Mouvement social

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La notion de mouvement social est définie de manière différente selon les disciplines.

En histoire, il s'agit de l'ensemble des événements au cours desquels certains groupes (comme des classes sociales) cherchent à modifier l'organisation de la société en fonction de leurs idéaux : répartition des richesses et du pouvoir politique, progrès social.

En politique, et par métonymie, un mouvement social est une somme d'actions qui veulent la concrétisation de cette volonté de progrès social.

Pour les sociologues, un mouvement social est un ensemble de réseaux informels d'organisations et d'acteurs isolés, construit sur des valeurs partagées et de la solidarité et qui se mobilise au sujet d'enjeux conflictuels, en ayant recours à différentes formes de protestation[1].

Typologie[modifier | modifier le code]

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Le monde contemporain se caractérise par une affiliation de l'individu à simultanément de multiples groupes sociaux, ce qui a fait éclater les vieux cadres d'analyse et provoqué une diversification des mouvements sociaux.

Quelques exemples de mouvements sociaux :

Comme on peut le voir précédemment, il est impossible de faire une liste exhaustive de tous les mouvements sociaux mais on peut citer :

Typologie des mouvements sociaux
Quoi ?
Changement limité Changement radical
Qui ? Groupes spécifiques d'invividus Mouvements sociaux alternatifs Mouvements sociaux rédempteurs
Tout un chacun Mouvements sociaux réformateurs Mouvements sociaux révolutionnaires
D'après David F. Aberle, 1966


Histoire[modifier | modifier le code]

L'expression est moderne, mais a posteriori les théoriciens du mouvement social revendiquent l'héritage de nombreux événements historiques. Dans la mesure où les premiers théoriciens, historiens et intellectuels adhéraient généralement à l'idéologie de la lutte des classes un certain accent est mis sur les événements violents, révolutionnaires.

Néanmoins, les mouvements sociaux prennent des formes différentes selon les pays et les époques.

Le XIXe et le XXe siècles sont surtout marqués dans les pays industrialisés par le mouvement ouvrier. Avec l'avènement des sociétés libérales, les mouvements sociaux ont pris au cours du XXe siècle des formes de moins en moins violentes et de plus en plus institutionnalisées, en particulier avec la création d'associations et de syndicats. Les formes d'action des mouvements sociaux sont variées : pétitions, manifestations, émeutes, grèves, occupations...

Les clés du procédé d'un mouvement social[modifier | modifier le code]

Plusieurs processus clés sont à l'origine de l'histoire des mouvements sociaux. L'urbanisation a conduit à des villes plus grandes, où les gens de buts similaires pourraient se trouver les uns les autres, se regrouper et d'organiser. Cela a facilité l'interaction sociale entre des dizaines de personnes, et c’est  dans les zones urbaines que ses premiers mouvements sociaux sont apparus. De même, le processus d'industrialisation qui a réuni de grandes masses de travailleurs dans la même région explique pourquoi beaucoup de ces mouvements sociaux au début ont abordé des questions comme le bien-être économique, important pour la classe des travailleurs. Plusieurs autres mouvements sociaux ont été créés dans les universités, où le processus d'éducation de masse réunie de nombreuses personnes. Avec le développement des technologies de communication, la création et les activités des mouvements sociaux sont devenues plus faciles. Des brochures imprimées circulant dans les cafés du 18ème siècle aux journaux et Internet. Tous ces outils sont devenus des facteurs importants dans la croissance des mouvements sociaux. Enfin, la propagation de la démocratie et des droits politiques comme la liberté d'expression a rendu la création et le fonctionnement des mouvements sociaux beaucoup plus facile.

Exemples historiques[modifier | modifier le code]

Les mouvements sociaux peuvent aussi être étudiés sous l'angle événementiel. Voici quelques événements qui sont généralement considérés comme des mouvements sociaux.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Sociologie[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Selon la définition de sociologie donnée ci-dessus un mouvement social possède différentes caractéristiques : une dimension collective, se définit des cibles, des adversaires et pose des revendications.

  • Les membres d'un mouvement social partagent un système de valeurs ou ont un projet en commun, se sentent liés par de la sensualité ou un sentiment d'appartenance.
  • La capacité de mobiliser, de réunir un certain nombre de personnes pour des évènements ponctuels. Néanmoins, pour que le mouvement social existe il faut de la continuité entre les moments forts.
  • Des formes de protestation du mouvement social sont extrêmement variées, en voici quelques exemples : pétition, grève, grève du zèle, blocage des routes, occupation des arbres[3], occupation de bâtiments, réappropriation des rues de façon festive (fête de rue), arrachage collectif de plants d'OGM, manifestations médiatisées…

Les sciences politiques et la sociologie ont développé des théories et des recherches empiriques sur les mouvements sociaux, par exemple certaines recherches étudient ou mettent en évidence l'engagement des militants, la relation entre les mouvements populaires et la formation de groupes politiques, l'institutionnalisation des mouvements sociaux, l'influence des mouvements sociaux dans la mise sur pied de réglementations politiques, la mise à l'agenda politique des questions soulevées.

