Andrée Viénot

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Andrée Viénot
Illustration.
Andrée Viénot en 1946.
Fonctions
Maire de Rocroi
Députée des Ardennes
Élection 10 novembre 1946
Sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Président Vincent Auriol
Gouvernement Léon Blum III
Prédécesseur elle-même
Successeur Pierre Bourdan
Sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Président Vincent Auriol
Gouvernement Georges Bidault I
Prédécesseur Léo Lagrange
(indirectement)
Successeur elle-même
Biographie
Nom de naissance Andrée, Maria, Mathilde Mayrisch
Date de naissance
Lieu de naissance Dudelange (Luxembourg)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Charleville-Mézières (Ardennes, France)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Père Émile Mayrisch
Mère Aline de Saint-Hubert
Conjoint Pierre Viénot
Diplômé de London School of Economics (1923)
Ministres français de la Jeunesse et des Sports

Andrée Viénot, née Andrée, Maria, Mathilde Mayrisch le à Dudelange au Luxembourg et morte le à Charleville-Mézières dans les Ardennes, est une femme politique française. Députée, elle est l'une des trois femmes membres d'un gouvernement de la IVe République, en tant que sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et mariage[modifier | modifier le code]

Née Andrée Mayrisch le à Dudelange au Luxembourg, elle est la fille d'Émile Mayrisch, industriel fondateur de l'Arbed, et d'Aline de Saint-Hubert, femme de lettres (qui recevait notamment André Gide ou Roger Martin du Gard) et fondatrice de la Croix-Rouge luxembourgeoise.

Elle passe son baccalauréat en 1918, puis étudie la médecine en Suisse durant une année. Elle s'inscrit ensuite à l'École libre des sciences politiques qu'elle quitte au bout de trois semaines, « trouvant les idées trop teintées de libéralisme »[1]. Elle obtient une licence d’économie politique en 1923 à la London School of Economics ; c'est dans la capitale britannique qu'elle commence à fréquenter des milieux socialistes, assez éloignés de son milieu familial qui est néanmoins non catholique. La même année, elle fait la connaissance de son futur mari, Pierre Viénot, aux décades de Pontigny[1]. Les décades, fondées par Paul Desjardins, fonctionnent en effet en étroite liaison avec le centre de rencontres que Pierre Werner a établi au château de Colpach au Luxembourg[2].

Elle épouse Pierre Viénot le . Ils vivent à Berlin jusqu'au début de 1930, puis s'installent dans les Ardennes, où Pierre Viénot est élu député républicain-socialiste en 1932, dans l'arrondissement de Rocroi[3].

Engagement politique et Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Elle adhère à la SFIO en 1932, son époux en 1937. Elle milite pour les « Amis de l'Enfance ouvrière ». Alors que Pierre Viénot est sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement de Léon Blum, pendant le Front populaire de 1936, elle travaille comme attachée à son cabinet (il est député républicain-socialiste depuis 1932).

Elle s'intéresse de plus en plus au domaine de la jeunesse (déjà jeune adulte, elle encadrait des camps de vacances), organisant en 1938 une colonie de vacances pour les Jeunesses socialistes. L'année d'après, elle rencontre Léo Lagrange, ancien sous-secrétaire d'État à la Jeunesse. Elle adhère à la 5e section de la Seine du Mouvement international des Faucons - Internationale socialiste d'éducation.

Le couple embarque à bord du paquebot Massilia réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud replié à Bordeaux , afin de permettre à des hommes politiques (dont 27 parlementaires) de quitter la France avec l'intention de continuer la guerre contre l'Allemagne depuis l'Afrique du Nord. Son mari est emprisonné, puis rejoint la Résistance puis les Forces françaises libres à Londres le , où il meurt d'une crise cardiaque le [1]. Andrée Viénot, quant à elle, s'est installée dans les Alpes-Maritimes, où elle mène des actions de résistance et participe à la reconstruction du Parti socialiste clandestin[1]. Elle rejoint les Ardennes dès la libération du département, à la fin du mois de septembre 1944[1].

Elle est déléguée par la SFIO à l'Assemblée consultative provisoire de Paris et en septembre au comité départemental de la Libération.

Carrière politique sous les IVe et Ve Républiques[modifier | modifier le code]

À la Libération, Andrée Viénot devient conseillère générale du canton de Rocroi puis la première femme membre du gouvernement dans le Gouvernement provisoire et sous la IVe République, responsable du sous-secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports du au , où elle s’est notamment occupée du développement des colonies de vacances et des équipements sportifs, notamment en créant les « Inspecteurs de la jeunesse et des sports » et en essayant de laïciser les associations. Elle est soutenue dans son accession à ce poste par Madeleine Léo-Lagrange et l'ancienne équipe de Léo Lagrange. Elle est l'une des trois femmes membres des gouvernements de la IVe République, avec Germaine Poinso-Chapuis et Jacqueline Thome-Patenôtre.

À la fin des années 1950, elle s’oppose à la politique de Guy Mollet en Algérie (ainsi qu'à la crise de Suez) et démissionne de la SFIO. Elle déclare : « Aujourd’hui, il ne m’est plus possible de rester dans un parti dont les dirigeants, ayant accédé au gouvernement, ont renié non seulement les promesses faites aux électeurs, mais toute leur morale et toute la tradition du socialisme et ont fini, pour dissimuler l’échec de leur politique en Algérie, par se lancer dans une guerre qui, malgré toutes les fautes de Nasser, est apparue au monde entier comme une guerre d’agression. »

Elle participe à la création, en 1957, les Comités d'action socialiste, qui fusionnent avec le Parti socialiste autonome (PSA) lors de sa création, en 1958. Elle rejoint ensuite le Parti socialiste unifié quand le PSA fusionne avec l'Union de la gauche socialiste. Elle continue en parallèle à s'investir dans les mouvements de jeunesse. Fervente anti-colonialiste, elle lutte au sein du « Mouvement socialiste pour les États-Unis d'Europe », et entre en 1958 au comité central de la Ligue des droits de l'homme. Elle s'oppose à la création de la Ve République.

Elle se présente sans succès aux élections sénatoriales de 1959. Elle quitte sa fonction de députée en 1947, mais conserve son mandat de conseillère générale jusqu'en 1970 et reste maire de Rocroi de sa première élection en 1953 jusqu'à sa mort[1]. En 1963, elle reçoit, en tant que maire, le général de Gaulle à Rocroi et « salue le chef de la France Libre, sous les ordres duquel son mari avait servi la France » tout en réaffirmant son opposition au régime politique de la Ve République[1]. Elle soutient la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965. Elle refuse de se présenter aux élections législatives de 1968 alors que son parti le lui demande. Elle visite la Chine en mai 1973 et meurt le à Charleville-Mézières. Les œuvres d'art familiales sont léguées à la Croix-Rouge.

Mandats[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Gilles Morin, « Viénot Andrée, Maria, Mathilde née Mayrisch Andrée », sur Le Maitron, 30 novembre 2010, màj 14 août 2018 (consulté le 28 mars 2021).
  2. « L’Esprit de Colpach », Institut Pierre Werner, lire en ligne, consulté le 28 mars 2021.
  3. Gilles Morin et Justinien Raymond, « Viénot, Pierre », sur Le Maitron, 30 novembre 2010, màj 16 octobre 2015 (consulté le 28 mars 2021).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]