Chantal Jouanno

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Chantal Jouanno
Illustration.
Chantal Jouanno en 2010.
Fonctions
Sénatrice française

(6 ans)
Élection 25 septembre 2011
Circonscription Paris
Groupe politique UDI-UC
Présidente de la délégation sénatoriale aux droits des femmes

(2 ans, 11 mois et 21 jours)
Élection
Prédécesseur Brigitte Gonthier-Maurin
Successeur Annick Billon
Vice-présidente du conseil régional
d'Île-de-France

chargée de l'écologie et du développement durable

(1 an, 9 mois et 12 jours)
Élection 13 décembre 2015
Président Valérie Pécresse
Prédécesseur Corinne Rufet
Successeur Jean-Philippe Dugoin
Conseillère régionale d'Île-de-France

(7 ans, 6 mois et 8 jours)
Élection 21 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Ministre des Sports

(10 mois et 12 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Roselyne Bachelot
Successeur David Douillet
Secrétaire d'État chargée de l'Écologie

(1 an, 9 mois et 23 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Nathalie Kosciusko-Morizet
Successeur Poste supprimé
Biographie
Nom de naissance Chantal Paul
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Vernon (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP (2002-2012)
UDI (2012-2017)
Diplômée de Université Panthéon-
Sorbonne

IEP de Paris
ENA
Profession Haute fonctionnaire

Chantal Jouanno, née Chantal Paul le à Vernon (Eure), est une ancienne karatéka et femme politique française, membre de l’UMP puis de l'UDI.

Anciennement collaboratrice de Nicolas Sarkozy, elle préside l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie de 2008 à 2009.

Elle a intégré ensuite le gouvernement Fillon III, successivement comme secrétaire d'État chargée de l'Écologie le (2009-2010), puis ministre des Sports (2010-2011). Elle quitte le gouvernement après avoir été élue sénatrice à Paris. Elle a été également vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France. Elle annonce son retrait de la vie politique en 2017.

Depuis mars 2018, elle est présidente de la Commission nationale du débat public.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Jean-Louis Paul, chef d'entreprise de cartonnerie de Vernon dans l'Eure, et de Françoise Paul.

Formation[modifier | modifier le code]

Après son baccalauréat, elle obtient un BTS en commerce international à Paris et débute comme assistante export zone Afrique puis Amérique latine en 1988 chez Citroën, et effectue un stage au service de la comptabilité de la Banque internationale pour l'Afrique occidentale entre 1989 et 1990[1].

Elle obtient ensuite une maîtrise d'administration économique et sociale à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et, après avoir sollicité Martine Aubry[2], elle est chargée d'un rapport sur le travail frontalier pour le ministère du Travail et de l'Emploi en 1992[1].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1994, elle est recrutée par EDF pour y mettre en place un observatoire social. Puis, diplômée de Sciences Po Paris, elle entre à 28 ans à l'École nationale d'administration en 1997 (promotion Cyrano de Bergerac), dont elle sort en 1999 comme administrateur civil au ministère de l'Intérieur : sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de la Vienne et de Poitou-Charentes, entre 1999 et 2001[1].

Brièvement conseillère pour la réforme de la police auprès du directeur central de la sécurité publique au ministère de l'Intérieur en 2001, elle devient la même année directrice de cabinet du PDG de Coframi[1].

Sportive de haut niveau[modifier | modifier le code]

Chantal Paul vit une adolescence sportive qui la mène jusqu'au haut niveau, son palmarès incluant 12 coupes de France et 12 titres de championne de France en karaté de posture[3], et un titre de championne d'Europe universitaire.

Le , elle remporte le championnat de France par équipes avec ses coéquipières Véronique Mesnil De Vido et Léna Pyrée, à l'occasion de son retour en compétition[4],[5]. Le , elle court pour la première fois un marathon en participant à celui de Paris et termine l'épreuve dans le temps de 4 heures 31 minutes.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle épouse, le , Hervé Jouanno[6], avec qui elle a trois enfants : Sibylle, Côme et Sixtine[7].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Elle retrouve les bureaux de la place Beauvau en 2002, en qualité de responsable du bureau des statuts et de la réglementation des personnels territoriaux à la direction générale des collectivités locales.

Elle est choisie par le ministre titulaire, Nicolas Sarkozy, comme rédactrice de ses discours à partir de , tout en étant officiellement chargée de la communication auprès de Michel Gaudin, directeur général de la police nationale.

Sur les conseils de Claude Guéant, elle s'intéresse au développement durable, domaine pour lequel, avec les questions de sécurité routière, elle est nommée conseillère technique au cabinet du ministre en 2003. Quand Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur, elle devient jusqu'en 2006, sa directrice de cabinet et de communication au Conseil général des Hauts-de-Seine où elle sera notamment chargée d'organiser la concertation publique pour élaborer le programme sur cinq ans du Conseil général, et d'installer le premier conseil départemental du développement durable.

