Ligue de défense juive

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Ligue de defense juive

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association de fait
But Protection de la communauté Juive, lutte contre l’antisémitisme et l'antisionisme, kahanisme.
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 2000
Fondateur Pierre Lurçat
Jean-Claude Nataf
Identité
Structure Branche française de la Jewish Defense League[1]
Méthode manifestations et contre-manifestations diverses, protection des synagogues, cyber-information et plus rarement agressions physiques d'individus jugés judéophobes
Financement dons
Membres 100 à 300
Site web liguedefensejuive.com

La Ligue de défense juive (LDJ, traduction de l'anglais « Jewish Defense League ») est la branche française[2] d'un mouvement néosioniste créé à New York, aux États-Unis par Meir Kahane, où elle est classée depuis 2001 comme organisation terroriste par le gouvernement, à la suite de la préparation d'une double attaque contre une mosquée et contre un membre du Congrès[3]. Le Kach, autre mouvement créé par Meir Kahane en Israël a également été interdit par le gouvernement israélien[4]. Il se présente comme défenseur de la communauté juive française contre la judéophobie.

La LDJ est considérée comme extrémiste et violente (en raison d'échauffourées entre ses membres et des personnes jugées antisémites) et comme à l'extrême droite des instances représentatives juives françaises, sans en faire partie[5]. Les positions des organisations communautaires juives françaises à l'égard de ce mouvement vont de la condamnation à des positions plus nuancées.

Statut légal de l'organisation[modifier | modifier le code]

La constitution de la LDJ en octobre 2000 sous le nom de Liberté démocratie et judaïsme, renommée ensuite Ligue de défense juive est attribuée selon des sources de presse à un ancien membre du Betar, Pierre Lurçat qui a démenti dans un premier temps tout lien avec la LDJ, avant de reconnaître avoir créé au sein de la LDJ le prix de la désinformation[note 1],[9]. Son dernier dirigeant déclaré en 2006 était Michaël Carliste[10]. Le mouvement compterait entre 100 et 300 membres selon les sources[2],[4]. La dissolution de Liberté démocratie judaïsme a été déclarée le 14 juin 2003 à la préfecture de Paris[11].

Dirigeants et principaux cadres[modifier | modifier le code]

  • Antony Attal : né en 1964, il est membre du Betar de 1991 à 1994. Il rejoint la LDJ en 2001. Il en prends la direction jusqu'en 2009. Il est condamné en 2005 à 10 mois de prison avec sursis pour coups et blessures portés à 4 étudiants de l’Association générale des étudiants de Nanterre[12],[13].
  • Philippe Avichai Wagner, responsable de la LDJ de 2009 à 2011.
  • Joseph Ayache Alias « Yossi Ayache » est considéré par la police comme le principal dirigeant de la LDJ en 2014[14]. Président de la vitrine financière de la LDJ : l’association Solidarité Israël, dont les statuts ont été déposés en novembre 2011[15]. Il est passé par le Betar puis a effectué son service militaire au sein de l’armée israélienne. Il a aussi mené des enquêtes sur l'accident mortel de Lee Zeitouni[16].
  • Jean-Claude Nataf : il se présente en 2014 se présente comme un chargé de communication de la Ligue. Il a de nombreux alias : « Itshak Rayman », « Michaël Carlisle », « Eliahou Tubiana », « le Vieux ». Il est l’un des cadres qui, en 2001, a fondé la Ligue avec Pierre Lurçat[17].
  • Grégory Chelli, alias « Ulcan »[18] hacker soupçonné d'avoir piraté Rue89. Il a notamment été condamné pour des faits de violence et pour le saccage de la librairie militante Résistances en 2009[19].

