Guy Drut

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Guy Drut
Image illustrative de l'article Guy Drut
Guy Drut en 1972.
Informations
Disciplines 110 m haies
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance (67 ans)
Lieu Oignies
Taille 1,88 m
Club Étoile Oignies
Stade français
Records
Ancien détenteur du record du monde
Palmarès
Jeux olympiques 1 1 -
Championnats d'Europe 1 - -
Championnats nationaux 13 - -
Guy Drut
Image illustrative de l'article Guy Drut
Fonctions
Député de la Seine-et-Marne
Élection 16 mars 1986
Circonscription 5e circonscription
Législature VIIIe (Cinquième République)
Circonscription 5e circonscription
Législature XIIe (Cinquième République)
Ministre de la Jeunesse et des Sports
Président Jacques Chirac
Premier ministre Alain Juppé
Gouvernement Juppé I et II
Prédécesseur Michèle Alliot-Marie
Successeur Marie-George Buffet
Biographie
Parti politique RPR (1985-2002)

UMP (2002-2008)

Guy Drut, né le à Oignies, dans le Pas-de-Calais, est un athlète français devenu homme politique et membre du Comité international olympique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la même rue que Michel Jazy, il est issu d'un milieu modeste (son père étant mineur).

Athlétisme[modifier | modifier le code]

Licencié au club d'athlétisme d'Oignies puis au Stade Français, Guy Drut s'essaye tout d'abord au saut à la perche avant de se consacrer définitivement au 110 mètres haies.

Crédité de 15 s 2 en 1966, il réalise 14 s 1 en juillet 1968, soit la meilleure performance française des juniors -le terme n'est alors pas usité pour cette catégorie d'âge-, lors du match France-Union soviétique disputé à Dole, remporté par les tricolores par 211 points à 177 ; durant cette même rencontre, Guy Drut sort également vainqueur du saut à la perche en améliorant aussi la meilleure performance des juniors français avec un saut à 4 mètres 71.

Il égale le record de France senior du 110 haies en 1969 en 13 s 7. Vainqueur de son premier titre de champion de France en 1970, il fait ses débuts sur la scène internationale la même année lors des Championnats d'Europe en salle 1970 de Vienne en terminant à la troisième place du 60 m haies. En 1972, il remporte sur 50 m haies son premier titre majeur international à l'occasion des Championnats d'Europe en salle disputés à Grenoble. Aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, Drut remporte la médaille d'argent du 110 m haies en établissant un nouveau record d'Europe en 13 s 34. Il s'incline d'un dixième de seconde face au favori de l'épreuve, l'Américain Rod Milburn.

En 1974, Guy Drut s'adjuge le titre des Championnats d'Europe de Rome avec le temps de 13 s 40. L'année suivante, il établit les meilleures performances de sa carrière en signant les temps de 13 s 28 lors du meeting de Saint-Étienne, puis en égalant à le record du monde détenu par Rod Milburn, en 13 s 1 à Saint-Maur, et enfin, en battant ce record en 13 s 0 à Berlin, le 22 août 1975 [4].

Le , Guy Drut remporte la médaille d'or du 110 m haies des Jeux olympiques de Montréal. Situé au cinquième couloir, et après un départ rapide, il parvient à contenir ses principaux adversaires et s'imposer de justesse sur la ligne d'arrivée avec le temps de 13 s 30, devant le Cubain Alejandro Casanas (13 s 33) et l'Américain Willie Davenport (13 s 38). Premier européen champion olympique de la discipline, et premier non-américain à s'imposer depuis 1928, Drut succède à Colette Besson au palmarès des champions olympiques français. Après un arrêt dans sa carrière amateur pour raison financière, il revient pour obtenir finalement une belle médaille de bronze aux Championnats d'Europe en salle du 50 m haies en 1981, onze ans après celle obtenue en Autriche.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député RPR de Seine-et-Marne depuis 1986 et maire de Coulommiers de 1992 à 2008, Guy Drut est un proche de Jacques Chirac, qui l'a employé comme chargé de mission auprès du premier ministre en 1975-1976. Entre 1985 et 1989, alors maire de Paris, Chirac en a fait son adjoint chargé des sports. Il est élu maire de Coulommiers en 1992. En novembre 1995, il a été ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Alain Juppé.

Il a été élu député UMP le , pour la XIIe législature (2002-2007), dans la cinquième circonscription de Seine-et-Marne, qui recouvre en partie la ville de Meaux. À la suite de la grâce présidentielle dont il bénéficie, il renonce à se présenter aux élections législatives de 2007.

