Les Origines du totalitarisme

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Les Origines du totalitarisme
Auteur Hannah Arendt
Genre Théorie politique
Version originale
Titre original The Origins of Totalitarianism
Éditeur original Harcourt Brace & Co.
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution originale 1951
Version française
Traducteur Jean-Louis Bourget
Robert Davreu
Patrick Lévy
Micheline Pouteau
Martine Leiris
Hélène Frappat
Éditeur Le Seuil
Collection Points
Date de parution 1972, 1973, 1982
Nombre de pages 1 031
ISBN 2-02-086989-6 & 2-02-0798905 & 2-02-0798905

Les Origines du totalitarisme (titre original : The Origins of Totalitarianism) est un ouvrage d’Hannah Arendt dont la première édition fut publiée en 1951.

Il se compose de trois tomes :

  1. Antisemitism (L’Antisémitisme), publié en français en 1973 sous le titre Sur l’antisémitisme ;
  2. Imperialism (L’Impérialisme), publié en français en 1982 ;
  3. Totalitarianism (Le Totalitarisme), publié en français en 1972 sous le titre Le Système totalitaire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Sur l’antisémitisme[modifier | modifier le code]

Hannah Arendt analyse dans ce livre l’émergence de l’antisémitisme politique, à la fin du XIXe siècle, inédit par rapport aux sentiments antijuifs qui le précédaient. Elle détaille le rôle joué par l’émergence des États-nations modernes et l’émancipation des Juifs. Selon elle, l’assimilation des Juifs a exigé d’eux qu’ils soient « exceptionnels » : la fin de siècle a transformé le judaïsme, religion et nationalité, à caractères collectifs, en judéité, à caractère de naissance, personnel. Pour l’homme du Moyen Âge, le judaïsme était un crime – à punir – alors que pour l’homme du début du XXe siècle, la judéité est un vice – à exterminer. Cela préfigure l’antisémitisme et la Shoah.

Arendt conclut son livre par une analyse de l’affaire Dreyfus, qui est selon elle le point de départ de l’antisémitisme moderne ; elle considère que la France avait « 30 ans d’avance » sur la question juive.

L’Impérialisme[modifier | modifier le code]

« Impérialisme ne signifie pas construction d’un empire, et expansion ne signifie pas conquête. »

Hannah Arendt analyse l’impérialisme, ce mouvement d’expansion des puissances européennes à partir de 1884, qui aboutit à la Première Guerre mondiale.

« L’impérialisme doit être compris comme la première phase de la domination politique de la bourgeoisie, bien plus que comme le stade ultime du capitalisme » : l’auteur relie le début de la période impérialiste à un état dans lequel l’État-nation n’était plus adapté au développement capitaliste de l’économie. La bourgeoisie, consciente de cette faiblesse, commença à s’intéresser aux affaires politiques, pour assurer le maintien de la création de richesses. « L’impérialisme naquit lorsque la classe dirigeante détentrice des instruments de production s’insurgea contre les limites nationales imposées à son expansion économique. »

Elle fait la distinction avec les conquêtes du passé (« conquête » et « expansion » sont deux termes opposés dans l’ouvrage), impériales au sens premier du terme : pour la première fois, des puissances ont fait des conquêtes sans vouloir exporter leurs lois et leurs coutumes dans les régions conquises – voire en appliquant des lois qui seraient jugées inacceptables sur leur propre sol. C’est le premier coup porté à l’État-nation et à la démocratie, les premières graines du totalitarisme.

Arendt démontre également que la pensée raciale et la bureaucratie, deux piliers du totalitarisme, ont été construits pour servir l’expansion impérialiste.

Dans l’avant-dernière partie du livre, Arendt analyse le pendant continental de l’impérialisme : les mouvements annexionnistes, soit le pangermanisme et le panslavisme, qui alimenteront par la suite les totalitarismes hitlériens et staliniens.

Le livre se conclut par une réflexion sur les droits de l’homme et l’apatridie, conçue comme un moyen de contagion du totalitarisme : les apatrides, personnes hors du droit, forcent les États de droit à les traiter comme le feraient les États totalitaires qui les ont déchu de leur nationalité, car les droits de l’homme ont été reliés dès le départ à la souveraineté nationale, donc à la nationalité.

Le Système totalitaire[modifier | modifier le code]

Arendt dégage les caractéristiques propres du totalitarisme. Pour Arendt, le totalitarisme est avant tout un mouvement, une dynamique de destruction de la réalité et des structures sociales, plus qu’un régime fixe. Un mouvement totalitaire est « international dans son organisation, universel dans sa visée idéologique, planétaire dans ses aspirations politiques ». Le régime totalitaire, selon Arendt, trouverait sa fin s’il se bornait à un territoire précis, ou adoptait une hiérarchie, comme dans un régime autoritaire classique : il recherche la domination totale, sans limites.

Éditions[modifier | modifier le code]

Éditions en anglais

Édition en français la plus récente

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]