Pierre-André Taguieff

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Pierre-André Taguieff

Naissance 4 août 1946 (67 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Philosophe, historien des idées et politologue
Formation

Pierre-André Taguieff, né le 4 août 1946 à Paris, est un sociologue, politologue et historien des idées français. Il est directeur de recherche au CNRS attaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris. Membre du cercle de réflexion néoconservateur le Cercle de l'Oratoire, il fait également partie du comité de rédaction de la revue de ce cercle, Le Meilleur des mondes, ainsi que de celui de la revue Des Lois et des Hommes.

Taguieff est l’auteur de nombreux ouvrages touchant à la fois aux domaines de la politique, l'histoire des idées, la sociologie et la théorie de l'argumentation. Préoccupé notamment par les questions du racisme, de l'antisémitisme et des idéologies d'extrême droite, il s'est fait connaître par ses travaux sur le populisme, la « Nouvelle Droite » et le Front national.

Son parcours va de « l’anarcho-situationnisme[1] au chevènementisme patriote de la Fondation du 2-Mars[2] ». Se réclamant un temps des idées de la gauche républicaine, décrit également comme un « libéral social conservateur[3] », et comme un néoconservateur[4], ses prises de position et ses travaux (notamment sur la « Nouvelle Droite » et la « nouvelle judéophobie ») ont fait l’objet de controverses médiatisées. Taguieff se présente lui-même comme engagé dans la lutte « contre tous les racismes[5] ».

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Né d’un père russe et d’une mère d’origine polonaise, Taguieff a très tôt été passionné par la culture juive (notamment musicale), bien que n'étant pas juif lui-même, comme il l'a déclaré publiquement à plusieurs reprises. Si ses parents ne sont pas juifs, « tous les amis de la famille étaient des Juifs d'Europe de l’Est, marqués par l'expérience nazie[6] ». Il est l'ex-époux de la chanteuse yiddish Talila avec qui il a une fille[7].

Dans les années 1960, il poursuit des études de philosophie et de linguistique à la faculté de Nanterre. Il est alors militant d'extrême gauche proche des situationnistes, notamment de René Viénet ; parallèlement, il est pianiste[1] de jazz. Durant cette période, il s'initie à la phénoménologie en suivant les cours de Jean-François Lyotard, Emmanuel Levinas, Paul Ricœur et Mikel Dufrenne, puis il s'enthousiasme pour la pensée de Gilles Deleuze et de Nietzsche sur laquelle porteront ses premières recherches. Par l'intermédiaire du philosophe et sémioticien Louis Marin, dont il admirait la rigueur et l'érudition, Taguieff poursuit ses études en linguistique et en sémiotique sous la direction d'Algirdas Julien Greimas[8].

Durant les années 1970, il milite dans plusieurs mouvements antiracistes comme le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix (MRAP), la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH). En 1972, il devient professeur de philosophie en lycée, puis en école normale d'instituteurs. Vers la fin des années 1970, il commence à étudier la Nouvelle droite et s'intéresse au parcours de son chef de file, Alain de Benoist. De 1978 à 1984, il occupe un poste de chargé de cours en psychologie générale à l'université Paris-VII. Il entre au CNRS en 1984, ayant collaboré au laboratoire « Lexicométrie et textes politiques » du centre de recherche à partir de 1980. Il enseigne également au Collège international de philosophie. Ses premiers articles sur la « Nouvelle droite » et le Front national paraissent dans différentes revues.

À partir de 1985, il est membre du comité de rédaction de Politica hermetica (fondée par l'historien Victor Nguyen) avec, notamment, le sociologue et historien Émile Poulat. Son premier ouvrage « non militant », La Force du préjugé, paraît en 1988. Cette tentative de penser le racisme avec son contraire (l'antiracisme) et de proposer une critique de ce dernier pour le refonder philosophiquement a suscité autant d'appuis que de désaccords[réf. souhaitée]. Mais l'idée de repenser la notion de racisme avec des concepts plus nuancés donnait des résultats inédits et stimulait la réflexion sur la question de l'antiracisme et de ses emprunts involontaires d'éléments à l'idéologie qu'il prétend combattre[réf. souhaitée]. Durant cette période, Taguieff dirige les collections « Histoire des idées, théorie politique et recherches en sciences sociales » et « Argumentation, Sciences du langage » (avec le linguiste et théoricien de l'argumentation Christian Plantin pour la dernière) aux éditions Kimé.

En 1989, Jean-Christophe Cambadélis s'inspire de ses analyses lorsqu'il lance le « Manifeste contre le national-populisme » (expression introduite par Gino Germani, reprise et popularisée par Taguieff pour désigner le Front national). Parallèlement, SOS Racisme lui confie la présidence de son Observatoire de l'antisémitisme dont l'objectif était de recenser et d'analyser les activités antisémites en France. En 1991, il devient l'analyste officiel du rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme pour ce qui relève de la lutte contre le racisme et la xénophobie[9]. Au même moment, il prend la direction de la collection « Pensée politique et sciences sociales » des Éditions Berg International.

De 1994 à 1995, Taguieff est titulaire de la chaire Chaïm-Perelman du Centre Perelman de philosophie du droit de l'Université libre de Bruxelles. Par la suite, il enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales ainsi qu'à l'Institut d'études politiques de Paris (cycle supérieur). En 1999, il compte parmi les membres fondateurs d'un think tank républicain, la Fondation du 2-Mars (ex-Fondation Marc-Bloch), qu'il préside de 2001 à 2003. Il devient également conseiller politique de Jean-Pierre Chevènement, duquel il se distanciera à partir de 2003.

En 2002, il compte parmi les experts de la commission « Négationnisme à Lyon-III » (créée par le ministre de l'Éducation Jack Lang et dirigée par l'historien Henry Rousso). Celle-ci avait pour objectif d'enquêter sur différents événements ou propos jugés négationnistes reprochés à certains étudiants et professeurs de la faculté de Lyon-III. Cette nomination n'a pas fait l'unanimité, faisant l'objet de critiques émanant notamment de l'écrivain Didier Daeninckx[9] parce que Taguieff avait auparavant signé une pétition de soutien à l'un des professeurs mis en cause[10] et de SOS Racisme[11] qui avait pourtant eu recours à l'expertise de Taguieff lors de la création de son propre « observatoire de l'antisémitisme » (voir ci-dessus).

Le 18 mars 2004, Taguieff est chargé de faire un rapport officiel sur l'antisémitisme dans les écoles publiques françaises pour les ministres Luc Ferry et Jean-Louis Borloo. Également conseiller du Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et membre de l'Association citoyenne pour le Proche-Orient (ACPRO), il signe avec d'autres intellectuels et artistes tels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Bernard Kouchner, le journaliste Ghaleb Bencheikh et le cinéaste Élie Chouraqui un appel controversé « contre les ratonnades anti-blancs »[12].

