Dominique Aury

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Dominique Aury

Nom de naissance Anne Desclos
Autres noms Pauline Réage
Activités professeur d'anglais, journaliste, traductrice,
éditeur et écrivain.
Naissance 23 septembre 1907
Rochefort sur Mer,
Poitou-Charentes
Décès 27 avril 1998 (à 90 ans)
Corbeil-Essonnes,
Île-de-France
Langue d'écriture français et anglais
Mouvement effacement du style
Genres essai, roman libertin, poésie
Distinctions littéraires :
* Prix Denyse Clairouin 1949

nationales :

Œuvres principales

Histoire d'O (1954)
Lectures pour tous (1958 & 1999)
Retour à Roissy (1969)
Songes (1996)

Compléments

Compagne de Jean Paulhan

Anne Cécile Desclos, dite Dominique Aury alias Pauline Réage, née le 23 septembre 1907 à Rochefort sur Mer (Charente-Maritime) et morte le 27 avril 1998 à Corbeil-Essonnes (Essonne), est une femme de lettres française.

Première jeune fille admise en khâgne et pionnière du journalisme féminin, elle est l'auteur d'essais, de préfaces et de poèmes. Un quart de siècle durant, elle a été l'adjointe de la direction de la seconde NRF, la première femme à jouer, au sein de la prestigieuse maison Gallimard, un rôle déterminant dans le monde de l'édition française et, conseillère du ministre de l’Éducation, à être reconnue professionnellement pour cela.

Découvreuse de talents et membre de multiples jurys, elle a insufflé par ses choix et ses critiques une orientation résolument[1] moderniste à la littérature de l'après guerre. Cependant elle s'est attachée, en tant que directrice de collection et spécialiste de la littérature baroque et religieuse, à une exigence renouvelée de rigueur classique. Ses traductions ont contribué fortement à l'introduction d'auteurs anglais modernes dans le contexte des lettres françaises.

Compagne clandestine de Jean Paulhan - liaison cachée jusqu'au delà de la mort de celui-ci - elle s'est révélée en 1994, à l'âge de quatre-vingt-six ans, être l'auteur du roman érotique Histoire d'O, publié en 1954 sous le pseudonyme de Pauline Réage en forme de réponse aux fantasmes sadiens des hommes. A ce titre, elle est la créatrice d'un nouveau genre, la littérature libertine féminine.

Photographie d'Anne Desclos

Carrière résumée[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Le poids de la religion et le salut dans les lettres (1907-1926)[modifier | modifier le code]

Fénelon, maître à penser de la jeune Anne Desclos condamné pour l'hérésie quiétiste, que l'Église jugea trop complaisante à l'égard de la ferveur hystérique manifestées par des femmes, telles Marie de l'Incarnation ou Marie de Saint-Joseph, réduites à n'exister socialement que par une surenchère mystique.
Illustration pour Le Sopha de Crébillon.
C'est dans la bibliothèque de son père que la jeune Anne Desclos découvre une littérature libertine dénonçant l'hypocrisie d'une morale et l'échec d'une religion qui fustigent le corps et l'inquiétude nécessaire du pécheur[2].

« Pecca fortiter[3]. »

— Devise adoptée par Dominique Aury adulte[4].

Anne Desclos vit sa petite enfance auprès de sa grand mère en Bretagne. Elle grandit à Rochefort, éduquée par une mère austère et misanthrope[5] dans une catéchèse qui commande l'abdication de soi[4]. Petite fille émue aux larmes par les chœurs de l'office, elle découvre la volupté dans la prière et, quoiqu'incertaine quant au vœu de chasteté exigé, elle envisage une vie recluse dans l'obéissance et la pauvreté[4].

Très tôt, elle fréquente le quiétiste Fénelon et le licencieux Crébillon fils[4]. Élève du lycée Fénelon à Paris, elle est séduite par le personnage de Valmont et se passionne pour les Kim, Cordelia et Virginia Woolf qu'elle découvre à travers son père. Auguste Desclos est un agrégé d'anglais à la fois sportif, qui avait fondé l'US Avranches[6], et érudit reconnu[7], dont la bibliothèque comprend les libertins[5]. C'est aussi un séducteur.

