Pitchipoï

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Pitchipoï (פיטשי פוי) est le surnom qu'utilisaient les Juifs de France pour désigner la destination inconnue, mystérieuse et redoutable des convois de déportés, là-bas, quelque part, très loin « vers l'Est ». Ce néologisme est apparu parmi les enfants dans le Camp de Drancy. L'un de ces enfants s'appelait Jean-Claude Moscovici. Il écrit dans son livre Voyage à Pitchipoï[1] :

« Plus tard seulement, je sus qu'il revenait de ce lieu que nous appelions Pitchipoï, et dont le véritable nom était Auschwitz-Birkenau. »

Le sens de ce mot a reçu plusieurs explications différentes. Certains y voient un mot yiddish en usage chez les Juifs polonais, qui désignerait un tout petit hameau de rien du tout, juste quelques maisons, et qui pourrait se traduire par « le Pays de Nulle Part », un endroit insignifiant ou imaginaire.

Plus trivialement, Pitchipoï, c'est « le trou du cul du monde », comme le décrit Henri Raczymow dans Un cri sans voix[2] :

« Nom d'un lieu hors-la-loi, d'un lieu expulsé par l'anus hors du corps de la loi humaine, où cette loi n'opère plus, excrément inouï, sans nom jusqu'alors »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Moscovici, Voyage à Pitchipoï, éd. L'École des Loisirs, coll. « Medium », Paris, 1995
  2. Henri Raczymow, Un cri sans voix, éd. Gallimard, 1985, p. 153

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Moscovici, Voyage à Pitchipoï, éd. L'École des Loisirs, coll. « Medium », Paris
Autobiographie d'un enfant interné au camp de Drancy, pendant l'Occupation (il n'avait que 6 ans en 1942).
  • Henri Raczymow, « Le Chemin » chap. 5, dans Contes d'exil et d'oubli, éd. Gallimard, 1979