À la fois critique de la gauche et de la droite, et lui-même critiqué par des représentants des deux camps, Taguieff défend une position qu'il nomme « mélioriste » et qu'il décrit en ces termes : « La démocratie libérale n'est certes pas parfaite, mais elle est perfectible, elle est même le seul système politique à l'être. Elle doit être défendue parce qu'elle est le seul type d'organisation politique garantissant aux individus leur liberté d'agir et de penser[13]. » Cette idée de « méliorisme » ou, selon une formulation plus paradoxale, de « conservatisme critique » a été développée dans la conclusion de son ouvrage sur le Sens du progrès (2004) et dans un article paru dans la revue québécoise Égards[14], dont la ligne éditoriale conservatrice et catholique traditionaliste peut sembler très éloignée de ses idées. Mais cela n'a rien d'étonnant puisque Taguieff a toujours été partisan d'une politique du « dialogue » (hormis dans certains cas, tel celui du négationnisme), ce qui lui avait valu des critiques à l'occasion d'articles publiés dans des revues de la « Nouvelle droite » comme Éléments ou Krisis.

La ligne éditoriale de la revue néo-conservatrice parue de 2006 à 2008 Le Meilleur des mondes (éditions Denoël), pour laquelle il fut contributeur et membre de la rédaction, correspond mieux à ses prises de positions intransigeantes envers les utopies[réf. souhaitée]. Les Contre-réactionnaires (2007) compte parmi les publications associées à cette revue qui rejettent les « vieux mythes » politiques et utopiques pour tenter de voir clair dans « le meilleur des mondes possibles », celui qui est, c'est-à-dire « le seul qui soit ».

Il contribue occasionnellement à Dreuz info, un site internet qui se présente comme « francophone, chrétien néo-conservateur et pro-israélien »[15], et qui, selon Samuel Laurent du journal Le Monde, « mêle islamophobie, ultra-sionisme et théories néoconservatrices »[16].

Travaux[modifier | modifier le code]

Se voulant proche de Max Weber sur le plan méthodologique, Taguieff a régulièrement recours à la notion de type idéal (Idealtype) et forge des concepts en introduisant plusieurs néologismes et en créant des mots composés (hétérophilie, hétérophobie, mixophobie, national-populisme, contre-réactionnaire, etc.). Ses analyses proposent des modèles typologiques qui tentent de cerner les différentes facettes des phénomènes étudiés à travers une méthode comparative.

Elles dépassent le cadre national en portant, par exemple sur un style politique comme le populisme, qui peut prendre forme dans différents contextes et s'adapter aux configurations propres à des espaces sociopolitiques distincts autant dans l'espace que dans le temps. Sensible à l'approche dite « réaliste » de Weber ou de Julien Freund, Taguieff place la conflictualité et la polémique au cœur de sa réflexion, récusant par là les approches reposant sur des présupposés progressistes trop souvent prisonnières des cadres de la philosophie de l'histoire, issues des Lumières ou du marxisme.

Sur la « Nouvelle droite »[modifier | modifier le code]

À partir de 1967-1968, Taguieff s'était consacré à la réception de l'œuvre de Nietzsche et à son instrumentalisation au XXe siècle par les pangermanistes et les nazis. Ces recherches sur les usages et les héritages multiples du nietzschéisme l'amènent à s'intéresser à la « Nouvelle Droite », qui suscita beaucoup de débats fin 1970, à la suite notamment de la publication très médiatisée du recueil d'articles d'Alain de Benoist intitulé Vu de droite (1977). Le chef de file du mouvement néo-droitier avait érigé l'auteur de la Généalogie de la morale « en prophète de l'inégalitarisme et de l'anti-judéo-christianisme[17] ». Ainsi, durant les années 1980, parallèlement à ses travaux sur le « national-populisme » du Front national, Taguieff consacre quelques articles à cette droite de la droite intellectuelle (et à son chef de file) ainsi qu'au « racisme différentialiste » qu'il observe dans ses publications.

En 1993, Taguieff a été accusé par Roger-Pol Droit dans Le Monde de « banalisation de l'extrême droite » et de manque de « vigilance » parce qu'un recueil[18], auquel il collabora avec Alain de Benoist, fut publié (abrégé) en Italie dans une maison d'édition dirigée par Marco Tarchi, chef de file de la « Nouvelle droite » dans ce pays[19]. Le Monde omettait de préciser que le texte litigieux était en réalité « un piratage » non autorisé par l'auteur. Cette dénonciation s'appuyait aussi sur le fait que Taguieff avait fréquenté des militants de la « Nouvelle droite » d'Alain de Benoist dans le cadre de ses travaux et publié des articles dans des revues du mouvement (Éléments, Krisis) aux côtés d'autres intellectuels qui, aux yeux des « vigilants », auraient dû s'abstenir : Jacques Julliard, Serge Latouche, Alain Caillé, Ignacio Ramonet, etc.

Cette attaque s'inscrivait dans le cadre d'un « Appel à la vigilance » (également publié dans Le Monde) signé par plusieurs intellectuels et universitaires renommés (dont beaucoup furent, selon Taguieff, manipulés par les initiateurs dudit appel : certaines de leurs signatures seront d'ailleurs retirées[réf. nécessaire]) faisant allusion à Pierre-André Taguieff sans toutefois que son nom fût mentionné[20]. Une contre-pétition de soutien à Taguieff fut lancée à l'initiative de Patrick Weil et permit à une série de chercheurs et de collègues de dénoncer le « conformisme » de la première pétition en rappelant la difficulté de travailler sur des « sujets chauds » et les risques que ces recherches peuvent entraîner. Dans le Nouvel Observateur, Jacques Julliard dénonce « la campagne menée par Le Monde contre Pierre-André Taguieff », la qualifiant littéralement de « honte[21] ». Le débat se poursuivit notamment avec des interventions de Pierre Vidal-Naquet, pour qui Taguieff se serait fait « piéger », et ce bien qu'il lui réitérât son appui. Quant au mis en cause, il réfuta les allégations de Roger-Pol Droit, tandis qu'Alain de Benoist caractérisa l'événement comme « une querelle d'Ancien Régime ».

