Étoile jaune

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Modèle utilisé en Belgique

L'étoile jaune est une pièce de tissu en forme d'étoile de David et de couleur jaune, comme son ancêtre la rouelle, imposée par l'Allemagne nazie comme signe vestimentaire distinctif aux Juifs d'Allemagne d'abord, puis à ceux des zones conquises au cours de la Seconde Guerre mondiale (France, Pays-Bas, etc.). Elle devait y être cousue de façon inamovible, en évidence, soit sur le côté gauche, soit à l'avant et à l'arrière, selon les directives locales. Dans certains pays, était inscrit au centre de l'étoile, en caractères imitant la calligraphie hébraïque, le mot désignant les Juifs dans la langue locale : « Jude » en Allemagne, « Juif » en France, « Jood » aux Pays-Bas, un simple « J » en Belgique (qui signifiait « Jood » pour les néerlandophones, et « Juif » pour les francophones), « HŽ » en Slovaquie[1].

Outre son rôle primaire, discriminatoire, l'étoile jaune eut une fonction de marquage, désignant les Juifs aux nazis lors des rafles, etc.

Instauration[modifier | modifier le code]

L'étoile jaune a été instaurée par un décret du 1er septembre 1941[2], signé par Reinhard Heydrich, alors à la tête de l'Office supérieur de la Sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt). Tous les Juifs âgés de plus de six ans durent alors la porter de manière bien visible chaque fois qu'ils se montraient en public, sans quoi ils s'exposaient, même par négligence, à une amende ou de la détention.

Dans sa finalité, l'étoile se voulait une adaptation plus récente du principe de la rouelle de 1215. Elle en reprend d'ailleurs la couleur, le jaune, symbole de trahison ou de folie aux yeux des chrétiens du Moyen Âge[3].

En France : la 8e ordonnance allemande[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 1942, lors de la venue à Paris de Reinhard Heydrich, l’adjoint de Himmler à la tête des SS, une réunion avec Dannecker, chef, à Paris, de la section IV J de la Gestapo, chargé de la « question juive », Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne, et Carl-Theo Zeitschel, chargé des questions juives à l’ambassade, précisera la formulation du texte de la huitième ordonnance allemande en cours d’élaboration et promulguée le 29 mai 1942. Elle sera imposée à tous les juifs de plus de six ans, aux Juifs de la zone occupée.

L'ordonnance entrera en vigueur le dimanche 7 juin 1942.

En l'espace de deux semaines, trois étoiles par personne seront distribuées dans les commissariats par la police française, à environ 83 000 exemplaires[4] sur Paris et sa banlieue, en échange d'un point textile sur les cartes de rationnement. L'ordonnance entrera en vigueur le dimanche 7 juin 1942[5].

De rares dérogations[modifier | modifier le code]

Des dispositions dérogatoires existaient : l'ordonnance indiquait que « lors de circonstances spéciales, dans l'intérêt du Reich, des dérogations à l'ordonnance peuvent être prévues dans des cas isolés. »[6]

Les exemptions devaient se limiter aux étrangers issus des pays belligérants (Grande-Bretagne, Canada, États-Unis, États ennemis d'Amérique Centrale ou du Sud), pays neutres (Suisse, Espagne, Brésil, ) et des pays alliés de l'Allemagne (Italie, Turquie, Bulgarie et la Grèce occupée) pour éviter les représailles contre les ressortissants allemands ainsi que les interventions des pays neutres[7].

Femmes à Paris portant l'étoile jaune

Dans sa lettre du 29 mai 1942 à l'ambassadeur de France, Fernand de Brinon, le général Karl Oberg, chef de la SS en France occupée, souligne qu'il se réserve « la possibilité dans des cas particuliers, de procéder à des exceptions. Dans ces cas, le Juif exempté du port de l’insigne devra porter sur lui un certificat établi par le chef de la police de Sûreté et du service de Sûreté ».

Seront également exemptés les Juifs vivant en mariage mixte, si leurs enfants étaient reconnus comme non-juifs.

Une note du 25 août 1942[8] de Heinz Röthke, chef du service Juif à la SS de Paris, dresse une liste de 26 juifs, officiellement exemptés du port de l'étoile jaune. Lisette de Brinon, née Franck, est inscrite en tête de liste. Elle est l'épouse de Fernand de Brinon, ambassadeur du gouvernement de Vichy à Paris.

Suivent trois exemptions sollicitées par le Maréchal Pétain.

Dans une lettre du 12 juin 1942[9], adressée à Brinon, Pétain écrit : « Mon attention vient d'être attirée à plusieurs reprises sur la situation douloureuse qui serait créée dans certains foyers Français si la récente Ordonnance des Autorités d'Occupation, instituant le port d'un insigne spécial pour les juifs, était appliquée sans qu'il soit possible d'obtenir des discriminations naturelles et nécessaires.
Je suis convaincu que les Hautes Autorités Allemandes comprennent parfaitement elles-mêmes que certaines exemptions sont indispensables ; le texte de la 8e ordonnance les prévoit d'ailleurs. Et cela me semble nécessaire pour que de justes mesures prises contre les israélites soient comprises et acceptées par les Français.
Je vous demande donc d'insister auprès du Général Commandant les Troupes d'Occupation en France pour qu'il veuille bien admettre le point de vue que vous lui exposerez de ma part pour que M. le Commissaire Général aux Questions Juives puisse promptement obtenir la possibilité de régler par des mesures individuelles et exceptionnelles certaines situations particulièrement pénibles qui pourraient nous être signalées. »

Une inscription manuscrite du SS-Obersturmführer Beumelburg, chef de la Gestapo, précise en allemand qu'il s'agit de cent cas.

