Enseignement

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Éducation.
Écoliers rassemblés de la Nan Hua High School, à Singapour (photo prise en 2006).

L'enseignement (du latin insignis, remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique mise en œuvre par un enseignant visant à transmettre des connaissances (savoir, savoir-faire, compétences...) à un élève. Cette notion se distingue de l'apprentissage qui renvoie lui à l'activité de l'élève qui s'approprie les connaissances [1].

L' Enseignement ne doit pas non plus être confondu avec l' Éducation : ce dernier terme (du latin educare, tirer hors de), beaucoup plus général, correspond à la formation globale d'un individu, à divers niveaux (au niveau religieux, moral, social, technique, scientifique, médical, etc.). Néanmoins, l'enseignement contribue à cette formation et constitue donc une composante de l'éducation.

Sommaire

Le mot[modifier]

Le terme enseignement, de son côté, signifie « marquer d'un signe, distinguer, rendre remarquable ». Il se réfère plutôt à un bien précis, soit celui du développement des connaissances des élèves à l'aide de signes (la transmission des connaissances est en soi impossible, on ne transmet pas de connaissances). « Signes » et « enseignement » dérivent d'ailleurs de cette même racine latine. On aurait donc tort, étymologiquement, de limiter son sens à celui de la formation commune de simples « citoyens responsables ». Ce serait faire montre d'un manque d'enseignement.

Selon Marguerite Altet[2],

« L'enseignement couvre donc deux champs de pratiques :
1. celui de la gestion de l'information, de la structuration du savoir par l'enseignant et de leur appropriation par l'élève, domaine de la Didactique
2. celui du traitement et de la transformation de l'Information en Savoir par la pratique relationnelle et l'action de l'enseignant en classe, par l'organisation de situations pédagogiques pour l'apprenant, c'est le domaine de la Pédagogie. »

Le droit de toute personne (enfant via les droits de l'enfant, ou adulte) à l'éducation est l'un des droits de l'homme, parfois qualifié de « deuxième génération ».

Pour la jurisprudence européenne, l'enseignement (ou instruction) fait partie du droit à l'éducation et est défini comme visant « notamment, la transmission des connaissances et la formation intellectuelle ». »[3] alors que « l'éducation des enfants » est « [...] la somme des procédés par lesquels, dans toute société, les adultes tentent d’inculquer aux plus jeunes leurs croyances, coutumes et autres valeurs ». Chaque État-membre, « dans l’accomplissement des fonctions qui relèvent de sa compétence en matière d’éducation et d’enseignement, doit veiller à ce que les informations et connaissances figurant au programme soient délivrées de manière objective, critique et pluraliste »[4]. Le droit d’accès à l’enseignement supérieur (même en prison) est un droit de caractère civil, au sens de l’article 6 de la Convention [5]. L'État-membre, si son droit interne le lui permet, face à des parents souhaitant assurer eux-mêmes l’éducation de leurs enfants au domicile peut imposer « la scolarisation obligatoire des enfants, que ce soit dans le cadre d’établissements publics ou par le biais d’institutions privées dont la qualité réponde à ses exigences de qualité » [6] ;

Qu'enseigner ?[modifier]

À la lumière des récents développements au niveau de la pédagogie, il semble que certains sujets scolaires ne se transmettent pas uniquement à l'aide de l'enseignement.

L'histoire semble être une des disciplines qui se prête le mieux à l'enseignement, du simple fait qu'il s'agit d'une transmission d'informations d'une personne à une autre[réf. nécessaire] et que cela n'implique pas la maîtrise de techniques (sauf s'il s'agit bien sûr de la méthode de recherche historique).

D'un autre côté, l'éducation physique et la musique, qui s'apprennent par la pratique, laissent peu de place à l'enseignement, à proprement parler. Bien sûr, les connaissances théoriques enseignées viendront faciliter ces apprentissages.

Entre ces deux extrêmes, l'apprentissage d'autres disciplines telles que l'écriture, les mathématiques et les sciences par exemple, s'appuient sur un mélange d'enseignement et de pratique, l'enseignement enrichissant la pratique et la pratique soulevant des questions qui seront résolues par l'enseignement.

Pour la plupart des élèves, posséder et appliquer une connaissance au moment opportun ne se fait pas de façon automatique. Par exemple, de nombreux élèves voient de nombreuses « personnes » qui font régulièrement des fautes d'orthographe lors de productions écrites. Elles ne respectent pas les règles que, pourtant, elles connaissent. Il s'agit donc de l'une des limites majeures de l'enseignement.

