Christophe Honoré

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Christophe Honoré
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Christophe Honoré en 2010, lors de la présentation à la FNAC du DVD de Non ma fille tu n'iras pas danser

Naissance (45 ans)
Carhaix, France
Nationalité Drapeau : France française
Profession Réalisateur, scénariste, écrivain
Films notables Ma mère
Les Chansons d'amour
Les Bien-aimés'

Christophe Honoré, né le à Carhaix dans le Finistère, est un écrivain, réalisateur, scénariste, dramaturge et metteur en scène français.

Auteur de romans pour enfants et adolescents, dans lesquels il aborde les thèmes réputés difficiles du suicide, du SIDA, du mensonge des adultes, de l'inceste ou des secrets de famille, il a réalisé au cinéma huit longs métrages dont Les Chansons d'amour (2007) et Les Bien-Aimés (2011).

Biographie[modifier | modifier le code]

Christophe Honoré grandit dans les Côtes-d'Armor, dans la ville de Rostrenen. Son père meurt en 1985 alors qu'il n'a que 15 ans[1],[2]. Il suit des études de lettres à l'université Rennes 2[3] et fait une école de cinéma à Rennes.

En 1995, il s'installe à Paris, et devient chroniqueur pour plusieurs revues, dont les Cahiers du cinéma[4]. Il publie notamment en 1998 « Triste moralité du cinéma français », un texte polémique sur le cinéma français, dans lequel il attaque notamment le film de Robert Guédiguian Marius et Jeannette et le film d'Anne Fontaine Nettoyage à sec qu'il trouve moralisateurs. Honoré écrit : « Le cinéma français qui va bien m'emmerde, je ne peux pas entendre que Marius et Jeannette est le meilleur film de l'année sans rigoler, je refuse de marcher dans le coup de la chaleureuse humanité. Il n'y a pas d'humanité dans Marius et Jeannette, il n'y a que des bonnes intentions. Je ne peux pas lire que Nettoyage à sec est le film le plus sulfureux de l'année sans être terrorisé. Cinéaste subversive, Anne Fontaine ? Cinéaste superbourgeoise, oui[5],[6] ! » Le texte fait scandale et suscite notamment l'indignation de Robert Guédiguian et de l'Agence pour le cinéma indépendant et sa diffusion, mais Serge Toubiana, alors directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma, considère que la critique d'Honoré est légitime[6].

Il crée sa première pièce de théâtre, Les Débutantes, au Festival Off d’Avignon en 1998, pièce diffusée par la suite sur France Culture en octobre 2003.

En 2004, sort son film Ma mère, adapté du roman du même nom de Georges Bataille, dont il confie les deux rôles principaux à Isabelle Huppert et Louis Garrel. Le film rassemble 125 000 spectateurs en Europe dont 90 000 en France[7]. Honoré lui-même dit que cette adaptation était une impasse et qu'il n'a trouvé sa manière personnelle de faire du cinéma qu'avec son film suivant Dans Paris[8].

En 2005, il revient, invité officiellement au Festival d'Avignon, avec une nouvelle pièce, Dionysos impuissant, adaptation contemporaine des Bacchantes d'Euripide avec Louis Garrel dans le rôle de Dionysos et Joana Preiss dans le rôle de Sémélé.

Dans Paris (2006) rassemble 220 000 spectateurs en Europe dont 195 000 en France[9].

En 2008, il met en scène Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo. Le spectacle est créé au Festival d'Avignon, puis repris en tournée. Clotilde Hesme, Emmanuelle Devos, Marcial Di Fonzo Bo font entre autres partie de la distribution. Il devient artiste associé au CDDB-Théâtre de Lorient.

Après avoir réalisé, en deux ans, Dans Paris et Les Chansons d'amour, Christophe Honoré commence en janvier 2008 le tournage de La Belle Personne une version contemporaine de la Princesse de Clèves pour Arte, diffusée en septembre 2008 avant de sortir quelques jours plus tard au cinéma. Il a eu envie de réaliser ce film en réaction à des propos de Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, déconsidérant cet ouvrage[8].

En 2009, il monte Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo au festival d'Avignon[8]. Il réalise Non ma fille tu n'iras pas danser, avec Chiara Mastroianni dans le rôle principal[8].

Le 24 août 2011, sort Les Bien-Aimés qui est sélectionné comme film de clôture du 64e Festival de Cannes[10]. En janvier 2012, il préside le jury de la 24e édition du Festival Premiers Plans d'Angers[11].

Pour le festival d'Avignon 2012 en coproduction avec le Théâtre national de la Colline, il écrit et met en scène Nouveau Roman[12], une pièce de théâtre sur les écrivains du Nouveau Roman avec pour interprètes principaux Anaïs Demoustier, Ludivine Sagnier, Brigitte Catillon, Annie Mercier et Julien Honoré. La même année, il écrit deux pièces de théâtre, Un jeune se tue, mis en scène au festival d'Avignon par les élèves de l'école de la Comédie de Saint-Étienne et La Faculté, également mis en scène au festival d'Avignon par Éric Vigner[13].

En mai 2013, il commence le tournage d'une adaptation cinématographique des Métamorphoses d'Ovide[14].

