Parti populaire français

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Parti populaire français
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Présentation
Fondation 1936
Disparition 1945
Idéologie Fascisme

Le Parti populaire français ou PPF (1936-1945), fondé et dirigé par Jacques Doriot, était le principal parti politique d’inspiration fasciste français en 1936-1939 et l’un des deux principaux partis collaborationnistes en 1940-1944, avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat.

Le PPF avant guerre (1936-1940)[modifier | modifier le code]

Historique : envolée, puis chute (1936-1939)[modifier | modifier le code]

Affiche de propagande du PPF.

Le Parti populaire français est créé en juin 1936 par Jacques Doriot, ancien chef des Jeunesses communistes (JC) en 1923, député en 1924, membre du comité central du Parti communiste français (PCF), maire de Saint-Denis en 1931. Il est exclu du PCF en août 1934, car il était favorable à une alliance avec la SFIO, avant que celle-ci ne soit autorisée. Il était également le principal rival de Maurice Thorez.

Au niveau des chefs comme de celui des militants, les deux plus forts contingents de membres du PPF proviennent du Parti communiste français et des ligues nationalistes (notamment des Croix-de-feu, lassés de la modération du colonel de La Rocque), de l'Action française, de la Solidarité française et quelques personnes issues du francisme de Marcel Bucard, comme Vauquelin des Yveteaux, chargé de la propagande au PPF. En définitive, « Aux origines du PPF, on retrouve donc les deux courants de la fusion qui caractérise le premier fascisme : l’extrême-gauche révolutionnaire et le nationalisme anti-parlementaire » selon la théorie de Michel Winock[1].

Plus précisément, les premiers dirigeants du PPF seront issus des groupes suivants :

Le PPF connaît un démarrage très rapide en 1936-1937, dopé par l’anticommunisme croissant en réaction au Front populaire. En 1937, Doriot tente alors de s’imposer comme le principal leader nationaliste en constituant un Front de la liberté pour s'opposer au Front populaire, avec le Parti républicain national et social, dirigé par Pierre Taittinger (avatar des Jeunesses patriotes, également dissoutes en juin 1936), le Parti agraire et paysan français de Fleurant Agricola et la Fédération républicaine, l'un des deux grands partis de droite de l'époque. L'Action française, sans y adhérer formellement, en est très proche et soutient les candidats du Front aux élections, notamment aux législatives partielles de 1937, 1938 et 1939. Le rassemblement du Front de la liberté échoue en grande partie par des intérêts contradictoires entre les partis participants ainsi que par la question que pose le Parti social français dont l'affaiblissement est le véritable objectif du Front de la liberté.

Le PPF va ensuite intégrer de plus en plus de militants issus des classes moyennes (au détriment des ouvriers) et des chefs venus de la droite nationaliste (alors que les chefs issus de la gauche dominaient en 1936). En effet, Doriot ne va pas développer un programme communiste national, mais plutôt, sous l’influence de jeunes technocrates, un programme reprenant les idées d’une société technocratique, néo-socialiste et planiste.

Au départ, le PPF n'était pas fasciste ni antisémite. Le parti mue vers 1937-1938, la plupart des historiens étant d'accord pour considérer que le Parti populaire français représente la forme la plus proche du type fasciste qui ait existé en France, d'autres historiens, allant plus loin, estiment qu'on peut qualifier le PPF de véritable parti fasciste[réf. nécessaire].

Le serment du PPF porte « Au nom du peuple et de la patrie, je jure fidélité et dévouement au Parti populaire français, à son idéal, à son chef - je jure de consacrer toutes mes forces à la lutte contre le communisme et l'égoïsme social »[3][réf. insuffisante].

Le PPF est financé par le grand patronat par l’intermédiaire en particulier de Pierre Pucheu et de Gabriel Leroy-Ladurie (directeur de la banque Worms). La haute banque est très présente : « dont la Banque Vernes, la banque Rothschild Frères, la Banque L. Louis-Dreyfus, la Banque Lazard, la BNCI et la Banque de l'Indochine[4] ». Ainsi, quand en avril 1938, une grève éclate aux usines Berliet de Vénissieux, un « comité pour la reprise du travail » chez Berliet est créé par le P.P.F. lyonnais, dont les activités sont financées par le patronat local[5].

