Thibaut Ier de Navarre

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Thibaud Ier
Image illustrative de l'article Thibaut Ier de Navarre
Titre
Roi de Navarre
1234 – 1253
Prédécesseur Sanche VII
Successeur Thibaut II
Biographie
Dynastie Maison de Champagne
Date de naissance 30 mai 1201
Lieu de naissance à Troyes, (France)
Date de décès 14 juillet 1253
Lieu de décès Pampelune (Navarre)
Père Thibaut III de Champagne
Mère Blanche de Navarre (1177-1229)

Thibaut Ier de Navarre
Monarques de Navarre
Thibaut de Champagne.
Thibaud le Chansonnier.

Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Posthume » puis « Thibaud le Chansonnier », né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de 1201 à 1253 (sous le nom de Thibaud IV), et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibaud Ier).

Le comte de Champagne[modifier | modifier le code]

Il était fils de Thibauld III, comte de Champagne, et de Blanche de Navarre (1177-1229). Son parrain fut Philippe Auguste, roi de France qui l'éduqua à la cour. Il y fut confié aux bons soins de Blanche de Castille, épouse du prince héritier, le futur Louis VIII, cousine de son père par Aliénor d'Aquitaine et petite-cousine de sa mère par les couples García V de Navarre - Marguerite de l'Aigle et Alphonse VII de Castille - Bérengère de Barcelone.2

Après que la succession lui eut été contestée par un cousin (Guerre de succession de Champagne, 1216-1221), Thibaut prit en main l'administration de ses États.

Vers 1220, il épousa Gertrude de Dabo (1204 † v. 1225), fille d'Albert II de Dabo-Moha, comte de Dabo, de Moha et de Metz, et veuve de Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en espérant s'approprier le comté de Metz. Après l'échec de cette tentative, il répudia Gertrude.

En 1223, il épousa en secondes noces Agnès de Beaujeu, cousine du futur Saint-Louis qui fut sa compagne de jeux à la cour de France et mourut en 1231. Elle était fille de Guichard IV, sire de Beaujeu et de Sibylle de Hainaut. Ils eurent :

En 1224, il participa aux campagnes de Louis VIII contre les Anglais, et notamment au siège de La Rochelle, puis contre les Cathares, mais quitta la croisade une fois effectué les quarante jours de service requis, au grand mécontentement du roi.

En 1228, il servit de négociateur, avec l'accord du comte de Toulouse, dans l'élaboration du projet de traité de Paris, qui mettra fin à la croisade des Albigeois.

En 1232, il épousa en troisième noces Marguerite de Bourbon (1211-1256), fille d'Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et d'Alix de Forez qui lui donnera :

En 1234, Thibaud reçut la couronne de Navarre, après la mort de Sanche VII le Fort, son oncle, frère de sa mère Blanche de Navarre.

Pendant la minorité de Louis IX, Thibaut rassembla autour de lui quelques « Barons » formant une ligue des grands vassaux qui voulaient s'opposer au sacre du jeune roi, mais les trahissant, il se rendit rapidement auprès du roi et se soumit. Ses alliés, indignés de cette défection, se jetèrent aussitôt sur son comté qu'ils ravagèrent et ils en auraient pris la capitale, Troyes, si l'armée royale n'était venue la secourir. Les rebelles, poursuivis jusqu'à Langres, y furent dispersés[1].

En 1239, à la suite de l'appel du pape Grégoire IX, il conduisit une croisade en Terre sainte.

En 1240, la légende veut qu'il ait rapporté de Damas « dans son heaume », le rosier dit « de Provins », de son nom latin rosa gallica officinalis (ce qui semble peu probable de par l'absence de sources écrites, et du fait que la variété était déjà cultivée par les romains), il rapporta également un morceau de la vraie croix et la tradition veut qu'il en ait rapporté le cépage Chardonnay qui entre dans la composition du champagne.