C'est au cours de cette adolescence qu'elle apprivoise son ambivalence sexuelle. Brune assez quelconque, elle est fascinée par les demoiselles, moins en elles-mêmes que par quelques traits propres à certaines supposés les rendre attirantes aux yeux des hommes. Elle devient la première jeune fille admise en khâgne au lycée Condorcet où son père enseigne, classe qui est une véritable école d'écriture et de style.

De la Jeune Droite à la modernité (1927-1938)[modifier | modifier le code]

Elle poursuit en Sorbonne un cursus d'anglais sur les traces de son père, et y intègre un groupe d'étudiants maurrassiens. Il lui prend parfois de s'amuser à marcher dans les Halles déguisée en prostituée[5]. Licenciée, elle épouse en 1929 l'un d'eux devenu journaliste, l'aristocrate catalan Raymond d'Argila, et en a un fils, Philippe, mais c'est une femme battue. Son mari a des accès de violences.

En 1933, elle retourne vivre chez ses parents, en emmenant son fils, et commence, à Paris, à donner des cours de français à des étudiants américains, métier qu'elle exercera pendant six années. Elle entretient dès lors une liaison enflammée avec le journaliste d'extrême droite Thierry Maulnier et divorce pour lui. Biographe et exégète de Racine[8] défenseur, face aux surréalismes, d'une esthétique néoclassique et réactionnaire, ce normalien de la même promotion que Robert Brasillach conduit au sein de l'Action française, avec Jean-Pierre Maxence et Claude Roy, une ligne dissidente, plus radicale, opposée à la compromission actée par les accords de Latran, avec le fascisme de Mussolini, qu'il qualifie de collectivisme pas français[9]. Avec Maurice Blanchot, il fonde en 1937 un hebdomadaire, L'Insurgé, pour lutter contre le Front populaire. Il y fait publier régulièrement, à la rubrique des arts, des articles que son « Annette » signe, s'inspirant du nom de sa mère Louise Auricoste, du pseudonyme androgyne de Dominique Aury, sans que le comité de rédaction lui-même ne découvre avant longtemps l'identité ni même le sexe de l'auteur. Jean de Fabrègues publie à son tour ses articles dans le mensuel Combat (1936-1939). Avec Helen Hessel, Françoise d'Eaubonne, et Édith Thomas, rejointes ultérieurement par Simone de Beauvoir[10], elle illustre alors l'émergence timide de la première génération de femmes journalistes.

Des collègues[11] de son père au sein de l'Office National des Universités[12] lui transmettent les numéros de la revue Mesures (1935-1940) que Jean Paulhan livre régulièrement à leur bureau du boulevard Raspail. Par cette revue, que dirige l'écrivain américain Henry Church, elle s'initie aux finesses et aux audaces de la critique littéraire moderne, telle que la pratiquent, entre autres, Adrienne Monnier, Henri Michaux, Bernard Groethuysen, Giuseppe Ungaretti, Jean Paulhan lui-même. C'est au cours de cette période qu'elle découvre l’œuvre de Sade. Cinq années de suite, elle relit cinq fois en entier la Recherche de Proust[5].

Employée de Vichy au service de la Résistance (1939-1944)[modifier | modifier le code]

Jean Paulhan en 1944. La rencontre en 1941 dans la Résistance de Dominique Aury avec son aîné de presque vingt trois ans se transforme à la Libération en une liaison cachée qui durera jusqu'à la mort.

En 1939, au début de la guerre, réfugiée à la campagne, elle adresse une candidature au journal féminin Tout et Tout et est engagée comme chroniqueuse par le directeur, Georges Adam[13]. Celui-ci la prend en sympathie, devient son premier véritable correcteur et lui enseigne le métier de rédacteur. Leur collaboration continue après la défaite quand le journal est interdit et que Georges Adam prend en charge la diffusion clandestine des Lettres françaises[13]. Petite main du CNE au sein de la Résistance, son travail de mise sous pli, qui a valu à plusieurs de ses collègues d'être déportées[13], l'amène à déposer des exemplaires au bureau de la NRF. Elle y croise les membres du comité de rédaction, Léon-Paul Fargue, Bernard Groethuysen, Germaine Paulhan et son mari, Jean, qu'elle ignore être le directeur clandestin de la revue qu'elle colporte. Celui-ci lui fait tout de suite confiance et lui donne à lire pour avis les épreuves[14].

