Jours des Rogations

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Procession des Rogations en 1992 en Westphalie

Les jours des Rogations sont, dans le calendrier liturgique tridentin, les trois jours précédant immédiatement l'Ascension. Ce terme n'est aujourd'hui plus qu'utilisé par les Églises catholique (surtout les traditionalistes), anglicane et quelques églises orthodoxes. Le mot « Rogation » vient du latin rogare, qui signifie « demander ». Ce terme sert à qualifier cette période de l'année car l'Évangile du dimanche précédent comprend le passage « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7).

Le terme rogation, latin rogatio, signifiait originellement « demande » et a pris le sens de « prière, supplique » en bas latin et de « prière accompagnée de processions » en latin ecclésiastique.

Historique de l'usage et des prières rogatoires[modifier | modifier le code]

Cette fête, encore appelée les Litanies Mineures, introduite par saint Mamert en 474 dans la vallée du Rhône. À cette époque, les rogations ont pris la place, dans le calendrier, de la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille qui se déroulaient le sixième jour avant les calendes de mai[1]. Le récit de l'institution de Saint Mamert nous est connu par une homélie de Saint Avit, successeur de Mamert à la tête de l'évêché[2]. Toutefois, il n'est pas démontré pour l'instant que le rite lui-même fasse écho à des pratiques païennes antérieures[3].

Lors du Concile d'Orléans (511), les évêques réunis sanctionnent la pratique par des décrets et son usage est institué à toutes les provinces reconnaissant l'autorité de Clovis avant d'être véritable étendu à toute la Gaule. En 567, les décisions du concile sont renforcées par les confirmations des conciles locaux de Lyon et de Tours qui rendent aussi fériés ces trois jours. Entre le VIIe et le IXe siècles, les rogations s'étendent dans tout l'Occident.

Pratiques traditionnelles[modifier | modifier le code]

Ce dimanche lui-même était appelé dimanche des Rogations. Ce jour marquait, avant le concile Vatican II, le début d'une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite par les Églises catholique et anglicane. Des processions étaient organisées dans les chemins parcourant les champs dans tous les pays catholiques. Les croix de station au bord des chemins des campagnes en rappellent le souvenir.

Les fidèles observaient traditionnellement pendant les Rogations un jeûne afin de se préparer à la célébration de l'Ascension et les prêtres bénissaient les cultures.

Depuis Vatican II[modifier | modifier le code]

Lors de la réforme liturgique catholique en 1969, le nouveau Calendarium romanum a maintenu les prières des Rogations, mais en précisant qu'elles pouvaient ne pas être célébrées à la même date sur toute la terre. Il donnait tâche aux conférences épiscopales pour en fixer « la discipline ». Les Églises anglicanes supprimèrent les Rogations en 1976.
A ce jour, la Conférence épiscopale française n'a rien fixé et nulle mention n'est faite dans les missels "ordinaires" français; cependant, le Cæremoniale episcoporum de 1984 (aux chapitres 381 à 384) y fait nettement référence dont: "Il est bon que, dans chaque diocèse, compte tenu des circonstances et des coutumes locales, l'évêque veille avec soin à ce que l'on trouve un bon moyen d'observer la liturgie des Rogations..." (chapitre 383).

Le calendrier liturgique tridentin remis à l'honneur par le pape Benoît XVI a conservé cette fête.

  • le lundi : la procession des Rogations est suivie de la messe des Rogations.
  • le mardi : comme lundi
  • le mercredi : comme lundi (ce jour tombe la veille de l'Ascension).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hacquard, Dautry et Maisani, Guide romain antique, Paris, Hachette, coll. « Roma »,‎ , 224 p. (ISBN 978-2-903528-22-5), La religion, « Le culte public »
  2. Cf. la traduction en français dans André Guillerme, Les temps de l'eau, Seyssel, Champ Vallon, coll. « milieux »,‎ , 264 p. (ISBN 978-2-01-000488-9, ISSN 0291-7157), Villes sacrées, « L'origine des rogations mineures ».
  3. F. Cabrol et H. Leclercq, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 12, Paris, Librairie Letouzey et Ane,‎ (réimpr. 1920,1925,1928,1953), « Rogations ».