Martin Hirsch

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Martin Hirsch
Illustration.
Martin Hirsch en 2013.
Fonctions
Directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris
En fonction depuis le
(6 ans, 8 mois et 29 jours)
Prédécesseur Mireille Faugère
Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse[N 1]

(2 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I et II
Prédécesseur Poste créé
Bernard Laporte (Jeunesse)
Successeur Marc-Philippe Daubresse
Président d'Emmaüs France

(5 ans)
Prédécesseur Jean Rousseau
Successeur Christophe Deltombe
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Suresnes (Seine)
Nationalité Française
Diplômé de École normale supérieure, École nationale d'administration
Profession Haut fonctionnaire

Martin Hirsch, né le à Suresnes, est un haut fonctionnaire français. Directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris depuis le [1], ancien président de l'Agence du service civique, d'Emmaüs France et de l'Agence nouvelle des solidarités actives, il a été de 2007 à 2010 haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, au sein du deuxième gouvernement Fillon. À partir de 2009, il cumule ce poste avec celui de haut-commissaire à la Jeunesse, avant de quitter le gouvernement au printemps 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Martin Hirsch est reçu en 1983 à l'École normale supérieure, où il poursuit des études de biologie. Après cinq années d'études de médecine à la faculté Cochin-Port Royal, il obtient un DEA de neurobiologie, il intègre l'École nationale d'administration en 1988 (promotion Jean Monnet) et, à sa sortie, entre au Conseil d'État.

Promu maître des requêtes en 1993, il devient alors conseiller juridique à la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) (1990-1992), puis au ministère de la Santé et de l'Action humanitaire (1992-1993).

Il est ensuite secrétaire général adjoint du Conseil d'État (1993-1995), puis revient à sa première orientation en prenant la direction de la PCH, la Pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris (rebaptisée Agence générale des équipements et produits de santé en 2001), à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (1995). Il enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1990 et 1997, et à l'ENA en 1994.

Président de l'Union centrale de communautés Emmaüs (UCC) de 1995 à 2002, il devient président d'Emmaüs France en et démissionne le , pour assurer l'indépendance du mouvement Emmaüs, à la suite de sa nomination au poste de haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement François Fillon.

En 1997, il entre en politique en devenant directeur du cabinet de Bernard Kouchner au secrétariat d'État à la Santé et à l'action sociale, et conseiller chargé de la santé au cabinet de Martine Aubry au ministère de l'Emploi et de la Solidarité. C'est au sein des "Kouchner Boys" qu'il côtoie Jérôme Salomon, actuel directeur général de la santé [2].

Deux ans plus tard, il est directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), fonction qu'il occupe jusqu'en 2005, ne souhaitant pas renouveler son mandat. À cette date, il réintègre le Conseil d'État et devient conseiller d'État en 2006.

Il fonde en , avec Benoît Génuini, l'Agence nouvelle des solidarités actives, en devient président puis directeur général. Cette agence a pour but de mettre en œuvre des actions locales de lutte contre la pauvreté, en partenariat avec les pouvoirs publics et les entreprises (Benoît Génuini est l'actuel président de l'association).

Il est aussi vice-président de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC), membre du comité consultatif de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) depuis 2005, administrateur de l'Agence européenne des médicaments, membre du forum de l'Autorité européenne de sécurité des aliments et du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)[3].

Au printemps 2007, quelques jours seulement après être apparu à un meeting de Ségolène Royal, il se rapproche finalement de Nicolas Sarkozy, qu'il tutoie très vite.[2]

Nommé haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement de François Fillon le , il exerce des fonctions proches de celles d'un secrétaire d'État tout en étant rattaché directement au Premier ministre et donc sans dépendre d'un ministre de tutelle[4]. Il désire « sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogé le monopole de l'effort »[5]. Il est à l'origine du Revenu de solidarité active (RSA) inscrit dans le programme du candidat à la présidence Sarkozy et qu'il met en place après une expérimentation dans quatorze départements. Cinq ans après son lancement, cette prestation est décrite dans Le Figaro comme un échec, faute d'avoir atteint ses objectifs : elle n'aurait permis qu'à 151 000 personnes de franchir le seuil de pauvreté en cinq ans, sur une population de deux millions de personnes, et n'aurait amélioré le taux de retour à l'emploi que de 9 %[6],[7].