Le 3 juillet 1942, le Docteur Ménétrel[10], l'éminence grise de Pétain, transmettra à Brinon seulement deux demandes précises d'exemptions :

« Je pense qu'à ces demandes pourrait être jointe celle de Mme la Générale Billotte, dont je vous avais adressé la lettre reçue par le Maréchal, ainsi que copie de la réponse que je lui ai faite » précise le courrier. À la différence de sa sœur, Lucie Langlade n'obtiendra pas d'exemption ni le protecteur statut d‘aryenne d'honneur. Arrêtée, elle ne sera pas libérée malgré des interventions, et mourra en déportation. Le 20 janvier 1944, elle fera partie du convoi n° 66 pour Auschwitz et sera envoyée à la chambre à gaz le 24 janvier.

Parmi les autres exemptions accordées, la comtesse Suzanne de Sauvan d'Aramon[note 3].

Outre les demandes « relationnelles » considérées comme « indispensables », la note de Röthke fait état de huit cas où l'exemption est accordée « pour de pressants motifs économiques ».

Sept autres exemptions relèvent de demandes de l'AST (Abwehrstell), les services de contre-espionnage ; six exemptions concernent des Juifs « travaillant avec la police anti-juive ». Parmi ces derniers, se trouvait Moszek (Maurice) Lopatka, né à Varsovie en 1883.
Léon Poliakov le considère comme le plus « terrible des informateurs juifs, employé par les services anti-juifs tant allemands que français. Responsable de l’arrestation de centaines de juifs qu’il faisait chanter avant de les dénoncer pour toucher des deux côtés »[11].

L'ambassade d'Allemagne à Paris avait examiné d'autres demandes lors d'une réunion tenue le 17 juin 1942[12].
L'ambassadeur Abetz, avec Oberg, Rudolf Rahn, Zeitschel, Knochen et Hagen, discuteront des demandes d'exemption pour Louise Neuburger, veuve du philosophe Henri Bergson ainsi que pour Maurice Goudeket marié en 1935 à la célèbre écrivaine Colette; il sera également question du pianiste Konstantin Konstantinoff, pilier de la programmation musicale de Radio Paris.
Si aucune décision ne sera prise pour ces célébrités, en revanche Marcel Lattès bénéficie d'une exemption à compter du 15 mai 1943, jusqu'au 15 septembre 1943, qui lui a permis de travailler. Mais, le 15 octobre 1943, la police vient le chercher à son domicile parisien. Il sera déporté à Auschwitz par le convoi n°64 du 7 décembre 1943 et mourra le 12 décembre à 57 ans[note 4].

Les marchands d'art Allan Loebl[note 5]Emmanuel Loebl, et Hugo Engel obtiennent des exemptions sur intervention de Hans Poss, chargé par Hitler des acquisitions pour son musée de Linz en Autriche.

La situation qui restait favorable à certaines nationalités évoluera très vite : début juillet 1942, les juifs hongrois sont astreints à l’étoile par un complément à la 8e ordonnance.
Les Juifs russes vivant en France doivent aussi porter l’étoile, qu’ils viennent ou non des territoires occupés. En septembre, suivront les Juifs bulgares et roumains.

L'étoile jaune et la zone libre[modifier | modifier le code]

L'étoile jaune n'a pas été portée en zone libre, même après son envahissement, le 11 novembre 1942, par les Allemands et les Italiens suite au débarquement allié en Afrique du Nord. En septembre 1942, Röthke, lors d'un entretien avec Jean Leguay, secrétaire général de la police, avait évoqué la déportation en zone libre en proposant la dénaturalisation des Juifs.
Pétain s'opposa au port de l'étoile jaune en zone libre mais il fit apposer le tampon «Juif» sur les papiers d'identité. « Tant que je serai vivant, je n'accepterai jamais que cette ignominie qu'est l'étoile jaune soit appliquée en zone sud » déclara-t-il au grand rabbin Schwartz[13].

L'étoile jaune et les religions[modifier | modifier le code]

Le pasteur Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France, écrira à Pétain le 12 juin 1942 pour lui exprimer « la douloureuse impression éprouvée par les Églises de son ressort devant les nouvelles mesures prises par les autorités d'occupation à l'égard des Israélites ». Et le pasteur André Bertrand, un de ses vice-présidents, adressera une lettre aux pasteurs de la zone occupée rappelant « l'égalité des races devant Dieu ».
L'archevêque de Paris, le cardinal Suhard, plaidera pour des demandes d'exemptions[14].
Dans son sermon du 7 juin 1942, à la Sainte-Chapelle, le suppléant du cardinal prendra position contre l'étoile, rappelant que « les Juifs et les Chrétiens sont des frères »[15].