La querelle reprit de plus belle lors de la parution, en 1994 chez Descartes & Cie, du livre de Taguieff consacré à son objet d'étude, Sur la Nouvelle droite. Jalons d'une analyse critique[22]. Il s'agit d'une analyse des permanences et mutations de ce courant faite pour l'essentiel au travers d'une biographie politique et intellectuelle d'Alain de Benoist. Pierre-André Taguieff y critique les idées de la « Nouvelle droite » — notamment quant aux « limites » d'un différentialisme séparé de l'universalisme, et aux « illusions » d'une démarche identitaire délivrée du nationalisme. Mais, prenant acte de ses évolutions dans un certain nombre de domaines, il est à nouveau accusé de complaisance par les milieux qui l'attaquaient. Il faut dire que le chercheur propose dans son ouvrage une analyse très sévère de la campagne de presse contre la « Nouvelle droite », et lui-même par ricochet, lancée par ceux-ci : il s'en prend à ceux qui, selon lui, plutôt que de faire l'effort de lire et comprendre les textes d'Alain de Benoist contredisant leur vision du personnage, préfèrent, par lâcheté, frilosité ou indigence, y voir autant de masques dissimulant la nature maléfique d'un « nazi masqué » qui n'aurait jamais changé. Plaidant pour une culture du débat à la mesure d'une démocratie pluraliste, il s'efforce de réfuter les partisans de pratiques qui, sous couvert de « vigilance », instaureraient un climat de suspicion et de délation :

« En étudiant la “Nouvelle droite”, en en critiquant parallèlement les thèmes et les thèses sans donner dans le soupçon systématique, nous avons pu mesurer la permanence de l'obscurantisme, et la virulence de l'esprit d'intolérance aux multiples “bonnes” raisons, et qui sait user de “bonnes manières”. Intolérance cauteleuse, que nous voudrions, par cet ouvrage, rendre un peu honteuse d'elle-même. Ce serait une contribution non négligeable à la tâche collective, en principe indéfinie, de construction de cette communauté d'interlocuteurs libres qui constitue l'esprit vivant d'une République. »

Populisme, antisémitisme, racisme et antiracisme[modifier | modifier le code]

Insatisfait du concept d'« extrême droite » qu'il trouve trop polémique[23], il propose une analyse du Front national faisant l'économie de cette notion, au profit de celle de « national-populisme[24] » qui connaîtra une certaine fortune dans les travaux ultérieurs sur le parti de Jean-Marie Le Pen[25],[26]. Ces recherches s'accompagnent également d'une opposition — exprimée publiquement à plusieurs reprises — à l'« ethno-nationalisme » du FN et à ses positions sur l'immigration[27],[28]. Parallèlement, Taguieff s'intéresse à d'autres caractéristiques attribuées à l'extrême droite, tels que le ressentiment et le « décadentisme » que représenteraient des catholiques traditionalistes-nationalistes comme Jean Madiran ou Romain Marie.

Très mobilisé sur la question de l’antisémitisme, inspiré par les travaux de l'historien Léon Poliakov qu'il considère comme son maître (La Couleur et le Sang, qui parait en 2002, est dédié à la mémoire de ce dernier), Taguieff a consacré une étude volumineuse au racisme (La Force du préjugé) ainsi qu'une analyse des Protocoles des Sages de Sion, un célèbre faux antisémite rédigé par un agent de la police tsariste (Okhrana) au début du XXe siècle. Il poursuit ses recherches sur le racisme et l'antiracisme, s'efforçant de proposer une typologie détaillée de ces concepts. À l'instar des travaux de Poliakov et de Norman Cohn — dont Taguieff se réclame également —, les siens se distinguent par une documentation considérable et des renvois systématiques aux sources, quitte à ce qu'ils soient surchargés d'un appareil critique fastidieux.

C'est en mettant à profit une telle méthode qu'il remonte aux origines du racisme en France pour interroger ses sources « scientifiques ». En partant des travaux de Gobineau et de certains théoriciens héritiers du darwinisme social, Taguieff montre comment le racisme a été rationalisé et a tiré sa légitimité de certains discours savants de type « anthropo-sociologiques » comme ceux de Vacher de Lapouge et de Gustave Le Bon.

Typologie des racismes[modifier | modifier le code]

James Baldwin en 1955. Il exprime un anti-racisme différencialiste dans un dialogue avec Margaret Mead.

Ces analyses distinguent deux formes distinctes de racisme exposées en détail dans La Force du préjugé (1987) :

  • D’une part, un racisme « hétérophobe », « pseudo-universaliste », qui rejette la différence et prétend assimiler à une identité unique les groupes voulant conserver leurs différences. Ce racisme est basé sur une logique inégalitaire, et fonde ses catégories sur les caractères somatiques (couleur de la peau, taille, forme du crâne, etc) des individus ;
  • D’autre part, un racisme « hétérophile », qui prône le particularisme, et entend conserver des différences exclusives entre les groupes. Cette forme s'appuie sur une logique différentialiste. Parfois décrite comme un « néo-racisme », elle fonde ses explications du cours de l'histoire ou du fonctionnement social sur des catégories élaborées à partir de traits culturels (mœurs, langue, religion, etc).

Pour lui, ces deux racismes appellent pour les contrer deux anti-racismes symétriques. Au racisme « hétérophobe », s'oppose un antiracisme « différentialiste », lié au relativisme culturel. Il prône l'égale reconnaissance des cultures dans une perspective universaliste. Au racisme « hétérophile » et « mixophobe », s'oppose un antiracisme universaliste de teneur « assimilationniste », qui plaide pour le mélange des cultures et l'universalité des valeurs humaines.

Ces deux anti-racismes à leur tour peuvent se heurter comme Taguieff le constate dans un dialogue sur la ségrégation aux États-Unis entre Margaret Mead et James Baldwin dans Le Racisme en question, préface de Roger Bastide, Calmann-Lévy, Paris, 1972 [29].

Margaret Mead se centre sur « les droits égaux de tous les citoyens », , l'égalitarisme et l'individualisme sont les noyaux idéologiques la vision « universaliste de la question raciale[30]. » Pour Roger Bastide (cité par Taguieff), Baldwin donne plus d'importance aux contextes sociaux et culturels pouvant varier selon lieux et moments qu'« aux traits généraux de la nature humaines[31]. »

Dans son dialogue avec James Baldwin, Margaret Mead (1901-1978), fait valoir un antiracisme à orientation universaliste.