Le programme du nouveau parti est très vague, notamment sur le plan des institutions. Le mouvement social de juin 1936 provoque une peur de la gauche bourgeoise traditionnelle, ce qui est bénéfique pour le PPF qui reçoit également l'appui de certains journaux de droite, le ralliement d'hommes d'extrême droite et le soutien matériel d'une partie du patronat[réf. nécessaire].

Jusqu'en 1938, la direction du PPF se garde de verser dans l'antisémitisme, expliquant que le parti a mieux à faire que s'en prendre aux Juifs, ou a fortiori de les défendre — tout en laissant les sections algériennes et marocaines développer un antisémitisme raciste et virulent. Mais à partir de l'automne de cette année-là, les positions évoluent rapidement : l'influence du nazisme et des éléments les plus durs du fascisme italien s'affirme.

On peut légitimement se poser la question des éléments de nature fasciste présents dans l'organisation du PPF. Il faut d'abord noter que si le parti refuse de se doter d'une organisation paramilitaire, c'est uniquement pour ne pas braquer l'opinion publique en imitant les ligues ou les partis fascistes. Il y entre pourtant des rituels fortement inspirés des mouvements fascistes : le salut quasi similaire au salut romain (repris par les fascistes et les nazis), le cri « en avant, Jacques Doriot », l'existence d'un insigne, d'un drapeau, d'un hymne et surtout d'un serment de fidélité[réf. nécessaire].

En 1938, une affiche du PPF appelle Daladier, au nom des « Nationaux » qui le « soutiennent », à procéder à « la dissolution du Parti communiste[6] ».

Le succès du PPF semble cependant n’être qu’un feu de paille, ceci pour deux raisons :

Par conséquent, « À la veille de la guerre, le parti de Doriot est en pleine déconfiture[1] ».

Profil et organisation du PPF en 1936-1939[modifier | modifier le code]

1) Origine politique des membres du PPF : En novembre 1936 (au 1er congrès du PPF), sur 625 (ou 623 ?) membres :

En mars 1937, sur 130 000 membres, le PPF aurait compté 35 000 anciens communistes (soit 27 % des membres) (Pascal Ory, Les collaborateurs). En fait alors que les anciens communistes sont nombreux en région parisienne, l’extension en province se fait en recrutant des membres des ligues. C'est plus particulièrement net en dehors de l'agglomération parisienne. La section de la Côte-d'Or, jugée représentative de la province, comptait une moitié de militants issus du mouvement de La Rocque, un tiers venus l'Action française, et seulement 10 % venus du Parti communiste ou de la SFIO[8].

2) Origine sociale des membres du PPF[9] : Au Congrès de 1936 :

  • ouvriers : 49 %
  • classes moyennes : 43 % (dont employés de bureau : 21 % ; et ingénieurs, entrepreneurs, professions libérales : 21 %).
  • autres : 8 %

Au Congrès de 1938 :

  • ouvriers : 37 %
  • classes moyennes : 58 % (employés et fonctionnaires, enseignants, ingénieurs, entrepreneurs professions libérales).
  • autres : 5 %

(source : idem). « Après 1936, la base du PPF en France et Algérie fût de plus en plus constituée de membres des classes moyennes tout comme les cadres de mouvement et les responsables du bureau politique et du comité central[4] ».

Selon Pierre Milza (voir bibliographie), l'embourgeoisement du PPF et son corollaire, l'abandon des revendications sociales osées, seraient encore plus rapides dans le parti de Jacques Doriot que dans celui de Mussolini (ce qui est nié par de nombreux historiens du fascisme italien qui pensent que la conjonction monde ouvrier agricole et industriel avec le fascisme est indéniable au moins jusqu'en 1940).

3) Effectifs du parti : vers 100 000-120 000 membres (selon Dieter Wolf, Jean-Paul Brunet) à 60 000 (selon Philippe Burrin, Winock) à l’apogée vers 1937-début 1938. Le PPF jouira de quelques forts bastions historiques : la région parisienne, Marseille (après ralliement de Simon Sabiani et son Parti d’action socialiste) et par extension la Côte d'Azur (Nice).

4) L’Union populaire de la jeunesse française (UPJF). Le mouvement de jeunes du PPF, est créées en 1936 par 6 jeunes (3 venus des Jeunesses communistes, un des Jeunesses socialistes, un JOCiste). Son chef à Bordeaux en 1937 est le futur constitutionnaliste Maurice Duverger.