Guy Drut a inauguré, en 2004, un complexe sportif à son nom à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire). Il est membre de l'Académie des sports.

Guy Drut a été jugé sur l'inculpation d'avoir obtenu d'un emploi fictif dans l'affaire des marchés publics d'Île-de-France. Il a bénéficié de l'amnistie du président Jacques Chirac en mai 2006.

Le 16 novembre 2007, il est annoncé candidat à la présidence de l'agence mondiale antidopage. En décembre 2007, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections municipales à Coulommiers.

Le 27 février 2008, il annonce sa démission, effective le 29 février, de la mairie de Coulommiers pour dénoncer la trahison remontant à décembre de certains de ses colistiers aux municipales[1].

Comité international olympique[modifier | modifier le code]

Guy Drut est l'un des membres français du comité international olympique.

Il a été suspendu le par la commission d'éthique du CIO de ses droits et fonctions à la suite de la condamnation judiciaire dont il a écopé en octobre 2005. Selon Henri Sérandour, président du comité olympique français, sa présence lors de la candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2012 aurait « un peu pesé » sur l'échec de la candidature. Suspendu à titre provisoire de ses fonctions au CIO jusqu'au 31 mai 2006, Guy Drut risquait de perdre définitivement son poste après cette date. L'amnistie personnelle dont il a bénéficié lui « permet de reprendre sa place au sein de cet organisme afin d'y poursuivre son action dans l'intérêt du sport olympique et de la France », comme l'a précisé le ministre de la Justice, Pascal Clément.

Il participe à l'organisation de la campagne de soutien pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2024[2].

Palmarès[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

National[modifier | modifier le code]

Records[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Engagement philosophique[modifier | modifier le code]

Guy Drut n'a jamais fait mystère de son appartenance à la franc-maçonnerie [4] .

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Financement illégal du RPR[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'enquête sur le financement illégal du RPR et de l'affaire des marchés publics d'Île-de-France, Guy Drut a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Il n'a pas fait appel de la décision judiciaire et a préféré solliciter l'amnistie du président de la République Jacques Chirac.

Guy Drut a été amnistié à titre individuel pour cette condamnation par un décret du président Jacques Chirac, non publié au Journal officiel, du 25 mai 2006. La présidence de la République a pris cette mesure « en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif ». Cette amnistie a, d'ailleurs, immédiatement suscité une levée de boucliers à gauche et au centre. Le numéro un du PS de l'époque, François Hollande, y voit « une énième désinvolture » de Jacques Chirac et suggère d'« en finir avec ce privilège d'un autre âge », tandis que Jack Lang a fustigé « un gouvernement de copains et de coquins ».

Procès de l'affaire des marchés publics d’Île-de-France[modifier | modifier le code]

En octobre 2005, Guy Drut fut jugé avec 46 autres personnes dans le procès du système de corruption au profit de plusieurs partis politiques, en marge des marchés de construction et de rénovation de lycées en Île-de-France (affaire des marchés publics d'Île-de-France).

SAR[modifier | modifier le code]

Guy Drut était également actionnaire d'une autre entreprise de BTP, la SAR de Francis Poullain, dont le redressement fiscal fut à l'origine de l'affaire des HLM de Paris. Il a ainsi obtenu 2,5 millions de francs au titre de ses dividendes en quatre ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'or et l'argent, éd. Denoël, coll. "Coudées franches", 1976 ;
  • Drut, par Christian Montaignac, éd. Calmann-Lévy, coll. Médaille d'Or, 1976
  • Une haie après l'autre - mémoires - autobiographie, éd. Archipel, préface de Philippe Bouvard, 18 mai 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Parisien du 28 février 2008.
  2. Carl Meeus, « Hidalgo - Drut : tandem gagnant pour Paris 2024 », Le Figaro Magazine, semaine du 29 juillet 2016, page 18.
  3. Les stars du sport, Jean Boully, coll. Les compacts, éd. Bordas, 255 pages, avril 1987.
  4. Les Frères invisibles, de Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, éditions Albin Michel, 2001, spécialement p. 18.

4. L'Equipe des 23 et 24 août 1975 : reportage en page 8 de l'envoyé spécial du journal à Berlin-Ouest Jean-François Renault, intitulé 13" Cette fois Drut a dépassé Milburn, assorti d'une photo de l'A.P. de l'athlète.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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