Guy Drut

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Guy Drut
image illustrative de l’article Guy Drut
Guy Drut en 1973.
Informations
Disciplines 110 m haies
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance (67 ans)
Lieu Oignies
Taille 1,88 m
Club Étoile Oignies
Stade français
Records
Ancien détenteur du record du monde du 110 m haies
Palmarès
Jeux olympiques 1 1 -
Championnats d'Europe 1 - -
Champ. d'Europe en salle 1 - 2
Championnats de France 13 - -

Guy Drut, né le à Oignies dans le Pas-de-Calais, est un athlète et homme politique français.

Vice-champion olympique en 1972, et champion d'Europe en 1974, il obtient le plus grand succès de sa carrière en 1976 à Montréal en devenant champion olympique du 110 mètres haies. Champion de France à treize reprises, il a également détenu le record du monde du 110 mètres haies.

Il est élu député RPR de la cinquième circonscription de Seine-et-Marne de 1986 à 1995, puis de nouveau de 2002 à 2007 sous l'étiquette UMP. Chargé des sports à la Mairie de Paris de 1985 à 1989, il est maire de Coulommiers de 1992 à 2008. En mai 1995, il est nommé ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement Alain Juppé, fonction qu'il exerce jusqu'en juin 1997.

En 2005, il est condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour un emploi fictif dans le cadre de l'affaire des marchés publics d'Île-de-France. Il est amnistié en mai 2006 par le président Jacques Chirac.

Il est membre du Comité international olympique depuis 1996.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la même rue que Michel Jazy, à Oignies dans le Pas-de-Calais, il est issu d'un milieu modeste, son père étant mineur).

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Son premier entraîneur d'athlétisme à Oignies, Pierre Legrain, ancien détenteur du record de France du lancer du marteau, le convainc de se diriger vers des disciplines techniques, telles les courses de haies ou le saut à la perche[1]. Auteur de 4,20 m au saut à la perche à seize ans, il est remarqué par le Directeur technique national, Robert Bobin, au cours des Championnats juniors et cadets de 1966.

Guy Drut et Eddy Ottoz en 1969 à Brescia avec leur entraineur, Sandro Calvesi.

Crédité de 15 s 2 en 1966, il réalise 14 s 1 en juillet 1968, soit la meilleure performance française des juniors —le terme n'est alors pas usité pour cette catégorie d'âge—, lors du match France-Union soviétique disputé à Dole, et remporté par les tricolores par 211 points à 177 ; durant cette même rencontre, Guy Drut sort également vainqueur du saut à la perche en améliorant aussi la meilleure performance des juniors français avec un saut à 4 mètres 71. L'année suivante, en 1969, Drut délaisse le saut à la perche pour se consacrer définitivement au 110 mètres haies. Il prend conseil et s'entraîne auprès de l'Italien Sandro Calvesi (en), considéré comme l'un des meilleurs techniciens des haies en Europe[2], et a pour pour partenaire d'entraînement à Brescia l'Italien Eddy Ottoz. En 1969 à Paris, à dix-neuf ans, il égale en 13 s 7 le record de France senior du 110 haies co-détenu par Marcel Duriez et Pierre Schoebel. Il dispute sa première grande compétition internationale, les championnats d'Europe 1969, à Athènes, et termine au pied du podium du 110 m haies.

En 1970, à Vienne, en Autriche, Guy Drut remporte sa première médaille lors d'un championnat continental en terminant troisième du 60 m haies des championnats d'Europe en salle. Vainqueur de la coupe d'Europe des nations 1970, il décroche son premier titre de champion de France, à Colombes, où il porte son record de France à 13 s 6. Le 1er août 1970, à Zurich, il porte son propre record de France à 13 s 3. L'année suivante, il remporte la médaille d'or des Jeux méditerranéens de 1971.

Vice-champion olympique, champion d'Europe et record du monde[modifier | modifier le code]

Guy Drut en 1972.

