Augsbourg

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Augsbourg
Augsburg
Image illustrative de l'article Augsbourg
Blason de Augsbourg
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Drapeau de Bavière Bavière
District
(Regierungsbezirk)
Souabe
Arrondissement
(Landkreis)
Kreisfreie Stadt
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
42
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Kurt Gribl
2008-2014
Partis au pouvoir CSU
Code postal 86000-86199
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
09 7 61 000
Indicatif téléphonique 0821
Immatriculation A
Démographie
Population 276 542 hab. (2013)
Densité 1 882 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 22′ 01″ N 10° 52′ 59″ E / 48.367, 10.88348° 22′ 01″ Nord 10° 52′ 59″ Est / 48.367, 10.883  
Altitude Min. 446 m – Max. 561 m
Superficie 14 693 ha = 146,93 km2
Localisation

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Augsbourg
Liens
Site web www.augsburg.de

Augsbourg (allemand Augsburg, prononcé en allemand : [ˈʔaʊ̯ksbʊʁk] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter ; latin Augusta Vindelicorum) est une ville allemande située dans le Land de Bavière, en Souabe bavaroise, sur la Route romantique.

Ville universitaire et industrielle, Augsbourg est le chef-lieu du district de Souabe (Regierungsbezirk Schwaben), de l'arrondissement d'Augsbourg (Landkreis) et le siège d'un diocèse catholique. Ses palais, ses églises et son hôtel de ville reflètent son âge d'or, lorsqu'elle était aux XVe et XVIe siècles une ville de premier rang en Europe.

La ville a actuellement environ 276 000 habitants (276 542 au 31 décembre 2013) et est ainsi, après Munich et Nuremberg, la troisième ville de Bavière. Son nom vient du latin Augusta Vindelicorum.

Augsbourg est une ville-arrondissement (Kreisfreie Stadt) et une des 82 grandes villes (Großstadt) allemandes depuis le début du XXe siècle ; le nombre de ses habitants a franchi la barre des 100 000 à la même époque.

Géographie[modifier | modifier le code]

Augsbourg est située dans le sud-ouest du land, à 60 km à l'ouest de Munich, la capitale de la Bavière, à 120 km au sud-ouest de Nuremberg et à 160 km à l'est de Stuttgart, capitale du land de Bade-Wurtemberg

La ville est construite sur le Lech qui descend du Tyrol à 150 km au sud-ouest et se jette dans le Danube à 40 km plus au nord. Le cœur historique de la ville est situé juste avant le confluent du Lech et de son affluent la Wertach. Sa partie la plus ancienne se trouve à l'extrémité nord d'un plateau.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −4,2 −3,2 −0,2 3 7,2 10,6 12,3 11,9 8,9 4,8 0,4 −2,9 4,1
Température maximale moyenne (°C) 1,4 3,6 8,3 12,8 17,7 20,8 23 22,6 19,3 13,4 6,5 2,5 12,7
Précipitations (mm) 46 47 45 65 88 109 90 93 67 52 59 50 811
Source : wetterkontor.de


Municipalités voisines[modifier | modifier le code]

La ville d'Augsbourg fait partie de l'arrondissement d'Augsbourg et est voisine à l'est de l'arrondissement d'Aichach-Friedberg et au nord de l'arrondissement de Danube-Ries.

Les municipalités limitrophes d'Augsbourg, dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant par le nord, sont: Rehling, Affing, Friedberg, Kissing, Mering, Merching dans l'arrondissement d'Aichach-Friedberg et Königsbrunn, Bobingen, Gessertshausen, Diedorf, Stadtbergen, Neusäß, Gersthofen dans l'arrondissement d'Augsbourg.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Les districts et arrondissements d'Augsbourg

Depuis 1938, Augsbourg est divisée en 17 districts de planification (Planungsräume), eux-mêmes partagés en 42 arrondissements municipaux (Stadtbezirk), qui correspondent souvent aux anciennes communes absorbées par la ville au cours du XXe siècle.

