George Soros

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Dans le nom hongrois Soros György, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français György Soros où le prénom précède le nom.

George Soros

Description de l'image  Soros talk in Malaysia.jpg.
Nom de naissance György Schwartz
Naissance
Budapest
Hongrie Royaume de Hongrie
Nationalité Hongrois, américain
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession Financier
Formation
Descendants
5

George Soros, né György Schwartz le à Budapest, puis György Soros ([ˈɟøɾɟ], [ˈʃoɾoʃ]), est un financier milliardaire américain d'origine hongroise. Il est devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions, qui ont marqué l'histoire des bourses de valeurs puis par les subventions versées à des fins militantes. Il est à l'origine des hedge funds apparus dans les années 1970, qui se distinguent dès la bulle financière japonaise. Il est actuellement président de Soros Fund Management, basé à New York, qui gère en 2012, 25 milliards de dollars pour lui, sa famille et ses fondations[1]. Il a fondé l'Open Society Institute, devenu en 2010 Open Society Foundations, dont il est le chairman.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Soros, né György Schwartz, est le fils de l'écrivain espérantophone Tivadar Soros (alias Teodoro Ŝvarc) dont l'œuvre Maskerado ĉirkaŭ la morto écrite originalement en espéranto et qui relate ses expériences pendant l'occupation nazie à Budapest a été traduite dans plusieurs langues (anglais, russe, allemand, hongrois et turc). Cependant George et son frère Paul ne semblent pas être des espérantophones natifs[2], leur activité dans le domaine est, en tous cas, inexistante.

Il est né en Hongrie dans une famille juive où il vécut jusqu'en 1946, date à laquelle il fuit l'occupation soviétique en se rendant à un congrès d'espéranto.

Soros émigra au Royaume-Uni en 1947 où il entreprit des études d'économie à la London School of Economics. En 1952, il obtint un bachelor of science en philosophie et commença à travailler, la même année, dans une petite maison de courtage de la City londonienne fondée par deux associés hongrois[3]. Parallèlement il accepte des petits boulots tels que maître nageur, vendeur de souvenirs, porteur de bagages. Il se rend aux États-Unis en 1956 pour, selon ses dires, gagner assez d'argent à Wall Street pour devenir écrivain et philosophe. Il travaille successivement comme analyste dans plusieurs petites sociétés financières: F.M. Mayer and co, Wertheim and co puis Arnold and S. Bleichroeder. C'est chez Arnold and S. Bleichroeder où en plus d’être analyste il gère un fonds d'investissement d'arbitrage sur les matières premières. Il crée en 1969 son propre premier fonds offshore dans les Antilles à Curaçao le fonds Quantum Fund of Funds. Il gère son fonds depuis New York avec sa société de gestion le Soros Fund Management LLC. Il investit dans son fonds ses propres économies en plus de l'argent de ses premiers investisseurs qui sont principalement Banque Rotschild Paris et Heldring & Pierson. Le fonds spécule successivement sur le marché actions, obligataires puis les devises surtout a partir de 1973 avec la fin du système de taux change fixes. [4]

Dans la première partie de sa carrière, il fait le pari de l'explosion de la bulle financière sur les actions japonaises de la seconde partie des années 1980, mais trop tôt pour gagner de l'argent.

« L'homme qui fit sauter la banque d'Angleterre »[modifier | modifier le code]

En 1992, alors que l'Angleterre s'enfonçait dans une crise économique, il sembla clair à Soros que la situation de la livre sterling était intenable.

La livre sterling à cette période était dans un régime de change lié : le Système Monétaire Européen (SME). Ce système induisait premièrement une valeur presque fixe de la livre (relativement aux autres monnaies européennes), celle-ci, en raison de la crise, était devenue trop élevée ; et deuxièmement le niveau des taux d'intérêt, calquant ceux-ci de fait sur ceux de la Bundesbank. Ce système est l'ancêtre de l'Euro. L'Allemagne avait besoin de taux d'intérêt élevés, l'Angleterre de taux faibles. Soros paria sur le fait que la Banque d'Angleterre ne pourrait résister à plus de pression sur sa monnaie et qu'elle serait forcée de sortir la livre du SME. Ceci provoquerait en particulier une chute importante de la valeur de la livre. Aujourd'hui, l'euro de par sa nature rend tout cela impossible, et c'est une des raisons qui ont appuyé l'idée d'une monnaie unique.

