Jeannette Bougrab

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Jeannette Bougrab
Jeannette Bougrab lors des états généraux de la Femme en 2010.
Jeannette Bougrab lors des états généraux de la Femme en 2010.
Fonctions
Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Marc-Philippe Daubresse
Présidente de la HALDE
Prédécesseur Louis Schweitzer
Successeur Éric Molinié
Présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances
Prédécesseur Alix de la Bretesche
Successeur Salima Saa
Biographie
Date de naissance (41 ans)
Lieu de naissance Châteauroux (Indre)
Nationalité Française
Parti politique UMP
Profession Maitre des requêtes au Conseil d'État
Avocate

Jeannette Bougrab, née le à Châteauroux (Indre)[1], est une universitaire française, devenue maître des requêtes au Conseil d'État et une femme politique, membre de l'UMP.

Présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) du au , elle est nommée par la suite comme secrétariat d'État à la Jeunesse et à la Vie associative dans le troisième gouvernement Fillon. En 2013, elle est brièvement chroniqueuse dans le Grand Journal de Canal+. Elle est ensuite réintégrée au Conseil d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab est née d'un père harki ouvrier métallurgiste et décoré de la Légion d'honneur à titre militaire[2].

Après des études de droit à Orléans, elle obtient un DEA (1997), puis un doctorat (2002)[1] en droit public à l'université Panthéon-Sorbonne : Les origines de la Constitution de la Quatrième République[3]. Juriste au Conseil constitutionnel avant de devenir maître de conférences en droit public à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne jusqu'en 2007, et à l'Institut d'études politiques de Paris de 2007 à 2009[4], elle est remarquée par Pierre Mazeaud[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab s'engage en politique à l'UMP sous la présidence d'Alain Juppé et est nommée secrétaire nationale chargée d'un rapport sur « les discriminations dans l’accès au marché de l’emploi ». Grâce au soutien de Pierre Mazeaud, elle est nommée membre du Haut conseil à l'intégration en 2002[6]. À son arrivée à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy lui confie le secrétariat national des nouvelles adhésions, aux côtés d'Yves Jégo.

Elle est aussi membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe, du Conseil d'analyse de la société et du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (Cora)[7] dépendant de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).

Lors des élections législatives des 10 et , elle est candidate investie par l'UMP dans la 18e circonscription de Paris (Barbès, porte de Clignancourt, une partie des Grandes Carrières, Montmartre) face au député socialiste sortant, Christophe Caresche. À l'issue de la campagne [4], distancée lors du premier tour malgré le soutien de personnalités comme David Douillet, Luc Ferry et Alexandre Adler, elle perd au soir du second tour avec 36,71 % des voix contre 63,29 % pour Christophe Caresche[8], réalisant le plus bas score jusqu'alors enregistré dans la circonscription pour une élection législative, nettement en dessous de celui réalisé par Xavier Chinaud lors de la législative de 2002 avec 42,63 %[9], et par ailleurs, le second plus bas score de la droite à Paris lors de scrutin[10]. À l'issue de l'élection, elle se déclare déçue d'avoir été cantonnée à un rôle « d'animateur de réunions communautaires » pour Nicolas Sarkozy, de n'avoir obtenu que de haute lutte son investiture aux législatives, dans une circonscription bastion de la gauche, et a annoncé vouloir s'éloigner de la politique partisane pour se consacrer à l'écriture[11].

Décrite dans les médias comme proche de Claude Guéant[12] et d'Alain Juppé[4], elle entre le 14 novembre 2010, au gouvernement Fillon comme secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Vie associative.

En déclarant le 30 janvier 2011 sur France Info que le président égyptien Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir, elle entre en contradiction avec la position officielle du gouvernement français[13]. Convoquée et rappelée à l'ordre par le Premier ministre François Fillon, elle a dû faire un mea culpa par communiqué[14].

Présidente de la HALDE[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab est nommée, par décret présidentiel du [15], présidente du conseil d'administration de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE).

Proposée par la présidence de la République le [16], elle est nommée officiellement présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) le 16 avril suivant[17].