Principes et activités[modifier | modifier le code]

Selon Yair Cohen, un des porte-paroles de LDJ en 2009, cette organisation est « une organisation sioniste qui s’efforce tous les jours de lutter contre l’antisionisme donc contre l’antijudaïsme ou l’antisémitisme »[20]. Selon lui, la LDJ regrouperait « une centaine d’adhérents, des jeunes entre 18 et 35 ans, en région parisienne »[20]. Il affirme qu'en cas de « menace grave pour la communauté » cette organisation pourrait mobiliser un millier de personnes. Il nie toute relation avec le mouvement Kach, interdit en Israël et la Jewish Defense League interdite aux États-Unis, expliquant qu’elle « était indépendante et n’avait aucun contact avec ces mouvements » tout en admettant partager le même logo que ces deux organisations[20]. Selon Jacques Leclercq, dans son dictionnaire des Droites conservatrices, nationales et ultras, cet abandon des références à Kach et Kahane Chai a pour but d'éviter le processus de dissolution[2].

Défense de la communauté juive[modifier | modifier le code]

D'après l’émission Complément d'enquête consacrée à l'antisémitisme et diffusée sur France 2 le lundi 20 septembre 2004, les membres de la LDJ s’entraînent au combat dans un bâtiment public gardé par la Police nationale[21], ils suivent des cours de krav-maga, l'art martial de l'armée israélienne. Selon Jacques Leclerq, ce sont des « “conseillers techniques” venus d'Israël [qui] les forment »[2].

Le 11 septembre 2011 : le porte-parole de la Ligue de défense juive française, Amnon Cohen[22] annonce que l'organisation recrute « des Juifs avec une expérience militaire pour défendre les colonies » lors des marches de manifestations palestiniennes prévues entre les 19 et 25 septembre[23],[24].

Durant les manifestations qui ont dégénérés à Paris et à Sarcelles, en juillets 2014[25], des membres de la LDJ et du Service de protection de la communauté juive se félicitent d'avoir protégés deux synagogues contre des manifestants pro-Hamas (au contraire, Ezra Nathan[Qui ?] dénonce l'inéfficacité de la LDJ et du Betar, qui ont du, selon lui, se réfugier derrière autrui : « C’est la communauté acculée et les CRS qui t’ont protégé avec ses hauts murs pour la première et des boucliers pour les seconds »[26]). On fait états aussi d'affrontement, les membres de la LDJ armées de bâtons et de chaises se sont pris à des manifestants pro-palestiniens[27].

Selon The Times of Israel, plus de 115 agressions ont été attribuées au mouvement depuis sa création en 2011[4]. Le site Politis évoque quelques-unes de ces affaires, dont certaines n'auraient jamais fait l'objet de poursuites, et fait part de « la certitude d’impunité », ressentie par une des victimes, dont jouirait le noyau du groupe[28].

Actions violentes[modifier | modifier le code]

Le nom de la LDJ a été cité à propos d'actes violents recensés par diverses sources (associations, sources policières, journalistes et autres témoins), parfois une revendication ou une identification formelle de la LDJ est faite, parfois elle est alléguée, parfois la LDJ nie son implication.

Le 23 septembre 2012, M6 diffuse un reportage[29] sur la LDJ, montrant des activités des membres de l'organisation ; collages d'affiches, graffitis, stand militant rue des Rosiers, expédition violente contre des agresseurs d'un jeune juif. Un habitant du Marais exprime son hostilité à la LDJ et un rabbin son désaccord avec les affiches collées par la LDJ menaçant de mort Youssouf Fofana, le chef du « gang des barbares », qui ont enlevé, séquestré et torturé à mort Ilan Halimi dans la région parisienne en janvier 2006 du fait de son appartenance à la communauté juive.

Manifestations violentes[modifier | modifier le code]

La LDJ est mise en cause dans des distributions de tracts ou manifestations à l'issue desquelles des personnes sont blessées, la quasi-totalité du temps sans que sa responsabilité ait été effectivement démontrée :

Ainsi, un commissaire de police en 2002[30] mais elle a dénié toute responsabilité dans ces violences. Pour la LDJ, « ces incidents regrettables sont liés à des éléments incontrôlés et suscités en partie par la présence de provocateurs propalestiniens sur les lieux de la manifestation »[31], des lycéens de Janson de Sailly en 2009[32], l'organisation nie toute implication dans cette agression[33].

