Osenbach

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Osenbach
Entrée du village d'Osenbach en venant de Soultzmatt
Entrée du village d'Osenbach en venant de Soultzmatt
Blason de Osenbach
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Guebwiller
Canton Rouffach
Intercommunalité C.C. du Pays de Rouffach, Vignobles et Châteaux
Maire
Mandat
Christian Michaud
2014-2020
Code postal 68570
Code commune 68251
Démographie
Gentilé Osenbachois
Population
municipale
884 hab. (2011)
Densité 158 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 12″ N 7° 13′ 08″ E / 47.9866666667, 7.2188888888947° 59′ 12″ Nord 7° 13′ 08″ Est / 47.9866666667, 7.21888888889  
Altitude Min. 325 m – Max. 750 m
Superficie 5,6 km2
Localisation

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Osenbach est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Osenbachois et les Osenbachoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Village d'Osenbach depuis les hauteurs.

Osenbach est un village de montagne qui fait partie du canton de Rouffach et de l'arrondissement de Guebwiller. Osenbach se trouve dans une contrée pittoresque qui s'élève entre 380 et 500 mètres d'altitude, où existaient autrefois des carrières de grès rouges. Les environs sont aussi remarquables du point de vue minéralogique. Le village est situé au fond de la vallée de Soultzmatt sur le versant Nord-Sud de la dépression de Wintzfelden, au point de jonction de la CD 18b et CD 40 menant de Soultzmatt à Soultzbach-les-Bains et à 25 km de Colmar par la RN 83. Les habitants sont appelés les Osenbachois. Le village est à proximité de belles forêts de sapins qui peuvent être le point de départ de multiples randonnées pédestres et équestres facilitées des « cavaliers de la vallée noble » présidée par Corinne Zirnheld et grâce aux multiples sentiers balisés par le Club vosgien. Depuis Osenbach on découvre du regard le Grand Ballon et le Petit Ballon. Osenbach marque la limite supérieure (altitude : 478 m) de la culture de la vigne en Alsace.

Lieux et écarts[modifier | modifier le code]

  • Barenthal
  • Heissenrain
  • Kalchoffen
  • Ristel
  • Scheidelrain
  • Schlossrain

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

  • l'Ochsenbach

Géologie[modifier | modifier le code]

Osenbach est situé sur une zone de transition calcaire, grès granite, avec dépôts marno-calcaire propices à l'agriculture.

Village disparu[modifier | modifier le code]

Onbach ou Ohmbach était autrefois un village près d'Osenbach qui a aujourd'hui complètement disparu. Une famille noble portait ce nom d'où le nom de cet ancien village. Un document de 1291 mentionne cette famille, « Jacobus de Onbach miles », au sujet d'une vente de bois cédé à l'abbaye de Lucelle par le couvent de la Porte des Anges de Guebwiller. Ce chevalier vendit une maison située à Rouffach aux sœurs Anne et Adeliade Kegennnin en 1301. On retrouvera ce nom dans un autre acte de vente de terrain à Rouffach en 1307. Cette famille avait comme blason au premier à deux bars l'un posé en bande et l'autre en barre, au second guilloché.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Ohsenbach, 1255
  • Ochsenbach, 1302
  • Oschenbach, 1489
  • Ossenbach, 1561
  • Osenbach en 1873

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Vue sur Osenbach depuis le hameau de Wintzfelden.

Le nom provient du cours d'eau qui prend sa source au village, l'Ochsenbach, qui veut dire le ruisseau des bœufs. Le nom a peut-être aussi pour origine le nom d'une ancienne famille noble que le liber vitae de l'église de Rouffach cite nommément, Johannes de Ochsenbach qui avait adopté le nom du lieu et qui pour emblème avait un dessin représentant une tête de bœuf qui deviendra par la suite le blason du village, puis modifié par un pic de mineur. De plus, Charlemagne aurait donné le nom à Osenbach en chassant, selon la légende du village, le nom du village signifierait « rivière des bœufs ».

L'émergence du village[modifier | modifier le code]

Osenbach fait d'abord partie du Haut-Mundat de Rouffach donné par le roi Dagobert à saint Arbogast qui vécut d'abord en ermite dans la région de Haguenau avant d'être nommé évêque de Strasbourg au VIIe siècle. Une légende rapporte que Charlemagne aurait chassé l'aurochs dans les forêts d'Osenbach. Associé à Wintzfelden, Soultzmatt et Westhalten, la région forme le Talgemeinde ou communauté de vallée. Cette vallée est alors régie en système féodal, gérée par un prévôt, appuyés par un greffier, un bourgmestre et autres conseillers. Osenbach fait donc partie de la Vallée Noble au même titre que Soultzmatt Wintzfelden et Westalthen.