Pour Taguieff la position de Mead est « soutenue au nom d'un individualisme transculturel, décentrée, par une intellectuelle de « race blanche » [...] s'efforçant de représenter le point de vue de l'universel », tandis que la thèse de Baldwin procède de l'affirmation de son identité ethnique, « se présentant comme porte-parle d'un groupe minoritaire (menacé, opprimé, « victimisé » ou « victimisable »), assumant donc clairement son appartenance ethno-culturelle[32]. »

Pour Taguieff, les deux positions, toutes les deux humanistes, amènent à faire l'expérience du tragique dans la définition de l'humanisme. Dans un article de la revue Esprit de mars-avril 1993 intitulé Comment peut-on être raciste?, il revient sur la question, disant que nous pouvons vouloir les deux positions, désirer leur communion ou union mais nous ne pouvons agir concrètement que par une décision qui implique le choix de l'une contre l'autre : « Ce que nous pouvons penser et désirer—les deux—, nous ne pouvons pas le vivre hors du tragique[33]. »

Dans l'article Antiracisme qu'il écrit dans le Dictionnaire historique et critique du racisme qu'il a dirigé, Taguieff pense que les deux positions correspondent à deux obligations morales contradictoires, l'une et l'autre universaliste. La première relève de l'Éthique déontologique qui implique que « l'on ne fasse jamais certaines choses à autrui (lui mentir, ne pas respecter son identité culturelles etc.) », peu importe les conséquences, et l'autre du Conséquentialisme qui implique au contraire que l'on agisse de telle façon que se produise le plus grand bien pour ceux qui seront affectés par notre action[34].

Tout en répétant que les deux voies sont exclusives l'une de l'autre, il pense pouvoir esquisser une solution en corrigeant l'impératif différentialiste de sorte qu'il ait comme contenu le devoir de ne respecter chez les autres cultures que les seules valeurs universalisables. Il ajoute à cela que dans l'action et dans l'urgence, l'action antiraciste peut être inspirée soit par l'orientation universaliste, soit par l'orientation différencialiste « selon le danger principal tel qu'on l'évalue », ce qui est se conformer la prudence telle définie par Aristote, vertu impliquant « qu'on se passe du sublime, de l'élévation à coup de nobles idées et de formules creuses et qu'on sorte de l'état d'intransigeance rivé sur tel ou tel absolu[35]. »

Théories du complot[modifier | modifier le code]

Ses dernières recherches de même que ses analyses antérieures des Protocoles des Sages de Sion le conduisent à s'intéresser de plus près aux théories du complot. Champ de recherche qui donne lieu à la publication de deux ouvrages (La Foire aux illuminés, 2005 ; L'Imaginaire du complot mondial, 2006) retraçant l'histoire du complotisme et de ses manifestations ésotéristes, antimaçonniques et antisémites. Ils montrent que ces théories qui étaient jusqu'alors l'apanage des idéologies d'extrême droite se sont transformées à la faveur notamment des nouvelles formes de communication.

Jouissant d'une grande accessibilité sur l'Internet, reprises par certains produits culturels de masse comme les jeux vidéo et certains films à succès, elles répondent aujourd'hui à une demande de sens car elles fournissent des explications totales du monde. Envisagées dans l'optique du « désenchantement du monde », les théories du complot s'inscrivent, selon Taguieff, dans la perspective d'un « réenchantement du monde », selon l'expression de Peter Berger, et participent d'une reconfiguration des croyances et d'une sublimation du religieux sous une forme sécularisée.

Guillaume Weill-Raynal a critiqué ce qu'il considère comme les amalgames de Taguieff prétendant fustiger les amalgames[36]. Ce dernier abonde d'analyses des théories du complot à propos des attentats du 11 septembre 2001 qui se réfèrent toutes, selon lui, à des complots judéo-maçonniques, ce qui, selon Weill-Raynal, serait faux : quelques antisémites ont pu soutenir certaines de ces théories mais celles-ci ne relèveraient pas de leur idéologie. La présentation des choses par Taguieff s'apparenterait donc à la technique rhétorique dite de l'« épouvantail ».

Dénonciation de l'« immigrationnisme »[modifier | modifier le code]

Dans un article dont une version abrégée parut dans Le Figaro du 9 mai 2006[37], Taguieff dénonce sous le nom d'« immigrationnisme » un chantage des « bien-pensants » qui prohibe un examen objectif des réalités de l'immigration en érigeant en dogme qu'elle est à la fois inéluctable et bénéfique. Taguieff reproche à ces « bien-pensants » leur irresponsabilité, aussi bien quant aux conditions de vie des citoyens d'aujourd'hui que quant à l'avenir de la communauté nationale. Il considère ce phénomène comme le signe d'une mésestime de soi dont souffrent les Français. « D’une façon générale, conclut-il, ce chantage de la bien-pensance a pour principal effet de transformer la politique en une “impolitique”, et, ce faisant, de désarmer les nations démocratiques face aux nouvelles menaces. »

Autres thèmes abordés et controverses publiques[modifier | modifier le code]

« Nouveaux réactionnaires »[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, outre ces questions centrales, ses travaux portent sur le nationalisme, le devenir de la République et l’utopie du progrès. En 2002, Taguieff a été classé parmi les « nouveaux réactionnaires » dans un pamphlet de Daniel Lindenberg (Le Rappel à l'ordre). Taguieff a répondu que Lindenberg ne prend pas la peine de discuter les thèses de penseurs tels que Pierre Manent, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut, Alain Besançon, Shmuel Trigano, Jean-Claude Milner ou Alain Badiou et se contente d'épingler arbitrairement des noms sur sa liste noire[38]. En réalité, ces « nouveaux réacs » auraient peu de choses en commun ; la plupart d'entre eux n'ont pas les mêmes idées politiques et proviennent de domaines de recherche et de disciplines très différents.

En 2007, l'étiquette polémique de « nouveau réactionnaire » que lui avait accolée Daniel Lindenberg donne à Taguieff le prétexte d'un nouvel ouvrage sur ce qu'il nomme les « contre-réactionnaires ». Cet ouvrage renoue avec ses travaux sur l'idée de progrès et inscrit le concept politique de réaction dans le cadre du système progressiste, contexte dans lequel le terme de « réactionnaire » trouve son sens au profit d'un renversement axiologique. Retrouvant ces « contre-réactionnaires » dans l'histoire du XXe siècle, Taguieff en trace un portrait en adoptant une double posture : celle du chercheur soucieux de ses références et celle du polémiste.

En 2009, Pierre-André Taguieff a été qualifié de « réactionnaire philosémite » dans un pamphlet d'Ivan Segré (La Réaction philosémite, et en sous-titré La trahison des clercs)[39]. Ivan Segré considère que Taguieff appartient « à un courant intellectuel significatif » qui s’est manifesté en France à la fin du XXe siècle, dont les autres représentants sont Yves-Charles Zarka, Élie Chouraqui, Gilles-William Goldnadel, Robert Misrahi, Shmuel Trigano, André Kaspi, Raphaël Draï, et Alain Finkielkraut[40]. Le point commun de ces personnalités publiques est une idéologie basée sur l'existence d'un conflit civilisationnel qui met en opposition un occident déclinant et un monde islamique triomphant. Dans ce conflit, Israël (rangé dans le camp occidental) serait en première ligne pour la défense de l'Occident contre l'Islam, ce qui justifierait en soi un soutien inconditionnel à l'État juif. Toujours selon Segré, « ces pseudo-intellectuels affirment sans le démontrer que ce conflit de civilisation traverse la France. Pour arriver à cette conclusion, ils construisent de manière arbitraire une double identité entre l'antisionisme et l'antisémitisme, d'une part, et entre l'antisémitisme et la haine de la France, d'autre part. L'élément commun de cette triple haine c'est l'Arabo-musulman : le Palestinien pour l'antisionisme, l'islamiste pour l'antisémitisme et le jeune « beur » pour la francophobie ».

