Delphine Horvilleur

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Delphine Horvilleur en 2013

Delphine Horvilleur, née en 1974 à Nancy, est une femme rabbin, et une journaliste française. Elle exerce au Mouvement juif libéral de France (MJLF), et est directrice de la rédaction du magazine Tenou'a.

Biographie[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur est née en 1974 à Nancy.

Elle suit d'abord des études de sciences médicales de l'Université Hébraïque-Hadassa de Jérusalem pendant lesquelles elle est mannequin[1]. Elle suit ensuite une formation à l'école de journalisme du CELSA, à Paris[2]. Journaliste à France 2 de 2000 à 2003, Delphine Horvilleur travaille au bureau de France 2 à Jérusalem. De 2003 à 2008, elle est correspondante de RCJ à New York[3].

Elle étudie au séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College à New York, où elle reçoit son ordination rabbinique (smikha) en mai 2008.

Delphine Horvilleur est rabbin du MJLF et plus particulièrement du centre de Beaugrenelle à Paris, depuis la rentrée 2008[4].

Delphine Horvilleur est mariée à Ariel Weil. Ils ont 3 enfants[5].

Activités communautaires[modifier | modifier le code]

En 2003, Delphine Horvilleur fonde un cercle d'étude juive interactif, le "Café biblique", qu'elle anime toujours. Elle rejoint le Mouvement juif libéral de France[6] en décembre 2008. Avec Célia Surget, elle met en place les offices de "Shabbat Alef" (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de "Shabbat Zimra" (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).

Elle est, depuis 2009, la rédactrice en chef de la revue trimestrielle d'art, de pensée et de créativité juive Tenou'a, revue publiée par l'Association Tenou'a depuis son autonomisation du MJLF où elle avait été fondée en février 1981 par le rabbin Daniel Farhi.

Elle est un des membres fondateurs de KeReM, le conseils des rabbins libéraux francophones.

Fonctions institutionnelles[modifier | modifier le code]

Par décret présidentiel du 27 avril 2012, Delphine Horvilleur est la première femme rabbin nommée au Conseil National du Sida où elle représente les voix juives[7],[8].

Interventions médiatiques et prises de position[modifier | modifier le code]

Dans les médias[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur intervient dans l'émission La Source de vie de Josy Eisenberg sur France 2. Elle participe également à Akadem, campus numérique juif en ligne[9]. Elle a également publié dans Le Monde[10], Le Figaro[11] ou Elle[12]. De 2012 à 2014, elle a publié une chronique permanente dans Le Monde des Religions. En mars 2014, elle est choisie par le magazine l’Express comme une des neuf jeunes intellectuelles françaises constituant « la relève »[13].

Prises de position[modifier | modifier le code]

  • Sur le voile :

« Le voile islamique n’est pas le seul à sous-entendre que le corps découvert des femmes contaminerait les hommes. Dans toutes les religions, les fondamentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiques les définissaient entièrement et devaient être placées sous contrôle, enveloppées par la loi. »[14]

  • Sur le fondamentalisme :
    • « L’intégrisme religieux est cette pathologie du regard qui le rend incandescent. L’obscurantisme renvoie précisément à l’étude dans le noir, c’est-à-dire sans dialogue avec les affaires du monde, et dans le mépris de ceux qui plantent et qui récoltent. C’est un retrait du monde qui y met le feu en s’imaginant paradoxalement le sauver. »[15]
    • « Tel est le propre du discours fondamentaliste qui enferme ou mutile ses pairs au nom de ses pères. C’est-à-dire qui cherche à restreindre l’expérience humaine à sa vision du monde, au nom d’un passé souvent fantasmé ou d’une pratique ré-inventée comme atemporelle. Un tel projet religieux est « pharaonique » au sein biblique du terme, dès lors qu’il tente par la force de se construire des mausolées-pyramides pour y enfermer les dépouilles d’une divinité mortifère. »[16]
  • Sur les dangers de l’interprétation littérale