Les ravages du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Clocher de l'église Saint-Étienne (XIIe siècle)
Albert Ier du Saint-Empire

Tout comme les autres villages des environs, Osenbach est incendié en 1298 par les troupes de Thiébaut de Ferrette qui guerroie pour le compte d'Adolphe de Nassau contre l'évêque de Strasbourg qui a pris parti pour Albert Ier. Au cours des guerres du Moyen Âge la localité est dévastée à plusieurs reprises, d'abord en 1375 par les Routiers, puis par les Armagnacs en 1444 à la solde du roi de France. Pendant la guerre des paysans, en 1525, ses habitants saccagent le couvent augustin de Schwartzenthann qui se trouve à Wintzfelden. Les Suédois écument la région en 1640 et s'en prennent aux populations qu'ils rançonnent et tuent. La cloche de l'église est enlevée par les Suédois. En janvier 1675 ce sont les troupes du maréchal de Turenne (1611-1675) en guerre contre les impériaux qui ravagent le village.

Un fief tenu par Antoine de Ferrette[modifier | modifier le code]

En 1442, l'évêque Conrad de Busnang transmet à Antoine de Ferrette les fiefs tenus auparavant par Werner Burggraf parmi lesquels figurait un cens de 15 setiers d'avoine provenant des biens situés sur le ban d'Osenbach.

Réputé pour ses mines[modifier | modifier le code]

Les mines furent déjà exploitées dès le XVe siècle. En 1498, une concession est accordée par l'évêque de Strasbourg, propriétaire de la vallée Noble, à deux mineurs, Martin Gutkesen et Adam Blencher pour exploiter le filon d'Osenbach. Plus tard, vers 1501, une société minière fut fondée, mais ses travaux cessèrent au bout de quatre années. C'est alors un certain Antoine Ysenschmitt de Schaffhouse qui prit l'affaire en main. Mais de fréquentes discordent entravèrent la bonne marche de l'exploitation.En 1516 une nouvelle société était à l'œuvre, mais la discorde entrava la bonne matche de l'entreprise qui fut dissoute. Entre 1590 et 1602 on fit faire des sondages en vue de trouver d'autres filons, sans succès. Entre les XVIe et XVIIIe siècles les environs d'Osenbach recèlent également des mines d'argent et de cuivre au lieu-dit de Gulden-Asel. Cette mine donnait beaucoup de minerai de pilon très riche, rendant brut 6 à 10 % de cuivre et 4 loths d'argent au quintal. Le filon était de quartz noir très dur parsemé de mine bleue. Le filon d'Osenbach était exploité au XVIIIe siècle par M. de Genssane[1] Au XVIIIe l'exploitation est louée à un particulier de Besançon. Les puits portaient des noms divers: unser lieben frau Fundgrube, St. Annagrube, Golderer Esel, Silberrain, Hanz Zabern, St. johannes, Osbergasse. On y trouve aussi des carrières de grès rouge. Il existe également des sites minéralogiques remarquables : spath fluor, etc. Les filons de minerai étaient situés au pied de la montagne appelée Heidenberg, qui se trouve à droite du ruisseau, un peu avant de prendre le chemin d'Osenbach. L'exploitation de ces mines a apporté des revenus très confortables à la commune pendant de longues années. L'exploitation des mines entre 1498 à 1850 était louée à diverses sociétés qui reversaient une partie de leur bénéfice à l'évêque de Strasbourg jusqu'à la Révolution. La dernière mine fermera définitivement en 1850.

Une autonomie administrative[modifier | modifier le code]

Osenbach qui dépendait de Soultzmatt acquiert dès 1771 son autonomie administrative. Il faudra cependant attendre jusqu'en 1793 pour que la commune soit effectivement séparée de Soultzmatt. Le nouveau maire, Mathias Mura sera chargé d'administrer la nouvelle commune. En 1816 a lieu le partage des biens entre Osenbach et Soultzmatt. Osenbach obtient 291 hectares de terrains communaux et une école fortement délabrée nécessitant d'importantes réparations.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

28 jeunes furent victimes de la guerre 1914-1918.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

15 personnes d'Osenbach sont tuées au cours de la guerre. Trois habitants furent déportés politiques sous le régime nazi.

Le tourisme vert[modifier | modifier le code]

Osenbach est un village de montagne, n'a jamais développé de vocation industrielle. L'agriculture et la sylviculture connaissent un lent déclin, et la commune mise désormais sur le tourisme vert. La population loin de régresser augmente depuis quelques années grâce à l'arrivée de populations venant de zones urbaines qui construisent des maisons individuelles. Les habitants travaillent soit à Colmar, Rouffach ou Mulhouse où de belles routes permettent d'atteindre les grandes métropoles sans trop de difficultés.