En 1972, il remporte sur 50 mètres haies son premier titre international international à l'occasion des championnats d'Europe en salle disputés à Grenoble. Vainqueur des championnats de France 1972, il participe à une tournée estivale aux États-Unis mais se blesse en finale des championnats de l'AAU, à Seattle[3]. Remis de ses blessures, il est sélectionné dans l'équipe de France pour participer aux Jeux olympiques de 1972, les premiers de sa carrière, qui se déroulent en septembre 1972 à Munich, en République fédérale d'Allemagne. Dans l'épreuve du 110 m haies, il se qualifie pour la finale mais hérite du couloir extérieur. Après un départ moyen, il accélère franchement dans le dernier tiers de l'épreuve et termine deuxième de l'épreuve en 13 s 34, devancé d'un dixième de seconde par le favori, l'Américain Rod Milburn, qui établit un nouveau record du monde. Drut établit pour sa part un nouveau record d'Europe[4]. En 1973, il remporte son premier titre national en salle, sur 60 mètres haies, ainsi que la coupe d'Europe des nations, à Édimbourg. Il obtient par ailleurs un nouveau titre national en plein air sur 110 m haies.

Le 3 juin 1974, au Stade Charlety de Paris au cours des championnats universitaires, Guy Drut égale en 13 s 2 le vieux record d'Europe du 110 m haies détenu depuis 1959 par l'Allemand Martin Lauer[2]. Favori des championnats d'Europe en plein air se déroulant en septembre 1974 à Rome, il remporte la médaille d'or en s'imposant dans le temps de 13 s 40, devant les frères polonais Mirosław et Leszek Wodzyński. Plus tôt dans la saison, il avait obtenu son cinquième titre national en plein air sur 110 m haies, et son troisième titre national en salle, sur 60 m haies et au saut à la perche, discipline qu'il avait délaissée depuis plusieurs années[5]. Il réalise ses meilleures performances chronométriques lors de la saison 1975. le 29 juin, lors des championnats de France de Saint-Étienne, il remporte le titre national et améliore son propre record d'Europe (chronométrage électronique), en 13 s 28. Puis, le 23 juillet 1975, à Saint-Maur-des-Fossés, il améliore son propre record d'Europe (chronométrage manuel) et égale par la même occasion le record du monde détenu depuis 1973 par Rod Milburn, en 13 s 1[6]. Vainqueur pour la troisième fois de sa carrière de la coupe d'Europe des nations, à Nice, il s'illustre le 22 août 1975, à Berlin, et devient le seul détenteur du record du monde en établissant le temps de 13 s 0 juste[7],[8].

Titre olympique à Montréal[modifier | modifier le code]

Auteur de 13 s 1 en début de saison 1976, et vainqueur de son septième titre national en plein air à Villeneuve-d'Ascq, Guy Drut est victime d'une élongation à quelques semaines du début des Jeux olympiques, mais il parvient finalement à se rétablir pour cette échéance[3]. À Montréal, dans l'épreuve du 110 mètres haies, il termine troisième de sa série en 14 s 04, puis deux jours plus tard deuxième de sa demi-finale en 13 s 49, derrière le Cubain Alejandro Casañas. Quelques heures plus tard, en finale, placé au couloir 5, il prend un bon départ et se hisse en tête à la mi-course, à la hauteur d' Alejandro Casañas, de l'Américain Willie Davenport et de l'Est-allemand Thomas Munkelt[9]. Il accroît son avance sur ses concurrents et remporte la course en 13 s 30, juste devant Alejandro Casañas (13 s 33) et Willie Davenport (13 s 38)[10]. Premier européen champion olympique de la discipline, et premier non-américain à s'imposer depuis 1928, Drut succède à Colette Besson au palmarès des champions olympiques français en athlétisme. Des déclarations à sensation mettant en cause tout le système aboutissent à l'ouverture d'une enquête de la Fédération française d'athlétisme à l'issue de laquelle l'IAAF décide de sa radiation[9]. Il conserve néanmoins sa médaille d'or olympique[9].

Après un arrêt dans sa carrière amateur pour raison financière, il revient pour obtenir son huitième titre national en plein air en 1980, et son cinquième titre national en salle en 1981. Pour la dernière compétition internationale de sa carrière, les championnats d'Europe en salle 1981, il décroche la médaille de bronze sur 50 m haies, onze ans après celle obtenue en Autriche.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Guy Drut
Illustration.
Fonctions
Député de la Seine-et-Marne
Élection 16 mars 1986
Circonscription 5e circonscription
Législature VIIIe (Cinquième République)
Circonscription 5e circonscription
Législature XIIe (Cinquième République)
Ministre de la Jeunesse et des Sports
Président Jacques Chirac
Premier ministre Alain Juppé
Gouvernement Juppé I et II
Prédécesseur Michèle Alliot-Marie
Successeur Marie-George Buffet
Biographie
Parti politique RPR (1985-2002)

UMP (2002-2008)

Député RPR de Seine-et-Marne à compter de 1986 et maire de Coulommiers de 1992 à 2008, Guy Drut est un proche de Jacques Chirac, qui l'a employé comme chargé de mission auprès du premier ministre en 1975-1976. Entre 1985 et 1989, alors maire de Paris, Chirac en a fait son adjoint chargé des sports. Il est élu maire de Coulommiers en 1992. En novembre 1995, il a été ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Alain Juppé[11].