Le , il est nommé haut-commissaire à la Jeunesse aux dépens de Bernard Laporte qui voit ses attributions réduites. Il cumule cette fonction avec la précédente jusqu'à son départ du gouvernement. Dans ce cadre, il présente le un « Livre vert sur la jeunesse »[8], qui prépare un Plan jeunes annoncé le .

Le , au lendemain des élections régionales, il quitte le gouvernement pour l'Agence du service civique, dont il avait précédemment piloté la création. Il en devient président le [9] jusqu'au 13 novembre 2013, date de sa nomination en Conseil des ministres comme directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, en remplacement de Mireille Faugère[10]. Il est remplacé par François Chérèque[11] à la présidence de l'Agence du service civique. Il crée l'Institut de l'engagement[12] en 2012, association pour aider des volontaires sélectionnés à développer et consolider les qualités révélées pendant le service civique[12], il en assure toujours la présidence aujourd'hui.

Il est par ailleurs coprésident de l'« Action Tank Entreprise et Pauvreté » et de la « Chaire Social Business » à HEC depuis 2011. Il a été membre du groupe des éminentes personnes auprès du Conseil de l'Europe (2010-2011), et membre de la commission Bachelet sur le socle de protection sociale (2010-2012).

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, il annonce qu'il votera pour François Hollande[13].

Le 13 novembre 2013, il est nommé par décret directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris[1].

En 2015, il réforme le temps de travail, contre les syndicats, exceptée la CFDT : les soignants perdent de deux à six jours de RTT par an. Il réorganise l'APH-HP en six groupes hospitalo-universitaires et lance la construction d'un nouveau siège, au sein de l'Hôpital Saint Antoine.

Sous la présidence d'Emmanuel Macron, Martin Hirsch doit s'adapter à ce changement. D'autant plus qu'il s'entend mal avec la première ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Lui-même affirme : "Ce n'est pas moi qui avais un problème avec elle, c'est elle qui en avait un avec moi". [2]

Invité de la radio Europe 1 durant la pandémie de coronavirus en 2020 le 1er mars 2020, il déclare que la chloroquine « marche très bien dans une éprouvette mais n'a jamais fonctionné sur un être vivant »[14]. Le 25 mars il lance un appel à la réquisition des personnels soignants[15].

Famille[modifier | modifier le code]

Martin Hirsch est le fils de Bernard Hirsch (1927-1988), qui fut directeur de l'École nationale des ponts et chaussées, et petit-fils d'Étienne Hirsch (1901-1994), un ancien commissaire général au Plan.

Il est marié avec Florence Noiville[16]. Il a 3 filles, Mathilde, Raphaëlle et Juliette.

Critiques[modifier | modifier le code]

En 2019, le romancier Edouard Louis raconte dans Qui a tué mon père les conséquences concrètes de décisions politiques sur les corps des plus pauvres, dont son père. Il cite alors Martin Hirsch et la création du RSA : Edouard Louis reproche au RSA, prévu comme « incitant à l'emploi » d'avoir accablé son père. Le système mis en place par Hirsch conditionnait le versement des aides sociales à ce que son père accepte un emploi de balayeur, loin de chez lui et payé 700 euros par mois et ce, avec un « dos brisé » par un accident du travail précédent à l'usine. Martin Hirsch répond par un livre Comment j'ai tué son père dans lequel il cherche à défendre sa mesure et son action politique[17]

Son action en tant que directeur général de l'AP-HP est contestée. L'urgentiste Christophe Prudhomme lui reproche d'avoir « supprimé des lits, fermé des hôpitaux, imposé une réorganisation du temps de travail... Son bilan : un hôpital délabré ». Pour l'urgentiste Gérald Kierzek opposé à Martin Hirsch sur l'avenir de l'Hotel-Dieu, « ceux qui ne le connaissent pas le prennent pour l'abbé Pierre. Ceux qui le connaissent pour Caligula »[2].

Lors de la crise du Coronavirus, beaucoup dénoncent le mail lyrique quotidiennement envoyé au personnel soignant : « Le même qui nous a dégradé nos conditions de travail demande aujourd'hui la revalorisation des salaires. C'est un paradoxe à lui tout seul » déplore Olivier Youinou, infirmier et secrétaire général de SUD-santé à l'AP-HP. Le professeur Philippe Lévy de l'hôpital Beaujon a demandé à être retiré de la liste de diffusion des mails qu'il ne supporte plus : « ce qui est insupportable, monsieur le directeur général, c'est de vous voir endosser le management d'une crise que tout annonçait ».[2]

Le 29 juillet 2020, devant le procureur de la République de Paris, Didier Raoult porte plainte pour dénonciation calomnieuse contre Martin Hirsch qui l'avait accusé de « faux témoignage » sous serment devant la commission d'enquête parlementaire sur la covid[18].

