Ebersmunster

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Ebersmunster
Vue du village et de l'église.
Vue du village et de l'église.
Blason de Ebersmunster
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Sélestat
Intercommunalité C.C. de Sélestat
Maire
Mandat
Sylvie Hirtz
2014-2020
Code postal 67600
Code commune 67116
Démographie
Gentilé Ebersmonastériens, Ebersmonastériennes
Population
municipale
471 hab. (2011)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 43″ N 7° 31′ 29″ E / 48.31194444, 7.52472222 ()48° 18′ 43″ Nord 7° 31′ 29″ Est / 48.31194444, 7.52472222 ()  
Altitude Min. 160 m – Max. 168 m
Superficie 7,39 km2
Localisation

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Ebersmunster
Vue intérieure de l'église.
Les stalles du chœur.

Ebersmunster (alsacien: Awerschmínster, allemand Ebersmünster) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ebersmunster est située dans la plaine d'Alsace, à environ quarante kilomètres au sud de Strasbourg et une trentaine de kilomètres au nord de Colmar.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au temps des Celtes, l'île de Noviento, formée par les bras de l'Ill, constitue un lieu de culte en l'honneur du dieu Teutatès, plus connu sous le nom de Toutatis. Lors de la colonisation romaine, le lieu fut dédié à Mercure et à Diane. Le lieu devait être d'importance puisque Jules César y fit faire un sacrifice à Mercure après sa victoire sur les Germains. Le temple ou l'église furent rasés par Attila, et seuls quelques ermites religieux s'installèrent sur place. Vers 675, l'abbé irlandais Déodat (le futur saint Dié) fonde une communauté de moines sur le domaine donné par le duc d'Alsace Adalric, père de sainte Odile. Sous les Mérovingiens, le monastère de Ebrotheim devient un centre de christianisation de la Moyenne Alsace. La famille de Ducs d'Alsace fait de nombreuses donations à l'abbaye d'Ebersmunster. Ces possessions s'étendent dans près de 80 villages le long de l'Ill et du vignoble de Mulhouse à Erstein au nord. Ces biens devaient permettre aux moines de vaquer à la prière, de faire œuvre d'évangélisation et de donner l'aumône aux pauvres. À la suite du synode d'Aix-la-Chapelle de 817, la communauté d'Ebersmunster adopte la règle bénédictine au cours du IXe siècle.

Le 2 février 1445, l'abbaye est attaquée. En 1525, durant les guerres des Rustauds, l'abbaye est occupée et pillée par un groupe de paysans. Le 21 octobre 1624 est fondée à Ebersmunster la congrégation bénédictine dite de Strasbourg, groupant les monastères alsaciens d'Altorf, d'Ebersmunster et de Marmoutier, ainsi que des abbayes badoises. Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1632, l'église, l'abbaye et la ville d'Ebersmunster sont incendiés par les troupes suédoises du maréchal Gustaf Horn. Les moines s'établissent à l'Hôtel d'Ebersmunster, construit au XVIe siècle à l'intérieur de l'enceinte de Sélestat. Ils reviennent à Ebersmunster après les traités de Westphalie, celui de Münster pour l'Alsace en 1648. L'église et le monastère sont lentement reconstruits. Le 15 mai 1785, Jean-Baptiste-Joseph Gobel, évêque auxiliaire de Bâle et futur évêque constitutionnel de Paris, donne en l'église d'Ebersmunster la bénédiction épiscopale à Jean-Jacques Lantz, évêque auxiliaire de Strasbourg.

Durant la Révolution française, les moines sont dispersés et les biens vendus aux enchères comme biens nationaux. Le 24 septembre 1792, la bibliothèque qui comportait 9 025 volumes est transportée jusqu'à Strasbourg à bord de 5 péniches, les ouvrages seront détruits en place publique. En 1829, l'abbaye, qui a servi à des usages différents durant la Révolution, est acquise par les Frères marianistes qui y installèrent une école normale et un noviciat. Depuis 1889, elle est le siège d'une œuvre éducative des Sœurs de St Joseph de Saint-Marc.

Au XIXe siècle, Ebersmunster était un point de péage et de transbordement des marchandises qui étaient transportées par voie fluviale sur l'Ill entre Mulhouse et Strasbourg. Les marchandises qui y transitaient était du bois, de la paille, du foin, du gravier, du sable, mais aussi du vin. Les bateliers devaient acquitter un péage en fonction des marchandises transportées. Une fois ce péage acquitté, le pont sur lequel la rue principale passait, était relevé pour permettre aux bateaux de continuer leur voyage.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Ebersmunster

Les armes d'Ebersmunster se blasonnent ainsi :
« D'azur à la façade d'église de deux tours d'argent, posée sur une champagne d'or chargée d'un sanglier de gueules. »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1978 mars 1983 Henri Keller    
mars 1983 mars 2008 Paul Heiligenstein    
mars 2008 en cours Sylvie Hirtz[2]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 471 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
736 713 789 1 053 1 025 915 919 921 859
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
930 1 011 870 822 689 640 611 668 663
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
648 645 615 584 485 443 447 396 489
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
463 436 407 434 445 435 470 471 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église abbatiale Saint-Maurice[modifier | modifier le code]

L'abbatiale Saint-Maurice a été détruite en 1632 et reconstruite début du XVIIIe siècle en style baroque allemand, c'est une des plus belles de l'est de la France. Le chœur de l’abbatiale actuelle date de cette reconstruction. La nef fut mise en chantier en 1725 par l'architecte autrichien Peter Thumb. Le gros œuvre fut terminé en 1728 et la décoration intérieure achevée en 1759. Á l'intérieur, les peintures de la voûte et des plafonds sont consacrées à saint Maurice (patron de l'église) et à saint Benoit (à l'origine, l'abbaye était une abbaye bénédictine). On peut aussi admirer le maître-autel qui date de 1728 et qui est l'œuvre de Jean-Léonard Meyer. L'orgue a été réalisé entre 1730 et 1732 par André Silbermann (1678-1734), c'est un des mieux conservés du maître. Il a été restauré entre 1997 et 1999 dans le plus grand respect historique.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

André Silberman

Culture[modifier | modifier le code]

Chaque année entre les mois de mai et juillet, Les Heures Musicales d'Ebersmunster, organisées par l'Association des Amis de l'Abbatiale, offrent à un public averti une demi-douzaine de concerts. Les produits issus de ces Heures Musicales sont entièrement affectés au financement de travaux de restauration en l'église Abbatiale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  2. [PDF] [~~~http://www.bas-rhin.pref.gouv.fr/site/fichier.php\?idFichier=597&nomFichier=Liste_des_Maires_du_Bas_Rhin_au_1er_avril_2008.pdf Liste des maires au 1 avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.]
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011


Liens externes[modifier | modifier le code]

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