Tradition

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La tradition désigne la transmission continue d'un contenu culturel à travers l'histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial (du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »). Cet héritage immatériel peut constituer le vecteur d'identité d'une communauté humaine. Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective : le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l'enrichir. Avec l'article indéfini, une tradition peut désigner un mouvement religieux par ce qui l'anime, ou plus couramment, une pratique symbolique particulière, comme les traditions populaires.

Dans le langage courant, le mot tradition est parfois employé pour désigner un usage, voire une habitude, consacré par une pratique prolongée au sein d'un groupe social même restreint (par exemple une tradition familiale).

Le concept de tradition revêt un sens différent dans le mot traditionalisme, qui représente une volonté de retour à des valeurs traditionnelles, et non de transmission d'un héritage à travers l'évolution historique. Le traditionalisme est l'opposé du progressisme. Il ne s'agit donc pas d'une notion directement liée à la définition première de la tradition.

Religion[modifier | modifier le code]

Sciences humaines[modifier | modifier le code]

Une tradition est, en sociologie, une coutume ou une habitude qui est mémorisée et transmise de génération en génération, à l'origine sans besoin d'un système écrit. Les outils pour aider à ce processus incluent des éléments de poésie comme la rime et l'allitération. Des histoires sont bâties pour une ritualisation de la pensée autour d'une manière de faire et de ses accessoires, désormais fortement relayées par la publicité et les lois.

Le lien entre la tradition et la modernité est complexe à étudier. De traditions anciennes et orales peuvent naître peu à peu des traditions modernes et écrites, à une autre époque, dans un autre espace. Avec un emprunt au risque de l'origine, et quand faire sien, c'est alors faire autrement comme l'explicite l'anthropologue Martyne Perrot ("Faire sien", Communications, n°77, 2005, Centre Edgar Morin, EHESS). De nombreux chercheurs en sciences sociales (philosophie, sociologie, anthropologie, histoire, histoire de l'art...) ont travaillé sur ce thème. Parmi les chercheurs réputés, confirmés ou débutants, on citera comme différents exemples :

  • Georg Simmel (sociologie, philosophie) sur l'art, la culture, l'argent, la mode, la sociabilité
  • Norbert Elias (sociologie) sur les sociétés occidentales, les mœurs, le corps, la violence, le sport
  • André Leroi-Gourhan (anthropologie, paléontologie) sur l'art et les techniques
  • Roland Barthes (Sémiotique, linguistique) sur la mode, l'art, le langage et la culture
  • Maurice Godelier (anthropologie) sur la famille et la parenté
  • François Cheng (poésie, philosophie) sur l'art et la philosophie chinoise
  • Howard Becker (sociologie) sur l'art, la déviance et le métier de sociologue
  • Arjun Appadurai (anthropologie) sur la culture matérielle, l'Inde, les objets
  • Françoise Hériter (anthropologie) sur la parenté, le corps et le genre
  • Mike Davis (sociologie, géographie) sur Los Angeles, la ville et l'urbanisme,
  • Serge Gruzinski (histoire) sur le Mexique et la colonisation,
  • Daniel Miller (anthropologie) sur la ville, le quartier, les magasins et Londres,
  • Laurier Turgeon (anthropologie) sur la culture matérielle et la consommation
  • François Hartog (histoire, anthropologie historique) sur la représentation de l'autre et le travail de l'historien,
  • George Vigarello (histoire, anthropologie historique) sur le corps, la beauté, le sport, la santé, le viol
  • Pascal Ory (histoire) sur les cercles intellectuels en France et la gastronomie française,
  • Jean-Louis Flandrin (histoire, anthropologie historique), Claude Fischler et Jean-Pierre Corbeau (sociologie, anthropologie) sur le changement des habitudes alimentaires à travers le temps et l'espace,
  • Adrien Lhem (anthropologie) sur la fête d'Halloween,
  • Sylvie Sanchez (anthropologie) sur la pizza et la cuisine (anthropologie)
  • Julien Lefour (anthropologie, sociologie) sur le vin et la cuisine
  • Antonio Casillii (anthropologie, sociologie) sur l'évolution des usages corporels du web, etc.

Différence entre coutume et tradition[modifier | modifier le code]

La tradition est universelle[1] et se présente souvent sous différentes formes selon les pays, mais une tradition n'est pas toujours à l'échelle nationale, elle peut être familiale. La coutume est une histoire de localité, de région. Les traditions illustrent l'histoire des peuples La tradition est une transmission culturelle qui dure à travers le temps et concerne des doctrines qui peuvent être religieuses, morales, politiques, etc… Les traditions se transmettent de génération en génération et il s’agit plus d’une pensée et d’un état d’esprit qui entoure des faits et des habitudes. Une coutume est une pratique qui s’applique à travers les générations afin de reproduire et de conserver les mêmes habitudes et les mêmes agissements anciens d’un peuple, d’un pays ou d’une famille. La coutume et la tradition sont intimement liées et sont souvent associées mais la tradition peut être définie comme la pensée qui entoure la mise en application concrète de coutume dans les faits.

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Sens particulier en droit[modifier | modifier le code]

Dans les matières juridiques, la tradition est la remise de la chose objet d'un contrat. Le terme est issu du latin Traditio, entendu comme la remise de la chose nécessaire pour former un contrat de vente ou un contrat de prêt en droit romain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Nguema Ndong et Triangle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]