Andrée Viénot

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Andrée Viénot
Image illustrative de l'article Andrée Viénot
Fonctions
Maire de Rocroi
Députée des Ardennes
Élection 10 novembre 1946
Sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Président Vincent Auriol
Gouvernement Léon Blum III
Prédécesseur elle-même
Successeur Pierre Bourdan
Sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Président Vincent Auriol
Gouvernement Georges Bidault I
Prédécesseur Léo Lagrange
(indirectement)
Successeur elle-même
Biographie
Nom de naissance Andrée, Maria, Mathilde Mayrisch
Date de naissance
Lieu de naissance Dudelange (Luxembourg)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Charleville-Mézières (Ardennes, France)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Conjoint Pierre Viénot
Ministres français de la Jeunesse et des Sports

Andrée Viénot, née Andrée, Maria, Mathilde Mayrisch le à Dudelange au Luxembourg et décédée le à Charleville-Mézières dans les Ardennes, est une femme politique française. Députée, elle est l'une des trois femmes membres d'un gouvernement de la IVe République, en tant que sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et mariage[modifier | modifier le code]

Née Andrée Mayrisch le 7 juin 1901 à Dudelange au Luxembourg, elle est la fille d'Émile Mayrisch, industriel fondateur de l'Arbed, et d'Aline de Saint-Hubert, femme de lettres (qui recevait notamment André Gide ou Roger Martin du Gard) et fondatrice de la Croix-Rouge luxembourgeoise.

Elle passe son baccalauréat en 1918, ce qui témoigne de l'éducation assez moderne qu'elle reçoit pour les filles de son époque, assez rarement vouées aux études. Elle n'étudie que trois semaines à l'Institut d’études politiques de Paris (elle juge l'état d'esprit de l'école trop teinté de libéralisme économique) puis pendant une année la médecine en Suisse avant de partir visiter l'Italie avec son amie Maria van Rysselberghe. Elle obtient une licence d’économie politique en 1923 à la London School of Economics ; c'est dans la capitale britannique qu'elle commence à fréquenter des milieux socialistes, assez éloignés de son milieu familial qui est néanmoins non catholique.

Son père décède le 5 mars 1928 dans un accident de voiture aux abords de Châlons-sur-Marne. Elle épouse l'homme politique Pierre Viénot le 18 juillet 1929 (elle le connaissait alors qu'elle travaillait pour les services sociaux de l'ARBED) ; ils s'installent l'année suivante dans les Ardennes, après avoir vécu un an à Berlin.

Engagement politique et Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Elle adhère à la SFIO en 1932, son époux en 1937. Elle milite pour les « Amis de l'Enfance ouvrière ». Alors que Pierre Viénot est sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement de Léon Blum, pendant le Front populaire de 1936, elle travaille comme attachée à son cabinet (il est député républicain-socialiste depuis 1932).

Elle s'intéresse de plus en plus au domaine de la jeunesse (déjà jeune adulte, elle encadrait des camps de vacances), organisant en 1938 une colonie de vacances pour les Jeunesses socialistes. L'année d'après, elle rencontre Léo Lagrange, ancien sous-secrétaire d'État à la Jeunesse. Elle adhère à la 5e section de la Seine du Mouvement international des Faucons - Internationale socialiste d'éducation.

Un fils, Rémi, naît en juin 1940 alors que le couple s'enfuit à bord du paquebot Massilia réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud replié à Bordeaux en raison de la déroute de l'Armée française, afin de permettre à des hommes politiques (dont 27 parlementaires) de quitter la France avec l'intention de constituer un nouveau gouvernement en exil qui abandonnerait à l'Allemagne les territoires de métropole afin de mieux reprendre l'offensive militaire à partir des départements d'Afrique du Nord.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle aide des réfugiés allemands opposants politiques dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône. Son époux décède le . Elle est déléguée par la SFIO à l'Assemblée consultative provisoire de Paris et en septembre au comité départemental de la Libération.

Carrière politique sous les IVe et Ve Républiques[modifier | modifier le code]

À la Libération, Andrée Viénot devient conseillère générale du canton de Rocroi puis la première femme membre du gouvernement dans le Gouvernement provisoire et sous la IVe République, responsable du sous-secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports du 24 juin 1946 au 22 janvier 1947, où elle s’est notamment occupée du développement des colonies de vacances et des équipements sportifs, notamment en créant les « Inspecteurs de la jeunesse et des sports » et en essayant de laïciser les associations. Elle est soutenue dans son accession à ce poste par Madeleine Léo-Lagrange et l'ancienne équipe de Léo Lagrange. Elle est une des trois femmes membres des gouvernements de la IVe République, avec Germaine Poinso-Chapuis et Jacqueline Thome-Patenôtre.

À la fin des années 1950, elle s’oppose à la politique de Guy Mollet en Algérie (ainsi qu'à la crise de Suez) et démissionne de la SFIO. Elle déclare : « Aujourd’hui, il ne m’est plus possible de rester dans un parti dont les dirigeants, ayant accédé au gouvernement, ont renié non seulement les promesses faites aux électeurs, mais toute leur morale et toute la tradition du socialisme et ont fini, pour dissimuler l’échec de leur politique en Algérie, par se lancer dans une guerre qui, malgré toutes les fautes de Nasser, est apparue au monde entier comme une guerre d’agression. »

Elle fonde en 1957 les « Comités d'action socialiste » qui se fondent au sein du Parti socialiste autonome (PSA) lors de sa création, en 1958. Elle rejoint ensuite le Parti socialiste unifié quand le PSA fusionne avec l'Union de la gauche socialiste. Elle continue en parallèle à s'investir dans les mouvements de jeunesse. Fervente anti-colonialiste, elle lutte au sein du « Mouvement socialiste pour les États-Unis d'Europe », et entre en 1958 au Comité central de la Ligue des droits de l'homme. Elle s'oppose à la création de la Ve République.

Elle se présente sans succès aux élections sénatoriales de 1959. En 1963, elle accueille à Rocroi le général de Gaulle mais déclare s'adresser plus à l'ancien chef de la Résistance française qu'à celui de la République qu'elle rejette. Elle soutient activement François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965. Alors qu'elle avait quitté son poste de députée en 1947 pour s'occuper de ses enfants, elle quitte son poste de conseillère générale en 1970. Elle refuse de se présenter aux élections législatives de 1968 alors que son parti le lui demande. Elle visite la Chine en mai 1973 et décède le 20 octobre 1976 à Charleville-Mézières. Les œuvres d'art familiales sont léguées à la Croix-Rouge.

Mandats[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]