Folie

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Peinture de William Hogarth.

La folie est un spectre de comportements caractérisés par des degrés mentaux et comportementaux conçus comme étant anormaux et qualifiés comme tels. La folie peut se manifester en tant que violation des normes sociales, incluant la possibilité d'être un danger pour soi et pour les autres, et impliquant également certains autres actes considérés, selon les milieux et les époques, comme faisant partie de la folie.

La folie peut être passagère ou perdurer, être provoquée ou exister comme position psychique durable. La folie, en termes psychiatriques, recouvre plusieurs réalités, et des termes plus spécifiques sont employés par les spécialistes (psychose, schizophrénie, catatonie, paranoïa, trouble bipolaire, etc.)[1]. Un terme général, à visée diagnostique, est utilisé pour désigner l'étude de la folie : la « psychopathologie »[2].

Médecine[modifier | modifier le code]

La folie n'est plus considérée comme un unique diagnostic médical[3]. Les maladies anciennement classées comme troubles mentaux sont désormais diagnostiquées sous les termes de psychose[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la folie.

La folie est un terme reconnu dans l'histoire et à travers la société. Les cultures traditionnelles ont pour guérisseurs des docteurs et shamans, des herbes, ou médecine folklorique concernant les esprits maléfiques et comportements bizarres, par exemple[4]. Des archéologues ont déterrés des squelettes (d'au moins 7000 ans) plein de trous. Le sujet pensait probablement être possédé par les démons[5]. La perception de la folie a évolué suivant les sociétés. Tantôt fatalité causée par la naissance, tantôt don ou malédiction divine, tantôt maladie. Louis XI, Roi de France, parle ainsi de sa fille : « la moins folle femme de France, car de sage il n'y en a point[6]. »

Sociologie[modifier | modifier le code]

Une grande partie des sociétés humaines s'attache à réserver un traitement spécifique à ceux qu'elles désignent comme fous. La motivation est d'ordre multiple :

  • Protéger l'individu contre lui-même : automutilation, suicides, destruction de ses propres biens
  • Protéger des individus désignés des agissements du fou : agressions
  • Protéger la société et son ordre (exemple, lutter contre les agissements de l'individu incluant : exhibition, tapage, destruction de biens publics, propos jugés antisociaux).

Il en résulte qu'il existe une folie sociale, qui n'est pas reconnue par le corps médical. Les lignes de démarcation entre folie et non folie dépendent des règles gouvernant une société, à un instant donné. Ainsi, peut-être considéré comme fou quelqu'un qui dilapide ses biens, ou un opposant politique virulent. Exemples: les internements psychiatriques sous le régime communiste Roumain[7], en URSS et autres cas. Par ailleurs, de nombreuses sociétés acceptent l'idée d'une folie temporaire, quelles qu'en soient leurs causes. Il s'agit de folie meurtrière, de coup de folie, quart d'heure de folie, folie amoureuse. Se posent alors deux questions : la possibilité pour l'individu de recouvrer la raison de façon durable, et sa responsabilité en cas d'actes répréhensibles durant son état de folie.

Dans la mesure où la folie est décrétée par un ordre social établi, certains opposants à cet ordre se réclament de la folie, ou font l'apologie de la folie, comme source de la vraie sagesse. Des références notables peuvent être citées telles incluant Éloge de la Folie (livre d'Érasme), Éloge de la Folie (chanson du groupe pop français Triangle) et Mad, journal satirique américain, dont le titre anglais signifie « fou ». D'autre, au contraire, luttent contre le concept de folie, voire considèrent ce concept comme étant un fruit de la propagande afin de mieux exclure ceux qui ne respectent pas un certain conformisme.

Représentation populaire[modifier | modifier le code]

Une représentation graphique symbolique du fou est constituée d'un individu portant sur la tête un entonnoir en guise de chapeau. Certaines expressions populaires parlent du fou "comme un lièvre de Mars" ou "comme un chapelier" en langue anglaise. Le parler Québécois désignera « une poule sans tête » ou une personne qui « pète une bulle ».

Médias[modifier | modifier le code]

Antonin Artaud a longuement développé le thème de la folie dans ses ouvrages. Georges Simenon a traité à de nombreuses reprises de l'article 64 du Code Pénal Français, qui traite de la responsabilité des criminels[8].

Romans[modifier | modifier le code]

La thématique de la folie est récurrente dans la littérature. Parmi les œuvres majeures, peuvent être cités  : Le Horla de Guy de Maupassant, mais aussi de nombreuses nouvelles (Un fou, Lettre d'un fou, Le Docteur Héraclius Gloss, Rêves, La Chevelure, Madame Hermet, Lui ?, L’Auberge, L’Endormeuse, La folle), Aurélia de Gérard de Nerval, et Nadja, récit d'André Breton, Les aventures d'Alice aux pays des merveilles de Lewis Carrol.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Folie intime, Conversations avec ceux qui ont basculé de Henri Nhi Barte, Gérard Burtheret, First editions, octobre 2002
  • Psychanalyse de la folie sur LeMonde.fr (chronique)[9]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Dans les albums d'Hergé Les Cigares du pharaon et Le Lotus bleu, les trafiquants de drogue que Tintin affronte utilisent un « poison-qui-rend-fou », appelé le radjaïdjah[10]. Philémon Siclone, Zlotzky (Cigares du Pharaon), le messager des Fils du Dragon et Didi (Lotus Bleu) en seront victimes, puis guéries par l'antidote du neurologue chinois Fen-Se-Yeng. Tintin et le maharadjah de Rawajpoutalah simuleront d'avoir été victimes du poison[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) L M Tierney, S J McPhee, M A Papadakis, Current medical Diagnosis & Treatment. International edition, New York, Lange Medical Books/McGraw-Hill,‎ 2002, 1078–1086 p. (ISBN 0-07-137688-7)
  2. (en) An interview with Dr. Joseph Merlino, David Shankbone, Wikinews, 5 octobre 2007.
  3. (en) Tighe, Janet A., "What’s in a Name?": A Brief Foray into the History of Insanity in England and the United States, vol. 33,‎ 2005, 252 p. (lien PubMed?, lire en ligne)
  4. (en) Weinstein, Raymond M., The Blackwell Encyclopedia of Sociology, Blackwell Publishing,‎ 2007, p. 2693-2695
  5. (en) Porter, Roy, Madness-A Brief History', Oxford University Press,‎ 2002 (ISBN 0192802666), p. 10
  6. « 30 août 1483 Charles VIII roi, Anne de Beaujeu régente », sur Herodotes.net (consulté le 18 mars 2013)
  7. Communisme 91-92 - Roumanie, Un Totalitarisme Ordinaire, Édition l'âge d'homme,‎ 2007
  8. « Maigret hésite » d'après le roman homonyme de Georges Simenon, sur www.enquetes-de-maigret.com.
  9. [1], sur le www.lemonde.fr, le 27 mars 2011.
  10. a et b Pierre-Louis Augereau, Hergé au pays des tarots: Une lecture symbolique, ésotérique et alchimique,‎ 1999 (ISBN 2909757846, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]