aider les vrais démunis, qui ne peuvent pas travailler (Act 20:35; 2Th 3:8).

Dîme au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Grange à Dîmes d'Ecouen- France
Ancienne grange aux dîmes à Kronenburg- Allemagne
La Grange aux dîmes de l'Abbaye d'Ardenne.

Les dîmes ont été imposées par l'Église catholique avant le VIIe siècle. Elles sont mentionnées dans les conciles de Tours en 567 et de Mâcon en 585 et elles ont été officiellement reconnues et généralisées en 779. Les paysans devaient offrir un dixième de leur récolte, alors que les artisans devaient offrir un dixième de leur production.

En Europe[modifier | modifier le code]

En Europe, des granges aux dîmes ont été construites dans les villages afin de stocker la dîme, impôt de l'ancien régime portant principalement sur les revenus agricoles collectés en faveur de l'Église catholique romaine. Celles-ci étaient souvent le plus grand bâtiment dans le village après l'église. La grange d'Écouen en offre un parfait exemple : le bâtiment est de loin le plus imposant du vieux village. Le prêtre ou le collecteur percevait la dîme, mais le plus souvent les donneurs de dîme apportaient eux-mêmes leur dîme à un point de collecte. L'obligation de la dîme est généralement acquise par achat, don à l'église, ou lorsque l’arrangement est trouvé.

Par exemple, la dîme de plus de soixante villages était due à l'abbaye de Ebstorf dans la lande de Lunebourg.

Qui perçoit la dîme ?[modifier | modifier le code]

La dîme correspond à une certaine part de la récolte (la part variant d'un évêché à l'autre et même d'une paroisse à l'autre, voire parfois à l'intérieur d'une même paroisse). Le taux était élevé dans le sud-ouest de la France (jusqu'au huitième), et en Lorraine (jusqu'au septième). Il était du onzième en Normandie, du treizième dans le Berry, du seizième en Nivernais[16] du cinquantième en Flandre maritime, presque aussi faible en Dauphiné et en Provence. En règle générale, 1/4 de la dîme revenait à l’évêché et les 3/4 restants à la paroisse.

Qui paie la dîme ?[modifier | modifier le code]

La dîme sur les céréales mécontentait parfois les paysans privés de la paille nécessaire à la litière et à la fumure. L'accaparement de la dîme par les gros décimateurs qui en détournaient l'utilisation originelle créaient aussi un malaise. Loin d'en demander la disparition, les roturiers qui la payaient volontairement sans que la hiérarchie ecclésiastique n'eût à user de contrainte, en réclamaient une meilleure utilisation dans une logique de redistribution et d'assistance, la dîme formant un ferment d'identité collective paysanne[17].

Comment la dîme est-elle perçue ?[modifier | modifier le code]

La perception de la dîme peut être confié à un fermier, soit pour la totalité de la dîme, soit pour une partie (moitié, tiers, quart, sixième, etc.) et en général pour une durée de six ou sept ans selon les régions.

La dîme est l'impôt perçu avant tous les autres. Le fermier la conserve moyennant une redevance annuelle versée soit en nature, soit en monnaie, au décimateur, c'est-à-dire le curé primitif. Le curé desservant reçoit alors du « curé primitif » la portion congrue.

Enseignement des temps modernes[modifier | modifier le code]

Au cours des dernières années, la dîme a été enseignée dans les milieux chrétiens comme une forme d’intendance que Dieu exige des chrétiens. Le principal argument est que Dieu n'a jamais officiellement aboli la dîme et, par conséquent, les chrétiens doivent payer la dîme (généralement calculée à 10 pour cent de tous les revenus bruts de toutes les ressources), alors que, dans le Concile de Jérusalem, les Apôtres ne l’ont pas incluse dans la lettre aux Gentils (Actes 15:29). La dîme est habituellement donnée à la congrégation locale, bien que certains enseignent qu'une partie de la dîme peut aller à d'autres ministères chrétiens, tant que le don total est d'au moins 10 pour cent. Certains partisans de la théologie de la prospérité enseignent que Dieu ‘’bénit ceux qui payent leur dîme et maudit ceux qui ne le font pas’’, selon Malachie 3:8-9. Ce qui n'est toutefois pas précisé, comme le rappelle le docteur Russell Kelly, prêcheur baptiste dans son livre ("Should the church teach tithing?"), c'est que cette déclaration concernait la dîme que devaient payer les Lévites, et non les dîmes dues par le peuple. Il faut également mentionné que dans l'Alliance de la grâce, nous ne sommes plus déclarés justes selon les œuvres de la loi, mais par la foi (Gal 3:11). Un livre francophone va également dans le même sens; "Qui a dit que la dîme était obligatoire ?", Christine Hardy (chrétienne engagée), France, 2010[18].