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Enjeux de la protection sociale, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1993
  • L'Affolante Histoire de la vache folle, Éditions Balland, 1996 (avec Philippe Duneton)
  • Ces peurs qui nous gouvernent, Éditions Albin Michel, 2002
  • Manifeste contre la pauvreté, Oh ! Éditions, 2004 (avec la collaboration de l'abbé Pierre)
  • La Pauvreté en héritage, Éditions Robert Laffont, 2006 (avec Sylvaine Villeneuve)
  • La Chômarde et le Haut Commissaire : lettre ouverte à ceux qui pensent qu'il n'y a rien à faire !, Oh ! Éditions, 2008 (avec Gwenn Rosière)
  • 50 droits contre l'exclusion, Dalloz, 2009 (avec la collaboration de l'ANSA)
  • Secrets de fabrication, Éditions Grasset, 2010
  • Pour en finir avec les conflits d'intérêts, Éditions Stock, 2010
  • Sécu : objectif monde. Le défi universel de la protection sociale, Éditions Stock, 2011
  • La Lettre perdue. Les racines de l'engagement, Éditions Stock, 2012
  • L'Abbé Pierre : « Mes amis, au secours », Éditions Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard/Histoire » (no 583), 2012 (avec Laurent Desmard)
  • Cela devient cher d'être pauvre, Éditions Stock, 2013
  • Qu'est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017 (ouvrage collectif)
  • L'Hôpital à cœur ouvert, Éditions Stock, 2017
  • Comment j'ai tué son père, Éditions Stock, 2019 (ISBN 978-2-234-08651-7)

Dessin animé[modifier | modifier le code]

Martin Hirsch prête sa voix à un personnage de la saison 2 de la série animée Silex and the City sur Arte[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Attribution de la Jeunesse ajoutée le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 13 novembre 2013 portant nomination du directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
  2. a b c d et e « « Un paradoxe à lui tout seul » : Martin Hirsch, patron de l’AP-HP, de la crise de l’hôpital à l’épidémie de Covid-19 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 18 juin 2020)
  3. Who's who in France
  4. Le Point : Martin Hirsch - La stratégie du quitte ou double
  5. Sébastien Tronche, « Remaniement - La fin de l'ouverture ? », blog, Mediapart Le club, 2 octobre 2010
  6. Marc Landré, « Cinq ans après, le RSA est un échec », Le Figaro, (consulté le 22 janvier 2017).
  7. Florence Thibault, « Ambitions et évaluation du Revenu de solidarité active », Économie et Statistique, nos 467-468,‎ (lire en ligne)
  8. Modèle:Https://www.eurojuris.fr/categories/enfants-4500/articles/le-livre-vert-pour-une-nouvelle-politique-en-faveur-de-la-jeunesse-2158.htm
  9. JO du 16 mai 2010
  10. Le retour en grâce de Martin Hirsch, nommé à la tête de l'AP-HP, Raphaëlle Bacqué, lemonde.fr, 8 novembre 2013
  11. Décret du 27 décembre 2013 portant nomination du président de l'Agence du service civique - M. Chérèque (François).
  12. a et b Modèle:Url=http://www.institut-service-civique.fr/ Institut du service civique
  13. Martin Hirsch votera pour Hollande Le Figaro du 16 avril 2012
  14. « Coronavirus : "la chloroquine n'a jamais marché chez un être vivant", rappelle Martin Hirsch », Europe 1, .
  15. LIBERATION, « Epidémie: Martin Hirsch lance un appel à la réquisition des personnels soignants », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2020).
  16. « Florence Noiville : « Les diplômés d'HEC sont taraudés par la quête de sens » », L'Étudiant, .
  17. YVES FAUCOUP, « Edouard Louis et Martin Hirsch : match nul », sur Club de Mediapart (consulté le 18 juin 2020)
  18. « Demain dans La Provence - Exclusif : Didier Raoult attaque Martin Hirsch, directeur des Hôpitaux de Paris, en justice », sur laprovence.com,
  19. Décret du 31 décembre 2012.
  20. Christine Siméone, « Martin Hirsch, Boris Cyrulnik, dans Silex and the city », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 29 novembre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]