Elle doit défendre l'autonomie de son institution face à la volonté des parlementaires de réduire les moyens alloués à la HALDE et d'intégrer ses fonctions à celles du Défenseur des droits, créé par la réforme constitutionnelle de 2008. Elle est, en interne, contestée par des salariés, qui lui reprochent « un management brutal et irrespectueux[18] » et désavouée par certains de ses services qui défendent, contre sa volonté, une salariée de la crèche Baby-Loup licenciée pour avoir porté un voile[4].

En , elle est mise en difficulté par Le Canard enchaîné qui l'accuse d'avoir obtenu le doublement de son indemnité de présidente de la HALDE (passant de 6 900 à 14 000 euros mensuels)[19], affirmation qu'elle récuse et contre laquelle elle porte plainte pour diffamation[20] : Jeannette Bougrab est finalement déboutée en , le tribunal correctionnel de Paris estimant que l'enquête menée par le journal était sérieuse et les chiffres avancés étaient « tout sauf fantaisistes[21] ».

Ses prises de position face au sort des femmes dans la réforme des retraites en septembre 2010, et celles de son institution s'opposant à la proposition de soumettre les candidats à l'immigration à des tests d'ADN, lui valent des inimitiés dans la majorité présidentielle[12].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Après son échec aux élections législatives de 2007, Jeannette Bougrab est nommée maître des requêtes au Conseil d'État au tour extérieur par décret du [22].

Elle est membre du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (CORA)[23], créé par le lobby des assureurs[24].

Elle prête serment le 19 décembre 2012 pour devenir avocate[25]. De décembre 2012 à septembre 2013[réf. nécessaire], elle est avocate au sein du cabinet américain Mayer Brown où elle dirige l’activité Compliance et maitrise des risques du cabinet. Elle a également pour rôle de développer le pôle droit public de la firme qui compte plus de 75 avocats à Paris, et d’œuvrer à l’implantation du cabinet dans les pays du Moyen-Orient et au Maghreb[26]. En avril 2014, elle quitte la profession d'avocat en se faisant « omettre » du barreau de Paris, pour avoir prétendu être avocate associée alors qu'elle n'était qu'avocate collaboratrice[27],[28].

Elle rejoint le 26 août 2013, en tant que chroniqueuse, la formule remaniée du Grand Journal de Canal+, alors présenté par Antoine de Caunes[29].

Elle réintègre le Conseil d'État le 1er juillet 2014[30].

En avril 2015, elle est nommée au poste de chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France en Finlande[31].

Convictions[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab se réclame de la droite, déclarant être partisane du gaullisme social[32]. Favorable au mariage homosexuel et à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels[33], elle se montre réservée dans son rapport sur Les Discriminations dans l’accès au marché de l’emploi, quant à la notion de discrimination positive, lui préférant la notion de « mobilisation positive » et est opposée aux quotas ethniques[4].

Elle se déclare athée, laïque et « profondément républicaine »[34],[35].

En mai 2015, à l'occasion de la sortie de son livre intitulé Maudites, dans lequel elle rend hommage aux femmes victimes de l'islamisme, elle déclare au magazine Valeurs actuelles : « Moi, contrairement à Luz, je continue à parler du Prophète »[36]. Elle juge « médiocre et usurpateur »[36] le dessinateur de Charlie-Hebdo (qui venait d'annoncer en avril qu'il ne dessinerait plus Mahomet) et estime que « La greffe qui marche le moins bien, c'est la greffe de couilles »[36].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab a adopté une fille — dans le cadre d'une procédure d'adoption en tant que célibataire — prénommée May[37]. En décembre 2014, elle affirme mener une vie de célibataire[38].

Elle s'est présentée comme la compagne du dessinateur Charb[39], à la suite de l'assassinat de celui-ci, le lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Dans une déclaration à l'Agence France-Presse en date du 10 janvier 2015, le frère de Charb, affirmant s'exprimer également au nom de leurs père et mère, dément « l'engagement relationnel » de Charb avec Jeannette Bougrab[40]. Selon le magazine Closer, la vraie compagne de Charb s'appelle Valérie[41]. La relation a en revanche été confirmée par l'entourage amical de Charb et Jeannette Bougrab, notamment par l'animateur de radio Éric Jean-Jean sur Twitter ou Caroline Fourest en direct sur France Inter, lors de son billet en hommage à Charb.

