Marie (mère de Jésus)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de Marie (mère de Jésus). Pour un angle de vue spécifiquement musulman, voir Maryam (mère de Îsâ).
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Bartolomeo Cincani, La Vierge et l'Enfant (v. 1500).

Marie, en grec Μαρια, Maria, en araméen Maryam ܡܪܝܡ, en hébreu Myriam מרים, en arabe Maryeme مريم, fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth, Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques).

Marie est l'objet d'une hyperdulie particulière : le culte marial, que les protestants qualifient de « mariolâtrie ».

Marie dans les sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Marie dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l'Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ange Gabriel à Marie puis à Joseph à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus, le récit de Luc donnant plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieu[note 1]. Par ailleurs, la cousine de Marie, Élisabeth, est la mère du prophète Jean le Baptiste. Dans l'épisode dit de la Visitation (Lc 1,39-56) où, en réponse à la salutation d'Elisabeth - l’Ave Maria - Marie rend grâce à Dieu en priant ce qui est appelé aujourd'hui le Magnificat.

Dans le Nouveau Testament, Jésus ne s'adresse à Marie qu'en utilisant le vocable « femme » . Il la rabroue même (Jn 2,4). On notera aussi sa manière de répondre (Lc 11,27-28) : « Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

L'évangéliste Jean, s'il mentionne plusieurs fois la mère de Jésus, ne la cite jamais par son nom mais l'appelle simplement « la mère de Jésus ».

Les textes évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc 2,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc 2,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les "docteurs de la Loi", c'est-à-dire les érudits de la Torah.

Marie apparaît à nouveau quand Jésus assiste aux noces de Cana (Jn 2,1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait (Mc 3,31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré. « Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »[B 1]

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac 1,14).

Les traditions postérieures au Nouveau Testament concernent la suite de sa vie ainsi que sa mort, supposée avoir lieu à Éphèse.

Marie dans les écrits Apocryphes[modifier | modifier le code]

Marie est l'objet de diverses traditions apocryphes. C'est de ces écrits que viennent la plupart des traditions qui la concernent. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont continuellement bénéficié d'autres formes de reconnaissance chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Outre que certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces récits, les églises sont pleines de fresques et de peintures représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La Nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si dans leur ensemble les écrits apocryphes ont été rédigés plus tardivement que ceux retenus pour former le Nouveau Testament, il semble que ce ne soit pas le cas de la totalité des éléments qui se rapportent à Marie dans les apocryphes. Selon Enrico Norelli, « certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc[1] ». Norelli estime que, si l'étude de ces traditions anciennes ne fournit aucune indication d'ordre historique, ni sur la naissance de Jésus, ni sur la vie de Marie, elle renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédications et la tradition chrétiennes.

Marie dans la tradition Chrétienne[modifier | modifier le code]

Selon le catholicisme et l'orthodoxie[modifier | modifier le code]

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth[2],[3], Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques), et qui est l'objet d'une hyperdulie particulière : le culte marial, que les protestants qualifient de « mariolâtrie ».

Dans les religions catholiques et orthodoxes, Marie est l'objet d'une vénération qui est très différente de l'adoration due à Dieu seul[4]. Cette pratique, qu'on trouve pas dans la bible provient de certaines traditions culturelles et des livres apocryphes. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique et qu'elles soient éloignées des enseignements de la bible, ces traditions ont été adopté chez les catholiques comme chez les orthodoxes.

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à la Vierge Marie, qui est l'objet d'un culte particulier, le culte d'hyperdulie qui est le culte rendu à la Vierge Marie, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges (dulie). Ce terme est à distinguer de celui d'adoration (ou latrie) qui ne convient que pour Dieu.

Une grande partie de la spiritualité mariale (l'adjectif n'est utilisé que par les catholiques) a été développée postérieurement à l'époque de la rédaction des Évangiles. Elle utilise quelques versets bibliques[B 2] en les déformants quelque peu.

Le concile d'Éphèse (431) et les suivants reconnaissent Marie comme Théotokos, celle qui, en la personne de Jésus, a mis Dieu au monde, la « Mère de Dieu ».

La virginité perpétuelle de Marie fait partie du dogme catholique et orthodoxe.

L'immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains, surtout après le XIIIe siècle.