En 2009, selon le MRAP, la LDJ est impliquée dans l'intrusion des locaux, de la mairie de Vitry-sur-Seine et l'agression de militants du Centre International de Culture populaire en 2009 qui s'apprêtait à faire citoyen d'honneur Marwan Barghouti, condamné à la prison à vie en Israël pour plusieurs attentats[34]. En juillet, une librairie pro-palestinienne est saccagée ; selon sa gérante, Olivia Zemor, fondatrice de CAPJPO et candidate sur la liste Euro-Palestine, les agresseurs auraient « crié qu'ils étaient de la Ligue de défense juive »[35]. En 2011, une vingtaine de membres de la LDJ interrompent violemment une conférence donnée par l'association France-Palestine à la mairie du XIVe arrondissement de Paris. Sept de ses membres sont interpellés par la police à la mairie du XIVe arrondissement de Paris[36].

En juin 2014, à la suite de l'enlèvement de trois adolescents israéliens, la LDJ appelle à manifester dans les rues de Paris. La marche a rapidement donné lieu à des accrochages avec les forces de l'ordre, des propos racistes ou des agressions envers des passants musulmans[37],[38]

Le dimanche 13 juillet 2014, ils sont accusé par différentes organisations d'une manifestation pro-Palestine[Qui ?] se déroulant à Paris d'avoir agressé des membres du cortège. Le groupe de la Ligue de défense juive et le Betar auraient participé à l'action.Une vidéo amateur filme la Ligue qui utilise des tables et des chaises des terrasses de café et différents types d'armes pour attaquer les manifestants[39]. Le ministère de l'Intérieur a déclaré surveiller de près cette organisation et Bernard Cazeneuve condamné des « actes répréhensibles » commis par des membres de cette Ligue[40],[41].

Agressions contre des personnes[modifier | modifier le code]

Des membres de la LDJ s'en sont pris au pacifiste franco-israélien Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la paix et détenteur d'un passeport diplomatique palestinien, agressé dès son arrivée pour l'empêcher d'entrer à un congrès des Amis français d’Israël auquel il était invité[42],[43].

D'autres agressions ont été imputées à la LDJ par les victimes, voire des témoins, sans que l'appartenance à la LDJ des agresseurs soit formellement prouvée :

  • En 2003 Mouloud Aounit, président du MRAP, affirme avoir été « agressé à l'institut du Val Mandé par des individus casqués ». Il met en cause « des membres de la LDJ »[44], Selon Politis qui met en cause la LDJ, en 2012, Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine a été aspergée de peinture à l’huile rouge alors qu’elle était assise à la terrasse d’un café[28]. En octobre 2012, Houria Bouteldja est agressée de la même façon à Paris ; elle accuse la LDJ qui a mis en ligne la vidéo de l'agression[45]. La LDJ s'en prend également par deux fois au militant juif antisioniste Jacob Cohen[46]. En juillet 2014, le géopolitologue Pascal Boniface est menacé par un membre de la LDJ [47].
  • Le 28 septembre 2004, Alain Soral est agressé dans une librairie du Marais par un groupe de 20 à 30 personnes, six personnes sont blessés et des dégâts matériels sont causés[48]. Selon l' Observatoire du communautarisme, les agresseurs seraient des membres de la LDJ ou du Betar[49]. En 2005, Dieudonné est agressé par 4 individus le jour de son arrivée en Martinique, selon cet observatoire les agresseurs seraient « membres ou proches de la LDJ »[50].
  • Parfois, ces agressions ou menaces sont commises à l'intérieur de locaux de la Justice, à l'occasion de procès où est mis en cause le webmaster d'un «  site extrémiste juif »[51]

Prises de positions[modifier | modifier le code]

La mise en cause des médias[modifier | modifier le code]

La LDJ participe à plusieurs reprises à la remise du prix de la désinformation, appelé aussi parfois prix Goebbels, aux médias qu'elle accuse de partialité dans le traitement du conflit israélo-palestinien[52],[53]. Elle critique l'Agence France-Presse qu'elle considère comme « la source principale de la désinformation en France »[54].