Elle suit ensuite Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, comme conseillère pour le développement durable[8], puis participe à son programme présidentiel. Quand il est élu président de la République, en 2007, elle est nommée conseiller développement durable à l'Élysée, et a la charge notamment des négociations du Grenelle Environnement[2].

Elle est nommée le présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe)[3], et administratrice de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) le 30 juillet suivant.

Membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée secrétaire d'État chargée de l'Écologie, en remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet.

En tant que secrétaire d'État chargée de l'Écologie, elle doit porter devant le Parlement l'examen des lois dites « Grenelle I » et « Grenelle II » issues du Grenelle Environnement qu'elle a suivi pour l'Élysée et à l'Ademe[9] et souhaite défendre « la biodiversité, la santé environnementale et la conso durable »[2].

Dans le cadre des élections régionales 2010, elle énonce les « principes d'une écologie de droite » qui seraient notamment la croissance, le progrès technologique, et l'utilisation de l'énergie nucléaire[10].

Le , Chantal Jouanno annonce que « seuls les ours tués ou morts accidentellement seront remplacés », stoppant ainsi le plan de réintroduction de ces animaux dans les Pyrénées[11]. Deux jours plus tard, elle présente le bilan qualité de l'air 2009, qui indique que la concentration en particules polluantes a augmenté par rapport à l'année précédente ; pour répondre à ce problème, la secrétaire d'État annonce plusieurs mesures dans le cadre d'un « plan particules », avec pour objectif de réduire de 30 % les émissions polluantes d'ici 2015[12].

Chantal Jouanno est nommée le ministre des Sports dans le gouvernement Fillon 3.

Conseillère régionale[modifier | modifier le code]

Chantal Jouanno devient en 2010 conseillère régionale d'Île-de-France en se faisant élire à Paris, et en intégrant le groupe UMP, qu'elle quitte au profit du groupe UDI.

Sénatrice[modifier | modifier le code]

Élue sénatrice à Paris lors des élections sénatoriales du 25 septembre 2011, elle annonce le lendemain sa démission du gouvernement pour pouvoir se consacrer à son mandat[13]. David Douillet la remplace.

Tout en soutenant la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012, Chantal Jouanno émet des réserves quant à la tournure prise par la campagne du président sortant, dont elle considère qu'il valide « les mots et l'agenda du Front national ». La sénatrice se déclarera en désaccord sur quelques points défendus par son parti - notamment en matière d'immigration, de questions sociales (comme le mariage homosexuel, qu'elle défend dans une tribune du quotidien Le Monde[14]) et d'environnement[15],[16],[17].

En , elle est l'auteur d'un rapport parlementaire intitulé « Contre l'hypersexualisation, un nouveau combat pour l'égalité »[18].

En , elle annonce être candidate à l'investiture UMP pour les élections municipales de 2014 à Paris[19]. Le mois suivant, elle annonce qu'elle quitte l'UMP pour l'Union des démocrates et indépendants (UDI), parti de centre-droit nouvellement créé par Jean-Louis Borloo, dont elle est vice-présidente[20].

Elle est membre de la promotion 2013 du programme « Young Leaders » de la France China Foundation[21]. Le 6 février 2013, Chantal Jouanno cofonde l'Institut de l'économie circulaire[22]. Elle fonde en un laboratoire d'idées, « Ecolo Ethik, pour l'innovation écologique contemporaine » en réaction contre l'écologie de gauche qu'elle juge rétrograde et facteur de décroissance économique.

En , Chantal Jouanno dépose avec Catherine Morin-Desailly une proposition de résolution visant à accorder l'asile à Edward Snowden[23],[24],[25]. Elles déclarent que « les révélations d'Edward Snowden ont montré que les collectes massives d'informations par la NSA, concernant des citoyens du monde entier, dépassaient le cadre de la lutte nécessaire contre le terrorisme ou contre les autres risques géopolitiques »[24]. Elles souhaitent également qu'Edward Snowden soit fait citoyen d'honneur, en se fondant sur l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme sur le droit d'asile et « du caractère éthique de la démarche de Snowden »[24].

Membre et responsable de l’UDI[modifier | modifier le code]

À la suite de l'élection de Jean-Christophe Lagarde à la tête de l'UDI, elle devient porte-parole du parti. Chantal Jouanno avait appelé à voter pour Jean-Christophe Lagarde après son arrivée en troisième place dans le cadre du tandem qu'elle formait avec Yves Jégo, qui, lui, devient vice-président du parti.

En décembre 2014, elle annonce au Parisien qu'elle souhaite briguer la tête du conseil régional d'Île-de-France à l'occasion des élections régionales de 2015. En février 2015, à la suite d'un vote interne, elle est nommée chef de file pour l'UDI aux élections régionales de décembre 2015 face à Rama Yade. Elle figure finalement en deuxième place de la liste des Hauts-de-Seine Les Républicains-UDI-MoDem conduite par Thierry Solère, dont la cheffe de file régionale est Valérie Pécresse, lors de l'élection régionale de 2015 en Île-de-France[26].