Historique en sociologie[modifier | modifier le code]

Charles Tilly affirme que le « mouvement social » n'existe pas avant la fin du XVIIIe siècle car selon lui l'émergence des mouvements sociaux était connectée aux profonds changements économiques et politiques de ces périodes, en incluant la parlementarisation, l'expansion du capitalisme et la prolétarisation. Même si des éléments comme des campagnes, répertoire des actions collectives, révoltes et les manifestations montrent une plus longue histoire, c'est vraiment récemment qu'ils sont combinés ensemble pour former le mouvement social en sociologie.

L'expression mouvement social en sociologie fut inventée en Angleterre et aux États-Unis durant les premières décennies du XIXe siècle et les premiers mouvements seraient la Révolution française, la Révolution haïtienne (1804), fille aînée de la Révolution française, le mouvement pour la Constitution polonaise (1791), le mouvement abolitionniste (entre 1791 et 1806).

Le numérique dans les mouvements sociaux[modifier | modifier le code]

L'étude sociologique des mouvements sociaux est un sujet assez nouveau. Selon la vision traditionnelle, les mouvements sont perçus comme intrinsèquement chaotiques et désorganisés, ce qui nourri le préjugé de l'activisme comme un sort de menace pour l'ordre social. Dans les années 1960 et 1970 une opinion plus diversifié sur le sujet au tour de l'activisme commence à s'établir. Des modèles ont été introduits pour comprendre les pouvoirs organisationnels et structurels incorporés dans les mouvements sociaux dans le contexte de la société actuelle. Les transformations numériques qui importent notre société influent alors cette organisation des mouvements sociaux.

Depuis plus de dix ans, Internet a beaucoup contribué à l'évolution des actions de mobilisation. En effet l'usage des outils de communication tel que Twitter ou Facebook ont amélioré la vitesse, la portée et l'efficacité de la communication au sein des mouvements permettant des mobilisations plus étendues, plus spontanées et surtout plus coordonnées. L'utilisation de ces moyens de communication ont accompagné et parfois réalisé des révolutions et des transitions démocratiques si bien que l'on utilise souvent depuis le Printemps arabes les termes de révolution Twitter, révolution Facebook ou encore révolution 2.0.

En 2004, pour la première fois, lors de la Révolution orange en Ukraine, les téléphones portables et Internet jouent un rôle déterminant dans la coordination des révolutionnaires[4] . C'est ainsi par exemple que le collectif civique Pora! tenta de mobiliser et d'informer la jeunesse en utilisant Internet pour contrer la censure du gouvernement et les SMS[5] pour coordonner des mobilisations et disséminer des informations relatives aux élections.

En 2009, la révolte en Moldavie après la victoire du parti communiste aux élections législatives en avril[4], et le Soulèvement postélectoral en Iran[6] sont considérés comme les deux premiers mouvements sociaux d'ampleur dans lequel les réseaux sociaux sur Internet. Dans les deux cas présents Twitter représentait la seule plateforme d'expression libre et intensément propagatrice sur laquelle les utilisateurs s'échangeaient des liens et des médias témoignant des manifestations[6].

En 2011, le Mouvement des Indignados et Occupy Wall Street deviennent les premiers mouvements à tenter d'attendre la "démocratie réelle" par l'action collective et la "construction d'une forme d'intelligence collective"[7]. L'utilisation d'Internet a permis de répandre massivement et rapidement ce mouvement dans le monde entier et d'organiser une « journée planétaire des Indignés » le 15 octobre 2011 dans 1051 villes de 90 pays du monde.

En 2016, la très grande horizontalité de Nuit debout - permise entre-autre par la communication via internet mais également par son organisation en Démocratie liquide[8]- ainsi que l’hétérogénéité des revendications, font dire au politologue Gaël Brustier que : "on peut sans doute dire que Nuit Debout est le premier mouvement social post-marxiste"[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Della Porta D. et Diani M., Social movements • An introduction.
  2. http://www.egyptos.net/egyptos/histoire/la-premiere-greve-connue-de-l-histoire.php
  3. Voir écoguerrier.
  4. a et b « La «Révolution Twitter» des Moldaves », sur slate.fr,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  5. (en) « The Role of Digital Networked Technologies in the Ukrainian Orange Revolution », sur harvard.edu,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  6. a et b « Iran, la révolution Twitter ? », sur liberation.fr,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  7. « Indignés : les nouvelles formes de protestation », sur scienceshumaines.com,‎ (consulté le 8 mai 2016)
  8. a et b « “Nuit Debout est le premier mouvement social post-marxiste” », sur lesinrocks.com,‎ (consulté le 8 mai 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Susan Eckstein (éd.[Quoi ?]), Power and Popular Protest: Latin American Social Movements, édition mise à jour, University of California Press, 2001. (ISBN 0520227050)
  • Laurent Frajerman, « L’engagement des enseignants • Figures et modalités, 1918-1968 », Histoire de l’éducation, n° 117, janvier 2008, pp. 57-95.
  • Jérôme Lafargue, La Protestation collective.
  • Pénélope Larzillière, Sociologie de l'engagement à partir du Proche-Orient, in J. Husseini et A. Signoles, Les Palestiniens entre Etat et diaspora : le temps des incertitudes, Paris, Karthala / IISMM - EHESS, 2012, p 179-188 et p 299-301.
  • Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux.
  • Frédéric Sawicki et Johanna Siméant, « Décloisonner la sociologie de l'engagement militant • Note critique sur quelques tendances récentes des travaux français ». Sociologie du travail, n° 51, 2009, p. 97-125.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]