Des actions contre des manifestations culturelles[modifier | modifier le code]

À plusieurs reprises, la LDJ intervient de façon virulente contre des manifestations culturelles : exposition d'œuvres du photographe allemand Kai Wiedenhöfer au Musée d'art moderne de la ville de Paris qui montre des victimes palestiniennes de la guerre de Gaza de 2008-2009[55],[56], ,[57], projection d'un film à l'Institut du monde arabe[58].

Article à propos de Baruch Goldstein[modifier | modifier le code]

Le 22 février 2014, la LDJ met en ligne sur son site consacré à Baruch Goldstein, auteur du massacre du tombeau des Patriarches à Hébron en 1994. L'article cite des textes qui le présente comme un « saint » et un « martyr », ainsi que des écrits du rabbin Yitzchak Ginsburgh qui justifie son action : dans son livre Baroukh l'homme. Ouvrage à la mémoire du docteur Barouck Goldstein, le Saint- Que Dieu venge son sang, celui-ci indique que le geste de Goldstein constitue « un accomplissement de nombreux commandements de la loi juive », que « la vie d'un juif vaut plus que celle d'un non-juif », et incite à « tuer un non-juif en cas de risque, même faible, qu'il agisse (même indirectement) en vue de porter atteinte à des vies en Israël ». L'Union juive française pour la paix y consacre un article indigné le 27 février 2014[59] et accuse le pouvoir de complaisance envers cette association. L'article incriminé de la LDJ a par la suite été retiré du site mais peut être consulté via l'Internet Archive où l'enregistrement le plus récent est celui du 1er mars 2014[60].

Suites judiciaires[modifier | modifier le code]

En 2004, un des responsables de la Ligue de Défense Juive est condamné à 8 mois de prison avec sursis pour avoir agressé dans l'enceinte du Tribunal administratif de Paris quatre étudiants de l'Université de Nanterre[2].

Le saccage de la librairie Résistances en 2009 conduit à l'arrestation, le 8 juillet, de cinq proches de l'organisation, dont un mineur. Le 10 juillet, jugés en comparution immédiate, les quatre majeurs sont condamnés à quatre mois prison avec sursis et à indemniser les victimes[61]. Le mineur devait être présenté à un juge pour enfants[62].

En juillet 2014, deux membres de la LDJ sont condamnés à de la prison ferme pour un attentat à la bombe contre un blogueur juif antisioniste[63].

Positions d'institutions communautaires juives[modifier | modifier le code]

La position des organisations communautaires juives françaises à l'égard de la LDJ est quelquefois celle d'une condamnation ferme, d'autres fois elle est plus nuancée.

Le CRIF, autrefois accusé d'utiliser la LDJ comme de son « bras armé » selon Jacob Cohen, dément ces accusations. Richard Prasquier déclare en juillet 2012 « Ce sont des mensonges absolus. La LDJ a des positions et des modes d’action que je réprouve totalement. Au niveau des idées nous sommes aux antipodes. Je suis d’ailleurs moi-même la cible d’insultes sur leur site. Ce sont des jeunes gens paumés pris en charge par une poignée d’adultes, ils sont très peu nombreux. Le fait qu’ils soient vociférants ne doit pas en faire une espèce de spectre qui siégerait à l’extrême droite de la communauté juive. ». Prasquier considère que « l’interdiction de la LDJ n’est pas à l’ordre du jour », arguant que « Le choix de la dissolution ne me paraît pas être un sujet d’une grande urgence. Je ne pense pas que la LDJ ait été accusée de méfaits graves. J’en n’en sais d’ailleurs pas grand-chose. »[28].