Le (mercredi noir), Soros vendit à découvert 10 milliards de livres, pariant donc à la baisse sur cette monnaie. Il provoqua, par cette opération, une pression telle sur la livre que la Banque d'Angleterre sortit sa devise du Système Monétaire Européen.

La plus-value qu'en aurait tiré Soros serait d'environ 1,1 milliard de dollars. Il fut surnommé pour cela « l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre ». Durant la crise financière asiatique de 1997, dans des circonstances similaires, le premier ministre malais de l'époque Mahathir bin Mohamad accusa Soros de spéculer sur le ringgit.

À l'inverse, il se trompa dans d'autres circonstances et reperdit des montants importants dans la spéculation contre d'autres monnaies.

Revenus et fortune[modifier | modifier le code]

George Soros a gagné 3,3 milliards de dollars en 2009[5].

L'homme a ses paradoxes. En quarante ans, George Soros accumule une fortune estimée à 20 milliards de dollars en 2012, selon le classement du magazine Forbes (22e fortune du monde). Il reconnaît pourtant que le système financier actuel est néfaste pour le développement des pays les plus pauvres.

Critiques[modifier | modifier le code]

George Soros a été critiqué pour avoir spéculé contre les bandes de fluctuation du SME (Système monétaire européen), qu'il critiquait comme enrichissant mécaniquement la spéculation et l'encourageant. Les bandes de fluctuations ont été élargies en juillet 1993, à 15 % contre 2,25 %, suite à ces spéculations, qui ont valu à Georges Soros un ressentiment important de la part de tous les partisans français du "franc fort", ainsi qu'en Grande-Bretagne, où il avait auparavant spéculé contre la livre.

Condamné pour délit d'initié dans l'affaire de la Société générale qui avait vu le gouvernement socialiste de la fin des années 1980 fermer les yeux sur la tentative d'OPA menée par Georges Pébereau et Robert Lyon, président de la Caisse des dépôts, sur une banque privée, Soros s'est pourvu en cassation. Le jugement a toutefois été confirmé[6]. Ayant fait un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme en 2011, il en a été debouté[7].

Ses détracteurs critiquent le rôle joué par Soros à travers son fonds d'investissement Quantum Fund, domicilié à Curaçao (Antilles néerlandaises) — un paradis fiscal régulièrement dénoncé par le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), qui regroupe plusieurs gouvernements, comme étant l'un des plus importants centres de blanchiment d'argent issu du narcotrafic. En opérant à partir de Curaçao, Soros n'a pas uniquement évité de payer des impôts, mais il a aussi caché la nature de ses investisseurs et l'utilisation de leur argent. Pour autant, aucune accusation de blanchiment n'a jamais été formulée contre lui.

En janvier 2008, The Times révèle que George Soros a financé une étude de la prestigieuse revue scientifique The Lancet sur le nombre de victimes durant la guerre d'Irak[8]. Cette étude, réalisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et dirigée par Les Roberts, professeur d'épidémiologie à l'université Columbia, indique que la guerre d'Irak a causé 650 000 morts. The Times cite une autre étude du The New England Journal of Medicine, basée sur des hypothèses plus prudentes, qui évoque le chiffre d'au moins 151 000 victimes.

Ses détracteurs l'accusent de spéculer sur l'Euro comme il l'avait fait avec la Livre Sterling. Ils le soupçonnent donc d'être en partie à l'origine des crises financières Européennes actuelles, ceci afin de prêter par la suite de l'argent à l'Europe à des taux d’intérêt très élevés[9].

Il aurait financé Avaaz.org, auquel il est reproché un manque de neutralité de ses pétitions (voir la section Critiques de l'article).