5) La presse du PPF :

Personnalités du PPF en 1936-1939[modifier | modifier le code]

Premier bureau politique en 1936 : 8 membres (source : Robert Soucy, Fascismes français ?, 1933-1939, Autrement).

  • Chef : Jacques Doriot.
  • Secrétaire général (jusqu’en 1939) : Henri Barbé (membre du bureau politique du Parti communiste à partir de 1927, l’un des quatre dirigeants en 1929-1930, exclu du PCF en 1934, secrétaire général du PPF de 1936 à 1939.Quitte le PPF vers 1939. Sous l’occupation : rejoint le RNP, à la Libération il participe à la revue anticommuniste Est & Ouest[réf. nécessaire]).
  • Chef Afrique du Nord : Victor Arrighi (membre du Parti communiste, directeur de la Banque ouvrière et paysanne du PCF. Puis radical-socialiste de 1930 à 1936. Au PPF en 1936, puis le quitte vers 1938-1939).
  • Porte-parole : Paul Marion (membre du Parti communiste(1922), du comité central du PCF (1926), secrétaire de la section Agit-prop. En 1927-1929, à Moscou, il appartient au bureau de propagande du Komintern. Rompt avec le PC en 1929, rejoint la SFIO puis l’USR, pacifiste de gauche néo-socialiste (Notre temps). Puis rejoint le PPF (1936) ou il sera rédacteur en chef de L'Émancipation nationale puis de La Liberté. Après 1940 : sera ministre de l’information au gouvernement de Vichy, ultra-collabo).
  • Jules Teulade (membre du Parti communiste, secrétaire de la Fédération CGTU du bâtiment, délégué du Profintern en 1926-1928, écrit dans L’Humanité. Puis membre du bureau politique du PPF (1936), collabore à La Liberté, L’Émancipation nationale, Le Cri du peuple. Également codirigeant du Comité ouvrier de secours immédiat de 1942 à 1944).
  • Alexandre Abremski (ancien conseiller municipal communiste de Saint-Denis. Ami juif de Jacques Doriot qu’il suit en 1934. Mort accidentelle en 1938).
  • Marcel Marschall (ancien conseiller municipal communiste de Saint-Denis. Suit Doriot en 1934. Devient maire de Saint-Denis et conseiller général de la Seine. En 1948 : condamné à mort mais non exécuté).
  • Yves Paringaux (ingénieur, ex-VN des Croix-de-feu. Au PPF en 1936 puis le quitte en 1938-1939. Après 1940 : sera au cabinet de Pierre Pucheu dans le gouvernement de Vichy).

Autres membres du bureau politique en 1937-1939 : (source principale : Robert Soucy, Fascisme français ?). De 1937 à 1939, le bureau politique du PPF, au départ peuplé d’anciens communistes, va de plus en plus accueillir des nationalistes (qui domineront à partir de 1938) :

Autres responsables PPF en 1936-1939 (Chebel d’Appollonia, Robert Soucy)

  • Bertrand de Maud’huy (financier à la banque Worms, ancien membre du cabinet d’Aristide Briand, puis proche du PDP démocrate-chrétien, puis responsable des VN des Croix-de-feu, puis au PPF en 1936 (membre du comité centrale dès 1936). Quitte le PPF en 1938-1939).
  • Henri Lèbre (ex-Action française. En 1942 : participe à l’Association des journalistes antijuifs).
  • Alfred Fabre-Luce (radical rénovateur, rédacteur du Plan du 9 juillet 1934, rédacteur en chef de L’Europe Nouvelle, revue de la féministe Louise Weiss. Au PPF en 1936, puis le quitte en 1938-1939. Après 1940 : pétainiste mais opposé au STO. Il sera plus tard pour un représentant du libéralisme).
  • Jacques Martin-Sané (1907-1977) (juriste, ex-Jeunesses patriotes. Membre du comité central du PPF vers 1937. Après 1940 : préfet sous le régime de Vichy).
  • Jean-Marie Aimot (ex-Franciste et ex-"Ami du Peuple". Membre du comité central du PPF vers 1937. Après 1945 : écrira dans Défense de l'Occident).
  • Georges Deshaires (?) (ex-PCF. Membre du comité central du PPF vers 1937).
  • Marius Paquereaux (maire communiste d'Athis-Mons (1928-1931), membre du bureau politique du Parti communiste(1922). Exclu du PCF en 1930. Puis membre du comité central du PPF vers 1937. Abattu en 1944 par la résistance communiste).
  • Maurice Lebrun (Joseph Serre dit) (communiste, secrétaire de rédaction à L’Humanité. Puis membre du comité central du PPF vers 1937 et administrateur de L'Émancipation nationale. Après 1940 : reste au PPF).
  • Abel Bonnard (ex-Action française, membre de l'Académie française. Après 1940 : ministre de l’Education du régime de Vichy).
  • docteur Alexis Carrel (ex-Action française, prix Nobel de médecine en 1912. Après 1940 : fonde à Vichy la Fondation française pour l'étude des problèmes humains destinée à « améliorer » la population française, et devenue en 1945 l'Ined).
  • Camille Fégy (secrétaire de rédaction de L'Humanité. Rallie le PPF en 1936 ; rédacteur en chef de "La Liberté". Après 1940 : rédacteur en chef de l’hebdomadaire La Gerbe).
  • Maurice-Yvan Sicard journaliste de gauche, antifasciste. Rejoint le PPF en 1936, rédacteur en chef de L'Émancipation nationale. Après 1945, sera écrivain sous le nom de Saint-Paulien).