Son dogme a été finalement précisé par l'Église catholique le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel, autrement dit que ses parents, Joachim et Anne, l'auraient conçue sans transmission du péché originel, en vertu d'une grâce exceptionnelle provenant déjà du Sacrifice de son Fils. Ainsi, Marie est rachetée comme tous les hommes, mais la différence est qu'elle le fut par anticipation. Ce dogme n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe pour qui Marie est "fille de la race d'Adam" et a été enfantée dans le péché originel comme tout homme et femme.

Seulement, par sa pureté intérieure et son « Fiat » à l'ange Gabriel, elle a eu le privilège de permettre au Verbe de Dieu de s'incarner en elle.

Pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée, et si Marie est effectivement « immaculée », elle l'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle ne se soit jamais située en dehors de la volonté de Dieu, qu'elle n'ait jamais péché.

Marie est néanmoins, comme chez les catholiques, le modèle de l'humanité à suivre et, à travers Jésus qui avant sa mort l'a confiée à son disciple, la mère de tous : alors que le péché originel a pour conséquence la mort et la tendance au péché, Marie resta toute sa vie pour les orthodoxes, comme chez les catholiques, sans jamais pécher, de sa naissance à son endormissement dans la mort. Les orthodoxes parlent de dormition et non de mort, pour la Mère de Dieu tandis que les catholiques évoquent son Assomption.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le 1er novembre 1950, ce point de foi ancien est défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août. La fête de la Dormition du 15 août célèbre, comme chez les catholiques, la mort, l’ensevelissement de la Mère de Dieu puis sa résurrection et son ascension. Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce terme reflète la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle. Les orthodoxes critiquent le nom d'Assomption qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.

D'une manière générale, pour les orthodoxes, la vénération à Marie s'inscrit donc dans un mystère, tout comme l'incarnation, à qui il se trouve lié. C'est sans doute ce qui distingue l'attitude orthodoxe d'une approche plus rationnelle de l'Occident qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes plus précis.

Marie est priée par les catholiques et les orthodoxes, qui invoquent son intercession et qui la célèbrent en particulier le 1er janvier (Sainte Marie Mère de Dieu - seulement les catholiques), le 15 août (Dormition et Assomption), le 25 mars (Annonciation), le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie) et le 8 décembre (Immaculée Conception de la Vierge Marie - seulement les catholiques).

Selon les chrétiens évangéliques[modifier | modifier le code]

Pour les chrétiens évangéliques, la foi a été « transmise une fois pour toutes » aux premiers chrétiens[B 3] et ne peut faire l'objet de modifications ou ajouts. Cette foi est expliquée dans la Bible depuis la fin des révélations et l'adoption finale du canon de la Parole, en 393[5].

Ainsi, toute forme de polythéisme ne peut être accepté car contraire à la Bible et au 1er des 10 commandements : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. »[B 4].

L'adoration et les prières sont pour Dieu seul, selon l'enseignement de Jésus, dans le Notre Père : « Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! »[B 5]

Dès le début de la Réforme, le protestantisme évangélique dénonce le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial (mariolâtrie), contraires à la Bible. Les chrétiens évangéliques ne comprennent pas les déclarations catholiques sur l'Immaculée Conception en 1854 puis sur l'Assomption en 1950. Ils rejettent également le titre de « Reine du Ciel »(Jr 44,18).

Selon eux, Marie était vierge avant la naissance de Jésus, mais a eu d'autres enfants, les frères et sœurs de Jésus cités dans les Évangiles[B 6].

Marie en dehors du christianisme[modifier | modifier le code]

Marie pour les juifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Disputations judéo-chrétiennes.

Dans le Discours véritable de Celse, uniquement connu par les nombreux extraits cités par Origène dans son livre « Contre Celse », le philosophe grec rapporte les propos d'« un juif », dont Celse dit que « ce juif » lui a tout appris. Ce « juif » lui aurait dit que Jésus était un enfant adultérin de Marie, femme d'origine misérable, fruit d'une liaison avec un soldat romain du nom de Pantera. Celse faisant prononcer cette affirmation par un rabbin, l’on a avancé qu'elle aurait été reprise de textes rabbiniques qui n'ont longtemps été connus pour l'essentiel que par les réponses polémiques des Pères de l'Église.