À Vichy, rapporte Georges Wellers, « le RP Victor Dillard, devant ses fidèles de l'église Saint-Louis, les invite à prier pour les 80.000 juifs que l'on bafoue en leur faisant porter l'étoile jaune ».

L'abbé Jean Flory, curé de Montbeliard, lors de la messe de minuit de 1942, en présence d'Allemands en uniforme, avait fait porter par les enfants de chœur en procession, un enfant Jésus à l'étoile jaune. Dans la crèche, Joseph et Marie portaient aussi l'étoile. L'affaire n'aura pas de suite[16].

Le statut des Juifs obligea l'archimandrite de Meudon, Serge Feffermann, haut dignitaire de l'église russe orthodoxe, à porter l'étoile jaune. Dans une lettre au CGQJ du 17 décembre 1942, il demande à ne plus porter l'étoile, après avoir rappelé avoir quatre grands parents juifs et sa conversion à 16 ans : "Un demi-siècle passé au service de l'Eglise catholique orthodoxe pouvait me faire croire que jamais rien ne me rappellerait ma lointaine origine israélite. Or, actuellement, à cause de règlements, peut-être trop rigoureusement interprétés, je suis astreint à porter l'étoile de Sion, que j'ai reniée à jamais, et qui comporte le plus douloureux sacrifice qui puisse être imposé à un prêtre, celui de ne pouvoir participer à la célébration de service religieux". Sa demande sera rejetée le 27 février 1943[17].

Les juifs sépharades, qui figuraient parmi les dérogations du second statut des juifs accordées aux anciens combattants, ont fait l'objet de demandes d'exemption générale des mesures anti-juives. En juillet 1942, le directeur du Statut des personnes au Commissariat général des questions juives, demandera même conseil au consul général d'Espagne à Paris. Bernardo Rolland répondra que "la loi espagnole ne fait aucune distinction du fait de leur confession entre ressortissants espagnols", et il prônera de ne pas appliquer le statut aux sépharades[18].
Les mères israélites sépharadiques adressèrent une lettre au maréchal Pétain en ce sens[19].
Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, mettra un terme aux hésitations en septembre 1943, en décidant l'application du statut[20].

Ils ont refusé l'étoile[modifier | modifier le code]

Volontairement, Robert Debré n'a pas porté l'étoile jaune.

Dans ses mémoires, il revient sur son choix[21] : « Personnellement j’étais bien décidé à ne pas obéir à cette mesure nouvelle pas plus qu’aux précédentes » écrit-il. « Pour éviter toute complication, Élisabeth de La Panouse de La Bourdonnaye, qui sera sa seconde épouse, retira une étoile jaune au commissariat de police. Elle avertit le commissaire de police que je ne la porterais point. Il enregistra cette déclaration, et je rangeai le petit morceau d’étoffe dans un tiroir où devait le rejoindre plus tard, parmi les objets du souvenir, mon brassard FFI arboré pendant la libération de Paris. J’étais convaincu, comme plusieurs d’entre nous, que cette désobéissance n’augmenterait guère les risques car nous fûmes assez nombreux à prendre cette attitude. Sans nous être entendus, agirent de même les deux autres membres de ma famille astreints à cette obligation et alors présents à Paris : le professeur Jacques Hagueneau, mon cousin, qui échappa de justesse un peu plus tard à la Gestapo, et un autre cousin, Paul Dennery, qui fut arrêté place de la Madeleine et dont on n’eut plus jamais de nouvelles. »

En mai 1943, il sera inquiété par la police française alors qu’il se rend sans étoile à l’Académie de médecine.
Dans son rapport d’enquête, l’inspecteur Henri Soustre, indique avoir interrogé le médecin à son domicile : « Le Pr Debré déclare être Juif et ne pas porter l’étoile et avoir été relevé de toutes les interdictions portées au statut des Juifs par décret du 5 janvier 1941 pris en Conseil des ministres ».

L’enquêteur précise que ce décret n’est pas signé de Pétain mais du secrétaire d’État à l'Education nationale, Jérôme Carcopino, le 11 juillet 1941, réintégrant le Pr Debré dans ses fonctions à l’Académie avec effet rétroactif.
« D’après ses dires, ces faits seraient connus des autorités occupantes qui auraient toujours fait exception pour lui. »
Le rapport poursuit : « Récemment son téléphone ayant été supprimé à la suite d’une dénonciation, les autorités occupantes le lui ont fait remettre immédiatement. Le Pr Debré ajoute qu’il s’est présenté à plusieurs reprises dans les bureaux allemands sans porter l’étoile. Au moment du port de l’étoile, une demande à la préfecture de police a été faite, il lui aurait été répondu qu’il était dans un cas spécial en vertu de ce même décret ».

La profession médicale protestera contre l’étoile jaune : en juin 1942, les professeurs Leriche et Lemierre, président et vice-président de l’Ordre des médecins, s’adresseront au CGQJ (Commissariat Général aux Questions Juives) pour obtenir une exemption en faveur de Mme le Dr Widal, la veuve du célèbre Fernand Widal. Une réponse sèche de dix lignes indiquera qu'il ne pouvait être donné « une suite favorable ».