Il a été élu député UMP le , pour la XIIe législature (2002-2007), dans la cinquième circonscription de Seine-et-Marne, qui recouvre en partie la ville de Meaux. À la suite de la grâce présidentielle dont il bénéficie, il renonce à se présenter aux élections législatives de 2007.

Le 16 novembre 2007, il est annoncé candidat à la présidence de l'agence mondiale antidopage. En décembre 2007, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections municipales à Coulommiers.

Le 27 février 2008, il annonce sa démission, effective le 29 février, de la mairie de Coulommiers pour dénoncer la trahison remontant à décembre de certains de ses colistiers aux municipales[12].

Comité international olympique[modifier | modifier le code]

Guy Drut est membre du comité international olympique depuis 1996[13].

Il a été suspendu le par la commission d'éthique du CIO de ses droits et fonctions à la suite de la condamnation judiciaire dont il a écopé en octobre 2005. Selon Henri Sérandour, président du comité olympique français, sa présence lors de la candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2012 aurait « un peu pesé » sur l'échec de la candidature. Suspendu à titre provisoire de ses fonctions au CIO jusqu'au 31 mai 2006, Guy Drut risquait de perdre définitivement son poste après cette date[14]. L'amnistie personnelle dont il a bénéficié lui « permet de reprendre sa place au sein de cet organisme afin d'y poursuivre son action dans l'intérêt du sport olympique et de la France », comme l'a précisé le ministre de la Justice, Pascal Clément.

Il participe à l'organisation de la campagne de soutien pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2024[15].

Engagement philosophique[modifier | modifier le code]

Guy Drut n'a jamais fait mystère de son appartenance à la franc-maçonnerie [16] .

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Financement illégal du RPR[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'enquête sur le financement illégal du RPR et de l'affaire des marchés publics d'Île-de-France, Guy Drut a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Il n'a pas fait appel de la décision judiciaire et a préféré solliciter l'amnistie du président de la République Jacques Chirac.

Guy Drut a été amnistié à titre individuel pour cette condamnation par un décret du président Jacques Chirac, non publié au Journal officiel, du 25 mai 2006[17]. La présidence de la République a pris cette mesure « en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif ». Cette amnistie a, d'ailleurs, immédiatement suscité une levée de boucliers à gauche et au centre. Le numéro un du PS de l'époque, François Hollande, y voit « une énième désinvolture » de Jacques Chirac et suggère d'« en finir avec ce privilège d'un autre âge », tandis que Jack Lang a fustigé « un gouvernement de copains et de coquins »[18].

Procès de l'affaire des marchés publics d’Île-de-France[modifier | modifier le code]

En octobre 2005, Guy Drut fut jugé avec 46 autres personnes dans le procès du système de corruption au profit de plusieurs partis politiques, en marge des marchés de construction et de rénovation de lycées en Île-de-France (affaire des marchés publics d'Île-de-France)[19].

SAR[modifier | modifier le code]

Guy Drut était également actionnaire d'une autre entreprise de BTP, la SAR de Francis Poullain, dont le redressement fiscal fut à l'origine de l'affaire des HLM de Paris. Il a ainsi obtenu 2,5 millions de francs au titre de ses dividendes en quatre ans.