« Nouvelle judéophobie »[modifier | modifier le code]

Inquiet de la résurgence d’un « nouvel antisémitisme » qui, selon lui, se dissimule souvent sous le masque de l’antisionisme radical, il a consacré trois ouvrages à cette question (La Nouvelle Judéophobie 2002 ; Prêcheurs de haine, 2004, La Nouvelle propagande anti-juive, 2010) où il analyse l’argumentation antisémite et défend la thèse d'une filiation entre l’antisionisme soviétique des années 1970 et l’islamisme contemporain.

Taguieff a été accusé par plusieurs personnalités connues pour leur soutien à la cause palestinienne de confondre antisionisme et antisémitisme[41] et d'engagement partisan.

Il est par ailleurs signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[42], plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En 2003, un texte controversé, « Les nouveaux intellectuels communautaires[43] », de l'islamologue suisse Tariq Ramadan le met en cause en évoquant des « intellectuels juifs » (alors que Taguieff ne l'est pas) tenant des positions orientées, motivées par un soutien à Israël. Tariq Ramadan affirmera qu'il y a eu un « déficit de formulation, sachant que Pierre-André Taguieff n'est pas juif […] j'aurai dû écrire dans le corps du texte : “les intellectuels juifs et non juifs”. Le titre générique, qui ne mentionne rien, m'apparaissait suffisamment clair, mais sans doute un surplus de clarté n'aurait pas été superflu. » À la suite de la parution de ce texte, le principal intéressé s'en est pris aux passerelles politiques existant selon lui entre islamistes et altermondialistes[44], qui seraient apparues au grand jour lors du Forum social européen ou dans des manifestations hostiles à la guerre en Irak[45].

Guillaume Weill-Raynal a également critiqué la thèse de Pierre-André Taguieff exposée dans un chapitre intitulé « Silences sur la nouvelle judéophobie : aveuglement, complaisance ou connivence ? » : « Dans ce dernier chapitre, donc Taguieff persiste : les “milieux médiatiques (surtout de gauche)” seraient aveugles à la double montée de l'islamisme et de la judéophobie maghrébine. Mais en voulant apporter la preuve de ce qu'il avance, l'historien des idées ruine lui-même sa propre démonstration. Que cite-il, en effet, à l'appui de cette affirmation ? Une série d'articles parus dans le “milieu médiatique de gauche”, celui-là même qu'il accuse de silence coupable ! »[46]

Nonna Mayer, directrice de recherches au CNRS rattachée comme Taguieff au Cevipof, infirme, dans un article paru dans la revue Raisons politiques, les conclusions de l'auteur de la Nouvelle Judéophobie[47]. Elle s'accorde avec Taguieff pour relever une hausse des actes antisémites en France au cours des années 1990 et 2000, corrélée avec la situation au Proche-Orient et imputable en partie à la communauté maghrébine mais, s'appuyant sur les données des sondages annuels du CNCDH, elle montre que l'adhésion aux idées antisémites n'a sur la même période pas crû dans la population française et, contrairement à ce qu'avance Taguieff, ne s'est pas déplacé de l'extrême droite vers l'extrême gauche altermondialiste : « S’il n’a pas progressé, l’antisémitisme a-t-il pour autant changé de nature ? Se pare-t-il maintenant, comme le suggère Pierre-André Taguieff, des couleurs de l’antiracisme, en prenant la défense des Arabes et des musulmans ? Ce n’est pas le cas non plus. […] [Au] sein de la population française dans son ensemble, l’antisémitisme au sens classique de préjugé contre les Juifs ne progresse pas, au contraire. Il ne semble pas pour l’instant avoir fondamentalement changé de nature. Il touche les mêmes milieux qu’hier, il reste structuré par le clivage gauche droite. Et il ne recoupe pas exactement les sympathies et les antipathies suscitées par les protagonistes du conflit israélo-palestinien […] C’est, encore et toujours, à l’extrême droite qu’on trouve le plus de racistes et d’antisémites, chez les proches du FN et les électeurs de Jean-Marie Le Pen. »

Alain de Benoist, critiquant Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, déplore un livre où l'auteur « règle visiblement des comptes » et se laisser aller à « des attaques ad hominem et des procès d’intention » contre des personnalités n'ayant jamais exprimé le moindre propos judéophobe. Ce faisant, Pierre-André Taguieff abandonne, selon de Benoist, la position d’observateur qui était la sienne dans les ouvrages précédents pour devenir un simple partisan[48].

À l'automne 2010, une polémique naît à la suite de propos attribués à Pierre-André Taguieff à l'encontre de l'ancien diplomate Stéphane Hessel. Le MRAP dénonce[49] une phrase écrite par Taguieff sur son mur Facebook : « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu’on ait envie de lui écraser la tête » Selon Taguieff, il ne faisait que filer une métaphore voltairienne. Paraphrasant Voltaire, il aurait ainsi écrit précédemment sur son mur : « Un soir au fond du Sahel, un serpent piqua le vieil Hessel, que croyez-vous qu’il arriva, ce fut le serpent qui creva. » Il a effacé l'ensemble de la discussion quelques heures plus tard, ajoute-t-il[50],[51],[52],[53],[54]. Cette affaire ayant été commentée et critiquée dans plusieurs médias, Taguieff, qui dénonce « une phrase manipulée par une officine islamo-communiste appelant tous les jours à la haine contre Israël »[55], précise ses propos et développe ses reproches envers Hessel et ceux qui soutiennent la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions qu'il estime défendre des « positions extrémistes » et contribuer à la « diabolisation » d'Israël dans le contexte d'un « nouvel antisémitisme[53],[56],[57] ».