Chez les avocats et notaires Juifs, certains envisageront une action collective de protestation.
Le 5 juin 1942, Zeitchel, expert aux Questions Juives à l’ambassade d’Allemagne, s’adresse en ces termes à Dannecker : « Le Comte de Brinon, Secrétaire d’État, a appris que les avocats et notaires Français projettent un manifeste et recueillent des signatures dans l’intention de faire exempter leurs collègues juifs du port de l’étoile jaune. Darquier de Pellepoix a l’intention de faire arrêter tous les avocats qui prendront part à cette action. L’ambassade n’y voit pas d’inconvénient. Prière au SD de prêter son appui à cette mesure énergique en faveur des ordonnances allemandes. »
En marge la mention « À Drancy ! » sera rajoutée à la main[22], [23].

Le 15 juillet 1942, Röthke demandera une enquête qui n'aboutira pas en raison des vacances judiciaires et le bâtonnier Jacques Charpentier refusera de faire appliquer la 8e ordonnance. Il répondra que douze à quatorze avocats juifs sont encore en fonction qu'ils " ne portent pas l'étoile, volontairement, malgré les observations faites "[24].

Chez les pompiers, le port de l'étoile sera évoqué par Oberg dans une lettre du 15 juin 1942 au colonel Simonin, commandant du régiment des sapeurs-pompiers de Paris, lui indiquant qu'il ne peut pas accorder d'exemption aux 28 caporaux et sapeurs juifs.

Max Jacob, le poète à l'étoile[modifier | modifier le code]

Né de confession juive, converti à 40 ans, Max Jacob (1876-1944) a été surnommé « le poète à l’étoile ».
« Deux gendarmes sont venus enquêter sur mon sujet, ou plutôt au sujet de mon étoile jaune. Plusieurs personnes ont eu la charité de me prévenir de cette arrivée soldatesque et j’ai revêtu les insignes nécessaires » écrit-il dans une lettre alors qu’il s’est réfugié à Saint-Benoît-sur-Loire.

Dans son poème « Amour du prochain », il écrit : « Qui a vu le crapaud traverser une rue ? C’est un tout petit homme, une poupée n’est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait…? Non ! Il est rhumatisant. Une jambe reste en arrière, il la ramène ! Où va-t-il ainsi ? Il sort de l’égout, pauvre clown. Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud, tu n’as pas l’étoile jaune. »

Finalement, il est arrêté par la Gestapo d'Orléans le 24 février 1944, avant d'être déporté au Camp de Drancy, où il meurt d'épuisement deux semaines plus tard.

Ne pas porter l'étoile : quels risques ?[modifier | modifier le code]

L'étoile jaune devait être solidement cousue. Ne pas la porter ou même la dissimuler constituaient des infractions à l'ordonnance allemande, et un motif suffisant de déportation. Un Juif sans étoile prenait également un risque accru de dénonciation. Ce sera le cas pour Louise Jacobson, une lycéenne de 17 ans, arrêtée chez elle, rue des Boulets, dans le XIe arrondissement de Paris, par la police française. Incarcérée à Fresnes le 1er septembre 1942… Drancy, Beaune-la-Rolande, elle sera déportée par le convoi no 48 du 13 février 1943 et mourra gazée à son arrivée à Auschwitz.

Louise a laissé six mois de lettres émouvantes écrites pendant sa captivité, que sa sœur publiera en 1989, adaptées au théâtre sous le titre « Les lettres de Louise Jacobson » [25].

Dans certaines circonstances, ne pas porter l'étoile a pu aussi sauver la vie. Dans le Mémorial des enfants juifs déportés de France, Serge Klarsfeld cite le témoignage de Sarah Lichtstein, arrêtée à 14 ans, avec sa mère, lors de la rafle du Vél d'Hiv', le 16 juillet 1942 [26] : " Je ne porte pas l'étoile jaune. Des autobus arrivent sans cesse et, pendant que la police s'occupe des nouveaux venus, je m'avance un peu sur le trottoir. Un agent s'approche de moi et me demande : " Qu'est-ce que vous faites là ? " Je réponds : " Je ne suis pas juive, je suis venue voir quelqu'un ". " Foutez moi le camp, vous reviendrez demain " dit-il (...) " Je prends la rue Nocard, en face du Vél d'Hiv' et là, je la suis n'osant me retourner, tremblant qu'on me rappelle et le cœur lourd d'avoir laissé maman. Au bout de la rue un agent arrête les gens qui veulent entrer. Je m'avance le cœur battant, mais il me laisse passer croyant que j'habite un immeuble de cette rue ". Sarah retrouvera sa mère qui avait pu s'échapper une demi-heure après. Après deux années de répit, dénoncées, elles seront déportées à Auschwitz par le convoi n° 75 du 30 mai 1944, mais elles ont survécu.

Port de l'étoile jaune par des non-juifs[modifier | modifier le code]

En France, par défi, un certain nombre de non-Juifs, en particulier les zazous, se sont affichés avec une étoile jaune portant l'inscription « Swing » à la place du mot « Juif ».