Palmarès[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Palmarès international[20]
Date Compétition Lieu Résultat Épreuve Temps
1969 Championnats d'Europe Athènes 4e 110 m haies 14 s 08
1970 Championnats d'Europe en salle Vienne 3e 60 m haies 7 s 8
Coupe d'Europe des nations Budapest 1er 110 m haies 13 s 7
1971 Jeux méditerranéens Izmir 1er 110 m haies 13 s 7
1972 Championnats d'Europe en salle Grenoble 3e 50 m haies 6 s 51
Jeux olympiques Munich 2e 110 m haies 13 s 34
1973 Championnats d'Europe en salle Rotterdam 6e 60 m haies 9 s 22
Coupe d'Europe des nations Édimbourg 1er 110 m haies 13 s 70
1974 Championnats d'Europe Rome 1er 110 m haies 13 s 40
1975 Coupe d'Europe des nations Nice 1er 110 m haies 13 s 57
1976 Jeux olympiques Montréal 1er 110 m haies 13 s 30
1981 Championnats d'Europe en salle Grenoble 3e 50 m haies 6 s 54

National[modifier | modifier le code]

Records[modifier | modifier le code]

Records personnels[22]
Épreuve Performance Lieu Date
50 m haies 6 s 51 Grenoble 12 mars 1972
60 m haies 7 s 69 Turin 28 janvier 1981
110 m haies 13 s 28 Saint-Étienne 29 juin 1975
Saut à la perche 5,20 m Paris 23 mars 1972
Décathlon 7 424 pts Lille 10 mai 1970

Distinctions[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Guy Drut a inauguré, en 2004, un complexe sportif à son nom à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).

Il est membre de l'Académie des sports.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'or et l'argent, éd. Denoël, coll. "Coudées franches", 1976 ;
  • Drut, par Christian Montaignac, éd. Calmann-Lévy, coll. Médaille d'Or, 1976
  • Une haie après l'autre - mémoires - autobiographie, éd. Archipel, préface de Philippe Bouvard, 18 mai 2011.
  • Robert Parienté et Alain Billouin, La Fabuleuse Histoire de l'athlétisme, Minerva, , 1021 p. (ISBN 978-2-8307-0727-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parienté et Billouin 2003, p. 458.
  2. a et b Parienté et Billouin 2003, p. 459.
  3. a et b Parienté et Billouin 2003, p. 456.
  4. (en) « Athletics at the 1972 Munchen Summer Games:Men's 110 metres Hurdles », sur sports-reference.com (consulté le 14 février 2018)
  5. Parienté et Billouin 2003, p. 460.
  6. L'IAAF ne valide que les records du monde établis à l'aide du chronométrage électronique qu'à partir du 1er janvier 1977.
  7. (en) [PDF] IAAF Statistics Handbook, Moscow 2013, p. 630 et 631, « Progression du record du monde du 110 m haies », sur iaaf.org, (consulté le 14 février 2018)
  8. L'Equipe des 23 et 24 août 1975 : reportage en page 8 de l'envoyé spécial du journal à Berlin-Ouest Jean-François Renault, intitulé 13" Cette fois Drut a dépassé Milburn, assorti d'une photo de l'A.P. de l'athlète
  9. a, b et c Parienté et Billouin 2003, p. 464.
  10. (en) « Athletics at the 1976 Montreal Summer Games:Men's 110 metres Hurdles », sur sports-reference.com (consulté le 14 février 2018)
  11. « Historique des ministères en charge de la jeunesse et/ou des sports », sur sports.gouv.fr (consulté le 14 février 2018)
  12. Le Parisien du 28 février 2008.
  13. « Liste des membres du Comité international olympique », sur olympic.org (consulté le 14 février 2018)
  14. « Guy Drut reçoit un blâme mais reste membre du Comité international olympique », sur lemonde.fr, (consulté le 14 février 2018)
  15. Carl Meeus, « Hidalgo - Drut : tandem gagnant pour Paris 2024 », Le Figaro Magazine, semaine du 29 juillet 2016, page 18.
  16. Les Frères invisibles, de Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, éditions Albin Michel, 2001, spécialement p. 18.
  17. « Chirac : l'amnistie "nécessaire" de Drut », sur nouvelobs.com, (consulté le 14 février 2018)
  18. « L'amnistie accordée par Chirac à Drut suscite un tollé », sur lesechos.fr, (consulté le 14 février 2018)
  19. « Le procès des marchés publics d'Ile-de-France s'ouvre à Paris », sur lemonde.fr, (consulté le 14 février 2018)
  20. « Biographie FFA - Médailles en grand championnats », sur Fédération française d'athlétisme (consulté le 16 février 2018)
  21. Les stars du sport, Jean Boully, coll. Les compacts, éd. Bordas, 255 pages, avril 1987.
  22. « Biographie FFA - records personnels », sur Fédération française d'athlétisme (consulté le 16 février 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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