« Quand certains aujourd’hui encore citent l’écrit indiscutable, il est utile de rappeler qu’un texte est sacré si l’on accepte que son message n’est pas clôturé par son sens premier et si l’on se refuse à l’instrumentaliser. »[17]

  • Sur la société de l'information

« Comme l’info est disponible et que nous avons les moyens de l’obtenir, nous avons tendance à ne plus nous poser la question de son éventuelle toxicité parce que nous ne prenons pas le temps de le faire. »[18]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d’éveiller le désir, la femme est « génitalisée » à outrance. Faut-il alors couvrir sa nudité ? Faut-il la renvoyer à son destin : le voilement ?

Delphine Horvilleur analyse successivement les sens de la pudeur et de la nudité, l'obsession du corps de la femme et sa représentation comme "être orificiel" pour proposer une autre interprétation de la tradition religieuse. Elle met à mal les lectures qui font de la femme un être tentateur, et de la pudeur l'instrument de sa domintation. Ainsi nous montre-t-elle comment la nudité recouverte d'Adam, d'Eve ou de Noé, renvoie à une culture du désir et non à une volonté de le tuer. Comment le voile est à l'origine destiné, non à rejeter, mais à approcher l'autre. Comment le féminin concerne aussi les hommes qui endossent, dans la prière et la pratique judaïques, les attributs des femmes et du maternel. On découvre alors, dans cette plongée au cœur des grands monothéismes, un autre visage de la femme, de la pudeur, et de la religion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Conférences en ligne[modifier | modifier le code]

  • sur la pudeur, le féminin et les religions

En Israël, invitée par l’Ambassade de France à Tel-Aviv le 26 décembre 2013

En France, en février 2014 : L’obsession de la pudeur

  • sur la laïcité

Invitée d’Yves Calvi sur RTL le 12 décembre 2013

Invitée de Marie Drucker dans "13h15 le Dimanche" sur France le 29 septembre 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Lemonnier, « Rabbin au féminin », sur le site du CRIF,‎ 28 mai 2013
  2. Xavier Drouet, « Delphine Horvilleur, ecrire rabbin au féminin », sur Le Républicain Lorrain,‎ 23 juin 2013
  3. Portrait de Delphine Horvilleur par France 2: première partie, deuxième partie
  4. « L'équipe rabbinique », sur MJLF
  5. http://www.anne-hidalgo.net/sites/default/files/documents/livret_cg_2014.pdf
  6. Sermons en ligne du rabbin Delphine Horvilleur
  7. Décret du 27 avril 2012 portant nomination au Conseil national du syndrome immunodéficitaire acquis (sida) sur Legifrance
  8. CRIF.org : Le Rabbin Dephine Horvilleur récemment nommée au Conseil National du Sida
  9. Interventions de Delphine Horvilleur [1] sur Akadem
  10. Yom Kippour ou la fin du bouc émissaire
  11. « Le racisme est une maladie mentale » - Entretien croisé entre Umberto Eco, écrivain et Delphine Horvilleur, femme rabbin, Madame Figaro, 15 septembre 2010.
  12. « Sakineh, j'ai longtemps hésité à vous écrire », Elle, 9 septembre 2010.
  13. L'EXPRESS : La relève des intellectuelles françaises
  14. Psychologie Magazine, décembre 2013 : Delphine Horvilleur : "Je suis une femme rabbin"
  15. Le Monde des Religions, juillet-août 2013
  16. Intervention à la Villa Gillet le 2 décembre 2012 dans le cadre de la conférence "La religion peut-elle nous rendre libre?"
  17. Le Monde des Religions, novembre 2012
  18. Clés : L'information est-elle toxique?
  19. ALL THESE VOWS—KOL NIDRE, Edited by Rabbi Lawrence A. Hoffman, PhD
  20. En Tenue d'Ève sur le site de Grasset