« Nouvelle islamophobie »[modifier | modifier le code]

Pierre-André Taguieff a été critiqué, en particulier par le sociologue Vincent Geisser[58], pour sa réaction au printemps 2002 à l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'Orgueil[59]. Alors que ce dernier suscitait plusieurs réactions dénonçant vivement son caractère anti-musulman[60], voire xénophobe[61], haineux ou ouvertement raciste[62], Pierre-André Taguieff a en effet approuvé le fond, considérant qu'il avait le mérite de briser des tabous sur l'islam ; rejoignant en cela Alain Finkielkraut dont les déclarations furent similaires[63] quoique plus sévères[64], il s'en est tenu à une critique limitée de l'outrance formelle des propos de Fallaci : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules [...] Ce livre ne s’embarrasse pas de formules politiquement correctes, Oriana Fallaci se fiche des convenances, elle s’efforce de dire des vérités terriblement gênantes »[65]. Dans son propre livre La nouvelle islamophobie, écrit en réponse à La nouvelle judéophobie de Taguieff[66], Vincent Geisser fait à cet égard le lien avec l'affaire Houellebecq de septembre 2001[67] et considère, en élargissant le champ de l'analyse, qu'« une telle posture en vient finalement à déterminer la dose d’islamophobie admissible et tolérée par notre société française : au-delà d’un certain seuil (affaire Fallaci), celle-ci est blâmable car elle rappelle un peu trop l’antisémitisme intellectuel de l’entre-deux guerres (comme en témoigne la référence récurrente à Céline dans la plupart des prises de positions) ; mais, en deçà, elle devient légitime et même souhaitable, car elle contribue à stimuler la « liberté de penser », et par là même renforce nos valeurs laïques et républicaines. »

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages publiés ou dirigés[modifier | modifier le code]