Une légende veut que, durant l'occupation du Danemark par l'Allemagne nazie, le roi Christian X, voire selon les versions, la population non-juive dans son ensemble, portaient aussi l'étoile jaune afin de soutenir leurs concitoyens juifs en rendant inefficace la mesure de l'occupant. Toutefois, la mesure n'a pas été imposée au Danemark ; cette histoire est par conséquent fausse[27]. On retrouve la même légende avec le sultan Mohammed V du Maroc, alors que le territoire marocain ne fut jamais sous occupation allemande. Il refusa de promulguer l'ordonnance allemande dans le protectorat français en répondant au représentant de l'administration coloniale : « Il n'y a pas de juifs au Maroc, il y a seulement des sujets marocains ». Néanmoins, il avait signé un dahir, en octobre 1940, instaurant le numerus clausus dans les professions libérales.

Les dérogations contestées de Papon[modifier | modifier le code]

À la 68e journée d'audience de son procès, Maurice Papon, l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde, évoquera ses interventions pour « sauver des juifs ». Il estimera à « au moins 150 personnes libérées ou exemptées des convois entre 1942 et 1944 » et assura que son service des questions juives accorda « 1 182 dérogations au port de l'étoile jaune, ce qui donnait une chance supplémentaire aux juifs d'échapper aux Allemands ». Ces dérogations auraient concerné 951 Français et 231 étrangers. Michel Slitinsky, partie civile à l'origine du procès, contestera ces chiffres en les ramenant à seulement 11 dérogations accordées[note 6].

Autres signes distinctifs imposés par le régime nazi[modifier | modifier le code]

En Pologne, les Allemands obligèrent les Juifs de plus de douze ans à porter un brassard blanc avec une étoile de David bleue au centre, sur le bras droit. En Croatie, le brassard était jaune avec une étoile noire au centre.

En Roumanie, à partir du 3 septembre 1941, le port de l'étoile sera étendu à l'ensemble du pays : une étoile noire sur fond blanc. Dans l'armée, le grade des juifs est représenté par des étoiles jaunes, le port des feuilles de chêne sur la casquette leur étant interdit.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Le compositeur Serge Gainsbourg, faisant allusion à l'Occupation où, enfant, il fut obligé de porter l'étoile jaune, dira avec ironie mais non sans ressentiment que c'était une « étoile de shérif » dans sa chanson Yellow Star.

Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie 2002 : « Alors que les juifs devaient porter l'étoile jaune et respecter un couvre feu à six heures, je rentrais tard après avoir été jouer avec des camarades chrétiens. Alors que je marchais dans la rue, un soldat allemand s'approche. Il portait l'uniforme noir des SS que l'on m'avait appris à craindre plus que tout. Alors que j'accélérais le pas, arrivant à son niveau, je notais qu'il me regardait intensément. Il s'est penché vers moi, m'a pris puis serré dans ses bras. J'étais terrifié qu'il ne remarque mon étoile sous mon chandail. Il me parlait avec émotion, en allemand.
Il a desserré son étreinte, ouvert son porte-monnaie, montré la photographie d'un petit garçon et donné de l'argent. Je suis rentré à la maison, plus convaincu que jamais que ma mère avait raison : les gens sont infiniment compliqués et intéressants »[28].

Marcel Aymé, s'est révolté contre le port de l'étoile. Henri Jeanson rapporte : « L’apparition de l’étoile jaune souleva la colère des Parisiens et ils surent la manifester, cette colère, à leurs risques et périls. Je me souviens très bien que Marcel Aymé, dont l’impassibilité n’était qu’apparente, écrivit alors sous le coup d’une émotion, qu’il ne put ni ne voulut maîtriser, un article d’une violence inouïe contre les responsables de ces mesures ignobles et humiliantes qui nous atteignaient tous. Cet article, il le proposa en toute innocence à un journal. L’article fut accepté, composé et soumis à l’obligatoire censure allemande qui, comme prévu, en interdit la publication. à l’imprimerie, les typos en tirèrent alors de nombreuses épreuves à la brosse et se firent un devoir de les distribuer autour d’eux avec prière de faire circuler. » [29].

Apparitions dans la culture[modifier | modifier le code]

  • En 1973, dans le roman Un sac de billes de Joseph Joffo, le narrateur, un écolier, échange son étoile jaune contre un sac de billes, qui donne son titre à l'œuvre.
  • En 1986, dans son sketch On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle ?, l'humoriste Pierre Desproges incarne, au second degré, un personnage antisémite qui présente l'étoile jaune avec une évidente mauvaise foi comme un objet de fierté pour les Juifs, qu'ils instituèrent eux-mêmes :

« On ne m'ôtera pas de l'idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l'égard du régime nazi. Il est vrai que les Allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l'égard des Juifs. Ce n'était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu'on n'est pas n'importe qui, qu'on est le peuple élu […] »

  • Dans la chanson Petit Simon (« Simon » étant un prénom d'origine hébraïque) de Hugues Aufray figure le refrain « Les étoiles ne sont pas toujours belles / Elles ne portent pas toujours bonheur / Les étoiles ne sont pas toujours belles / Quand on les accroche sur le cœur ».