Dans la foulée de l'agression de Houria Bouteldja, il déclare en novembre 2012 : « Rien ne m’agace plus que d’entendre qu’il s’agit du “bras armé” du Crif. C’est une absurdité et le Crif n’a strictement rien à voir avec ce mouvement, qui n’est d’ailleurs qu’un groupuscule. On les voit dans des manifestations dont ils tentent de détourner l’objet comme après l'assassinat d’Ilan Halimi par exemple. Mais ils ne sont qu’un petit groupe d’ados un peu déboussolés qu’encadrent quelques adultes que nous n’avons jamais rencontrés ». Il a par ailleurs expliqué concernant ce groupuscule que le CRIF ne pouvait « pas faire grand-chose, puisqu’elle n’a rien à voir avec une institution juive officielle quelconque. Nous savons qu’elle peut être violente et nous attendons de la police qu’elle la sanctionne ou des autorités qu’elles la dissolvent même si ce genre d’organisation peut renaître sous un autre nom le lendemain de sa dissolution ». Prasquier relativise cependant sa critique de la LDJ à cause de « la symétrie que l’on peut parfois établir entre elle et d’autres phénomènes violents de la société française ». Il déclare sur ce point : « Nous n’aimons pas la LDJ, mais nous trouvons grotesque de suggérer qu’elle serait l’équivalent d’un Merah, par exemple. C’est une tentative de renvoyer dos-à-dos un terroriste et une poignée de voyous comme s’il s’agissait d’une sorte de confrontation symétrique entre communautés. Ça n’a pas de sens »[64].

Pour le vice-président de l'Union des patrons et des professionnels juifs de France, Claude Barouch, « le combat de la LDJ est le même que le nôtre, seules les méthodes diffèrent. »[9]

Selon Benjamin Abtan, alors président de l'UEJF, la Ligue de défense juive est « un mouvement raciste, qui prospère sur l'idée que la population juive n'a plus d'avenir en France »[6].

Les Éclaireuses éclaireurs israélites de France (EEIF) ont, lors de la manifestation de 2002 ayant conduit à de graves incidents, condamné « fermement les agissements haineux et violents des petits groupes d'extrémistes » dont la LDJ « qui ont sali l'image de la communauté juive de France et qui, malgré leur poids ultraminoritaire, ont contrecarré les objectifs pacifiques et démocratiques de l'immense majorité des manifestants présents »[65].

Réactions politiques et demandes de dissolution[modifier | modifier le code]

L’agression contre la librairie où Alain Soral faisait une séance de dédicaces, est condamnée par le Maire de Paris, Bertrand Delanoë[66].

Les premières demandes de dissolution, à l'origine du MRAP, datent de 2002[28].

En 2009, le MRAP[67], le NPA, des Verts, le Parti de gauche[68] dans une pétition relayée par l'Union juive française pour la paix[69] demandent la dissolution de la LDJ française pour violence, certaines de ces associations s'interrogeant au sujet du traitement des plaintes concernant ce groupe.

En 2012, après la mise en ligne sur son site des images de l'agression commise la veille contre la porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR), Houria Bouteldja, ainsi que des agression du même type commises en 2012 contre deux militants de la cause palestinienne, la dissolution est demandée par des militants, sans succès[70]. Selon « un proche du dossier [ayant préféré] conserver l'anonymat », cité par Politis, « C’est à croire qu’on laisse faire pour attiser les violences communautaires. Le silence [des autorités] est coupable, car la LDJ est vraiment génératrice de haine raciale »[28].

Suite aux agressions de la LDJ des manifestants pro-palestiniens en juillet 2014, Le député communiste, Jean-Jacques Candelier désigne notamment la Ligue de défense juive (LDJ) comme une organisation «criminelle» et demande sa dissolution dans une lettre adressée au président de la République François Hollande[71]. Une pétition a été faite en ce sens[72]. Dans le même contexte, l'Observatoire national contre l'islamophobie, une composante du Conseil français du culte musulman (CFCM), a demandé la dissolution de la Ligue de défense juive[73].

Points de vue extérieurs[modifier | modifier le code]

Pour Jean-Yves Camus, qui analyse l'instrumentalisation du conflit israélo-palestinien en France, si cette instrumentalisation correspond à une communautarisation mal venue et à une droitisation d'une partie de la communauté juive, il est essentiel de ne pas faire d'amalgame entre la LDJ, mouvement d'extrême-droite inspiré par Meir Kahane, et un mouvement tel que le Betar, issu du Likoud, « un mouvement de droite, tout simplement », au risque de passer à côté d’un fait important, à savoir la naissance en France d’un véritable courant néoconservateur juif[74].

