Profanation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Une profanation de sépulture : l'affaire Lanthelme (1911).

La profanation est un acte dit sacrilège, consistant en un mélange réel ou symbolique d'éléments du sacré avec des éléments du profane, d'une façon qui n'est pas prévue par les règles et rituels du sacré, ou qui va à leur encontre. La profanation est un manque de respect du sacré.

Il peut s'agir d’une infraction à la loi religieuse dans un lieu consacré.

Il peut aussi s'agir de l'introduction d'éléments profanes dans une enceinte sacrée, dite sanctuaire, ou bien de l'utilisation d'éléments sacrés dans un contexte profane jugé inconvenant.

Par exemple, la profanation d'une tombe est un acte inconvenant (une sépulture est un lieu volontairement préservé pour évoquer la mémoire d'une personne), dégradant pour le défunt, et commis au mépris des usages d'une société envers ses morts. La profanation de sépulture peut viser non un individu, mais une communauté : par exemple, certaines profanations dans les cimetières juifs peuvent avoir un caractère antisémite. Cela a notamment été le cas lors de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990 (cf. affaire de la profanation de Carpentras).

Ces actes sacrilèges seraient par ailleurs parfois un rite d'initiation dans les sectes néo-nazies ou sataniques[1].

Le terme juridique de « profanation » est apparu en France dans les années 1990[réf. nécessaire]. Auparavant, seule la « violation de sépulture » (dégradation matérielle d’une tombe) définie par l'Articles 225-17 et suivants du Code pénal était punie : jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende lorsqu'elle a été accompagnée d'atteinte à l'intégrité du cadavre et a été commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des personnes décédées à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. De plus l'Articles 16-1-1 du Code civil précise que « Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence. » La « profanation » relève d'un acte symbolique sur plusieurs tombes[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Jean D., « Les profanations de cimetières : rite d’entrée dans des groupuscules satanistes ou néo-nazis », sur Blog Dei,‎ 6 mai 2007 (consulté le 16 février 2013), et Christophe Cornevin, « Une profanation tous les deux jours en France », Le Figaro, no 22 septembre,‎ 2010 (lire en ligne)
  2. Arnaud Esquerre, Les os : les cendres et l’État, Fayard,‎ 2011, 328 p. (ISBN 9782213662275)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Arnaud Esquerre, « Une affaire, mais dans quel cadre ? À propos de la profanation du cimetière juif de Carpentras », in Luc Boltanski, Elisabeth Claverie, Nicolas Offenstadt, Stéphane Van Damme (dir.), Affaires, scandales et grandes causes, Stock, Paris, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]