Pascal Bruckner

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Pascal Bruckner

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Pascal Bruckner à Strasbourg, en 2009.

Activités Romancier, essayiste
Naissance 15 décembre 1948 (65 ans)
Paris
Distinctions Prix Médicis essai, Prix Renaudot, Prix Montaigne, Prix Duménil

Pascal Bruckner, né le 15 décembre 1948 à Paris, est un romancier et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille chrétienne[1][Note 1], Pascal Bruckner passe son enfance entre l'Autriche, la Suisse et la France. Il étudie notamment chez les jésuites à Lyon. Dans Un bon fils, publié en 2014, il parle du passé de son père[3], René Bruckner, ingénieur de l'École des Mines de Paris[4], antisémite convaincu et admirateur de l'Allemagne nazie[2] qui devança le STO et œuvra pour les usines Siemens, à Berlin, puis à Vienne, entre 1942 et 1945[5]. Dans Un bon fils, il évoque aussi l'extrême violence physique exercée par son père à l'encontre de sa mère et de lui-même.

Pascal Bruckner poursuit ses études à Paris, au lycée Henri-IV (hypokhâgne et khâgne), à l'université de Paris I et à l'université de Paris VII, puis à l’École pratique des hautes études.

Sa thèse de 3e cycle, consacrée à l'émancipation sexuelle dans la pensée du socialiste utopiste Charles Fourier (« Le corps de chacun est accessible à tous »), a été dirigée par Julia Kristeva (et soutenue en 1975 à l'Université Paris VII)[6]. Il est à cette époque proche des mouvements trotskistes et maoïstes, mais selon ses dires, non militant. Pascal Bruckner s'illustre d’abord, au milieu des années 1970, aux côtés des « nouveaux philosophes ».

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Depuis 1986, il enseigne dans des universités américaines, notamment celle de New York. À compter de 1990, il a été maître de conférences à l’Institut d'études politiques de Paris mais ne fait pas partie actuellement du corps enseignant permanent. Il collabore au Nouvel Observateur, au Monde et à Causeur.

Essais et engagements[modifier | modifier le code]

On retient de lui : Parias, Lunes de fiel (adapté à l'écran par Roman Polanski), et Les Voleurs de beauté (Prix Renaudot en 1997). Parmi les essais, citons :

De 1983 à 1988, il a été membre du conseil d'administration d'Action contre la faim.

Il est par ailleurs signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[7], plan de paix prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

De 1992 à 1999, il milite contre l'agression serbe en ex-Yougoslavie[8], en Croatie d'abord, puis en Bosnie et au Kosovo. Il figure aux élections européennes de 1994 sur la liste L'Europe commence à Sarajevo. En 1999, il défend l'intervention militaire de l'OTAN contre les forces serbes.

En mars 2003, favorable à la destitution de Saddam Hussein, il appuie la guerre en Irak lancée par le gouvernement de George W. Bush dans un article paru dans Le Monde, cosigné avec un groupe d'intellectuels[9], notamment Romain Goupil et André Glucksmann, qui participeront, trois ans plus tard, à la création de la revue d'orientation néo-conservatrice Le Meilleur des mondes. En mai 2004, il critique dans Le Figaro l'impréparation de l'armée américaine ainsi que l'usage de la torture à la prison d'Abou Ghraib[10].

Autrefois de gauche, il soutient Nicolas Sarkozy pour le second tour de l'élection présidentielle de 2007. Il dira plus tard en avoir été déçu. Il se revendique du camp progressiste, « malgré l'épaisse bêtise et la bonne conscience qui y règnent »[2].

En 2011, il critique l'écologie radicale dans Le Fanatisme de l'apocalypse. Il critique également à plusieurs reprises le concept d'islamophobie, dont il affirme que « calqué sur celui de xénophobie, [il] a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent. »[11],[12]. Cette idée, également défendue par Caroline Fourest et Manuel Valls, est critiquée, notamment par le sociologue Raphaël Liogier et le porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad[13].

Outre ses activités d'écrivain, Pascal Bruckner est éditeur chez Grasset et chroniqueur au Nouvel Observateur.

En novembre 2013, Pascal Bruckner signe le « Manifeste des 343 salauds » publié par la revue Causeur, qui défend les hommes faisant appel aux services de prostituées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Allez jouer ailleurs, Le Sagittaire, 1976.
  • Lunes de fiel, Seuil, 1981 (adapté au cinéma par Roman Polanski).
  • Parias, Seuil, 1985.
  • Qui de nous deux inventa l'autre ?, Gallimard, 1988.
  • Le Divin Enfant, Seuil, 1992.
  • Les Voleurs de beauté, Grasset, 1997 (prix Renaudot).
  • Les Ogres anonymes, Grasset, 1998.
  • L’Amour du prochain, Grasset, 2005.
  • Mon petit mari, Grasset 2007.
  • La Maison des anges, Grasset 2013.
  • Un bon fils, Grasset 2014 (ISBN 978-2-246-80028-6).

Livres jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Le Palais des claques, Po ints-Virgule Seuil 1986.
  • Au secours, le Père Noël revient (illustré par Hervé Di Rosa), Seuil 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bruckner est un patronyme germanique signifiant '« pontonnier »' et porté originellement aussi bien par des protestants que par des juifs. De par sa sympathie exprimée à l'égard de l'État d'Israël, Pascal Bruckner a ainsi souvent été erronément considéré comme un « intellectuel juif »[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hors des pensées battues, Luc Le Vaillant, Libération.fr, 21 juillet 2000
  2. a, b et c Raphaël Leyris, « Pascal Bruckner : mon père ce nazi », Le Monde,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  3. L'histoire de son père nazi, Myboox
  4. Antisémite, raciste, révisionniste... Mon père ce vieux salaud, Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 14 avril 2014
  5. Pacal Bruckner, mon père ce nazi, Raphaëlle Leyris, Le Monde, 17 avril 2014
  6. Catalogue SUDOC
  7. Il faut soutenir le Pacte de Genève, Marianne, 1er décembre 2003.
  8. Pascal Bruckner, « Punir Milosevic », Le Monde, 8 avril 1994
  9. « En France, ces intellectuels qui disent « oui » à la guerre », Le Monde, 20 mars 2003
  10. Pascal Bruckner, « L'intervention américaine en Irak : l'effroyable gâchis », Le Figaro, 11 mai 2004.
  11. L'invention de l'islamophobie, Libération, 23 novembre 2010.
  12. Pascal Bruckner : L’islamophobie, ça n’existe pas !, Causeur, 29 octobre 2012.
  13. Tiphaine Le Liboux, « Pourquoi Valls n’aime pas le mot "islamophobie" », rue89.nouvelobs.com, 4 août 2013.