Prises de positions politiques[modifier | modifier le code]

En 2009, il intervient dans le débat public en signant avec d'autres personnalités du cinéma comme Gaël Morel, Paulo Branco ou encore Jeanne Balibar, une « lettre ouverte aux spectateurs citoyens » contre l'adoption de la loi Création et Internet et défend d'autres voies comme l'adoption d'une licence globale[15].

En 2010, il publie une tribune dans Le Monde pour défendre la littérature jeunesse, notamment après la décision du conseil général de Seine Saint-Denis de réduire les subventions qu'il accordait jusqu'alors au Salon du livre de jeunesse de Montreuil[16].

En novembre 2012, au moment du débat sur l'adoption de la loi visant à instituer le mariage pour tous, il signe avec d'autres personnalités du monde de la culture une tribune dans Le Monde dénonçant le discours de haine tenu par des responsables politiques et des responsables religieux à l'égard des homosexuels[17].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Christophe Honoré intervenait régulièrement dans l'émission radiophonique de Claire Vassé Le Cinéma l'après-midi, sur France Culture[18] et a enseigné à la Fémis[19].

Christophe Honoré en 2012 au festival du cinéma américain de Deauville

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur et scénariste[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Romans jeunesse[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Christophe Honoré, « Peep-show troopers », Cahiers du cinéma, no 523,‎
  • Christophe Honoré, « La triste moralité du cinéma français », Cahiers du cinéma, no 521,‎
  • Christophe Honoré et al., « Lettre ouverte aux spectateurs citoyens », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Christophe Honoré, « Êtes-vous pour une jeunesse sans littérature ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Christophe Honoré et al., « Mariage gay : non à la collusion de la haine », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant est établi à partir de la base de données Lumière. La base de données inclut l'ensemble des entrées dans l'union européenne depuis 1996[21].

Film Année de production Entrées en Europe Entrées en France
Dix-sept fois Cécile Cassard 2002 48 249 48 249
Ma mère 2004 128 355 128 355
Dans Paris 2006 298 567 298 567
Les Chansons d'amour 2007 331 265 302 423
La Belle Personne 2008 87 402 80 257
Non ma fille, tu n'iras pas danser 2009 420 193 416 085
Homme au bain 2010 14 444
Les Bien-aimés 2011 269 811 250 588
Métamorphoses 2014 36 389

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Libiot, « Christophe Honoré », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. Christophe Honoré, « 1985-2002, mes dates clés », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. « Christophe Honoré entre cinéma et littérature », Ouest-France, édition Rennes,‎ (lire en ligne).
  4. Biographie de Christophe Honoré sur son site officiel
  5. Christophe Honoré, « Triste moralité du cinéma français », Cahiers du cinéma, no 521,‎ , p. 4-5
  6. a et b Emmanuel Poncet, « Un pavé dans la mare du cinéma français », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. « Ma Mère », sur Base Lumiere (consulté le 6 octobre 2012)
  8. a, b, c et d « Christophe Honoré, l’interview fleuve », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  9. « Dans Paris », sur Base Lumiere (consulté le 6 octobre 2012)
  10. Arnaud Hallet, « "Les Bien-Aimés" de Christophe Honoré en clôture du Festival de Cannes », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  11. Julien Gester, « J'ai fait l'Apocalypse avec Christophe Honoré », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  12. « Nouveau Roman de Christophe Honoré », sur Festival d'Avignon (consulté le 23 juin 2012)
  13. Fabienne Darge, « Mauvais élèves à La Faculté d'Honoré », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. Julien Dokhan, « Christophe Honoré adapte Les Métamorphoses d'Ovide », allocine.fr,‎ (lire en ligne)
  15. Christophe Honoré et al., « Lettre ouverte aux spectateurs citoyens », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. Honoré 2010
  17. Christophe Honoré et al., « Mariage gay : non à la collusion de la haine », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. Les indiscrets sur lexpress.fr du 29 juin 2006
  19. Dossier de presse du film Let my people go, interview de Mikael Buch sur filmsdulosange.fr
  20. « Alex Beaupain et Camélia Jordana, le clip Avant la haine », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  21. « Base de données Lumiere » (consulté le 13 mai 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Lequeret, « Ma mère », Cahiers du cinéma, no 590,‎
  • Cyril Neyrat, « Entrer au musée (et en sortir) », Cahiers du cinéma, no 613,‎
  • Jean-Michel Frodon, « Jo et Paul vont en bateau », Cahiers du cinéma, no 616,‎
  • Cyril Neyrat, « Ces deux comédiens composent une photo de famille du cinéma français », Cahiers du cinéma, no 616,‎
  • Jean-Philippe Tessé, « L'amour en hiver », Cahiers du cinéma, no 637,‎
  • Joachim Lepastier, « Ma vie sexuelle 1 », Cahiers du cinéma, no 659,‎
  • Jean-Philippe Tessé, « Les bien-aimés », Cahiers du cinéma, no 669,‎
  • Mickaël Picquerey, Présences de la chanson dans les œuvres de Christophe Honoré : entre héritages et décalages, mémoire de master, Lettres, Université Rennes 2, 2014 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]