Dans d'autres pays[modifier | modifier le code]

  • Belgique : Le port de l'étoile sera imposé par l'ordonnance du 1er juin 1942. Les bourgmestres de l'agglomération de Bruxelles écriront le 5 juin aux autorités allemandes : « Vous ne pouvez exiger de nous une collaboration à son exécution. Un grand nombre de Juifs sont belges, et nous ne pouvons nous résoudre à nous associer à une prescription qui porte atteinte aussi directement à la dignité de tout homme quel qu'il soit ».
  • Îles Anglo-normandes : La 8e ordonnance a été enregistrée le 30 juin 1942 par le tribunal royal de Guernesey mais, sur intervention du gouverneur et du procureur général, elle ne sera pas enregistrée à Jersey par le bailli Alexander Coutanche (premier citoyen, chef du législatif et du judiciaire). Passant outre, l'OKVR Wilhelm Casper adressera au Haut commandement SS à Paris, la liste des Juifs des deux îles, et demandera si les Juifs anglais, comme ceux d'autres nationalités, devaient porter l'étoile, avec la mention « Jew ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. née Marie-Louise, Fanny est née Marie-Louise, Fanny, Clémentine, Thérèse Stern, née à Paris, le 4 février 1879. Elle était la fille d’Ernesta de Herschel, connue sous le nom de Maria Star, et veuve du banquier Louis Stern (1840-1900), fils d'Antoine Stern, fondateur de la banque Stern. Marie-Louise Stern a épousé le 21 juillet 1900 à la mairie du 8e, à Paris, le marquis Louis de Chasseloup-Laubat, aryen, ingénieur civil. La marquise de Chasseloup-Laubat est convertie au catholicisme le 21 août 1900, a eu trois enfants, tous mariés, la princesse Achille Murat (Madeleine (1901-1945) avait épousé Achille Alain Joachim Napoléon Murat (1898-1987) en 1923, le comte François de Chasseloup-Laubat, et la baronne Fernand de Seroux
  2. Madame de Langlade est née Lucie Stern, sœur de la marquise de Chasseloup-Laubat. Lucie Stern a épousé, le 11 avril 1904 Pierre Girot de Langlade, aryen. Elle s'est convertie au catholicisme le 17 juin 1911. De ce mariage est issu un fils, Louis de Langlade, agriculteur
  3. La comtesse Suzanne de Sauvan d'Aramon (1887-1954) est l'épouse du Comte Bertrand de Sauvan d'Aramon (1876-1949), député Fédération républicaine du XVe arrondissement de Paris (de 1910 à 1914 et de 1928 à 1940), qui vota les pleins pouvoirs à Pétain, fille du banquier Edgard Stern et de Marguerite Fould, mondanité du Tout Paris (immortalisée par le peintre Carolus-Duran en 1889, visible au Petit-Palais). En avril 1937, les obsèques d’Edgard Stern seront célébrées par le grand rabbin de Paris Julien Weill. Les Stern ont vu leur hôtel particulier du 20, avenue Montaigne, occupé par les Allemands et pillé de son exceptionnelle collection d’objets et de meubles Louis XVI. Leur propriété de Villette à Pont-Saint-Maxence (Oise), achetée en 1900, sera également occupée par les troupes d’Occupation, et verra les Jeunesses pétainistes, avant de devenir un centre de convalescence pour prisonniers et les troupes américaines. L’oncle de Mme d‘Aramon, Jacques Stern, directeur politique du « Monde illustré », député des Basses-Alpes de 1914 à 1919 puis de 1928 à 1936, avait été trois fois ministre (cabinet Steeg en 1930 et cabinets Sarraut en 1933 et 1939). Arrêtée à l'hôtel Moderne à Espalion (Aveyron), la comtesse est internée à Drancy le 25 juin 1944
  4. Marcel Lattès est né à Nice le 11 décembre 1886. Premier prix de piano au Conservatoire de Paris en 1906, ce compositeur oublié dans sa ville natale, a acquis une belle notoriété avant-guerre pour ses opérettes et comédies musicales. La plus célèbre sera "Arsène Lupin banquier" créée en 1930 aux Bouffes Parisiens avec Jean Gabin, comme jeune premier comique, d'après l’œuvre de son oncle Maurice Leblanc.
    Il s'illustra aussi dans la musique d'une quarantaine de films pour des réalisateurs à succès comme Pabst, Abel Gance, Maurice Tourneur, Christian-Jaque, Dréville, Marcel L'Herbier. On lui doit aussi la musique des deux premiers films de l'argentin Carlos Gardel. Engagé volontaire en 1914, il comptera parmi les 743 "notables israélites" raflés à Paris en décembre 1941 et retrouvera la liberté grâce à l'appui de Sacha Guitry et de son frère le banquier Georges Lattès
  5. Allan Loebl était affilié au syndicat des marchands d'art dont l'industriel Achille Boitel, liquidé par la Résistance en 1944, était membre ainsi que Yves Perdoux, qui révéla les cachettes du marchand Paul Rosenberg dans le Bordelais
  6. Audience du 16 février 1998.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Holocaust Badges, sur le site de l'Holocaust Memorial Center.
  2. (de) Polizeiverordnung über die Kennzeichnung der Juden (littéralement « Règlement de police relatif à l'identification des Juifs »)
  3. Le port de l'étoile juive en Europe, sur le site Mémoire juive et éducation.
  4. Centre de Documentation Juive Contemporaine-XLIXa-38 Note du 19 juin 1942 de Heinz Röthke, chef du « Service juif » à la SS de Paris : 78 699 étoiles jaunes ont été distribuées jusqu’au 9 juin 1942 (68 459 à Paris et 10 240 en banlieue). Environ 83 000 jusqu’au 17 juin 1942.
    La note précise « qu’environ 115 000 Juifs ont été enregistrés. La raison de la différence se trouve dans le fait qu’un certain nombre de Juifs a entre temps déménagé en zone libre ou a été déporté. D’autres raisons sont l’exemption du port obligatoire de l’étoile jaune pour des Juifs de certaines nationalités et le fait qu’il y ait des Juifs qui ne se sont pas procurés l’étoile jaune ».
  5. D'après Léon Poliakov ( » L'Étoile jaune « - Editions du Centre de documentation juive contemporaine - Paris 1949), les prévisions de la préfecture de police faisaient état de 110 292 Juifs âgés de plus de 15 ans, contrôlés en novembre 1941, dont 17 428 enfants de plus de 6 ans. 9 837 Juifs seront dispensés : 7 731 hommes et femmes et 2 106 enfants.
    Seront astreints au port de l'insigne : 61 684 français, 38 591 étrangers, soit un total de 100 455 personnes mais il sera délivré des insignes pour 92 000 personnes (les internés dans les camps ne sont pas comptés).