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon Cécilia Gabizon et Johan Weisz, la LDJ a bénéficié d'un « aveuglement bienveillant » de la part des institutions juives et « participé régulièrement au service d'ordre des différentes manifestations organisée par elles ». Ils estiment qu'à partir de 2005, « elle perd son petit capital de sympathie, bien que le clivage entre modérés et extrémistes [se soit] rarement conclu par un divorce »[75]. Le CRIF dément l'accusation selon laquelle la LDJ aurait participé au service d'ordre des différentes manifestations organisées par les associations communautaires juives il les rejette expliquant que :« C’est totalement ridicule. La communauté juive dispose d’un service d’ordre depuis l'attentat de la rue Copernic en 1980, le SPCJ. Il y a des professionnels de la sécurité, puis des bénévoles, surtout des jeunes et quelques pères de famille, mais jamais la LDJ n’a eu le moindre contact avec eux. ».

Ligne politique[modifier | modifier le code]

La Ligue de défense juive se revendique kahaniste et comme étant la filière française de la Jewish defense league. Certains de ses détracteurs[Qui ?] l'accusent d'être anti-arabe et fasciste. Ils accusent aussi la Ligue de défense juive de soutenir Marine Le Pen, certains extrémistes israéliens dont Meir Kahane et Baruch Goldstein et des parti politiques israéliens d’extrême-droite dont Otzma LeYisrael[réf. nécessaire].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette information a fait l'objet en 2006 d'un démenti auprès du Journal Le Monde qui avait, parmi d'autres, diffusé l'information[6]. Dans ce démenti, Pierre Lurçat indique : « je démens être le fondateur de cette association, avec laquelle je n'ai aucun lien »[7]. Toutefois, en 2012, il reconnait dans son blog avoir créé au sein de la LDJ le prix de la désinformation, conjointement avec Haim Azses, un cadre de l'Agence juive[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. French branch of Jewish terror group coming to Israel 'to defend settlements', Haaretz, 16 septembre 2011]
  2. a, b, c, d et e Jacques Leclercq, Droites conservatrices, nationales et ultras: dictionnaire, 2005-2010, Paris, L'Harmattan,‎ 2010 (ISBN 9782296082649, lire en ligne), p. 57
  3. (en) « Federal Bureau of Investigation — Reports and publications — Terrorism 2000/2001 », FBI (consulté le 17 juillet 2014)
  4. a, b et c (en) Cnaan Liphshiz, « French Jewish Defense League on the attack », Timesofisrael.com,‎ 13 juin 2013
  5. Actions, revendications : les clés pour déchiffrer le Ligue de défense juive.
  6. a et b « Les musclés de la Ligue de défense juive », Le Monde,‎ 13 avril 2006
  7. Une lettre de Pierre Lurçat Le Monde, 27 juin 2006
  8. Pierre Itshak Lurçat, « Après Toulouse : ne pas se tromper de cible », sur vudejerusalem.20minutes-blogs.fr,‎ 3 avril 2012 (consulté le 17 janvier 2014)
  9. a, b et c Lou Chapiteau et Elsa Vigoureux, « Les ultra-sionistes attaquent », sur nouvelobs.com,‎ 13 août 2012 (consulté le 15 janvier 2014)
  10. « Il faut maintenant calmer les esprits », Le Nouvel Observateur, 1er juin 2006
  11. Journal Officiel Annonce 1385
  12. http://www.leparisien.fr/faits-divers/mis-en-examen-pour-de-fausses-publicites-25-11-2005-2006505451.php
  13. Libération 13 novembre 2006 invite de a fete du fn dieudonne repart sous escorte
  14. Libération le 30 juillet 2014
  15. Statuts de l'association
  16. Le Monde 17 janvier 2012
  17. Libération le 30 juillet 2014
  18. Libération 7 août 2014
  19. le Monde 8 août 2014 Ouverture d'une information judiciaire après le piratage de rue89