Il propose à son directeur, Pierre Drieu la Rochelle, d'en faire la secrétaire de direction de la revue, ce que celui-ci refuse parce que c'est une femme[14], et l'introduit dans le cercle de ses amis écrivains, tels Marcel Jouhandeau, Jean Cocteau, André Gide, Pierre Herbart ou Édith Thomas. Elle ne rompt par pour autant les liens tissés avant guerre, en particulier avec Maurice Blanchot, dont la complicité fraternelle, voire charnelle[15], ne faillira jamais, et Thierry Maulnier, qui rédige la préface d'une anthologie de poèmes pré classiques qu'elle publie en 1941[16] et qu'elle assiste l'année suivante dans l'établissement d'une anthologie plus générale[17]. L'illustrateur Bernard Milleret, devenu à son tour son amant[15], fait au crayon deux portraits d'elle[18]. En 1943, Jean Paulhan fait publier chez Gallimard l'Anthologie de la poésie religieuse française, troisième recueil commenté qu'elle a élaboré.

Cette même année, elle rejoint, au sein du COIACL, le service du rationnement du papier d'imprimerie de Marguerite Donnadieu, où elle s'efforce, lors des votes autorisant la distribution de papier, de ne pas céder à la censure ou l'autocensure. Elle vote par exemple en faveur de la publication de Robert Desnos, la veille de l'arrestation de celui-ci[19]. De Marguerite Donnadieu, qui organise chez elle, rue Saint-Benoît, des réunions avec ses amis intellectuels, Dominique Aury reste très proche jusqu'à la fin de l'Occupation et de leur office[19].

Les Lettres Françaises et la littérature anglaise (1945-1951)[modifier | modifier le code]

André Gide en 1947, figure tutélaire d'avant guerre de la littérature d'après guerre, prix Nobel employeur, guide et soutien de Dominique Aury.

À la Libération, elle contribue à la revue anticolonialiste La Nef[20]. Jean Paulhan, pour aider son amie, lui demande de se charger de la rubrique romans d'un hebdomadaire que René Delange s'efforce de lancer mais, en dépit d'un non-lieu prononcé par la chambre civile en octobre 1946[21], le passé de ce dernier, directeur collaborationniste du journal Comœdia, fait avorter le projet. L'emploi de Dominique Aury aux Lettres françaises est officialisé. Elle y tient jusqu'en 1952 une revue de la presse anglaise et y publie des interviews illustrées par le portraitiste Bernard Milleret[22]. Parallèlement, elle entre dans le métier de l'édition, aux Éditions France, en assurant auprès d' André Gide et Jean Amrouche un travail de rédaction à L'Arche, autre revue issue de la Résistance[23] où elle se lie à Albert Camus et Jules Roy. En 1946, Jean Paulhan lui fait quitter L'Arche pour les Cahiers de la Pléiade, par lesquels ils œuvrent à la résurrection de la maison Gallimard.

En février 1947, alors que Jean Paulhan, en désaccord avec la censure d'épuration mise en œuvre par Louis Aragon et le CNE, est en train de quitter les Lettres françaises, elle publie avec celui-là aux Éditions de Minuit La patrie se fait tous les jours, une anthologie de textes écrits sous l'Occupation par soixante écrivains engagés dans la Résistance comportant une notice pour chacun d'eux. Séduite par la finesse d'esprit de son aîné de vingt-trois ans avec lequel elle partage une exigence spirituelle, elle en devient, à l'occasion de ce travail en commun commencé des mois auparavant, la maîtresse secrète.

En 1948, elle établit l'édition complète de François Villon[24] pour la Guilde du livre de Lausanne, éditeur dont elle prend à partir de l'année suivante la direction de la collection La Petite Ourse, puis de celle des Classiques français.

