Valérie Igounet

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Valérie Igounet (née en 1970), historienne française, spécialiste du négationnisme et de l'extrême droite en France. Chercheuse rattachée à l'Institut d'histoire du temps présent, unité de recherche du CNRS, elle est l'auteur d'une première Histoire du négationnisme en France (2000), écrite dans le cadre d'une thèse de doctorat de l'Institut d'études politiques de Paris ; elle s'est par la suite plus intéressée particulièrement au cas de Robert Faurisson.

Sommaire

Histoire du négationnisme en France [modifier]

L'Histoire du négationnisme en France est une étude d'histoire des idées politiques, portant sur la diffusion du négationnisme en France à partir du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, menée à l'aide des sources issues de la presse d'extrême droite mais aussi de l'ultra-gauche, d'archives privées et d'entretiens avec notamment Maurice Bardèche, Robert Faurisson, Roger Garaudy, Pierre Guillaume, Henri Roques ou encore Jean-Claude Pressac. Selon Gisèle Sapiro, Valérie Igounet y met en évidence le rôle essentiel de l'antisionisme, de l'antisémitisme et l'anticommunisme dans le discours négationniste en France (notamment à travers le rôle de François Duprat à l'extrême droite après le tournant de la guerre des Six Jours), mais aussi une spécificité : l'existence d'un négationnisme révolutionnaire d'ultra-gauche à partir des années soixante-dix, où Pierre Guillaume joue un rôle clé. Enfin, elle « y démontre minutieusement et avec force sa thèse principale selon laquelle le négationnisme est une métamorphose moderne de l’antisémitisme » malgré le « caractère plus descriptif qu’explicatif » de l'ouvrage[1]. Pour Olivier Lalieu, historien au Mémorial de la Shoah à Paris, « les chapitres consacrés à Faurisson sont les plus novateurs, qu’il s’agisse de la description de ses relations avec Pierre Guillaume et du rôle de l’ultra-gauche – une spécificité française –, ou de celle de ses méthodes de travail sur lesquelles l’auteur revient à l’aide d’exemples significatifs[2] ».

Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste [modifier]

En 2012, Valérie Igounet prolonge ses travaux sur le négationnisme avec Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste. Pour pallier le peu d'archives ouvertes, elle recourt davantage aux témoignages oraux, dont elle souligne le « rôle essentiel »[3]. Selon l'historien Grégoire Kauffmann, « elle a choisi de s'attacher à l'une des clefs du personnage : le mensonge, y compris sur lui-même[4] ». Pour Stéphanie Courouble Share, cette biographie « [rend] au personnage toute sa singularité, écartant ainsi l’ambiguïté qui régnait à son sujet »[5] et « [renvoie] l’image fidèle d’un homme qui s’est évertué tout au long de son parcours à leurrer le monde »[6].

Publications [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Voir Gisèle Sapiro, « Le négationnisme en France », Revue de synthèse, 5e série, vol. 125, 2004, p. 217-228 [texte intégral] .
  2. Olivier Lalieu, « Librairie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 1, no 69, 2001, p. 200-230 [texte intégral] 
  3. Avant-prpopos de Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, Éditions Denoël, 2012, 464 p. (ISBN 978-2207259986) 
  4. Grégoire Kauffmann, « Robert Faurisson, portrait d'un menteur », L'Express, 4 mars 2012 [texte intégral] 
  5. Négationnistes : quand tombent les masques… (1/2), Stéphanie Courouble Share, conspiracywatch.info, 26 Février 2013
  6. Négationnistes : quand tombent les masques… (2/2), Stéphanie Courouble Share, conspiracywatch.info, 5 Mars 2013

Liens externes [modifier]