  20. a, b et c http://www.liberation.fr/societe/2009/01/14/la-ligue-de-defense-juive-dement-etre-a-l-origine-de-l-agression-de-lyceens_302461
  21. Dailymotion.com
  22. Selon The Times of Israël, il s'agit d'un pseudonyme
  23. Danna Hartman, French JDL recruiting Jews with military experience to 'defend' Israeli settlements, Haaretz, 11 septembre 2011. (Consulté le 13 septembre 2011.).
  24. Israël : des extrémistes français en renfort auprès des colons juifs, rue89.com, 15/09/2011
  25. Des commerces pillés et des heurts à Sarcelles après un rassemblement propalestinien interdit
  26. Ezra Nathan, Cher «frère» qui milite à la Ligue de Défense Juive et au Betar, slate.fr, 18.07.2014
  27. Ligue de défense juive: qui sont ces "ultras" qui protègent les synagogues?
  28. a, b, c, d, e et f La « Ligue de défense juive » continue de frapper impunément, politis.fr, 13 juillet 2012
  29. http://www.dailymotion.com/video/xttoa9_la-ldj-dans-le-marais-a-paris-meir-kahane_news#from=embediframe
  30. 7 avril 2002 : heurts lors d'une manifestation du CRIF à Paris impliquant des membres du Betar et de la LDJ. Un commissaire de police a été grièvement blessé à l'arme blanche. L'auteur présumé serait un membre du Betar ou de la LDJ, selon divers témoins : Nouvelobs.com, Nouvelobs.com.
  31. http://www.liberation.fr/societe/2002/04/09/au-bout-du-cortege-les-arrestations_399698
  32. 8 janvier 2009 : trois élèves du Lycée Janson de Sailly dont deux d'origine maghrébine sont agressés et légèrement blessés lors d'une distribution de tracts de la Ligue de Défense Juive : Choses vues à Janson-de-Sailly après l'agression, L'Express, 14 janvier 2009
  33. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/la-pj-saisie-apres-une-agression-raciste-a-janson-de-sailly_731673.html
  34. http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-07-07/librairie-attaquee-le-mrap-reclame-l-interdiction-de-la-ligue-de-defense-juive/924/0/359162 Lepoint.fr]
  35. « Une librairie pro-palestinienne saccagée », AFP citée par Le Figaro,‎ 3 juillet 2009
  36. « En France, la Ligue de défense juive frappe encore », Rue89,‎ 31 mai 2010
  37. Paris : une manifestation de la LDJ dégénère, les militants agressent des passants musulmans, [1], 20 juin 2014
  38. https://www.youtube.com/watch?v=bu6-zWIrifk&feature=youtu.be
  39. « Incidents Rue de la Roquette: deux versions s'opposent », itélé.fr,‎ 16 juillet 2014
  40. Ligue de défense juive: Qui sont-ils?, 20minutes.fr, 25 juillet 2014
  41. Incidents Rue de la Roquette: deux versions s'opposent, itele.fr, 16 juillet 2014
  42. Un Israélien agressé par la Ligue de Défense Juive, 6 avril 2012, Centre communautaire laïc juif
  43. Un militant israélien de la paix violemment expulsé d'un rassemblement parisien des "amis d’Israël", France 24, 6 avril 2012
  44. 13 novembre 2003 : le président du MRAP, Mouloud Aounit, affirme avoir été agressé « à l'institut du Val Mandé par des individus casqués ». Le MRAP met en cause des membres de la LDJ : Nouvelobs.com, Leparisien.fr
  45. « La porte-parole des indigènes de la république agressée à Paris », Libération, 25 octobre 2012.
  46. Le 12 mars 2012 et le 5 juillet 2012[9],[28]
  47. Agressé par un extrémiste de la Ligue de défense juive (LDJ), Pascal Boniface dépose plainte, huffpostmaghreb.com, 27 juillet 2014
  48. Leparisien.fr
  49. Communautarisme.net.
  50. Communautarisme.net
  51. 30 septembre 2003 : des témoins :du procès d'Alexandre Attali, gestionnaire du site amisraelhai.org, poursuivi pour incitation à la haine raciale, auraient été menacés dans l’enceinte même du tribunal de Paris par des personnes, selon eux membres de la LDJ : Nouvelobs.com, Lemonde.fr