Équipement culturel et sportif[modifier | modifier le code]

En matière d'équipements culturels et sportif, la commune dispose d'une salle des fêtes, de deux terrains de football ainsi qu'un cours de tennis. La vie culturelle est animée par la Maison des Jeunes et de la Culture, la société de musique "Fraternelle" et la chorale.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Osenbach

Les armes d'Osenbach se blasonnent ainsi :
« De gueules au pic de mineur d'argent posé en pal pointant à sénestre, au chef de second. »[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maire actuel
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Christian MICHAUD UMP Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 884 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
645 448 542 596 662 708 725 804 737
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
671 676 643 645 616 681 657 655 623
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
598 592 591 579 577 524 512 553 534
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
512 542 557 702 811 831 883 884 885
2011 - - - - - - - -
884 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Église Saint-Étienne d'Osenbach
Intérieur de l'église Saint-Étienne

L'église construite vers 1100 remplaçait une ancienne chapelle dédiée à saint-Étienne qui dépendait de la paroisse de Soultzmatt. Elle fut ensuite rattachée à la collégiale de Lautenbach en 1255. Pendant le Moyen Âge, l'église grâce à son cimetière entourés de murs fortifiés, servait de refuge pour les habitants. Les Suédois, au cours de la guerre de Trente Ans vont s'emparer des cloches de l'église, dont le village dépendait à l'origine de Soultzmatt. Osenbach sera érigé en 1773 en paroisse autonome avec son propre curé. Le premier curé de la nouvelle paroisse nouvellement créée sera Antoine Boeglin dont l'épitaphe de 1809 est conservée dans le mur de la nef, côté est, à l'extérieur. De l'église primitive construite vers le XIIe siècle, il ne subsiste que le clocher qui a été rénové en 1822. Ce dernier, de style roman a été entièrement restauré en 1977 faisant ressortir son toit en forme de bâtière et ses rangées d'ouvertures. Le style de cloche est le même que celui que l'on rencontre à Soultzmatt ou Gundolsheim qui ont été construits à la même époque. À l'intérieur de l'église se trouve un vitrail représentant le martyre de Saint-Étienne le patron de la paroisse, diacre lapidé au Ier siècle, qui a été financé par un paroissien et réalisé en 1880 par le maître verrier Victor-Martin Weckerlin (1825-1909) originaire de Guebwiller. On aperçoit également une très belle statue de la Vierge du XVe ou XVIe siècle ainsi qu'une peinture représentant les quatorze auxiliateurs dont l'origine remonte au XVIIIe siècle. De l'édifice primitif on ne conserve plus que le clocher-porche et le chœur du XIIe siècle.

Fontaine Saint-Étienne (1853)[modifier | modifier le code]

Fontaine Saint-Étienne à l'entrée du village.
Fontaine de la Vierge.

Fontaine de forme octogonale, placée à l'entrée du village. Sur la colonne qui orne la fontaine, on aperçoit une statue de Saint-Étienne représenté avec ses habits de diacre du XIXe siècle. Il tient à la main la palme, symbole du martyre.

Fontaine de la Vierge (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la plus ancienne fontaine construit à la fin du XVIIIe siècle à Osenbach et qui se trouve sur la place du village. Cette fontaine est flanquée d'une colonne avec sur son sommet une statue de la Vierge Marie.

Fontaine Saint-Antoine de Padoue (1853)[modifier | modifier le code]

Fontaine installée après la seconde Guerre mondiale, à la sortie du village, au bord de la route qui va au col du Firsplan. La statue de Saint-Antoine est recouverte d'un enduit hydrofuge qui la protège des intempéries. La fontaine a été garnie avec des plaques de granit pour donner à l'ouvrage un aspect plus esthétique.

Colonne (1834)[modifier | modifier le code]

Située 1, rue Albert Schweitzer, la colonne est l'œuvre d'un tailleur de pierre d'origine allemande qui s'est établi à Osenbach au XIXe siècle. Cette colonne, dont l'œuvre a été refusée, était d'abord destinée à une église de Mulhouse. Restée dans son atelier, il décide alors de l'utiliser pour étayer la toiture de sa grange derrière sa maison.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Delbois & Joseph Koechlin-Schlumberger: Description géologique et minéralogiques du Haut-Rhin
  2. Archives Départementales du Haut-Rhin
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baquol: L'Alsace ancienne et moderne - Dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865
  • Delbois, Joseph & Koechlin-Schlumberger, Joseph: Description géologique et minéralogique du département du Haut-Rhin, Émile Perrin, Éditeur, Mulhouse, 1867

Liens externes[modifier | modifier le code]

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