Sa passion amoureuse pour la reine de France, Blanche de Castille — qui en profita pour le manipuler en politique — lui inspira chansons et poésies qu'il faisait peindre sur les murs de ses palais de Troyes et de Provins. Ceci lui valut le qualificatif de « chansonnier ». Il est l'auteur de 71 compositions lyriques variées (dont 37 chansons d'amour) dans lesquelles il fait montre d'une grande virtuosité technique et verbale (il apprécie jeux de mots, pointes, métaphores filées et allégories) ainsi que d'une certaine désinvolture ironique envers la matière courtoise. Thibaut de Champagne est le trouvère le plus célébré de son temps. Il sera au siècle suivant salué par Dante comme un précurseur (De Vulgari Eloquentia).

Il meurt en Navarre, à Pampelune, le 14 juillet 1253 à l'âge de 52 ans.

Le roi de Navarre[modifier | modifier le code]

Comme il était le fils de Blanche de Navarre, sœur du roi Sanche VII le Fort, à la mort de ce dernier les Navarrais ne tinrent aucun compte de la volonté du roi, qui avait désigné Jacques Ier d'Aragon comme son successeur ; ils appelèrent Thibaut de Champagne qui, un mois après la mort de son oncle, se présenta à Pampelune, où il jura fidélité aux Fueros du royaume, fournissant ainsi à la couronne de Navarre une dynastie bien installée de puissants vassaux dans le nord du royaume de France. C'est ainsi qu'est établie la « Maison de Champagne. »

Des traités furent conclus avec la Castille, l'Aragon et l'Angleterre, permettant au nouveau souverain de consolider sa couronne. Il gouverna avec l'aide de nobles venus de Champagne qui reçurent des charges importantes. Il réduisit l'importance des fiefs non héréditaires, les tenencias, comme divisions territoriales et créa quatre grands districts confiés à des merinos, à qui il attribua des fonctions fiscales et relevant de l'ordre public. Il établit ses lois par écrit, élaborant un Cartulario Magno où elles figuraient toutes, et il commença la compilation des traditions juridiques de la monarchie navarraise connue sous le nom de « Fuero General ».

Pour obtenir l'appui de la Castille, il négocia le mariage de sa fille Blanche avec Alphonse, le futur Alphonse X le Sage. Par ce traité Ferdinand III le Saint offrait à Thibaut les terres de Guipuscoa à titre viager, mais pas celles d'Alava comme Thibaut l'aurait voulu. Ainsi le royaume de Navarre aurait eu un accès naturel à la mer Cantabrique. Ce traité, qui ne fut pas appliqué, aurait entraîné l'incorporation de la Navarre à la Castille. Il semble que l'année suivante Thibauld ait promis sa fille Blanche au comte de Bretagne.

En 1238 il dirigea la Croisade des barons en Terre sainte. Malgré sa défaite, les querelles entre les musulmans lui permirent de signer la paix et d'obtenir pour les chrétiens Jérusalem, Bethléem et Ashkelon. Il revint de la croisade à la fin de 1240 et passa une grande partie de son règne à des voyages continuels entre Navarre et Champagne.

Il eut d'important différends avec l'évêque de Pampelune, Pedro Jimenez de Gazólaz, et refusa de répondre devant les tribunaux pontificaux. Un concile provincial tenu en 1250 alla jusqu'à l'excommunier, mais le pape lui accorda un privilège spécial selon lequel, sans mandat du Saint-Siège, personne ne pouvait excommunier le roi.

Thibaut est connu par le surnom de « Troubadour » en raison de la réputation de poète que de son temps il possédait déjà et que l'histoire a confirmée.

Il mourut à Pampelune au retour d'un de ses voyages en Champagne, et fut enterré dans la cathédrale de Pampelune.

Thibaut est connu comme troubadour non seulement parce qu'il aimait écrire, mais parce que ses poèmes étaient d'un mérite exceptionnel, et avant même la fin de la croisade de 1238-1240 il écrivait encore. Il fut le premier à mettre par écrit les droits et les libertés du royaume dans ce qu'on a appelé le fuero antiguo, et au cours de son règne il les compila tous, les traditionnels comme les nouveaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Flamant, Thibaut le chansonnier, fabliau en 2 actes -en vers-, Eugène Figuier éditeur, Paris, 1927.
  • Les chansons de Thibaut de Champagne, roi de Navarre, édition critique, Axel Wallensköld, Edouard Champion éditeur, Paris, 1925.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Jolibois, Histoire de la ville de Chaumont

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]