  6. CDJC-CDXXVIII-82 Texte de la 8e ordonnance du 29 mai 1942. Les dispositions d'application relatives au paragraphe 1 précisent que « Lors de circonstances spéciales, dans l'intérêt du Reich, des dérogations à l'ordonnance peuvent être prévues dans des cas isolés «. Serge Klarsfeld rappelle (« La Shoah en France » p. 380) l’existence de l’additif à l’article 1 de l’ordonnance, qui figure dans la lettre du 29 mai 1942 du général Oberg. Elle précise à l’ambassadeur de Brinon les pays dont les ressortissants, en plus des Français, auront à porter l’étoile : « La Hollande, le gouvernement général de Pologne, les territoires occupés à l’Est, la Slovaquie, la Croatie, la Roumanie, les Juifs Belges, les anciens ressortissants yougoslaves ainsi que les juifs apatrides ». En outre, souligne-t-il « je me réserve la possibilité dans des cas particuliers, de procéder à des exceptions. Dans ces cas, le Juif exempté du port de l’insigne devra porter sur lui un certificat établi par le chef de la police de Sûreté et du service de Sûreté ».
  7. Une note du 17 juin 1942, du SS-Obersturmführer Beumelburg, chef de la Gestapo, au général Oberg, chef supérieur de la SS et de la Police Höhere SS und Polizeiführer pour la France, souligne comment il précisa à l'ambassadeur Brinon les conditions d'exemptions : « L'ambassadeur qui, sans connaître la 8e ordonnance, s'est référé à la réserve des exceptions contenue dans le décret d'application, a été renvoyé au fait que ces exceptions se limitent aux étrangers cités dans le même paragraphe et non pas, ainsi qu'il est supposé dans le même paragraphe et non pas, ainsi qu’il est supposé dans la lettre du Maréchal à Brinon du 12 juin, qu’elles concernent les Français. » « Brinon le communiquera au Maréchal et il fera le nécessaire pour que les demandes soient limitées à l'extrême, et il fera contresigner la liste des demandes par le chef du gouvernement Laval à la suite d'une suggestion officieuse de l'officier chargé de la liaison avec le gouvernement français afin que l'intérêt du gouvernement soit manifesté. »
    « Le 22 juin, Brinon rapportera de Vichy la liste des demandes, classées d'après l'urgence et leur nombre, en y ajoutant l'identité exacte et les motifs détaillés. Elle sera ensuite remise directement au chef supérieur des SS et de la police »
  8. Centre de Documentation Juive Contemporaine- XXVa-164 Note du 25 août 1942, du SS-Obersturmführer Heinz Röthke du service IV J de la Sipo-SD France à Paris, adressée au SS-Standartenführer Helmuth Knochen, concernant l'exemption du port de l'étoile.
  9. AN F60 1485 et CDJC-XLIXa-90a : lettre du 16 juin 1942, du chef de l'état-major du Militärbefehlshaber in Frankreich (MbF), accompagnée de la copie d'une lettre du 12 juin 1942, du Maréchal Pétain adressée à l'ambassadeur de France, Fernand de Brinon et une note du 17 juin 1942, du SS-Obersturmführer Beumelburg, adressées au Höherer SS- und Polizeiführer Karl-Albrecht Oberg, concernant l’exemption du port obligatoire de l’étoile jaune pour certains Juifs français.
  10. Docteur Ménétrel
  11. Léon Poliakov : L’Étoile jaune - La Situation des Juifs en France sous l'Occupation - Les Législations nazie et vichyssoise (Éditions Grancher, 1999), p. 70.
  12. CDJC-XLIXa-91b Lettre et note de Hagen au commandant de la Sipo-SD de Paris, du 18 juin 1942.
  13. Témoignage de Paul Estèbe, chef-adjoint de cabinet du Maréchal Pétain, rapporté par Raymond Tournoux : Pétain et la France (Plon 1980) p.305. Michel Cointet, dans Pétain et les Français (Perrin, 2002), p. 138, note que dans ses mémoires, Laval rejoindra la position de Pétain : « Je refuserai également l’obligation que les Allemands et le commissaire général voulaient imposer aux Juifs en zone sud de porter l’étoile jaune (…) J’avais refusé le port de l’étoile malgré les exigences allemandes. Ce fut le moindre mal, car l’insertion sur les cartes ne gênait pas les Juifs vis-à-vis des autorités françaises. Elles leur permettait d’échapper, comme travailleurs, au départ pour l’Allemagne, car j’ai toujours donné l’instruction de les exclure des départs. Ils furent seulement requis au tout dernier moment pour les chantiers Todt et il y en eut un nombre infime. »
  14. AN F60-1485 : Lettre du chanoine Maurice Bohan à Brinon, le 14 octobre 1942 : « Des exemptions ont été accordées par le commandement militaire pour la Belgique Nord de la France dans une ordonnance n°79 du 1er juin 1942. Ces exemptions ont été accordées
    1) à des femmes catholiques mariées à des Juifs
    2) à des époux Juifs vivant dans un mariage mixte, lorsque de ce mariage sont issus des enfants qui ne sont pas considérés comme Juifs.
    Cette règle vaut, même si le mariage est dissous.
    Votre haute autorité ne pourrait-elle pas intervenir auprès de M. le Commandant Militaire pour la France, pour que semblable exemption puisse être accordée aux Juifs qui en feront la demande et qui pourront justifier qu’ils remplissent les conditions d’exemptions prévues ».
  15. CDJC-XLIXa-94a Rapport du 25 juin 1942 du service VI W-VII 517 de la Sipo SD de Paris au service IV J.
  16. L'action de l'abbé Flory (1886-1949), ordonné en 1911, curé de Montbéliard à partir de 1937, est rapportée dans Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944 : sauvetage et désobéissance civile, par Limor Yagil (Editions du Cerf, 2005). L'Abbé Jean Flory : documents et témoignages recueillis par Joseph Ball (1978).
  17. Centre de Documentation Juive Contemporaine- XXXII-149/150 Lettre du 17 décembre 1942.
  18. Centre de Documentation Juive Contemporaine - XXXII-180/81 Lettre de juillet 1942 de Jacques Ditte au consul général d'Espagne.
  19. Centre de Documentation Juive Contemporaine- XXXII-182 Lettre du 22 septembre 1942.
  20. Centre de Documentation Juive Contemporaine- XXXII-185/86.
  21. Robert Debré : L’honneur de vivre (Stock - Hermann 1974), p.221, 230 et 231.
  22. CDJC-XLIXa-110 : cette note évoquait aussi le contrôle de 108 prêtres juifs et la manifestation prévue le 7 juin 1942 en réaction à l'introduction de l'étoile.
  23. Centre de documentation juive contemporaine - XLIXa-110
  24. Centre de documentation juive contemporaine - CVIII 13
  25. Nadia Kaluski-Jacobson, Les Lettres de Louise Jacobson et de ses proches 1942-1943, Laffont, 1997.
  26. Editions Fayard, 2011
  27. Est-il vrai que le roi Christian X du Danemark portait une étoile jaune pour montrer son soutien envers les Juifs danois ?, sur la foire aux questions du United States Holocaust Memorial Museum traitant de la Résistance et des opérations de sauvetage.
  28. Jean Kleinmann : Les politiques antisémites dans les Alpes-Maritimes 1938-1944 - Cahiers de la Méditerranée, vol. 74.
  29. Michel Lécureur : Marcel Aymé, Écrits sur la politique (1933-1967), Les Belles Lettres/Archimbaud