En voici la liste (population en 2009 et année d'incorporation à la ville d'Augsbourg lorsque c'est le cas) :

  • I, Innenstadt (40 997)
  • II, Oberhausen (23 686), (1911)
  • III, Bärenkeller (7 314)
  • IV, Firnhaberau (5 375)
  • V, Hammerschmiede (6 727)
  • VI, Lechhausen (32 827), (1913)
  • VII, Kriegshaber (16 593), (1916)
  • VIII, Pfersee (23 316), (1911)
  • IX, Hochfeld (8 766)
  • X, Antonsviertel, (6 229)
  • XI, Spickel-Herrenbach (12 707)
  • XII, Hochzoll (20 379), (1913)
  • XIII, Haunstetten-Siebenbrunn (26 568), (1910 pour Siebenbrunn, 1972 pour Haunstetten)
  • XIV, Göggingen (17 741), (1972)
  • XV, Inningen (4 747), (1972)
  • XVI, Bergheim (2 677), (1972)
  • XVII, Universitätsviertel, (11 035)

Démographie[modifier | modifier le code]

Année Habitants
1500 30 000
1604 40 000
1635 16 432
1700 26 000
1806 28 534
1840 36 869
1871 51 220
1880 61 408
1890 75 629
1900 89 170
1910 102 487
1913 151 273[1]
1920 158 000
Année Habitants
1925 165 522
1933 176 575
1939 185 734
1945 146 416
1950 185 183
1961 208 659
1970 211 566
1972 257 029[2]
1987 242 812
1992 264 852
2000 254 982
2005 262 676
2009 263 646

À l'époque romaine, Augsbourg compte déjà 12 000 habitants et, à la fin du Moyen Âge, la ville atteint le chiffre de 30 000, ce qui en fait une des plus grandes villes du Saint-Empire romain germanique avec Cologne et Prague.

Augsbourg souffre beaucoup des destructions de la Guerre de Trente Ans et perd durant cette période les deux-tiers de sa population pour abriter 16 000 personnes en 1635. L'accroissement de la population stagne tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles.

Le XIXe siècle est par contre une période de croissance soutenue en raison de l'industrialisation de la cité. La population passe alors de 26 000 habitants en 1806 à 80 000 en 1895. La croissance d'Augsbourg s'accélère encore au début du XXe siècle et la ville atteint les 185 000 en 1939, à la veille de la seconde Guerre mondiale.

Les bombardements de la guerre provoquent une baisse de 20 % du nombre d'habitants et Augsbourg compte 146 000 habitants en 1945. Cependant, l'installation de nombreux réfugiés venus de Silésie, de Poméranie ou des Sudètes permet de retrouver les chiffres d'avant-guerre dès 1950.

Le maximum de population intra-muros est atteint en 1992 avec 264 852 habitants. Depuis cette date, la population d'Augsbourg décline lentement au profit des municipalités avoisinantes. Augsbourg est aujourd'hui la 24e ville allemande.

L'agglomération compte cependant quelque 500 000 habitants et la région de planification 830 000 personnes, ce qui en fait la troisième zone urbaine de Bavière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville

L'origine de la ville est une colonie romaine fondée par Drusus et Tibère, sous Auguste, vers 15 avant J.-C., d'où son nom romain, Augusta Vindelicorum. La ville figure parmi les villes les plus anciennes d'Allemagne avec Trèves et Cologne. Au débouché de vallées alpines constituant des points de communication importants vers l'Italie, elle devait servir de point de contact facile entre le cœur de l'Empire et la Germanie nouvellement conquise ; une véritable ville commerciale d'importance se développe autour de cette colonie ; elle est également le siège de la province romaine de Rhétie.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La continuité urbaine après la chute de l'Empire romain reste incertaine : on sait que se développe au Ve siècle un pèlerinage autour du tombeau de sainte Afre, martyre qui incarne la christianisation de la ville, à 1,5 km au sud de la ville romaine, mais le sort de cette dernière est mal connu. On ne parvient à la certitude que pour le VIIIe siècle avec Simpert, qui aurait été un proche de la famille carolingienne. À la chute de l'Empire carolingien, ce sont les évêques qui exercent le pouvoir temporel dans la ville et les sources sur la ville aux IXe et Xe siècles sont essentiellement les vies de ces évêques. Le plus marquant de ces évêques est Ulrich, canonisé en 983 (première bulle papale de canonisation de l'Histoire) : on lui attribue un grand nombre de réalisations dans la ville, fondations de communautés religieuses, construction d'églises et de fortifications… Près d'Augsbourg, sur la plaine du Lechfeld, se tient en 955 une grande bataille contre les Hongrois, battus par les troupes du roi Otton dans lesquelles figure l'évêque Ulrich, proche conseiller du souverain.