Ces affirmations furent vigoureusement rejetées par Origène, tout au moins dans leur aspect polémique. Son Contre Celse témoigne toutefois que dès la seconde moitié du IIe siècle, les juifs colportaient des rumeurs polémiques au sujet de la naissance illégitime de Jésus, dont le père aurait été un soldat romain du nom de Pandera[6]. « Au IVe siècle, Épiphane affirme dans le Panarion 78, 7, que Pantera était le surnom de Jacob, père de Joseph, l'époux de Marie. Dans la Didascalie syriaque, un écrit liturgico-canonique du début du IIIe siècle, la mère de Jésus est fille de Joachim, fils de Pantera, frère de Melchi, de la famille de Nathan et fils de David[6]. » Pour Simon Claude Mimouni, « cette explication paraît assez vraisemblable, d'autant que la Didascalie syriaque rapporte nombre de traditions chrétiennes d'origine juive[6]. »

Les propos de Celse semblent correspondre aux points de vue juifs très anciens qui ont été rapportés dans le Talmud, jusqu'à ce que les chrétiens en obtiennent la censure à l'aide de pressions sur la communauté juive et de pogroms, qui ont notamment eu lieu à l'époque des croisades, mais se sont poursuivis ensuite.

Ces passages censurés du Talmud sont tout de même connus, car des anciennes versions datant du XIVe siècle ont été retrouvées et parce que la même censure n'a pas eu lieu dans les pays sous contrôle musulman. D'autres textes juifs appelés Toledoth Yeshu, sorte d'évangiles populaires juifs, rapportent des informations équivalentes.

Toutefois, on peut voir que Celse s'est trompé dans le report de ce que lui a indiqué « le juif » qui lui a tout appris:

  • Pantéra ou Pandera (Panther) n'est pas un soldat romain, mais un homme partant en Babylonie (peut-être pour faire la guerre) alors qu'ils ne sont que fiancés et qui ne revient pas;
  • le père de Jésus est appelé Joseph ben Pantéra (Joseph, fils de Pantéra) et aussi Pantéra;
  • Marie n'est pas misérable, elle est même qualifiée de « femme mariée aux rois et empereurs et terminant avec un charpentier »;

On remarque aussi, que Jean Damascène et Épiphane, mentionnent dans leur généalogie de Marie ou de Joseph des aïeux légitimes du nom de Panther.

Marie pour l'islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maryam.

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم), est le nom de la mère de Îsâ, le nom de Jésus dans la tradition musulmane (appelé Yeshu dans la tradition juive). Elle est considérée comme vierge dans le Coran, tournée vers Dieu dès sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Zakarie "Zakaria" (en arabe: زكريا). Le Coran reprend le texte biblique sur la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'action du souffle de Dieu (Rûh)[C 1]. Marie est citée plus de fois dans le Coran que dans le Nouveau Testament, et la sourate 19[C 2] porte son nom. Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteint le degré de « perfection », à travers sa dévotion intense à Dieu et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation. Le Coran la présente à l'opposé des femmes maudites de Loth et de Noé, comme l'une des deux femmes bien accueillies au paradis, elle, et la femme de Pharaon de Moise, dans la sourate « Les femmes »[C 3] et dans la sourate dite de « la table servie »[C 4].

La question de la Virginité de Marie[modifier | modifier le code]

La conception Virginale de Marie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Immaculée Conception.

La Virginité perpétuelle de Marie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Virginité perpétuelle de Marie.

La Conception virginale (le fait que Jésus Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les récits de l'enfance au début des évangiles selon Luc et selon Matthieu ; il n'en est pas de même de la Virginité perpétuelle de Marie (le fait que Marie soit restée vierge toute sa vie) qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par la majorité des théologies protestantes. Cette croyance est ancienne, comme l’atteste le Protévangile de Jacques, un texte non canonique du IIe siècle où il est indiqué que Marie, fille d'Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésus[note 2] et il épousa Marie la mère de Jésus Christ. Les protestants refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie en se fondant sur les passages du Nouveau Testament mentionnant des frères et des sœurs de Jésus :

  • « N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? »[B 7].
  • « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. »[B 6]
  • « Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. »[B 8]

Il s'agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph qui étant veuf aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur ou, selon la tradition catholique et orthodoxe, de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, « Les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (brat[note 3]) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »[note 1] et les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses » en Mt 27,56 et Mc 15,40, identifiée à Marie, femme de Clopas d'après Jn 19,25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Ju 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée.

Sur cette question des frères de Jésus,

Article détaillé : Proches de Jésus.

Les protestants se basent également sur le verset de Mt 1,25 indiquant que Joseph n'a pas eu de rapport sexuel jusqu'à la naissance de Jésus (ce qui pour eux signifie qu'il en aurait eu après) : « Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

Thomas d'Aquin, un des auteurs de référence de l'Église catholique, analyse ce sujet de façon très méthodique dans sa Somme Théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 : virginité pendant l'enfantement, art. 3 : virginité après l'enfantement, art. 4 : La question du vœu de virginité (qui est une question différente et indépendante de la précédente). Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.