Place de l'enseignement dans les écoles d'aujourd'hui[modifier]

Les courants actuels en pédagogie, inspirés des pédagogies dites alternatives, telles celle de Célestin Freinet et de Maria Montessori ainsi que des théories de l'apprentissage du constructivisme de Jean Piaget et le socio-constructivisme de Lev Vygotski, tendent de plus en plus à demander des élèves des productions concrètes plutôt que de mémoriser un certain contenu. Par exemple, on demandera aux élèves d'être capables de réaliser des problèmes mathématiques appliqués à des situations concrètes ou bien on leur demandera de réaliser des productions écrites réelles et publiables (un journal de classe ou un site web par exemple). Naturellement, dans ce type de pédagogie, où l'enfant est de plus en plus amené à rechercher les informations par lui-même, l'enseignement à proprement parler y perd sa place privilégiée et est de plus en plus considéré comme un moyen pédagogique parmi d'autres.

Face à cette évolution, nous pouvons rencontrer dans les classes deux principales réactions néfastes pédagogiquement. Tout d'abord, il existe une certaine réticence au changement où des enseignants et professeurs en restent aux méthodes "classiques" par lesquelles ils ont appris et « qui ont fait leurs preuves ». De plus, une pédagogie basée sur l'enseignement semble, à première vue, beaucoup plus économique en temps et énergie pour l'enseignant. Bien sûr, si l'élève, après avoir reçu un enseignement, est incapable d'appliquer ces connaissances, on réalise qu'il n'y a pas ici d'économie de temps et d'énergie.

L'autre réaction néfaste consiste à rejeter tout simplement l'enseignement et de ne miser que sur des productions d'élèves et sur la découverte par eux-mêmes. Il est simplement utopique de croire que cela puisse être possible dans toutes situations. Soit parce que les objectifs d'apprentissage visés ne s'y prête pas facilement (comment un élève pourrait apprendre par lui-même la règle d'accord du participe passé), ou simplement parce que cette approche demanderait beaucoup trop de temps, d'énergie et de moyens (comme demander aux élèves de reconstruire le tableau périodique au complet, par des manipulations chimiques).

La logique et le bon sens sont donc requis des professeurs dans le recours ou non de l'enseignement dans l'atteinte des objectifs pédagogiques fixés. N'oublions pas que le choix d'une méthode est toujours intimement liée au but à atteindre.

L'enseignement ne résulte pas seulement du domaine de l'éducation nationale. Car toute personne ayant un vécu, des connaissances, et une capacité à enseigner peut être conduite à les partager avec une personne portant intérêt à la chose.

Ressources humaines et enseignement[modifier]

Face aux problèmes auxquels l'humanité est confrontée il est nécessaire de mobiliser toutes les ressources intellectuelles disponibles afin de trouver des solutions. Les élèves et étudiants doivent développer les comportements nécessaires pour une construction collective de savoir. Mais les élèves et étudiants peuvent être habilités à construire collectivement du savoir virtuellement en dehors des cours. Les attitudes à adopter sont les suivantes:

  • Être conscient qu'on est porteur de ressources
  • Être conscient qu'il est nécessaire d'accroître son potentiel afin de gagner en attractivité dans son groupe
  • Être conscient qu'il est possible d'augmenter son savoir en communiquant
  • Être conscient qu'il est possible d'augmenter son savoir en le partageant avec autrui
  • Capacité à identifier les ressources d'autres membres du groupe et de les mettre à la disposition du groupe
  • Capacité de déclencher un processus de transformation d'informations en savoir au sein d'un groupe
  • Capacité de chercher activement des ressources à l'extérieur du groupe
  • Capacité de mettre en rapport ceux qui offrent des ressources et ceux qui en cherchent
  • Capacité d'organiser une réflexion collective

Notes et références[modifier]

  1. Musial, Manuel, Pradère, Fabienne, Tricot, André. Comment concevoir un enseignement. De Boeck, 2012. ISBN 978-2-8041-6936-7.
  2. Marguerite Altet, Les pédagogies de l'apprentissage, PUF, 1997, p. 11.
  3. Arrêt Campbell et Cosans c. Royaume-Uni (25 février 1982, § 33, série A no 48)
  4. Jurisprudence européenne ; Folgerø et autres c. Norvège [GC], no 15472/02, CEDH 2007-III
  5. voir affaire Emine Araç c. Turquie, no 9907/02, 23 septembre 2008
  6. voir Konrad et autres c. Allemagne (déc.), no 35504/03, 11 septembre 2006

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

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