Le XIe siècle est une période plus difficile pour la ville, enjeu plus qu'acteur dans les rivalités entre grandes familles aristocratiques qui se disputent l'Empire : la domination politique de l'évêque dans la ville n'est pas amoindrie, mais la ville est ravagée plusieurs fois par la guerre. Elle continue cependant à jouer un rôle important dans l'Empire, comme le montre notamment en 1006 l'élection au trône épiscopal du frère de l'Empereur Henri II, Brunon, qui contribue lui aussi au développement de la ville, par exemple par la fondation du chapitre Saint-Maurice, à mi-distance entre la cathédrale et Sainte-Afre, qui devient à son époque une communauté bénédictine placée sous le double patronage de Saints-Ulrich-et-Afre.

Jusqu'à cette époque, Augsbourg est essentiellement une civitas, siège du pouvoir temporel et spirituel de l'évêque, sans constituer un grand centre de peuplement. Elle participe pleinement au XIIe siècle de l'essor urbain qui caractérise tout l'Occident : une première implantation marchande située immédiatement au sud de la civitas, au lieu-dit Perlach, voit le jour au XIIe siècle ; peu après, une fortification commune vient pour la première fois unir l'ancienne ville romaine et le bourg situé autour de Saint-Ulrich.

Devenue ville libre d'Empire en 1276, la ville continue son développement démographique et économique. Son économie est fondée largement sur la fabrication de futaine, un textile de consommation courante ; comme dans de beaucoup de villes d'Allemagne du Sud, cette production donne rapidement lieu au développement d'un commerce important, d'abord principalement par la foire de Francfort, puis à la diversification des activités : au-delà de la commercialisation des productions locales, des familles marchandes augsbourgeoises parviennent à jouer un rôle essentiel dans la finance européenne de leur temps, à commencer par les Fugger et les Welser dont l'apogée se situe dans la première moitié du XVIe siècle.

Du point de vue démographique, la ville atteint 18 à 20 000 habitants à la fin du XVe siècle, entraînant la construction d'une nouvelle fortification à la fin du XIVe siècle, si vaste qu'elle suffit à contenir la population jusqu'à la Révolution industrielle, ce qui est d'autant plus important qu'au contraire de Nuremberg ou de Rothenburg elle ne parvient pas à se constituer un territoire propre en raison de la concurrence de seigneurs puissants (ducs de Bavière, évêque et chapitre d'Augsbourg). La place croissante des artisans dans la population urbaine et le développement d'une nouvelle classe de marchands exclus du pouvoir amène en 1368 un changement profond dans l'organisation politique de la ville : au lieu d'un conseil exclusivement réservé aux patriciens, les sièges et les magistratures sont répartis entre patriciens et membres de 17 corps de métier.

De la Réforme à la guerre de Trente ans[modifier | modifier le code]

Les premiers temps de la Réforme marquent profondément la ville, où Martin Luther séjourne en 1518. Pendant plusieurs années, le conseil hésite face à un mouvement qui suscite une forte adhésion dans la population, mais aussi des oppositions, notamment des Fugger, et qui divise le conseil lui-même. À l'occasion de la Diète de 1530, les protestants y rédigent la Confession d'Augsbourg qui entend mettre d'accord les principaux courants protestants. Le conseil n'introduit la Réforme qu'à partir de 1534, avant d'interdire le culte catholique en 1537 ; la défaite des protestants en 1547 dans la Guerre de Schmalkalden amène pourtant son rétablissement. En 1548, Charles Quint profite de sa victoire pour rétablir à Augsbourg comme dans beaucoup d'autres villes un régime presque entièrement patricien, qui favorise les catholiques très minoritaires à cette date dans la ville.