Elle parraine Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[27] mais soutient Alain Juppé[28].

En raison de l'affaire Fillon, elle renonce à soutenir le candidat LR François Fillon à l'élection présidentielle[29].

Elle annonce qu'elle met un terme à sa carrière politique en septembre 2017[30],[31]. Par décret du 22 février 2018, elle est nommée membre du conseil d'administration de l'Agence française de développement[32].

Commission nationale du débat public[modifier | modifier le code]

Elle est nommée présidente de la Commission nationale du débat public à compter du 22 mars 2018[33].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Notice biographique, Who's Who in France, 2009
  2. a b et c Marjane Foucault, « Chantal Jouanno, fidèle au poste », Terra economica, no 1,‎ , p. 34-36 (lire en ligne)
  3. a et b « Chantal Jouanno : secrétaire d’État chargée de l’Écologie », sur Portail du gouvernement et du Premier ministre, (consulté le 19 mars 2009)
  4. « Karaté : Chantal Jouanno, championne de France par équipes », AFP, (consulté le 8 mars 2010)
  5. « Chantal Jouanno championne de France de karaté Kata par équipes », AFP, (consulté le 9 mars 2010)
  6. « Chantal Jouanno, nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie », AFP,
  7. « Chantal Jouanno : une ceinture noire pour la cause verte », Gala.fr
  8. Guillaume Launay, « Une femme a verdi », Libération no 8366, 29 et 30 mars 2008, p. 40.
  9. « Chantal Jouanno nommée au secrétariat d'État à l'Écologie », Le Figaro/AFP, 21 janvier 2009
  10. Jouanno définit les « principes d’une écologie de droite », Developpementdurable.com, 11 février 2010
  11. Le plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées est mis en veilleuse, Le Monde, 27 juillet 2010
  12. La qualité de l'air se dégrade en France, 20 minutes, 29 juillet 2010
  13. « Chantal Jouanno remplacée par David Douillet au ministère des Sports », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  14. Mariage gay: Chantal Jouanno réveillée par des opposants au texte, lexpress.fr, 4 avril 2013
  15. Jouanno reproche à Sarkozy d'avoir "validé les mots et l'agenda du FN" sur lemonde.fr du 07 mai 2012
  16. Pour Jouanno, la "droitisation" de Sarkozy est "un mirage douloureux", Le Monde, 24 avril 2012
  17. «Sarkozy m'avait traînée dans la boue... Ou du moins désavouée» s'explique Chantal Jouanno, 20 Minutes, 18 avril 2012
  18. CONTRE L’HYPERSEXUALISATION, UN NOUVEAU COMBAT POUR L’ÉGALITE - Rapport parlementaire de Madame Chantal JOUANNO, Sénatrice de Paris, Ministère de la Santé, 5 mars 2012
  19. Jouanno se revendique "écolo-bobo", Le Figaro, 5 septembre 2012.
  20. L'ex-UMP Chantal Jouanno, une prise de choix pour Borloo, Le Point, 21 octobre 2012.
  21. (en-US) « THE YOUNG LEADERS | France China Foundation », sur francechinafoundation.org (consulté le 25 octobre 2018)
  22. http://www.semardel.fr/semardel-membre-de-linstitut-circulaire
  23. « Yves Jego et Chantal Jouanno soutiennent le manifeste de Snowden », L'Expansion,‎ (lire en ligne)
  24. a b et c « Deux sénatrices veulent accorder l'asile à Snowden », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  25. Martin Untersinger, « « Pourquoi la France doit accueillir Snowden » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  26. Sophie Huet, « Les listes de Valérie Pécresse validées à l'unanimité », Le Figaro, vendredi 30 octobre 2015, page 6.
  27. « Primaire à droite : Nathalie Kosciusko-Morizet a réuni assez de parrainages », lemonde.fr, 8 septembre 2016.
  28. Chantal Jouanno, interviewée par Marion Mourgue, « Chantal Jouanno : "Il est difficile pour moi de soutenir Nicolas Sarkozy" », lefigaro.fr, 2 novembre 2016.
  29. « Le compteur des lâcheurs de Fillon », liberation.fr
  30. « Chantal Jouanno (UDI) quitte la vie politique », bfmtv.com, 6 juillet 2017.
  31. https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/chantal-jouanno-dernier-entretien-fermer-totalement-page-sa-vie-politique-1336607.html
  32. Décret du 22 février 2018 portant nomination au conseil d'administration de l'Agence française de développement JORF n°0046 du 24 février 2018 texte n° 65 NOR: TREK1803058D
  33. Décret du 20 mars 2018, JORF du 21 mars 2018.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]