Autres membres du PPF en 1936-1939 :

Autres personnalités membres du PPF sous l’occupation (La surreprésentation des anciens communistes dans cette liste n'est pas représentative de l'ensemble du PPF).

À noter aussi que l'écrivain Louis-Ferdinand Céline, sans jamais être membre du Parti, exprimera ouvertement son soutien au PPF et à Jacques Doriot sous l'Occupation[10].

Le PPF, principal parti collaborationniste (1940-1945)[modifier | modifier le code]

Historique du PPF entre 1940 et 1945[modifier | modifier le code]

En 1940, le PPF est interdit, mais Doriot relance son activité politique de plusieurs manières :

  • Il crée un Rassemblement pour la Révolution nationale (RNRN) qui réunit d’anciens communistes passés au PPF : Marcel Gitton (ex-secrétaire du PCF aux côtés du Thorez et Duclos), Jean-Marie Clamamus, Marcel Capron, André Parsal, Marcel Bront, Fernand Soupé, Albert Clément, Émile Nédélec. Mais certains vont le quitter (Clamamus, Capron, Gitton) début 1941 pour créer le Parti ouvrier et paysan français, regroupant plus spécifiquement les communistes collaborationnistes (Lambert, Le Marec, page 9).
  • En octobre 1940, Doriot lance son journal, Le Cri du peuple (qu'il aurait voulu appeler L’Humanité nouvelle) (tirage : autour de 50 000 en moyenne).
  • Le PPF poursuit son activité camouflée au sein d’autres mouvements (Jeunesse, Jeunesses impériales françaises, etc.).
  • Enfin, dès avril 1941, Doriot recrée le PPF, mais c’est sa participation à la LVF qui va permettre d’obtenir une légalisation de la part des Allemands en décembre 1941.

Le PPF va alors devenir l’un des deux principaux partis collaborationnistes, grand rival du RNP de Marcel Déat. Tandis que le RNP tente d’unifier les partis collaborationnistes autour de lui, le PPF mène une ligne plus exclusive, centrée sur la forte personnalité de son chef.

Les principales différences de fond entre PPF et RNP :

  • Le style : le RNP est plus « intellectuel » et théoricien, le PPF est plus jeune et violent.
  • Les idées : tandis que le RNP tente de maintenir certains signes extérieurs de la République, le PPF prône une ligne plus clairement fasciste et violente.
  • L’empire : le RNP s’intéresse peu à l’outremer, contrairement au PPF, fort en Afrique du Nord.

Le PPF sera ouvertement antisémite. Une ligne qu’il suit en fait depuis 1938-1939 alors qu’il ne l’était pas à ses débuts (parmi les premiers dirigeants, Abremski était juif ; les grandes banques juives le soutiennent au début autant que les banques protestantes ou les catholiques). La mort accidentelle d’Abremski en 1938 ôtera à Doriot toute inhibition à ce sujet.

Jacques Doriot, qui multiplie les gestes de bonne volonté à l'égard des Allemands jusqu’à s’engager personnellement dans la LVF pour aller combattre sur le front russe, n’aura de cesse d’espérer que les Allemands lui confient le pouvoir en France. En vain. Le 4 novembre 1942, il réunit à cet effet à Paris un « Congrès du pouvoir » de 7 200 délégués (qui s’achève par de violents heurts entre les membres du PPF et la police parisienne selon Lambert et Le Marec). Mais les Allemands sont, à ce moment, partisans de la création en France d’un parti unique au sein duquel se fonderaient les mouvements collaborationnistes. Ce sera le Front révolutionnaire national (FRN) dans lequel le RNP jouera un rôle moteur et auquel le PPF refuse de se joindre (hormis Jean Fossati, qui sera exclu du PPF pour cette raison).