Sa croissance démographique continue jusqu'au premier tiers du XVIIe siècle est brutalement interrompue par la guerre de Trente ans, qui fait perdre un tiers de sa population à la ville, notamment à l'occasion de la prise de la ville par les armées suédoises.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1806, suite au Traité de Presbourg, la ville est médiatisée et attribuée à la Bavière.

L'université de la ville n'a été fondée qu'en 1970. Elle a été construite sur un ancien terrain d'aviation au sud de la ville, et le campus qui l'abrite a été construit en parallèle avec un nouveau quartier de la ville (Univiertel).

Augsbourg est célèbre dans l'histoire par :

Entre 1077 et 1582 y furent tenues plusieurs diètes d'Empire.

Durant le XVe et XVIe siècle, la ville devient une sorte de capitale financière et culturelle, les banquiers Fugger et Welser aidant notamment Charles Quint dans le financement de sa politique. Plusieurs artistes majeurs y travaillèrent : Hans Holbein l'ancien et son fils, Hans Burgkmair[3]

L'évêché d'Augsbourg était aussi, sous le Saint Empire, un État d'Empire, qui faisait partie du cercle de Souabe et comprenait, outre Augsbourg, Dillingen et Füssen. L'évêque résidait depuis le XVIe siècle à Dillingen.

Économie[modifier | modifier le code]

Depuis le développement de l'industrie textile à la fin du XVIIIe siècle, Augsbourg est une ville industrielle. L'un des principaux employeurs est le groupe MAN AG. Augsbourg fut également un important centre de construction aéronautique, l'entreprise Messerschmitt possédais plusieurs usines liées a la ville. Aujourd'hui elles sont le siège de l'entreprise Premium Aerotec, filiale de Airbus.

Augsbourg possède un aéroport (code AITA : AGB).

Religion[modifier | modifier le code]

Augsbourg, dont la grande majorité de la population est catholique, est le siège du diocèse d'Augsbourg, faisant partie de la province ecclésiastique de Mayence. Après le passage de la ville à la Bavière, il est resté dans un premier temps à l'ancienne affectation de 1821. De nombreux établissements d'enseignement catholiques sont actifs dans la ville d'Augsbourg, dont le prestigieux Gymnasium bei St. Stephan dirigé par les bénédictins de l'abbaye Saint-Étienne d'Augsbourg.

C'est à Augsbourg, le 31 octobre 1999[5] que l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale signent la Déclaration commune sur la justification par la foi qui règle un contentieux théologique né de la Réforme de Martin Luther, vieux de 482 ans jour pour jour.

Politique[modifier | modifier le code]

Architecture et tourisme[modifier | modifier le code]

La ville est également très connue en Allemagne pour la Augsburger Puppenkiste, théâtre de marionnettes fondé en 1948 par l'acteur Walter Oehmichen, dont plusieurs spectacles ont été filmés par la télévision bavaroise et édités depuis en DVD.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville possède un réseau de tramways, qui compte 8 lignes.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

À Augsbourg sont nés :

Ont vécu à Augsbourg :

Jumelages[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Première vague d'incorporations de communes.
  2. Deuxième vague d'incorporation de communes.
  3. Renouard de Bussière S, Le rayonnement d'Ausbourg, Dossier de l'art N) 148, janvier 2008, p. 66-67
  4. Russisch Orthodoxen Altritualistischen Eparchie von Augsburg, ganz Deutschland und den Baltischen Staaten
  5. Jean Pierre Bastian, Françoise Champion, Kathy Rousselet, Globalisation du religieux, Éditions L'Harmattan, 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Adrian, Augsbourg à la fin du Moyen Âge. La politique et l'espace, Thorbecke, 2013, 506 p., ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]