Collégiale Saint-Martin de Colmar

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Collégiale Saint-Martin de Colmar
Image illustrative de l'article Collégiale Saint-Martin de Colmar
Présentation
Culte Catholique romain
Type Collégiale
Début de la construction 1235[1]
Fin des travaux 1365[1]
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, ancienne collégiale)
Géographie
Pays France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Commune Colmar (place de la Cathédrale)
Coordonnées 48° 04′ 38″ N 7° 21′ 30″ E / 48.077222, 7.35833348° 04′ 38″ Nord 7° 21′ 30″ Est / 48.077222, 7.358333  

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Collégiale Saint-Martin de Colmar

L’église Saint-Martin, ancienne collégiale surnommée « cathédrale Saint-Martin », est l'édifice religieux le plus important de la ville de Colmar, en Alsace, et l'une des plus grandes églises gothiques du Haut-Rhin.

Localisation[modifier | modifier le code]

Ce monumental édifice se situe en plein cœur de la ville, place de la Cathédrale.

Historique[modifier | modifier le code]

Déjà avant l'an mil existait à Colmar une prévôté relevant de l'abbaye de Munster. Une église y avait été construite : abside carrée, transept de 19 par 8 m et nef de 15 m de long[2].

Par une bulle de 1234, le Pape Grégoire IX la transforma en chapitre collégial, toujours placé sous l'autorité de Munster. À partir de 1245, le chapitre compte seize chanoines, puis seulement douze à partir de 1440.

Des restes de la première église bâtie vers l'an mil en style carolingien tardif ont été mis au jour en 1982[3]. On a également pu retrouver des fondations de la deuxième église du site, de style roman. La reconstruction de l'édifice actuel fut effectuée de 1235 à environ 1365[1]. La construction commencée par le transept, poursuivie par les trois nefs et les clochers, s'achève par le chœur et son déambulatoire, dont les plans furent conçus par l'architecte Guillaume de Marbourg, décédé en 1366. La date exacte d'achèvement des travaux est indéterminée, puisque l'édifice ne fut jamais totalement terminé : la tour nord initialement prévue fait toujours défaut.

Le 23 mai 1572, un violent incendie détruit la flèche du clocher sud, les toitures et les combles de l'église, de même que le clocheton qui s'élevait sur la croisée du transept[4]. En remplacement, on y fait construire un lanternon à bulbe qui la domine encore actuellement[1].

À la Révolution française, le chapitre collégial est supprimé. La collégiale devient alors la cathédrale constitutionnelle du Haut-Rhin[1]. Depuis 1802, elle est devenue église paroissiale, même si elle continue à être souvent dénommée la « cathédrale » ou la « collégiale ».

La collégiale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 mars 1840[5].

Dimensions de l'édifice[modifier | modifier le code]

  • Longueur intérieure : 78 m ;
  • Hauteur intérieure : 20 m ;
  • Largeur au transept : 34 m ;
  • Hauteur de la tour : 71 m.

Décoration[modifier | modifier le code]

Intérieur de l'église

L'église est entourée de nombreux portails (certains ont été murés), dont les plus grands présentent un tympan richement décoré. Le toit de tuiles, coloré, rappelle celui de la collégiale Saint-Thiébaut de Thann. Les colonnes massives de la façade (d'un style architectural assez rare), donnent à l'édifice vu de devant un aspect assez pesant, qui contraste avec l'aspect aérien des fenêtres de l'abside.

L'intérieur, qui a subi des dégradations au cours de la Révolution française, présente un aspect dépouillé depuis que le mobilier installé au XIXe siècle a été supprimé. L'église possède cependant des sculptures (autel, Vierge) et vitraux (tête du Christ sans barbe au-dessus du portail nord, du début du XIIIe siècle) du Moyen Âge, très bien conservés.

On notera que l'église a également abrité pendant de nombreux siècles la fameuse Vierge au buisson de roses, peinte en 1473 par Martin Schongauer, volée en 1972, puis retrouvée fortuitement en 1973 et installée à l'église des Dominicains, où elle est maintenant conservée.