En 1943-1944, le PPF tente de se militariser en créant les Gardes françaises, unités de protection contre les attentats sans cesse plus nombreux qui touchent le Parti, ses dirigeants, ses militants et leurs familles. Mais les Gardes françaises seront un échec. Elles ne recevront pas d'armes, ou très peu de la part des Allemands, et ne bénéficieront que très tard d'un entraînement militaire. En 1944, le Parti met sur pied des Groupes d'action pour la justice sociale destiné à protéger les familles des militants et faire la chasse aux réfractaires au STO. Ces groupes sont plus communément appelés les Groupes d'Action du PPF ou GAPPF. Ces groupes vont échapper au contrôle du Parti pour ne plus travailler qu'au profit du Sipo/SD. Ils livrent des résistants et des juifs à leurs maîtres de la Gestapo, comme par exemple le GAPPF de Cannes. Mi-août 1944, les membres du PPF se regroupent à Nancy pour échapper aux représailles. Début septembre, ils passent en Allemagne où, le 6 janvier 1945, Jacques Doriot devient – enfin – le chef d’un « Comité de libération de la France » auquel se joignent une partie des personnalités collaborationnistes réfugiées en Allemagne. Jacques Doriot est tué par un avion sur le territoire de la commune de Menningen, le 22 février 1945[11]. Après sa mort, le bureau politique du PPF confie la direction du parti à Christian Lesueur, nommé secrétaire général, titre cédé par Victor Barthélémy[12].

Profil et organisation du PPF entre 1940 et 1944[modifier | modifier le code]

Jeunesses populaires françaises : en mai 1942, le PPF fédère les organisations de jeunesses du PPF ou proches (UPJF, JIF, etc.) au sein des Jeunesses populaires françaises. Chef : Roger Vauquelin des Yvetots (réactionnaire, lire plus bas).

Presse :

  • zone sud : L’Émancipation nationale. Rédacteur en chef : Maurice-Yvan Sicard (au PPF depuis les années 1930).
  • zone nord : Le Cri du peuple. Rédacteur en chef : Albert Clément (PCF, rédacteur en chef de « La Vie ouvrière » de la CGT de 1929 à 1939. Après 1940 : rallie le PPF. Abattu en 1942 à Paris par des résistants communistes). Les lecteurs y retrouvent aussi les dessins de Dubosc, ancien caricaturiste de L'Humanité.
  • l’influence du PPF est également relayée dans la presse grand public, au Petit Parisien (via Claude Jeantet) (qui tire 500 à 600 000 exemplaires pendant la guerre) et à Paris-Soir (via Pierre-Antoine Cousteau) (Pascal Ory, les Collaborateurs).

Les fascistes italiens donnent à la presse du PPF, par l'intermédiaire de Victor Arrighi, une somme de 300 000 F.

Membres du PPF collaborationniste : vers 20 000 (Handzourtel et Buffet) ou 30 000 maximum en 1943 (Azéma dans le livre dirigé par Winock).

Profil sociologique du PPF collaborationniste : ouvriers, classes moyennes urbaines, réactionnaires. Bien implanté en Afrique du nord. Parti plus jeune, violent, ouvertement fasciste que le RNP.

Profil politique du PPF collaborationniste : En 1942 (au « Congrès du pouvoir » de Doriot), sur 7 200 membres présents (venus de la région parisienne) :

- autres : vers 7 %

Dirigeants et personnalités du PPF entre 1940 et 1944[modifier | modifier le code]

Directoire du PPF en mars 1943 : Les 9 membres du directoire (hors Jacques Doriot) (dans Lambert et Le Marec, page 12) :

Autres dirigeants PPF sous l’Occupation (selon Lambert et Le Marec)