  • La Force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles, Paris, La Découverte, « Armillaire », 1988 ; rééd., Paris, Gallimard, « Tel », 1990 (ISBN 2-07-071977-4)
  • (dir.), Face au racisme, t. 1, Les Moyens d'agir ; t. 2, Analyses, hypothèses, perpectives, Paris, La Découverte, « Cahiers libres, essais », 1991 ; rééd. Paris, Éditions du Seuil, « Points essais », 2 t., 1993 (ISBN 2-02-020981-0)
  • (en codirection avec Gil Delannoi), Théories du nationalisme. Nation, Nationalité, Ethnicité, Paris, Kimé, « Histoire des idées, théorie politique et recherches en sciences sociales », 1991 (ISBN 2-908212-10-2)
  • Les Protocoles des sages de Sion. Faux et Usages d'un faux, t. I, Introduction à l'étude des « Protocoles » : un faux et ses usages dans le siècle ; (dir.) t. II Études et Documents, Paris, Berg International, « Faits et représentations », 1992 ; rééd. revue corrigée et augmentée, Berg International et Paris, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-62148-9)
  • Sur la Nouvelle Droite. Jalons d'une analyse critique, Paris, Éditions Descartes et Cie, 1994. (ISBN 2-910301-02-8)
  • Les Fins de l'antiracisme, Paris, Michalon, 1995 (ISBN 2 84186 001 9)
  • La République menacée. Entretien avec Philippe Petit, Paris, Textuel, « Conversations pour demain », 1996 (ISBN 2-909317-20-X)
  • Le Racisme. Un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir, Paris, Flammarion, « Dominos », 1998 (ISBN 2-08-035456-6)
  • (avec Michèle Tribalat), Face au Front national. Arguments pour une contre-offensive, Paris, La Découverte, 1998 (ISBN 2-7071-2877-5)
  • La Couleur et le Sang : doctrines racistes à la française, Paris, Mille et une Nuits, « Les petits libres », 1998 ; rééd. augmentée et refondue, Mille et une Nuits, « Essai », 2002 (ISBN 2-84205-640-X)
  • (avec Grégoire Kauffmann et Michaël Lenoire, dir.), L'Antisémitisme de plume (1940-1944) : la propagande antisémite en France sous l'Occupation. Études et Documents, Paris, Berg International, « Pensée politique et sciences », 1999 (ISBN 2-911289-16-1)
  • L’Effacement de l’avenir, Paris, Galilée, « Débats », 2000 (ISBN 2-7186-0498-0)
  • Résister au bougisme. Démocratie forte contre Mondialisation techno-marchande, Paris, Mille et une Nuits, « Essai », 2001 (ISBN 2-84205-584-5)
  • (en codirection avec Gil Delannoi), Nationalismes en perspective, Paris, Berg International, « Pensée politique et sciences sociales », 2001 (ISBN 2-911289-37-4)
  • Du Progrès. Biographie d’une utopie moderne, Paris, EJL, « Librio », 2001 (ISBN 2-290-30864-1)
  • Nationalismes en perspective, avec Gil Delannoi, Berg International, 2001.
  • La Nouvelle Judéophobie, Paris, Mille et une Nuits, « Essai », 2002 (ISBN 2-842-05650-7)
  • L'Illusion populiste : de l'archaïque au médiatique, Paris, Berg International, « Pensée politique et sciences sociales », 2002 ; rééd. revue et augmentée et précédée d'une nouvelle préface, sous le titre : L'Illusion populiste. Essais sur les démagogies de l'âge démocratique, Paris, Flammarion, « Champs », 2007 (ISBN 978-2-08-120365-5)
  • (dir.), Le Retour du populisme. Un défi pour les démocraties européennes, Paris, Encyclopædia Universalis, « Le tour du sujet », 2004 (ISBN 2-85229-780-9)
  • Le Sens du progrès. Une approche historique et philosophique, Paris, Flammarion, « Champs », 2004 ; 2006 (ISBN 2 08 080167 8)
  • Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une Nuits, « Essai », 2004 (ISBN 2842057201)
  • La République enlisée. Pluralisme, Communautarisme et Citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005 (ISBN 2-84545-092-3)
  • La Foire aux illuminés. Ésotérisme, Théorie du complot, Extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005 (ISBN 2-84205-925-5)
  • L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, 2007 (ISBN 2-84205-980-8)
  • Les Contre-réactionnaires : le progressisme entre illusion et imposture, Paris, Denoël, 2007 (ISBN 978 2 20725321 2)
  • La Bioéthique ou le juste milieu. Une quête de sens à l'âge du nihilisme technicien, Paris, Fayard, « Essais », 2007 (ISBN 2-213-62723-1)
  • Julien Freund, au cœur du politique, Paris, La Table ronde, 2008 (ISBN 2-710-32947-6)
  • La Judéophobie des Modernes, Paris, Odile Jacob, 2008 (ISBN 2738117368)
  • La Nouvelle propagande antijuive. Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza, Paris, PUF, 2010 (ISBN 2130575765)
  • « Aux origines du slogan : “Sionistes assassins !”, le mythe du meurtre rituel et le stéréotype du Juif sanguinaire », Les Études du CRIF, no 20, mars 2011.
  • Israël et la question juive, Les Provinciales, 2011.
  • Court traité de complotologie, Mille et une nuits, 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gil Delannoi, « Critiques, croyances et craintes. Sur L’Effacement de l’avenir de Pierre-André Taguieff et quelques autres de ses ouvrages », dans la Revue française de science politique, vol. 50, no 4-5, 2000
  • Thomas Deltombe, L'islam imaginaire : la construction médiatique de l'islamophobie en France 1975-2005, Paris, La Découverte, 2005 (ISBN 2-7071-4672-2)
  • (en) Christopher Flood, « Pierre-André Taguieff and the Dilemmas of Antiracism », dans L’Esprit créateur, vol. 37, no 2, 1997, p. 69-70
  • (en) Christopher Flood, « National republican politics, intellectuals and the case of Pierre-André Taguieff », dans Modern & Contemporary France, vol. 12, no 3, 2004, p. 353-370.
  • Vincent Geisser, La Nouvelle islamophobie, Paris, La Découverte, « Sur le vif », 2003 (ISBN 2707140600)
  • Emmanuel Lemieux, Pouvoir intellectuel : les nouveaux réseaux, Paris, éd. Denoël, 200 (ISBN 2207250504), p. 523-540, à propos de l’affaire des « vigilants »
  • Pierre Milloz, L'Immigration, rapport Milloz II : réplique à Pierre-André Taguieff et à Michèle Tribalat, Paris, Éditions Objectif France, 1999
  • Emmanuel Poncet, « L'anti-anti portrait de Pierre-André Taguieff », dans Libération, mardi 5 avril 2005
  • Élisabeth Schemla et Pascal Boniface, Halte aux feux antisémitisme, médias, islamophobie, communautarisme, banlieues…, Paris, Flammarion, 2006 (ISBN 2080690094), sur la « nouvelle judéophobie »
  • Guillaume Weill-Raynal, Une haine imaginaire ? Contre enquête sur le « nouvel antisémitisme », Paris, Armand Colin, 2005 (ISBN 2-200-26912-9)
  • Sébastien Fontenelle, La Position du penseur couché : répliques à Alain Finkielkraut, Paris, Éditions Privé, 2007 (ISBN 2350760294)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le pianiste furtif de l'IS », entretien avec Pierre-André Taguieff, in Archives & documents situationnistes no 1, Paris, Denoël, 2001.
  2. François Cusset, La décennie. Le grand cauchemar des années 1980, Paris, La Découverte, 2006, p. 10.
  3. Gilles Weyer, « Taguieff », dans Le Figaro Magazine, samedi 11 décembre 2004, p. 88-89.
  4. Hessel, l’essence de l’histoire, Libération, 30 décembre 2010.
  5. Boris Thiolay, « Contre tous les racismes. Interview avec Pierre-André Taguieff », L'Express, no 2805, lundi 4 avril 2005, p. 83.
  6. Dominique Chouchan, « Pierre-André Taguieff, philosophe militant passionné par l'histoire du sens des mots, analyse sans relâche les thèses racistes depuis leurs origines, pour mieux les combattre. La science face au racisme », Libération, 7 janvier 1997, p. 27.
  7. Alexandra Schwartzbrod, « Le chant retrouvé », Libération, 25 novembre 2010.
  8. Informations biographiques tirées de « Taguieff : “On choque toujours un Billancourt ou un Neuilly” », entretien, propos recueillis par Antoine de Gaudemar, dans Libération, 10 juin 1999.
  9. a et b Emmanuel Lemieux, Pouvoir intellectuel, les nouveaux réseaux, Paris, Édtions Denoël, 2003, p. 536.
  10. Texte de la pétition.
  11. SOS Racisme, « Lumière noire sur la commission “Négationnisme à Lyon III” », Amnistia.net.
  12. « Un appel contre le racisme “anti-blancs” », Le Nouvel Observateur, mars 2005.
  13. « L’émergence d’une judéophobie planétaire », Outre-terre, 3 janvier 2003.
  14. « Conservatisme critique et “méliorisme”. Repenser la droite », Égards, no 9, septembre 2005.
  15. Articles de Pierre-André Taguieff pour Dreuz.info
  16. Attentats en Norvège : la "fachosphère" française entre colère et fascination, Le Monde, 26 juillet 2011.