Selon le journal La Nouvelle République, Jeannette Bougrab et sa famille proche faisaient l'objet de menaces de mort trois semaines avant l'attentat de Charlie Hebdo et des policiers de la police judiciaire de Limoges et de la Brigade de recherche et d'intervention de Paris (BRI) assuraient à Déols (Indre) une surveillance permanente de leur domicile familial, selon des sources proches du ministère de l'Intérieur[42]. Charb se revendiquait comme « un célibataire pur et dur » mais, selon des sources policières, on pouvait craindre que certaines personnes aient pu « découvrir par hasard leur relation et remonter jusqu'à la famille »[43].

Peu après la tuerie perpétrée au journal satirique, Jeannette Bougrab fait une tentative de suicide[44].

La mère de Charb était présente aux obsèques de la mère de Jeannette Bougrab, le 5 juin 2015[45],[46].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Aux origines de la Constitution de la IVe République (préface de Nicole Belloubet-Frier). Dalloz, collection « Nouvelle bibliothèque de thèses » no 12, Paris, 2002. X-768 p. (ISBN 2-247-04490-5). Reproduction de la thèse de doctorat en droit public, soutenue en 2001 devant l'université de Paris-I.
  • « Le contrôle de constitutionnalité des lois dans l'élaboration de la Constitution du 27 octobre 1946 », Revue française de droit constitutionnel, no 38, 1999, p. 285-314.
  • « L'aide juridictionnelle, un droit fondamental ? », L'Actualité Juridique Droit Administratif, no 12, 2001, p. 1016-1024.
  • « La gauche et la décentralisation », La décentralisation à la française, éditions F. X. de Guibert, 2003, p. 249-263.
  • « L'égalité entre les femmes et les hommes dans les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme, de la Cour de justice des communautés européennes et des juridictions françaises », L'Actualité Juridique Droit administratif, no 31, 2003, p. 1640-1647.
  • « Le juge administratif français et les lois nationales étrangères », in Mélanges en l'honneur du professeur Timsit, Bruylant, 2004, p. 267-288.
  • « L'accès à la justice », in Informations sociales, décembre 2004, no 120, p. 60-69.
  • « La contribution de François Luchaire à l'élaboration de la Constitution de la Cinquième République », in Un Républicain au service de la République, mélanges en l'honneur du professeur François Luchaire, Presses universitaires de la Sorbonne, 2005, p. 141-158.
  • « Independence administrative authorities », in Roberto Caranta, (dir.), Independent Administrative Authorities a Comparative Perspective, British Institute of Internationale and Comparative Law, London, 2005, p. 47-63.
  • « Les articles 34 et 37 de la Constitution », in Bertrand Mathieu et Michel Verpeaux, La Réforme du travail législatif, Dalloz, 2005.
  • « Note sous CE Sect. 29 janvier 2003, Syndicat départemental de l'électricité et du gaz des Alpes-Maritimes et commune de Clans : Une relecture du principe d'intangibilité de l'ouvrage public », in Les Petites Affiches, 21 mai 2003, no 101, p. 4-8.
  • Ma République se meurt, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2013, 224 p. (ISBN 978-2-246-75551-7)
  • Maudites, Paris, Albin Michel, 2015, 300 p. (ISBN 978-2-226-31668-4)