  • Émile Nédelec (aveugle de guerre, président (ou vice-président) de l'Association républicaine des anciens combattants (Arac), candidat du Parti communiste aux municipales à Paris en 1935. Après 1940 : au PPF et au Front franc),
  • Fernand Soupé (ouvrier, membre du comité central du Parti communiste, maire PCF de Montreuil. Après 1940 : rejoint le PPF en 1941. Il échappe à une exécution par la résistance),
  • Pierre Celor (membre du bureau politique du Parti communiste à partir de 1928, délégué auprès du Komintern, l’un des quatre dirigeants du PCF en 1929-1930. Exclu du PC en octobre 1932. Après 1940 : adhère en 1941 au RNP, puis au PPF en 1942, membre du bureau politique et secrétaire adjoint chargé des problèmes corporatifs au PPF).
  • Pierre Thurotte (conseiller municipal SFIO de Saint-Quentin en 1927-1933, membre suppléant de la CAP du parti socialiste SFIO, délégué national à la propagande du mouvement pacifiste et antifasciste Amsterdam-Pleyel. Après 1940 : membre du bureau politique du PPF, secrétaire national à la propagande).
  • Vincent (Émile Bougère dit) (collaborateur de l'Humanité. Rallie le PPF et devient chef de son bureau de presse sous l’occupation).
  • André Dufraisse (membre du Parti communiste, puis du PPF et de la LVF. Après 1945 : cofondateur en 1972 du Front national de Jean-Marie Le Pen, secrétaire national du FN, secrétaire fédéral (1983)[13].


Le paragraphe "membres du PPF" a été supprimé car c'est totalement inutile de citer quelques simples militants du PPF.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur le Parti populaire français.

  • Dieter Wolf, Doriot : Du communisme à la collaboration, Paris, Fayard, 1970.
  • Jean-Paul Brunet, Jacques Doriot : du communisme au fascisme, Paris, Balland, 1986.
  • Jean-Paul Brunet, « Un fascisme français : le Parti populaire français de Doriot (1936-1939) », p.255-280, Revue française de science politique, volume 33, n°2, 1983.
  • Philippe Burrin, La dérive fasciste, Doriot, Déat, Bergery, Paris, Le Seuil, 1986.
  • Robert Soucy, Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques, Paris, Autrement, 2004.
  • Laurent Kestel, La conversion politique. Doriot, le PPF et la question du fascisme français, Paris, Raisons d'Agir, 2012.

Le Parti populaire français, Vichy et le fascisme en France.

  • Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l'allergie française au fascisme, Éditions Albin Michel, 2003.
  • Rémy Handourtzel - Cyril Buffet, La collaboration... à gauche aussi, Paris, Éditions Perrin, 1989.
  • Pierre Lambert - Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la collaboration, Paris, Ed Jacques Grancher, 1993.
  • Pascal Ory, Les Collaborateurs, collection« Points », Éditions du Seuil, 1980.
  • Robert Paxton, La France de Vichy 40-44, Éditions du Seuil, 1973.
  • Robert Paxton, Le Fascisme en action, Éditions du Seuil, 2004
  • Bernard-Henri Lejeune, Jacques Doriot et le PPF, éditions du CERPES, 1977, réédité en 2012 par Les Bouquins de Synthèse nationale

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Michel Winock (dir), Histoire de l'extrême-droite en France
  2. Jacques Nobécourt, « La Rocque, etc. », note page 1007
  3. assemblee-nationale.fr
  4. a, b, c et d Soucy, Fascismes français ?, page 320). Le PPF reçoit aussi quelques subsides italiens
  5. Nicholas Atkin, Frank Tallett, The right in France: from Revolution to Le Pen, I. B. Tauris, réédition 2003, p.204.
  6. Philippe Buton et Laurent Gervereau, Le Couteau entre les dents : 70 ans d'affiches communistes et anticommunistes, Éditions du Chêne, 1989, p. 52.
  7. chiffres officiels du PPF, repris par D. Wolf et JP Brunet, puis par les autres historiens, dont Robert Soucy, etc.)
  8. Chiffres de Pascal Ory, Les Collaborateurs, 1980
  9. Chiffres officiels du PPF, cités JP Brunet, repris notamment par Robert Soucy, Chebel d’Appollonia et Michel Winock
  10. http://lewebceline.free.fr/contreceline/les_lettres.htm
  11. Rendez-vous tragique à Mengen, revue Batailles n°34, mai-juin 2009
  12. Jean Hérold-Paquis, Des illusions... désillusions !... Mémoires, 15 août 1944 - 15 août 1945, Paris : Bourgoin éditeur, 1948, p. 128
  13. Colloque de l'association française de sciences politiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]