Richard Prasquier
Richard Prasquier, né Richard Praszkier le 7 juillet 1945 à Gdańsk en Pologne, est le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) depuis mai 2007. Il a été réélu à la Présidence du CRIF le 13 juin 2010 pour un second mandat de trois ans[1].
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Biographie [modifier]
Origines et études [modifier]
Richard Prasquier est l’un des premiers enfants juifs nés après-guerre en Pologne ; ses parents, rescapés de la Shoah, décident d’émigrer aux États-Unis après le pogrom de Kielce mais leur route s’arrête en France[2].
Il a fait ses études au lycée Charlemagne, puis en médecine (il a été interne des Hôpitaux de Paris).
Cardiologue [modifier]
Richard Prasquier exerce le métier de cardiologue et occupe le poste de chef de clinique à l'hôpital Beaujon. Richard Prasquier reste attaché à ses origines et devient, en 1989, un membre fondateur de l'Association des Médecins d'origine polonaise de France (AMOPF).
Engagements judaïques [modifier]
En 1994, il s'engage au CRIF en prenant la tête du groupe de liaison avec la Conférence épiscopale de l'Église catholique et la commission des relations internationales du CRIF. Il préside également, au sein de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la commission de solidarité. Dès 1997, Richard Prasquier devient le président du Comité français pour Yad Vashem.
En 2006, il accueille le pape Benoît XVI au camp d’Auschwitz-Birkenau.
Avec Marcello Pezzatti, historien juif italien, et le Père Patrick Desbois, délégué de l’épiscopat français auprès des juifs, Richard Prasquier se bat pour restaurer la mémoire du bunker I de Birkenau, là où étaient assassinés les juifs avant les premières chambres à gaz de mars 1943. Il rachète de ses deniers cette « maison rouge » à ses propriétaires polonais - revenus chez eux après la guerre - pour la céder au Musée d’Auschwitz.
Le 13 mai 2007, Richard Prasquier devient le président du Conseil représentatif des institutions juives de France lors de l'assemblée générale, succèdant ainsi à Roger Cukierman pour qui il était le conseiller.
Interventions diverses [modifier]
En janvier 2009, alors que l'Opération Plomb durci fait rage, il participe à une manifestation silencieuse devant l'ambassade parisienne d'Israël en soutien aux victimes des tirs de roquettes du Hamas depuis la bande de Gaza. Lors de cette manifestation, il déclare notamment : « Ma position n'est pas contre les Palestiniens, même si je suis très solidaire d'Israël. C'est contre le Hamas que je m'insurge. C'est un obstacle à la paix, et il n'y a pas de négociation possible avec le Hamas, qui cherche les représailles et se fiche des victimes civiles, y compris chez eux, parce qu'ils ont besoin de ces morts »[3].
À propos de la conférence de Durban II sur le racisme organisée par l’ONU en avril 2009, M. Prasquier déclare que « le spectacle des 23 délégations quittant la salle devant les outrances d’Ahmadinejad marquera la conférence de Genève »[4].
Richard Prasquier a déclaré le 17 mai 2010 à l'Assemblée nationale : « L'homophobie tue aujourd'hui plus en France que l'antisémitisme. Ceci est d'autant plus inquiétant que l'antisémitisme s'attaque à un groupe, alors que l'homophobie s'attaque à un individu isolé. » Richard Prasquier a fait cette déclaration à l'occasion du colloque « Religions, homophobie, transphobie »[5], durant lequel les représentants des différentes religions (Marie-Laure Dénès, représentante de la Conférence des évêques de France ; Jean-Pierre Rive, représentant de la Fédération protestante de France ; Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris ; Michaël Azoulay, représentant du grand rabbin de France ; et Federico Procopio, administrateur de l'Union bouddhiste de France) ont tous condamné officiellement l'homophobie, partageant ainsi l'appel du 17 mars 2010 lancé dans Le Monde par des intellectuels croyants.
En 2012, après les attentats de Toulouse de mars puis le démantèlement en octobre d'une cellule islamiste radicale responsable d'un attentat à Sarcelles[6] en septembre 2012, il est reçu par le président de la République François Hollande. Dans une interview au Figaro, il prône une extême vigilance face à l'islam radical : « La complaisance, même l'indifférence, doit être interdite, comme avec le nazisme. »[7].
Controverses [modifier]
Au lendemain de la diffusion sur France 2 d'un reportage d'Un œil sur la planète intitulé Un État palestinien est-il encore possible ?, il adresse une lettre ouverte[8] destinée au Président du groupe France Télévisions Rémy Pflimlin, dans laquelle il rappelle d'abord l'affaire Al Dura que, selon lui, « France 2 a toujours refusé d'éclaircir » puis juge que le reportage visé « a présenté, d'un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale ».
Prix et récompenses [modifier]
- Ordre national de la Légion d'honneur (18 décembre 2001)
- Prix d'honneur Zakhor Pour la Mémoire pour l'ensemble de son travail réalisé au sein du Comité français pour Yad Vashem[9],[10].
Vie privée [modifier]
Richard Prasquier est marié, père de cinq enfants, et six fois grand-père.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Richard Prasquier, nouveau président du CRIF - communiqué du Crif
- Discours de Richard Prasquier au dîner du CRIF sur le thème : Liberté, égalité, fraternité, sur le site du CRIF, 3 février 2010. Consulté le 7 février 2010
- Site du CRIF (fréquents éditoriaux de Richard Prasquier)
Références [modifier]
- Charlotte Lazimi, Crif: Prasquier réélu, Le JDD, 13 juin 2010
- Henri Tincq, « Richard Prasquier : le dialogue à cœur », sur Desinfos.com, Le Monde, 31 août 2006
- Chloé Leprince, « Le dialogue entre musulmans et juifs de France gelé par la guerre », Rue89, 4 janvier 2009.
- Durban 2 Genève : où sont passés les droits de l’homme ?, sur Desinfos.com, Le Figaro, 27 avril 2009. Consulté le 28 mai 2009
- colloque "Religions, homophobie, transphobie"
- Démantèlement d'une cellule islamiste : la traque continue dans les réseaux salafistes, sur La Dépêche, 9 octobre 2012
- Stéphane Kovacs, « Prasquier: «Un islam de guerre se développe» », sur Le Figaro, 8 octobre 2012
- Richard Prasquier, « Lettre de Richard Prasquier, président du CRIF, à Rémy Pfimlin, président directeur général de France Télévisions », sur le CRIF, 5 octobre 2011
- le Prix d'Honneur Zakhor Pour la Mémoire
- Il continue de publier sur la "Mémoire", voir, Richard Prasquier. "Mémoire". EchosUnir (Le journal des Communautés Israélites du Bas-Rhin). No. 269. Septembre-Octobre 2012. Tichri 5773, p. 19-20