Eugène Schueller

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Eugène Schueller

Naissance 20 mars 1881
Paris
Décès 23 août 1957 (à 76 ans)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions

Eugène Schueller, né le 20 mars 1881 à Paris où il est mort le 23 août 1957, est un chimiste et un chef d'entreprise, connu pour avoir fondé le groupe L'Oréal. Il a été l'un des pionniers de la publicité moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Eugène Schueller est fils d'un pâtissier d'origine alsacienne. Il naît dans l'arrière-boutique de la boulangerie pâtisserie de ses parents au 124, rue du Cherche-Midi dans le 6e arrondissement.

Après des études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, il souhaite intégrer l'École polytechnique, mais y renonce[1]. Sorti lauréat de sa promotion de l'Institut de chimie appliquée de Paris (maintenant École nationale supérieure de chimie de Paris) en 1904[1], il est promu assistant-préparateur du professeur Victor Auger à la Sorbonne la même année puis chef préparateur à la Pharmacie centrale de France dont Auger était le conseiller[2].

En 1907, il met au point les premières teintures capillaires de synthèse.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il se marie en 1909 avec Louise Madeleine Berthe Doncieux, sa fille Liliane naît le 21 octobre 1922. Sa femme décède le 27 octobre 1927 et il se remarie le 26 mai 1932 avec Annie Grace Burrows (1897-1961).

À son décès, en 1957, sa fille Liliane, mariée le 8 juin 1950 à l'associé de son père André Bettencourt, hérite de L'Oréal, désormais numéro un mondial des cosmétiques et de la beauté.

Carrière[modifier | modifier le code]

Fondateur le 30 juillet 1909 de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux qui deviendra L'Oréal, il a également été vendeur d'étoffes, colporteur.

Après l'intermède de la Première Guerre mondiale où Schueller, sous-lieutenant d'artillerie chargé des liaisons avec l'infanterie, est cité à titre militaire (cinq citations, croix de guerre, Légion d'honneur) et au cours de laquelle il laisse les commandes de son entreprise à son épouse, il reprend son parcours d'entrepreneur[3].

Il parvient à accompagner les modes : lancement de teintures pour cheveux quand Coco Chanel et Louise Brooks adoptent des coupes courtes et colorées, création de l'ambre solaire au moment de l'instauration des congés payés par le Front populaire, accompagnement de l'éducation à l'hygiène de l'après-guerre avec les marques Dop et Monsavon[1]

À l'origine de la Société d'études des maisons préfabriquées Schueller (future Compagnie industrielle des maisons préfabriquées), il a également dirigé les peintures Valentine, la Société industrielle de Celluloïd, la Société générale des matières plastiques, la Nobel française (issue de la fusion des 2 précédentes), Plavic Films, L'Agatine[4], etc.

Activité durant l'Occupation[modifier | modifier le code]

Ami intime d'Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à sa disposition lors de la formation du groupe d'extrême droite, le Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR), plus connu sous le surnom de La Cagoule. En 1941, en accord avec les autorités allemandes, il crée le Mouvement social révolutionnaire avec le même Deloncle, dont il est le mécène. Il participe ensuite à la direction du RNP de Marcel Déat[5].

Après la guerre, et grâce aux témoignages de Pierre de Bénouville, d'André Bettencourt, de François Mitterrand, de Max Brusset (député de Charente), de Jacques Sadoul (alors maire communiste de Sainte-Maxime) et des membres de la Résistance, des réfractaires au STO et de juifs que Schueller aurait aidés pendant l'Occupation, il est relaxé de toute accusation de collaboration. Il obtient la croix de guerre et il est fait chevalier de la Légion d'honneur[6].

Schueller, Mitterrand et la Nièvre[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1945, Eugène Schueller engage François Mitterrand comme président-directeur général des éditions du Rond-Point (et directeur du magazine Votre beauté) et André Bettencourt rejoint la direction du groupe L'Oréal. Il emploie également plusieurs anciens collaborateurs et cagoulards, dont Jacques Corrèze[1].

Ami de l'évêque de Nevers, il convainc François Mitterrand de s'intéresser à la Nièvre afin de reprendre au moins un des mandats, alors entièrement aux mains de la gauche. Avec l'aide du clergé et des notables nivernais, le 10 novembre 1946, Mitterrand est élu député à la tête d'une liste Unité et action républicaine, au programme anticommuniste. Celui-ci abandonne alors ses fonctions aux éditions du Rond-point.

Théories économiques[modifier | modifier le code]

Mettant au goût du jour une idée d'Adolphe Thiers, qui avait proposé de n'asseoir les impôts que sur la quantité de terrain possédée, Schueller imagine une variante plus moderne utilisant la quantité d'énergie consommée et publie, en 1956, L'Impôt sur l'énergie aux éditions du Rond-Point. Le temps lui manquera pour promouvoir davantage cette idée qui est à la base de la TIPP, mais les politiciens Raymond Boisdé ou Valéry Giscard d'Estaing, ainsi que l'animateur de radio Zappy Max, en deviendront quelque temps de fervents soutiens.

Citations[réf. nécessaire][modifier | modifier le code]

  • « La vie était très rude et très dure chez nous et c'est dans cette atmosphère de peine et de travail que j'ai été élevé, avec sous les yeux l'exemple des grands laborieux qu'étaient mes parents. »
  • « J'ai été apprenti en même temps qu'écolier et ouvrier en même temps qu'étudiant. »
  • « La publicité, c'est un moyen qui s'impose à la Civilisation pour se défendre contre la paresse des consommateurs. »
  • « Je n'ai pas rougi de m'être trompé de route mais de ne pas avoir changé assez tôt pour arriver au but. »
  • « Le client, c'est le bon Dieu du commerçant. »
  • « Commander, c'est adapter les hommes à soi mais c'est aussi s'adapter à eux. »
  • « Faites-moi confiance. Vous verrez comme c'est contagieux. »
  • « Quand un homme reste une demi-heure dans mon bureau pour causer avec moi, je pense toujours "cet homme est peu psychologue". »
  • « Je ne serai jamais riche. »
  • « La conduite d'entreprise est une passion dont les satisfactions sont étrangères au gain. »
  • « Fin des sociétés anonymes et révolution du patronat, organisation des professions en petites corporations, sont des corollaires de la révolution économique. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Abescat, La Saga des Bettencourt. L'Oréal, une fortune française, Plon, 280 p., 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Nicole Vulser, « Un siècle de beauté trouble », Le Monde, 8 juillet 2010.
  2. Jacques Marseille, L'Oréal : 1909-2009, Librairie Académique Perrin,‎ 2009, p. 14
  3. Ian Hamel, L'affaire Bettencourt : derniers secrets, Archipel,‎ 2013 (lire en ligne), p. 12
  4. Jacques Marseille, op. cité, p.42
  5. Benoît Collombat et David Servenay, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, La Découverte, Paris, 2009, p. 40 (ISBN 9782707157645).
  6. « L'Oréal, l'arme de la mémoire », par Eric Conan, L'Express, 16 février 1995.