Henri Dorgères

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Henry Dorgères
Fonctions
Parlementaire français
Député 1956-1958
1956 –
Gouvernement IVe République
Groupe politique UFF
Biographie
Date de naissance 6 février 1897
Date de décès 22 janvier 1985
Résidence Ille-et-Vilaine

Henri-Auguste d’Halluin, dit Henri Dorgères, né le 6 février 1897 à Wasquehal (Nord) et mort le 22 janvier 1985 à Yerres (Essonne), est un homme politique et syndicaliste français[1].

Parcours[modifier | modifier le code]

Fondateur en 1934 des Comités de défense paysanne dits aussi « chemises vertes » d'après la couleur de leur uniforme, il eut une certaine influence, surtout dans le Nord et l’Ouest de la France rurale d'avant-guerre. Il réclamait un État autoritaire et corporatiste dans les années trente, même au prix d’un renversement de la République. S'appuyant sur de nombreux journaux locaux et nationaux, son mouvement revendiquera jusqu’à 420 000 membres à la fin des années 30[2]. La position officielle du mouvement est celle d'une troisième voie « ni fasciste ni communiste[2] ». Le mouvement de Dorgères participe activement au « Front Paysan » d'Edmond Jacquet et Jacques Le Roy Ladurie[2].

Fin 1939, il entre comme volontaire dans le corps franc du 151e Régiment d'infanterie alpine, et combat en Alsace : il est nommé caporal, reçoit la Croix de guerre et est titulaire d'une citation. Capturé par les Allemands à Saint-Valéry-en-Caux, il s'enfuit en zone libre. Soutien de Pétain, il est nommé délégué général à l'organisation et à la propagande de la Corporation paysanne créée par Pierre Caziot le 21 janvier 1941. Il publie en 1943 Révolution paysanne, où se précisent déjà un certain nombre de thèmes préfigurant le poujadisme : « Le fonctionnaire, voilà l’ennemi » , et où est particulièrement attaquée la figure de l'instituteur rural et de « l’école du déracinement ». Défenseur de la petite ferme, il s'éloigne peu à peu de la Corporation, dominée par les grands propriétaires. Cet engagement ne l'empêche nullement d'aider les prisonniers évadés et les résistants poursuivis : « Pendant l'Occupation, il a délivré des centaines de fausses cartes à des prisonniers évadés ou à des personnes poursuivies par les occupants. Et, souvent, c'est personnellement qu'il leur a fait franchir la ligne de démarcation »[1].

Ses organisations de base se trouvèrent à l’origine de la Corporation paysanne de Vichy dont il obtint le grade de général. Il fut décoré de la francisque par le maréchal Pétain. Henri Dorgères est arrêté par les Alliés en août 1944 et emprisonné à Paris. Condamné à dix ans d'indignité nationale, il est amnistié pour services rendus à la Résistance et libéré le 26 avril 1946.

Il est député de l'Ille-et-Vilaine à l'Assemblée nationale de 1956 à 1958 sur les listes poujadistes d’Union et fraternité française.

Il s'oppose à la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et Euratom et s'abstient lors du vote du 19 juillet 1957 sur la prorogation des pouvoirs spéciaux en Algérie, mais se prononce contre la loi-cadre sur l'Algérie, puis ce projet amendé par Félix Gaillard. Il est l'un des trois députés à ne pas prendre part au scrutin du 27 mai 1958 sur la révision constitutionnelle. S'il vote le 1er juin la confiance au général de Gaulle, il est l'un des deux seuls députés à s'abstenir volontairement lors du vote du 2 juin sur les pleins pouvoirs, mais il soutient la révision constitutionnelle[1].

Il fut inculpé par la justice française en tout 69 fois[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dorgères (Henri), Haut les fourches, P., les Œuvres françaises, 1935 (rééd. Déterna, 1999)
  • Dorgères (Henri), Au temps des fourches, autobiographie, P., éd. France-Empire, 1975

Références[modifier | modifier le code]

  • Paxton (Robert o.), Le temps des chemises vertes. Révoltes paysannes et fascisme rural 1929-1939, Le Seuil, 1996
  • Pitaud (Henri), La terre aux paysans, Pierre Bossuet, 1936
  • Pitaud (Henri), Paysan et militant. Mes chemins sauvages, Souvenirs 1921-1940, Beauvoir-sur-Mer, Éditions de l’Étrave, 2001
  • Maxence (Jean-pierre), Histoire de dix ans : 1927-1937, Éditions du Rocher, 2005

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Henri Dorgères », Assemblée Nationale (consulté le 27 décembre 2009)
  2. a, b et c Henri Dorgères ou la paysannerie en chemise verte, par Xaver Eman, Rivarol (revue), juillet-août 2006
  3. Réfléchir et Agir, nº 10, hiver 2001, « La réaction vitaliste (ou le retour agrobiologique) », par Alexis Arette, p. 23.