Bertrand Soubelet

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Officier général francais 4 etoiles.svg Bertrand Soubelet
Bertrand Soubelet en décembre 2013.
Bertrand Soubelet en décembre 2013.

Surnom Général Courage[1],[2]
Naissance (58 ans)
Saint-Jean-de-Luz
Origine Drapeau de la France France
Arme Gendarmerie nationale
Grade Général de corps d'armée
Années de service 1978-
Distinctions Croix de la valeur militaire
Officier de la Légion d'honneur

Bertrand Soubelet né le à Saint-Jean-de-Luz, est un général français de la Gendarmerie nationale[3].

Il se fait connaitre en 2013, à la suite de ses déclarations mettant en lumière les incohérences et les défaillances de la politique sécuritaire et judiciaire instaurée par le gouvernement. Sous la pression politique, il est alors muté, puis, une fois mis à l'écart de la scène publique, perd ses fonctions.

Bertrand Soubelet a été candidat aux élections législatives de 2017 dans les Hauts-de-Seine (dixième circonscription)[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1978, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Général Rollet)[3]. Après une année de formation à l’École d'application de l'artillerie à Draguignan (1980-1981), il sert comme lieutenant au 11e régiment d'artillerie à Offenburg (Allemagne), puis au 68e régiment d'artillerie à La Valbonne, unité au sein de laquelle il participe à un déploiement en République centrafricaine[3].

En 1986, il rejoint les rangs de la Gendarmerie nationale et intègre l'École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) à Melun[3]. En 1987, il prend la tête de l’escadron de gendarmerie mobile à Mont-de-Marsan (EGM 8/11)[3]. En 1990, il prend le commandement de la compagnie de gendarmerie départementale de Villeneuve-sur-Lot[3]. Promu chef d’escadron, il rejoint en 1993 la Direction générale de la Gendarmerie nationale à titre de rédacteur au bureau défense-opérations[3].

En 1995, il intègre la 3e promotion du Collège interarmées de Défense[3], et rejoint en 1996 le cabinet du directeur général de la gendarmerie nationale, occupant les fonctions d’adjoint puis de chef de cabinet[3]. En 1999, il prend le commandement du groupement de gendarmerie départementale du Vaucluse à Avignon[3].

Bertand Soubelet assume en 2002 les fonctions de chef d’état-major de la gendarmerie de la Martinique et est promu colonel en 2003[3]. Durant cette affectation, il est engagé comme conseiller gendarmerie du commandant de la force multinationale d’intervention en Haïti en 2004[3].

En 2005, il prend la responsabilité du bureau de la défense à la direction générale de la gendarmerie nationale à Paris[3]. En 2007, il est auditeur de la 57e session du Centre des hautes études militaires et de la 60e session de l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN)[3].

En 2008, il prend le commandement de la région de gendarmerie Midi-Pyrénées[3]. Il est admis dans le corps des officiers généraux au grade de général de brigade, le 1er mars 2009[3].

Le Général Bertrand Soubelet prend en 2010 le poste d'adjoint au directeur des personnels militaires de la gendarmerie nationale[5], puis est nommé en novembre 2012, directeur des opérations et de l’emploi à la Direction générale de la Gendarmerie nationale[6].

Le 1er septembre 2014, suite à des critiques publiques au sujet de la politique sécuritaire et judiciaire instaurée par le gouvernement qu'il juge « incohérente » et « inadaptée », le Général Soubelet est sanctionné en étant rétrogradé[7] à la tête de la gendarmerie d’Outre-mer[8].

Le 24 avril 2016, un mois après la parution chez Plon de son livre Tout ce qu’il ne faut pas dire, il perd son affectation de commandant de la gendarmerie d’outre-mer[7],[9],[10].

Début 2017, le général Soubelet annonce sa candidature aux élections législatives dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine, son lieu de résidence depuis 20 ans[11]. Ayant « besoin de croire qu'une nouvelle façon de faire de la politique était en train de naître », il apporte publiquement son soutien à Emmanuel Macron[4],[12]. Le , il décide de prendre ses distances avec le fondateur du mouvement En marche !, de par « les ralliements successifs tous azimuts et symboliques à bien des égards, à commencer par ceux de l'actuel gouvernement » qui « ne correspondent pas à ma conception du changement »[13]. « Sans étiquette », il annonce qu'il se présentera, « quoi qu'il advienne, avec ou sans le soutien d'un parti »[4],[11]. Il est battu au premier tour avec 6,17 % des voix, en 4e position.

Prise de positions[modifier | modifier le code]

Mission parlementaire de « lutte contre l'insécurité » en décembre 2013[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 2013, le général Soubelet est auditionné à l'Assemblée nationale par la mission parlementaire d'information de « lutte contre l'insécurité » présidée par le député socialiste Jean-Pierre Blazy[1]. Comme toutes les personnes auditionnées, il prête serment de dire « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »[14]. Devant les parlementaires, il souligne les difficultés rencontrées au quotidien par la gendarmerie dans sa lutte contre la délinquance : « six mille emplois supprimés, une procédure trop complexe, une justice sans moyens, des délinquants dans la nature malgré l'engagement des gendarmes et des magistrats, des coupables mieux considérés que les victimes »[15].

À la suite de cette audition, il s'attire les foudres de sa hiérarchie et du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, mais a gagné la sympathie de nombreux gendarmes saluant le « général courage »[2]. Le 30 juillet 2014, le Conseil des ministres a acté la mutation à l'outre-mer du général Soubelet, numéro trois de la gendarmerie nationale[16]. Le lendemain, en signe de protestation, les députés UMP (Eric Ciotti, Philippe Goujon et Georges Fenech) ont démissionné de la mission parlementaire d'information de « lutte contre l'insécurité » en indiquant que le général Soubelet « paye sans doute la liberté de ton avec laquelle il s’était exprimé devant la mission » et le secrétaire générale de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a écrit au président de l'Assemblée en dénonçant « une véritable rétrogradation » et « une mise au placard » du général[17],[18].