  52. Sont ainsi mis en cause : Mouna Naïm : Le Prix Goebbels de la Désinformation a été décerné à Mme Mouna Naïm, Charles Enderlin (2002) : Des extrémistes juifs mis en cause après la manifestation du CRIF, Le Monde, 10 avril 2002, Libération (2006) « De l'anathème à l'assassinat. Chronologie. », Libération,‎ 3 février 2006 (lire en ligne)
  53. upjf.org
  54. 26 mars 2002 : Une centaine de personnes, selon la police, ont manifesté à l'appel de la Ligue de défense juive, devant le siège de l'Agence France-Presse à Paris, accusant l'agence de « désinformation » dans la couverture du conflit israélo-palestinien, a rapporté l'AFP. La LDJ a estimé que« l'AFP est la source principale de la désinformation en France »
  55. Le 21 novembre 2010, la LDJ organise, avec l'association Europe-Israël, une manifestation contre une exposition d'œuvres du photographe allemand Kai Wiedenhöfer au Musée d'art moderne de la ville de Paris, qui montre des victimes palestiniennes de la guerre de Gaza de 2008-2009, provoquant l'intervention de la police et la fermeture quelques jours de l'exposition suite à une altercation avec la sécurité du musée : Rue89.com
  56. La-croix.com
  57. Rue89.com
  58. Le 6 septembre 2012, des militants de la L.D.J jettent des projectiles et des œufs sur la façade de l'Institut du monde arabe pour protester contre la projection du film Would you have sex with an Arab? (Coucheriez-vous avec un Arabe ?) de Yolande Zauberman : http://www.france24.com/fr/20120906-israel-arabes-juifs-sexe-desir-conflit-yolande-zauberman-tel-aviv-palestiniens
  59. [2]
  60. [3]
  61. « Librairie saccagée : quatre mois avec sursis pour quatre proches de la LDJ », Rue89,‎ 10 juillet 2009
  62. Leparisien.fr
  63. Prison ferme pour deux mineurs de la Ligue de défense juive, RTL, 28 juillet 2014.
  64. Hugues Serraf, « La Ligue de Défense Juive: c'est du lard ou du cochon? », sur Slate.fr,‎ 9 novembre 2012 (consulté le 31 janvier 2014)
  65. Daniel Licht, «Un noyau de 500 extrémistes pro-israéliens», sur http://www.liberation.fr,‎ 9 avril 2002 (consulté le 19 janvier 2014)
  66. Paris.fr
  67. Le Point, magazine, « Le Mrap réclame l'interdiction de la Ligue de défense juive, actualité Monde - Le Point »,‎ 7 juillet 2009 (consulté le 20 janvier 2014)
  68. [4]
  69. UJFP, « Ça suffit comme ça ! Dissolution de la Ligue de Défense Juive.. » (consulté le 15 janvier 2014)
  70. AFP, « Manifestation de militants contre la LDJ », sur Le Figaro,‎ 8 novembre 2012 (consulté le 15 janvier 2014)
  71. « Un député communiste demande la dissolution de la Ligue de défense juive »
  72. http://www.saphirnews.com/Une-petition-a-succes-d-un-elu-pour-la-dissolution-de-la-LDJ_a19370.html www.saphirnews.com/Une-petition-a-succes-d-un-elu-pour-la-dissolution-de-la-LDJ_a19370.html
  73. http://www.lepoint.fr/societe/l-observatoire-contre-l-islamophobie-demande-la-dissolution-de-la-ldj-28-07-2014-1849653_23.php
  74. Jean-Yves Camus, « Un conflit instrumentalisé par les communautaristes », Revue internationale et stratégique, Armand Colin, vol. N°58, no 2,‎ 1er juin 2005 (ISBN 2247062512, ISSN 1287-1672, DOI 10.3917/ris.058.0079, résumé, lire en ligne)
  75. Cécilia Gabizon et Johan Weisz, Opa sur les juifs de France: Enquête sur un exode programmé (2000-2005),‎ 2006, 270 p. (ISBN 9782246704690, lire en ligne), chapitre 8 : une minorité emportée par le racisme

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]