Les positions sur la dîme varient non seulement entre dénominations, mais aussi entre conventions d'églises d'une même dénomination. En 2011, un sondage commandé par l'Association nationale des évangéliques aux USA (regroupant évangéliques libres, baptistes et pentecôtistes), faisait état des divergences sur le sujet: "58% des pasteurs ne pensent pas que la dîme est une obligation pour l'Église dans la bible, contre 42%."[19]

Exemples de positions dans différentes conventions[modifier | modifier le code]

A-Modèle de générosité, non-obligatoire

  1. Fédération des Églises évangéliques baptistes de France, France
  2. Association d'Églises baptistes évangéliques au Québec, Canada
  3. Association des Églises évangéliques Action Biblique de Suisse, Suisse

B-Obligation ou malédiction pour vol de Dieu

  1. American Baptist Churches USA, USA
  2. Southern Baptist Convention, USA
  3. Assemblées de Dieu (mondiale)

Controverses[modifier | modifier le code]

Certains chrétiens citent le récit d’Abram donnant sa dîme au grand prêtre et rappellent que cela fut donné avant la loi de Moïse, et que cela justifie son obligation actuelle. Or la bible nous dit qu’Abram a donné la dîme une seule foi dans sa vie, et c’était après avoir pris un trésor. Il a fait cela non par commandement de Dieu (comme ça été le cas quand Dieu lui a demandé de sacrifier son fils), mais par libre volonté (Heb 7:4). Même chose pour Jacob; il a dit dans un vœu volontaire qu’il donnerait la dîme, si tout allait bien dans son voyage et si Dieu lui donnait du pain. Dans le Nouveau Testament, et surtout dans la Nouvelle Alliance, les membres de l'église sont invités "à mettre à part chez eux selon leurs moyens" [1 Corinthiens 16:2], et que " chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie "[2 Corinthiens 9:7].

En effet, l'obligation du paiement des dîmes est apparue avec la loi mosaïque pour le Royaume d'Israël. Puisque Jésus a enseigné qu’il est venu pour accomplir la loi, et cela s'est produit à sa crucifixion, les chrétiens ne sont plus obligés de "payer" un montant minimum, mais donnent comme Dieu les dirige de faire (qui peut être plus ou moins de 10 %) (2 Corinthiens 8-9). En outre, les opposants soutiennent que les enseignements de la "bénédiction-malédiction" utilisés dans la ‘théologie de la prospérité’ aboutirait à Dieu pouvant être «corrompu» ou qui «extorque». En outre, le point de vue de la bénédiction-malédiction annule l'Évangile, c'est-à-dire si l'on est maudit, alors Christ ne pourrait pas avoir été un ‘Sauveur’ et si nous pouvons obtenir plus de bénédiction par la dîme, alors nous ne pouvons pas avoir «tous les bénédictions spirituelles dans le Christ "(Galates 3:13; Éphésiens 1:3). S'il est vrai que tous les dons financiers ne sont pas obligatoires alors la dîme n'est pas une obligation non plus.

Impôt religieux et gouvernemental[modifier | modifier le code]

Dans certains pays, les églises, par le biais du gouvernement, obligent leurs fidèles à payer un impôt religieux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Académie française, « Orthographes recommandées par le Conseil supérieur de la langue française » (consulté le 5 janvier 2010)
  2. http://ajonews.info/la-dime-est-elle-biblique-et-deglise-la-reponse-avec-labbe-jules-pascal-coly/
  3. a et b http://www.wordofhisgrace.org/LutherMoses.htm
  4. http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2768p024.xml4/
  5. http://www.lapresse.ca/actualites/201011/16/01-4343372-eglises-independantes-le-culte-de-largent.php
  6. http://www.publicroire.com/cahiers-ecole-pastorale/vie-et-gestion-de-l-eglise/article/la-manipulation-mentale-et-les-eglises-evangeliques
  7. http://www.samizdat.qc.ca/vc/theol/dîme.htm
  8. Deutéronome 14:22-29, 26:12 & 28:14
  9. Albright & Mann, Matthew, Anchor Bible, Vol. 26 (1971)
  10. Bible (King James),2 Corinthiens 9:7 talks about giving cheerfully
  11. Bible (King James),2 Corinthiens 8:3, encourages giving what you can afford;
  12. Bible (King James),1 Corinthians 16 :1,verset 2 discusses giving weekly;
  13. Bible (King James),1 Timothy 5:17,verset 18 : exhorts supporting the financial needs of Christian workers
  14. Bible (King James),Acts 11:29, promotes feeding the hungry wherever they may be;
  15. Bible (King James)|James 1:27, states that pure religion is to help widows and orphans.
  16. La dîme ecclésiastique en France au XVIIIe siècle - Paul Gagnol - 1911,
  17. Mathieu Arnoux, Le temps des laboureurs. Travail, ordre social et croissance en Europe, XIe-XIVe siècle, Albin Michel,‎ 2012, 378 p.
  18. http://www.avetco.fr/a/index2.php
  19. http://www.christianpost.com/news/most-evangelical-leaders-say-tithe-not-required-by-bible-49744/

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]