Saint Augustin cite les écritures à propos de cette question de la virginité perpétuelle de Marie : « Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. 2 Et Yahvé me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera ; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée. » (Ézéchiel 44,1-2).

Autre verset biblique sur ce thème : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira. »[B 9].

Le Culte Marial[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mariologie.

Apparitions et Miracles attribués à Marie[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles, des miracles ou "apparitions" ont été attribués à Marie, en particulier dans l'Église catholique qui en a reconnus un certains nombres[7]. Plusieurs sites d'apparitions mariales sont devenus des lieux de pèlerinages importants (Guadalupe, Lourdes, Fatima). Certaines personnes ont revendiqué des guérisons après avoir prié Marie (comme sainte Thérèse de Lisieux lors de sa maladie en 1883). L'Eglise Catholique indique que « par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. »[8].

Si les catholiques et orthodoxes vénèrent Marie et n'hésitent pas à la prier pour qu'elle intercède au près de son Fils afin d'obtenir un miracle[4] comme lors des Noces de Cana, les chrétiens évangéliques, considèrent Marie comme une simple servante du Seigneur[B 10],[9] qui ne peut donc pas posséder de pouvoir, guérir les gens ou révéler des choses nouvelles. Toujours selon les théologiens évangéliques, les miracles attribués à Marie ne permettent pas de rapprocher quelqu'un vers le Dieu de la bible et ne peuvent donc être considérés comme étant d'origine divine.

Représentations de quelques sanctuaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres publications sur le Web

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

L'Adoration des Mages (v. 1380), Le Maître des parements de Narbonne
  1. a et b

    « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. »

    — Lc 1,21-35

    « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : "Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous". »

    — Mt 1,18-23

    Le prophète dont il est question est Isaïe :

    « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils,et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

    — Es 7,14

    Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc 1,39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem (Mt 2,1-6; Lc 2,4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages (Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21).

  2. :« Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. » » (Protév. Jc 4,1). « Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. ». Mais Joseph protesta : « J'ai des fils, je suis un vieillard et elle est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ? » » (Protév. Jc 9,1-2).
  3. Les langues slaves précisent aussi en parlant de frère du premier degré, frère en français moderne, ou frère germain en français vieilli, différent du frère du deuxième degré (équivalent pour les Français à cousin germain)

Références Bibliques[modifier | modifier le code]

Références Coraniques[modifier | modifier le code]

  1. « Le Messie, Jésus, fils de Marie, est l'Apôtre de Dieu et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant de Dieu.» Le Coran, « Les Femmes », IV, 169, (ar) النساء
  2. Le Coran, « Marie », XIX, (ar) مريم
  3. « Les femmes » verset 171
  4. « la table servie » versets 116 et 117.

Autres Références[modifier | modifier le code]

  1. Enrico Norelli, Marie des apocryphes : Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides,‎ 26 février 2009, 177 p. (ISBN 978-2-8309-1340-8), p.9.
  2. Jean Longère, La Vierge Marie dans l'enseignement de la théologie et la catéchèse mariale adulte : communications présentées à la 58e Session de la Société française d'études mariales, vol. 58, sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, Mediaspaul Éditions,‎ 2001, 266 p. (ISBN 9782712208417), p. 25.
  3. Francesco Rossi de Gasperis, Marie de Nazareth : icône d'Israël et de l'Église, vol. 64, Parole et Silence,‎ 15 mars 2004, 139 p. (ISBN 9782845732285).
  4. a et b Catéchisme de l'Église Catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME,‎ 2013, 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne), N°971.
  5. Pierre BLOND, « Pourquoi 66 Livres ? Le Canon », sur promesses.org, Promesse, revue de réflexion biblique,‎ mars 2003 (consulté le 19 décembre 2014).
  6. a, b et c Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel,‎ 10 novembre 2004, 261 p. (ISBN 978-2226154415), p. 109.
  7. Voir sur ce point l'article Apparitions Mariales reconnues par l'Eglise Catholique
  8. Catéchisme de l'Église Catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME,‎ 2013, 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne), N°969.
  9. « Les apparitions de Marie, telles que Notre Dame de Fatima, sont-elles de véritables messages de la part de Dieu ? », sur gotquestions.org, Got Question ? (consulté le 19 décembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Dogmes catholiques et orthodoxes[modifier | modifier le code]

Prières mariales[modifier | modifier le code]

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