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jeannette Bougrab, 33 ans. Candidate aux législatives dans le XVIIIe », Libération, 2 juin 2007.
  2. Jeannette Bougrab, « Une certaine idée de la France » in Qu'est-ce qu'être français ?, Hermann éditeurs, 2009, p. 17-22
  3. Ma République se meurt, page 127.
  4. a, b, c, d et e AFP, « Jeannette Bougrab, de la Halde au gouvernement », lepoint.fr, 14 novembre 2010
  5. Jeannette Bougrab - maître en intégration
  6. « La vague Sarkozy : La génération Sarkozy », Le Point, 17 mai 2007.
  7. FFSA.fr
  8. Le site officiel du ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
  9. « Paris (75) -- 18e circonscription (résultats officiels) », Ministère de l'Intérieur,‎ (consulté le 23 novembre 2010)
  10. « Paris (75) -- 6e circonscription (résultats officiels) », Ministère de l'Intérieur,‎ (consulté le 23 novembre 2010)
  11. L'Express, 5 juillet 2007, page 44
  12. a et b Samuel Laurent, « La Halde perd sa tête, avant de disparaître ? », lemonde.fr, 17 novembre 2010
  13. "Il faut que Moubarak parte".
  14. « Jeannette Bougrab contrainte à un mea culpa sur l'Égypte », sur Le Figaro.fr, Le Figaro,‎ (consulté le 6 décembre 2012)
  15. Décret.
  16. Communiqué de la présidence de la République concernant J. Bougrab le .
  17. « Jeannette Bougrab : berrichonne, fille de harki et docteur en droit !!», L'Express, 19 avril 2010.
  18. Marie Bellan, « La présidente de la Halde en difficulté pour défendre son institution », Les Échos, 24 juin 2010
  19. « La nouvelle présidente de la Halde double son salaire », Le Monde.fr, 22 juin 2010.
  20. « Jeannette Bougrab porte plainte contre "Le Canard enchaîné" », LeMonde.fr avec l'AFP, 23 juin 2010.
  21. « Jeannette Bougrab perd en diffamation contre "Le Canard enchaîné" à propos de son salaire à la Halde »
  22. Legifrance - Le service public de l'accès au droit
  23. Membres du CORA.
  24. Rue89.
  25. « Claude Guéant et Jeannette Bougrab deviennent avocats », Le Monde,‎
  26. « Le cabinet d’avocats Mayer Brown recrute Jeannette Bougrab, ancien ministre, en tant qu’avocat associé », Law in France,‎
  27. Pascal Ceaux, « Jeannette Bougrab renonce à la robe d'avocat », in lexpress.fr, 9 avril 2014.
  28. http://www.lexpress.fr/actualite/indiscrets/jeannette-bougrab-renonce-a-la-robe-d-avocat_1507441.html
  29. « Jeannette Bougrab rejoint le «Grand Journal» de De Caunes », in leparisien.fr, 19 juillet 2013.
  30. « Arrêté du 11 juillet 2014 portant réintégration (Conseil d'État) - MMe Bougrab (Jeannette) », legifrance.gouv.fr, 13 juillet 2014.
  31. Jeannette Bougrab en Finlande : «changer d'air après la violence et la méchanceté»
  32. [« http://www.lejdd.fr/cmc/paris/200712/des-breches-dans-le-fief-socialiste-_4687.html » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) « Des brèches dans le fief socialiste »], le Journal du dimanche.
  33. interview au journal Têtu, mai 2006
  34. « Jeannette Bougrab : l'impertinente de la République », Interview de Jeannette Bougrab par Patrick Williams, Elle, 1er février 2013.
  35. Jeannette Bougrab, Ma république se meurt, éditions Grasset, 2013, page 45 et suivantes.
  36. a, b et c « Confessions de Jeannette Bougrab avant son départ en Finlande », Valeurs actuelles, 15 mai 2015.
  37. Ma République se meurt, p. 69 et 161.
  38. « Jean­nette Bougrab : « Je ne pleure plus depuis que May est avec moi » », sur gala.fr,‎ 15 décembre 2014.
  39. « Charlie Hebdo : le témoignage de Jeannette Bougrab, compagne de Charb », lepoint.fr,‎ (consulté le 8 janvier 2015).
  40. « La famille de Charb dément l'"engagement relationnel" du dessinateur avec Jeannette Bougrab », L'Express,‎ (consulté le 10 janvier 2015)
  41. « Charb: les révélations de Valérie M., sa vraie compagne », Closer, 3 juin 2015.
  42. « Mort de Charb : la famille de Jeannette Bougrab menacée ? », La Nouvelle République, 09 Janvier 2015.
  43. Xavier Benoit, « Mort de Charb : la famille de Jeannette Bougrab menacée ? », La Nouvelle République.fr, 9 janvier 2015.
  44. « Jeannette Bougrab a tenté de se suicider », lepoint.fr, 8 mai 2015.
  45. « Obsèques de Zohra Bougrab : la mère de Charb était là », La Nouvelle République, 5 juin 2015.
  46. « Jean­nette Bougrab révèle que la mère de Charb lui a écrit et l’a appe­lée », Voici, 19 mai 2015.
  47. décret du 16 mai 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]