Stalles[modifier | modifier le code]

Dans le chœur, 23 stalles de chaque côté accueillaient les chanoines de l'ancien chapitre collégial, dont l'église tire encore actuellement son nom de « collégiale ».

Remarquer que l'ordre chronologique (hors les deux triptyques) est inversé entre les deux côtés : du chœur vers le fond à droite, dans le sens inverse à gauche. Ainsi, lors de la visite, en commençant à droite pour revenir à gauche, les personnages défilent dans l'ordre chronologique !

Côté droit du chœur[modifier | modifier le code]

Les représentations, hormis le triptyque, font allusion à l'Ancien Testament.

Triptyque[modifier | modifier le code]

  • Vierge à l'Enfant en majesté, entourés de…
  • Sainte Odile (vers 662 - vers 720), sainte patronne de l'Alsace
  • Saint Martin (316 ou 317 - 397), saint protecteur auquel est dédiée la collégiale

Six patriarches[modifier | modifier le code]

Vierge de pitié (XVIIe - XVIIIe siècle)

Deux grands « meneurs » du peuple d'Israël[modifier | modifier le code]

Les quatre Grands Prophètes[modifier | modifier le code]

Côté gauche du chœur[modifier | modifier le code]

Détail du tympan de l'entrée ouest

Les représentations font allusion aux temps de l'Église primitive.

Triptyque[modifier | modifier le code]

  • Christ en Croix, entouré des deux piliers de l'Église, à savoir…
  • Saint Pierre, crucifié (la tête en bas) en 65 à Rome
  • Saint Paul, décapité (car citoyen romain) en 67 à Rome

Les quatre Évangélistes[modifier | modifier le code]

  • Saint Matthieu, dit le publicain, martyrisé en 61 en Éthiopie
  • Saint Marc, martyrisé en 67 en Égypte
  • Saint Luc, martyrisé à l'âge de 84 ans en Macédoine
  • Saint Jean, dit l'Apôtre, l'Évangéliste ou le Théologien, mort en 101 à Éphèse à l'âge de 98 ans

Les quatre Docteurs grecs de la tradition[modifier | modifier le code]

Les quatre Docteurs latins de la tradition & Pères de l'Église d'Occident[modifier | modifier le code]

Orgues[modifier | modifier le code]

Détail du toit de la nef

La collégiale renferme deux orgues. Le grand orgue a été construit en 1755 par le célèbre facteur strasbourgeois Johann Andreas Silbermann. Tandis que le magnifique buffet baroque a été conservé, la partie instrumentale a été remplacée en 1979 par la maison Felsberg AG (Suisse).

Un orgue de chœur a en outre été construit en 1975 par Curt Schwenkedel.

Cloches[modifier | modifier le code]

La sonnerie de la collégiale de Colmar est considérée par les experts comme l'une des plus harmonieuses de France. Suite à l'incendie de 1572, huit nouvelles cloches avaient été coulées par un fondeur de Berne. Elles furent victimes de la Révolution française.
L'ensemble de volée actuel comporte neuf cloches, coulées entre 1819 et 1990. Le grand bourdon coulé à Karlsruhe pèse 5,8 t.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Gabriel Braeuner (photogr. Christophe Hamm), Colmar : un itinéraire à travers l'histoire, ID L'Edition, coll. « Guide découverte »,‎ 2003, 128 p. (ISBN 2-913-30256-5 (édité erroné)), p. 13 (notice BnF no FRBNF39023528h)
  2. Gabriel Braeuner (photogr. Christophe Hamm), Colmar : un itinéraire à travers l'histoire, ID L'Edition, coll. « Guide découverte »,‎ 2003, 128 p. (ISBN 2-913-30256-5 (édité erroné)), p. 60 (notice BnF no FRBNF39023528h)
  3. Audioguides Site de l'office de tourisme de la ville de Colmar
  4. La Cathédrale Alsace passion
  5. « Ancienne collégiale Saint-Martin », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-Auguste Goehlinger, Histoire du chapitre de l'église collégiale St-Martin de Colmar, Colmar 1951
  • Jean-Marie Feltin, Les Cloches de la collégiale Saint-Martin de Colmar (1367-1990), 1990, ISBN 2-9505057-0-8