Traductrice de Philipp Toynbee (en), elle est sollicitée par André Gide pour révéler au public français James Hogg[25]. En 1949, le Prix Denyse Clairouin vient récompenser son œuvre de traductrice, principalement celle de deux œuvres d'Evelyn Waugh[26] et d'Arthur Koestler[27]. L'année suivante, sans cesser ses fonctions à la Guilde, elle entre au comité de lecture des Éditions Gallimard, seule femme durant un quart de siècle à exercer une fonction aussi influente dans l'édition française. Elle publiera par la suite chez différents éditeurs ses traductions de certains romans d'auteurs qui lui tiennent particulièrement à cœur, tel Francis Scott Fitzgerald[28], et Henry Miller[29], et fera découvrir au lectorat français John Cowper Powys et Yukio Mishima[30], entre autres.

Genèse d'un chef-d'œuvre du classicisme (1952)[modifier | modifier le code]

« J'ai tout de suite pensé que ce livre allait être une révolution »

— Jean-Jacques Pauvert, éditeur d'Histoire d'O[31].

Prédatrice de femmes, elle noue à partir du milieu des années 1940 avec la chartiste Édith Thomas une liaison devenue, dans son jeu de séduction, un véritable attachement[32]. C'est à cet écrivain et journaliste engagée, biographe de Pauline Roland et de Flora Tristan, qu'elle empruntera les traits principaux pour composer la figure d'Anne-Marie, le personnage du troisième des quatre chapitres d'Histoire d'O[33]. Avec Gaston Gallimard et Marcel Arland, Dominique Aury est impliquée étroitement dans le projet de refondation de la NRF que poursuit Jean Paulhan depuis qu'elle en est devenue parallèlement la maîtresse. Son amant perd la mère de ses enfants en 1951 et, depuis plus de dix ans, sa seconde épouse sombre peu à peu dans une maladie de Parkinson. Effarouchée par un possible triangle amoureux, la donjuanne s'éloigne alors d'Edith Thomas, avec laquelle elle ne rompra cependant jamais totalement malgré l'interdiction de Jean Paulhan et qu'elle continuera d'aimer « comme un homme aime une femme »[34].

Passé l'âge de quarante ans, elle craint de ne pouvoir retenir l'homme à femmes[35] qui lui a donné quelquefois la certitude d'être aimée. À la remarque de celui ci, qui termine un essai sur Sade[36], lui remettant un livre masochiste japonais[37] que « les femmes ne peuvent pas écrire de romans érotiques », elle rétorque : « Moi aussi je pourrais écrire de ces histoires qui vous plaisent… »[38]. Elle se met à la rédaction d'une « lettre d'amour »[39] par nuit adressée poste restante[4] à son amant, acte autant que récit en abyme du sacrifice passionnel d'une femme pour l'être aimé comme image de Dieu incarné dans toutes ses turpitudes. Par l'aveu aussi mystique[40] qu'érotique de sa condition de pécheresse, elle accomplit, ou profane, cet amour, exalté par le Fénelon de son adolescence, qui « avilit infiniment tout ce qui n’est point le bien-aimé »[41]. Confession intégrale mais complaisante de soi autant que subversion de son lecteur dans les formes les plus décentes[42] du grand style, la correspondance à sens unique devient en trois mois, sans que son destinataire n'y ait changé un mot, Histoire d'O.

Le scandale, la critique et la censure (1953-1955)[modifier | modifier le code]

Le projet de nouvelle Nouvelle Revue réalisé le 1er janvier 1953, Dominique Aury siège au Comité de lecture, où ses analyses seront déterminantes. Son éditeur Gallimard, dans l'ignorance de l'identité de l'auteur, se range à l'avis de Jean Dutourd de refuser le roman scandaleux, que René Defez accepte pour les Éditions des Deux Rives. Une copie accompagnée d'une préface intitulée Le bonheur dans l'esclavage et signée Jean Paulhan en ayant été remise par celui-ci en janvier 1954 à Jean-Jacques Pauvert, premier éditeur déclaré de Sade, le manuscrit est arraché précipitamment par le jeune éditeur à son concurrent[43], déjà sous le coup de la censure pour un autre livre. À moins de trente ans, il publie en juin 1954 six-cents puis trois fois de suite mille autres exemplaires de ce qui, initialement réservé au seul cercle d'une critique aiguillonnée par la préface et le scandale, deviendra un de ses premiers best-sellers.