Publication de Tout ce qu'il ne faut pas dire en mars 2016[modifier | modifier le code]

Le général Soubelet publie Tout ce qu'il ne faut pas dire le 24 mars 2016 et se livre à une expression publique inédite pour un haut-gradé en exercice de la gendarmerie nationale[1]. Sa publication a lancé le débat sur la liberté d'expression des militaires et le devoir de réserve d'un fonctionnaire[14],[19],[20].

Le 25 avril 2016, l'ancien Premier ministre Alain Juppé déclare, concernant le général Soubelet, qu'« Un militaire, c'est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s'en va », alors qu'il s'exprime devant des étudiants de Sciences Po à Bordeaux[21],[22]. Les propos de l'ancien Premier ministre ont été jugés « indignes », « méprisants » et « scandaleux » par plusieurs généraux français, dont le général Vincent Desportes qui publie une tribune en « une » du journal Le Monde[23],[24]. De son côté, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy réagira en indiquant que « Le général Bertrand Soubelet a dit la vérité sur la montée des violences dans notre pays »[25].

Son ouvrage, un best-seller avec plus de 120 000 exemplaires vendus, met fin à la carrière du général[12].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Soubelet, Sans autorité, quelle liberté ?, Les éditions de l'observatoire, , 280 p. (ISBN 979-1032900215)
  • Bertrand Soubelet, Tout ce qu'il ne faut pas dire : Insécurité, Justice : un général de gendarmerie ose la vérité, Plon, , 256 p. (ISBN 978-2259249096)
  • Richard André, Bertrand Soubelet, Serge Soulet et François-Xavier de Woillemont, Le Soutien de la nation à l'action militaire, Éditions Le Fantascope, coll. « Chercheurs militaires », , 98 p. (ISBN 978-2357240100)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Les quatre vérités du « général courage » », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  2. a et b « Départ du n°3 de la gendarmerie », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Association d’Aide aux Membres et Familles de la Gendarmerie, « Bio du général SOUBELET - Une carrière qui conduit en Midi-Pyrénées... », L’Écho du képi, no 2,‎ , p. 13 (lire en ligne).
  4. a, b et c « Général Soubelet : «En marche! est devenu une recyclerie» », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  5. « Le général Soubelet appelé à de nouvelles fonctions », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  6. « Berrand Soubelet est nommé Directeur des opérations et de l'emploi de la DGGN », Association d’Aide aux Membres et Familles de la Gendarmerie,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Julia Pascual, « Le général Soubelet privé de son commandement », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. Céline Rouden, « Des militaires sortent de leur réserve », La Croix,‎ (lire en ligne).
  9. Yves Capdepont, « Éviction du général Soubelet : le coup de gueule d'un militaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  10. « Auteur d'un livre critique, le général Soubelet perd son poste », L'Union,‎ (lire en ligne).
  11. a et b Anthony Lieures, « Bertrand Soubelet candidat à Issy : « Je suis un ovni, j’assume » », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  12. a et b Jean-Dominique Merchet, « Bertrand Soubelet, général « macroniste » candidat aux législatives », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  13. Pauline De Saint-Rémy, « Le général Bertrand Soubelet lâche Emmanuel Macron », RTL.fr,‎ (lire en ligne).
  14. a et b Alexandre Malafaye, « Éviction du Général Soubelet : comment éviter la répétition d'un tel gâchis ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  15. Plon, « Tout ce qu'il ne faut pas dire », Plon,‎ (lire en ligne).
  16. Agathe Ranc, « Le n°3 de la gendarmerie remplacé après des critiques sur la politique pénale », France Info,‎ (lire en ligne)
  17. AFP, « Protestations à droite après le remplacement du n°3 de la gendarmerie », La Croix,‎ (lire en ligne)
  18. Hervé Jouanneau, « Trois députés UMP quittent la mission Blazy sur la lutte contre l’insécurité », La Gazette des communes,‎ (lire en ligne)
  19. Manuel Vicuña, « Le général "anti juges" Soubelet a-t-il le droit de "tout dire" ? : Sanctions contre l'officier de gendarmerie après des prises de parole », Arrêt sur images,‎ (lire en ligne)
  20. Alexandre Malafaye, « Pourquoi le cardinal de Richelieu n'aurait pas évincé le général Soubelet », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  21. Loïc Besson, « Juppé désavoue le général Soubelet », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  22. Jean-Dominique Merchet, « L’ancien Premier ministre multiplie les déclarations qui chagrinent la communauté de défense », L'Opinion,‎ (lire en ligne).
  23. Vincent Desportes, « Général Desportes : « Vous avez tort, Monsieur Juppé ! » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  24. Henri Pinard Legry, « JUPPÉ : Arrogance et autisme. Billet du général Henri PINARD LEGRY, Président de l'ASAF. », ASAF - Association de Soutien à l'Armée Française,‎ (lire en ligne).
  25. Alain Barluet, Paul-Henri Du Limbert et Philippe Gélie, « Nicolas Sarkozy : «La défense est une priorité absolue» », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  26. « JORF n°0155 du 7 juillet 2009, texte n° 6 : Décret du 6 juillet 2009 portant promotion et nomination », Légifrance,‎ (lire en ligne)
  27. « JORF n°158 du 9 juillet 2000 - page 10406 : Décret du 6 juillet 2000 portant promotion et nomination », Légifrance,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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