Il cofinance, avec la National Endowment for Democracy, l'Open Society Foundations et Freedom House, le groupement politique serbe Otpor, entraînant des activistes du monde entier à renverser des gouvernements opposés aux intérêts des États-Unis[10].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Soros utilise une partie de sa fortune pour des activités philanthropiques. Il aurait consacré, selon les calculs de la revue américaine Worth, 2 milliards de dollars à ses fondations présentes dans plus de 30 pays[11]. En 1979, Soros aida financièrement les étudiants noirs de l'université du Cap en Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. Lors de l'éclatement de l'Union Soviétique, George Soros est connu pour avoir proposé à chaque scientifique la somme de 500 dollars pour ne pas partir vendre leur savoir au plus offrant, notamment à cause des risques de diffusion de technologies nucléaires. Il fonde en 1993 l'Open Society Institute, devenu Open Society Foundations en 2010, dont l'objectif affiché est de promouvoir le développement des sociétés démocratiques et ouvertes. Ces investissements sont principalement destinés aux pays en voie de développement ou en cours de reconstruction sociale : pays de l'ancienne Union soviétique, Afrique, Amérique du Sud, Asie. Il s'est aussi engagé à donner 250 millions de dollars à l'université d'Europe centrale. En 2009, la fondation de Soros a financé une étude sur le contrôle au faciès en France. Cette étude a été menée par des chercheurs du CNRS[12]. En 2011, il a financé sans motivation déclarée, une étude controversée sur des discriminations dont seraient victimes les musulmans de Marseille. Toutefois, faute d'une méthodologie sérieuse, les résultats n'ont pas de portée scientifique[13],[14]. En 2012, sa fondation fait un don de 35 000 euros au Collectif contre l'islamophobie en France[15].

En Californie, George Soros a donné un million de dollars pour la proposition qui vise à légaliser la marijuana, dans un État où le cannabis à usage médical est autorisé depuis 1996. Quatorze autres États ont adopté depuis des lois similaires[16].

George Soros finance également à hauteur de 100 millions de dollars Human Rights Watch, sur 10 ans, à partir de septembre 2010. L'ONG s'est quant à elle engagée à trouver un dollar de don pour chaque dollar prêté par l'Open Society Foundations[17].

En revanche, certains l'accusent, sous couvert de philanthropie, d'établir au contraire des positions dominantes à travers le monde, et ce à des fins de profit personnel[18].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Soros fut le disciple de Karl Popper avec qui il entretenait une correspondance. Le nom de sa fondation, Open Society Foundations, est d'ailleurs une référence à l'ouvrage de Popper, La Société ouverte et ses ennemis.

Soros contre Bush[modifier | modifier le code]

George Soros a écrit plusieurs livres, dont l'avant-dernier, « The Bubble of American Supremacy », est une critique virulente contre le gouvernement de George Bush. Il a aussi investi 12 millions de dollars pour s'opposer à la réélection de George Bush, ce qui peut étonner, sachant que c'est lui qui a sauvé George Bush Junior de la faillite en 1990 [réf. nécessaire], et qu'il fait partie des très nombreux investisseurs du Groupe Carlyle de George Bush père. Ce groupe gère le portefeuille de la famille Bush, et est le 11e fournisseur du Pentagone.

Soros et l'Europe[modifier | modifier le code]