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Badinter, Un antisémitisme ordinaire – Vichy et les avocats Juifs 1940-1944, Fayard, 1997.
  • Jacques le Groignec, L’Étoile Jaune, la double ignominie, Nouvelles éditions Latines, 2003.
  • Cécile Gruat et Cédric Leblanc, Amis des Juifs, les résistants aux étoiles, Tirésias – Les oubliés de l’histoire, 2005.
  • Bruno Halioua : Blouses blanches, étoiles jaunes : l’exclusion des médecins juifs en France sous l’Occupation, Liana Lévi, 2000.
  • Serge Klarsfeld, L’Étoile des Juifs, L’Archipel, 1992.
  • Léon Poliakov, L'Étoile jaune, Editions du Centre de documentation juive contemporaine - Paris, 1949) - L'Étoile jaune - La situation des Juifs en France sous l'Occupation - Les législations nazie et vichyssoise, Editions Grancher, 1999.
  • Renée Poznanski, Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre Mondiale, Hachette Littératures Pluriel Histoire, 2005) - Porter l’étoile jaune à Paris – Revue Historique no 591 (Presses Universitaires de France, 1994) p. 43-71
  • Maurice Rajsfus, Opération étoile jaune, Le Cherche Midi, 2002.
  • Bernard Ulmann, Lisette de Brinon, ma mère - Une Juive dans la tourmente de la Collaboration, Éditions Complexe 2004.
  • Henri Szwarc, Souvenirs : l’étoile jaune, Annales, histoire, sciences sociales, volume 48, 1993.
  • Georges Wellers, Un Juif sous Vichy, Tirésias, 1991) p. 221.
  • Nathalie Zajde Les enfants cachés en France, éditions Odile Jacob, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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