  17. Cf. l'entretien de Pierre-André Taguieff avec Thierry Pacot (2000), disponible sur le site de l'Institut d'urbanisme de Paris.
  18. André Béjin et Julien Freund (dir.), Racismes, antiracismes, Méridiens-Klincksieck, 1986.
  19. Roger-Pol Droit, « La confusion des idées. Quarante intellectuels appellent à une Europe de la vigilance face à la banalisation de la pensée d'extrême droite », Le Monde, 13 juillet 1993.
  20. « Appel à une Europe de la vigilance contre l'extrême droite », Le Monde, 13 juillet 1993.
  21. cf. chronique de Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur, 19 août 1993.
  22. Cf. recension.
  23. Pierre-André Taguieff, L'illusion populiste. Essai sur les démagogies de l'âge démocratique, Éditions Flammarion, collection « Champs », p. 150-156.
  24. Pierre-André Taguieff, « La rhétorique du national-populisme (I) », Cahiers Bernard-Lazare, no 109, juin-juillet 1984, p. 19-38 ; (II), Mots, no 9, octobre 1984, p. 113-139.
  25. Michel Wieviorka, « Les bases du national-populisme », Le Débat, no 60, septembre-octobre 1990, p. 35-41.
  26. Annie Collovald, « Le “national-populisme” ou le fascisme disparu. Les historiens du “temps présent” et la question du déloyalisme politique contemporain », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l'allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003, p. 279-321.
  27. Jeanne Llabres, « Pierre-André Taguieff : contre Le Pen, revivifier l’État-nation », L'Humanité, 29 octobre 1996.
  28. Arnaud Spire, « Pierre-André Taguieff : Une dérive qui peut favoriser un sursaut », L'Humanité, 21 mars 1998 [1].
  29. Traduction française de A Rap on Race, 1971.
  30. Pierre-André Taguieff, La force du préjugé, réédité par Gallimard, Paris, 1990, p. 401.
  31. Le Racisme en question, p. 24.
  32. La Force du préjugé, p.408.
  33. Comment peut-on être raciste dans Esprit, mars-avril 1993, p. 36-48.
  34. Pierre André Taguieff article Antiracisme dans Pierre-André Taguieff (directeur) Dictionnaire historique et critique du racisme, p. 65-88, p. 81.
  35. Antiracisme, p. 82.
  36. Une haine imaginaire. Contre-enquête sur le nouvel antisémitisme - Guillaume Weill-Raynal - Paris, Armand Colin, coll. « Intervention », 2005, 237 p.; voir aussi Henri Maler, Patrick Champagne, La théorie du complot en version France Culture, Acrimed, 2010-02-01
  37. Pierre-André Taguieff, « L’immigrationnisme, ou la dernière utopie des bien-pensants », Le Figaro, 9 mai 2006. Version plus complète sur le site de l'Observatoire du communautarisme.
  38. Les Contre-réactionnaires : le progressisme entre illusion et imposture, Paris, Denoël, 2007, page 65
  39. Ivan Segré, un intellectuel de combat
  40. Franklin Rausky, Actualité Juive, le 3 septembre 2009.
  41. Voir à ce sujet : « Mise au point de Pierre-André Taguieff suite à sa mise en cause dans un livre », mis en ligne le 28 avril 2006, sur Media Ratings.
  42. « Il faut soutenir le Pacte de Genève », Marianne, 1er décembre 2003.
  43. Tariq Ramadan, « Les nouveaux intellectuels communautaires », 2 août 2004, site officiel de l'auteur.
  44. Voir à ce propos : « Une judéophobie de harcèlement s'est banalisée, jusque dans les cours de récréation », entretien de Pierre-André Taguieff avec François Dufay dans Le Point.
  45. « Avec Washington et Londres, pour le soutien du peuple irakien », dans Le Figaro, 4 avril 2003.
  46. Guillaume Weill-Raynal, Une haine imaginaire : contre-enquête sur le nouvel antisémitisme, Paris, Armand Colin, 2005, p. 39
  47. Nonna Mayer, « Nouvelle judéophobie ou vieil antisémitisme ? », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, no 16 (4), 2004, p. 91-103, (ISBN 2724629922).
  48. Pierre-André Taguieff : Qui hait qui ?, Alain de Benoist, Éléments, 2005
  49. http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Mrap-Un-coup-de-poignard-a-tous-les-militants-de-la-paix-228082/
  50. « Pierre-André Taguieff : insultes inadmissibles en toute impunité contre Stéphane Hessel », blog du Nouvel Observateur, 26 octobre 2010.
  51. « Quand Pierre-André Taguieff (et d'autres) se lâchent... ad hominem », Mediapart, 26 octobre 2010.
  52. « Lu, vu, entendu », Politis, 28 octobre 2010.
  53. a et b « Pierre-André Taguieff : “Le comble de l’odieux a été atteint par le MRAP” », site du CRIF, 29 octobre 2010.
  54. Emmanuel Lemieux, « Hessel résiste, Taguieff s’indigne », politique-actu.com
  55. « Mrap : “Un coup de poignard à tous les militants de la paix” », Le Journal du dimanche, 19 octobre 2010.
  56. Texte et signataires de la pétition de soutien à Taguieff.
  57. « Droit de réponse. À propos de Stéphane Hessel : la réponse de Taguieff à Rue89 », Rue89, 22 novembre 2010.
  58. Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie, La Découverte, 2003, 122 p. (ISBN 9782707140609) p. 43 et suiv. Voir également Sébastien Fontenelle, Un Oubli De Pierre-André Taguieff, Bakchich, 27 mai 2013, ainsi que L’esprit du temps ou l’islamophobie radicale, Afrique-Asie.fr, 16 septembre 2012, ou encore Chronique du racisme républicain, Les mots sont importants, 26 avril 2007.
  59. Oriana Fallaci, La Rage et l’Orgueil, Plon, 2002.
  60. Commission nationale consultative des droits de l'homme, 2003, La lute contre le racisme et la xénophobie. Rapport d'activité, Paris, La Documentation française, 2003, p. 190
  61. Lors du colloque L'histoire trouée: négation et témoignage tenu à la Sorbonne en septembre 2002, Albert Herszkowiz relève spécifiquement les propos de Taguieff à l'endroit du livre d'Oriana Fallaci, livre qu'il qualifie pour sa part de « pamphlet xénophobe et tout aussi antimusulman », Albert Herszkowiz, « L'antisémitisme aujourd'hui : au-delà de la négation », dans Catherine Coquio (dir.), L'histoire trouée: négation et témoignage, Atalante, 2003, 860 p. (ISBN 9782841722488) p. 202
  62. Celle-ci y affirme notamment que les musulmans « se multiplient comme des rats », ou encore qu'« au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d'Allah] passent leur temps avec le derrière en l'air à prier cinq fois par jour. ». Vincent Geisser y voit un « pamphlet islamophobe » et un « ouvrage haineux » (Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie, La Découverte, 2003, 122 p. (ISBN 9782707140609) p. 43 et suiv.) ; pour Bernard-Henri Levy, « Il y a du Céline dans cette Fallaci-là. Le pire de Céline » (Bernard-Henry Levy, « Oriana Fallaci : l’inacceptable provocation », Le Point, 30 mai 2002) ; Françoise Giroud qualifie quant à elle l'ouvrage de « pages lourdes de haine et de mépris » (Françoise Giroud, « Voyage au bout de la haine », Le Nouvel Observateur, 30 mai 2002) ; le linguiste François Rastier note pour sa part en citant l'ouvrage d'Oriana Fallaci qu'« il n'est plus rare que des stéréotypes antijuifs soient appliqués aux musulmans: « Les fils d'Allah se multiplient comme des rats » » (François Rastier, « Sémiotique des sites racistes », dans Mots. Les langages du politique, no 80, mars 2006, (ISBN 9782847880953) p. 74.).
  63. Alain Finkielkraut « Fallaci tente de regarder la réalité en face », Le Point, 30 mai 2002.
  64. «  Dans Le Point, puis de manière toujours plus nette dans Actualité juive et dans Le Monde, j’ai dit qu’en écrivant que « les musulmans se reproduisent comme des rats », Oriana Fallaci succombe à la tentation raciste et qu’elle est inexcusable. J’ai été très clair. Mais comme je n’avais pas fait de ce livre l’équivalent anti-islamique de « Bagatelle pour un massacre », j’ai été désigné comme islamophobe », Alain Finkielkraut , Je n'ai pas d'hostilité de principe à la censure - Revue Médias, revue-medias.com, septembre 2004.
  65. Pierre-André Taguieff, Actualité Juive, 20 juin 2002.
  66. Voir notamment Mouloud Haddad, « Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie », Archives de sciences sociales des religions, no 134, avril-juin 2006, Lire en ligne.
  67. L'écrivain Michel Houellebecq déclenche une polémique médiatique en France en septembre 2001 avec un entretien accordé au magazine Lire où il déclare notamment « La religion la plus con, c'est quand même l'islam », propos qui lui valent plusieurs accusations d'islamophobie et un procès intenté par le MRAP.