En octobre 2011, George Soros adresse une lettre ouverte aux dirigeants de la zone euro publiée dans le Financial Times[19] les sommant de répondre à la crise de la monnaie unique par plus d'Europe. La lettre a été signée par 95 autres illustres européens tels que Javier Solana, Daniel Cohn Bendit, Andrew Duff, Massimo D'Alema ou Emma Bonino.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bloomberg.com/news/2012-08-12/soros-said-to-plan-marriage-to-consultant-tamiko-bolton.html
  2. À l'occasion du symposium de UEA aux États-Unis de 2010, centré sur l'édition de la traduction en anglais de l'autre œuvre importante de Tivadar (La modernaj Robinzonoj), Humphrey Tonkin (eo) le traducteur a déclaré qu'il avait commencé la traduction à la demande de la famille, curieuse de découvrir l'œuvre paternelle. Des "espérantistes de naissance" n'auraient pas eu besoin d'une telle traduction Source Libera Folio
  3. Biographie de George Soros | http://www.next-finance.net/George-Soros-l-homme-qui-a-fait
  4. Georges Soros The Alchemy of Finance, 1987, Wiley&sons, Hoboken
  5. http://www.lefigaro.fr/bourse/2010/04/02/04013-20100402ARTFIG00357-revenus-record-en-2009-pour-les-patrons-de-hedge-funds-.php
  6. Strasbourg n'absout pas George Soros malgré l'imprécision de la loi
  7. George Soros débouté dans l’affaire Société Générale
  8. (en) Anti-war Soros funded Iraq study, 13 janvier 2008, Brendan Montague
  9. (fr)http://vilistia.com/EUROPLOUF!/archives/182
  10. Tbilissi entre Moscou et Washington Trois ans auparavant, l'Open Society avait, de la même façon, conseillé et financé le mouvement estudiantin serbe Otpor (« Résistance » en serbo-croate) qui contribua au renversement pacifique de Slobodan Milosevic.
  11. George Soros
  12. Article "Contrôles au faciès : scandaleux, mais aussi inefficaces" de Rue89
  13. La très étrange étude d'un milliardaire sur les musulmans de Marseille
  14. [1]
  15. Ivan Rioufol: Pourquoi je suis convoqué par la Police Judiciaire
  16. http://info.france2.fr/elections/us-2010/cannabis-alcool-avortement-160-referendums--65615203.html
  17. http://www.hrw.org/fr/node/92915
  18. http://www.guineemining.info/index.php?id=285&tx_ttnews%5Btt_news%5D=3297&tx_ttnews%5BbackPid%5D=283&tx_ttnews%5Bpointer%5D=6&cHash=7279133c2b
  19. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/7d85abd2-f353-11e0-b11b-00144feab49a.html#axzz1aYVAViDt As concerned Europeans we urge eurozone leaders to unite, 12 October 2011.

Discours[modifier | modifier le code]

  • 13 avril 1994 devant la Commission des affaires bancaires et financières de la Chambre des représentants des États-Unis
    • Extrait : « La croissance explosive du marché des dérivés porte en elle-même d’autres dangers. Il y en a tant, et certains d’entre eux sont tellement ésotériques, que les risques peuvent ne pas être bien évalués, y compris par les investisseurs les plus sophistiqués. Certains de ces instruments semblent spécialement conçus pour permettre aux investisseurs institutionnels de prendre des positions spéculatives qui leur seraient autrement interdites. (…) Les investisseurs de bon nombre de ces produits dérivés sont des banques d’affaires et commerciales. En cas de faillite en chaîne, les autorités réglementaires peuvent se trouver dans l’obligation d’intervenir pour protéger l’intégrité du système. Dans ce contexte, les autorités ont le droit et l’obligation de surveiller et de réglementer le marché des produits dérivés. »

source : livre "Le défi de l'argent" de George Soros, page 195 à 206 - traduit de l'anglais par Hélène Prouteau Édition PLON 1996 (ISBN 2-259-18519-3) (voir (en) The New York Times du 13 avril 1994)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • WorldCat
  • Contribution
    • MoveOn's 50 Ways to Love Your Country: How to Find Your Political Voice and Become a Catalyst for Change by MoveOn.org (2004)
  • Auteur ou coauteur
    • The Soros Lectures: At the Central European University (2010)
    • The New Paradigm for Financial Markets: The Credit Crisis of 2008 and What It Means (2008)
    • The Age of Fallibility: Consequences of the War on Terror (2006)
    • The Bubble of American Supremacy: Correcting the Misuse of American Power (2003)
    • George Soros on Globalization (2002)
    • Open Society: Reforming Global Capitalism (2000)
    • Science and the Open Society: The Future of Karl Popper's Philosophy par Mark Amadeus Notturno, George Soros (2000)
    • The Crisis of Global Capitalism: Open Society Endangered (1998)
    • Soros on Soros: Staying Ahead of the Curve (1995)
    • Underwriting Democracy: Encouraging Free Enterprise and Democratic Reform Among the Soviets and in Eastern Europe (1991)
    • Opening the Soviet System (1990)
    • The Alchemy of Finance (1988)
  • Biographies
    • Soros: The Life and Times of a Messianic Billionaire par Michael T. Kaufman (2002)
    • Soros: The Unauthorized Biography, the Life, Times and Trading Secrets of the World's Greatest Investor par Robert Slater (1997). Édition augmentée et mise à jour : Soros, the World's Most Influential Investor (2009).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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