Simultanément, il confie la publication en anglais à Maurice Girodias, c'est-à-dire les éditions Olympia Press. La traduction est bâclée et vulgaire mais la sortie, interdite dans un premier temps aux États-Unis, y fait sensation, où les deux mille exemplaires imprimés sont épuisés en trois semaines. Deux ans plus tard, la nouvelle traduction d'Austryn Wainhouse (en), infidèle et édulcorée, paraît sous le titre The Wisdom of the Lash pour déjouer la censure. Traduite depuis en dix-sept langues, l’œuvre, constamment rééditée, compte plusieurs millions d'exemplaires dans le monde[44], ce qui fait de Dominique Aury l'un des auteurs les plus lus de la littérature française.

Acte d'engagement du jury, le prix des Deux Magots est attribué dès février de l'année suivante à Pauline Réage. Gilbert Lely, seul à la démasquer, la compare à Fénelon tel qu'il a été étudié par Dominique Aury. La critique[45], ne s'arrêtant pas au récit noir[43] de « la luxure à l'état pur »[46] « où c’est l’imagination qui supplée à l’engourdissement de l’instinct (…) [de] (…) tant de vieillards obsédés »[47], soutient l'auteur anonyme face aux risques judiciaires que la censure[48] lui fait encourir. Elle lit dans sa tragédie doloriste[43] un délire[49] « mystique »[50] dans la lignée du Cantique des Cantiques et de Tristan et Iseut[49], une quête complaisante de la mort, comparable à celle de La Religieuse Portugaise ou de Thérèse d'Avila[50] mourant « de ne pas mourir »[51], de Catherine Emmerich ou à l'opposé d'Héloïse[42] se préférant en « fille de joie »[52], par lequel l'esprit s’élève à proportion que la chair déchoit[50] pour se fracasser, tel le héros de Roberte, ce soir[53], sur « l'impossibilité de l'érotisme »[51].

Cultivant le malentendu avec un public sensible aux scènes de divertissement pornographique, cette critique subversive choisit au contraire, en vain face à la censure, de mettre en avant la représentation que fait l'auteur d'une expérience intérieure quiétiste et de la nécessité du Péché subi dans toute sa crudité, peut-être, à l'imitation du Christ flagellé, jusqu'au sacrifice humain[54], pour éprouver en ce monde damné l'extase de la Grâce : « (...) le silence son refuge y [était] peut-être pour quelque chose (...). Chaque jour et pour ainsi dire rituellement salie (...), elle se sentait à la lettre le réceptacle d’impureté, l’égout dont parle l’Écriture (...) Qu’à être prostituée elle dût gagner en dignité étonnait, c’est pourtant de dignité qu’il s’agissait. Elle en était éclairée (...) et l’on voyait (...) sur son visage (...) l’imperceptible sourire intérieur, qu’on devine aux yeux des recluses »[55].

La NRF aux côtés de Paulhan (1956-1967)[modifier | modifier le code]

Les fils qui m'ont attachée
Sont plus fins que des cheveux
Si la main les tire un peu
Qui les a pris à poignée
J'entends répondre sans voix
La captive volontaire
La muette la prisonnière
Que je cache au fond de moi
Son sang me brûle les veines
Des épaules aux genoux
Elle se tait mais c'est nous
Qui perdons ensemble haleine
Si les fils incandescents
Leur réseau de moi détachent
Si l'étreinte se relâche
Par quoi je vais respirant
Je deviendrai cendre éteinte
Scorie poudre et sable au vent
Gravats débris pavement
Sel de gemme asphalte peinte
Pour me renfoncer en terre
Au plus proche au plus commun
Pour que la chaleur des mains
Se refroidisse à la pierre
Et que me marche dessus
Le roi qui m'a caressée
Déchirée brûlée jetée
Vide défaite et rompue.
Les fils,
poème-confession d'Anne Desclos[56].

« (...) les prismes pour décomposer la lumière fixe des astres morts[57]. »

— Ligne éditoriale de « D. A. » assignant les romans modernes à renouveler les mythes éternels.


La Brigade mondaine en revanche convoque Jean Paulhan, qui avait échappé à la Gestapo et ne dénonce personne aux policiers astreints à un cours de littérature. Ceux-ci poursuivent Anne Desclos pour « outrage aux bonnes mœurs » jusque chez elle, où elle habite avec son fils et ses parents[5]. L'auteur n'évite le procès qu'en 1957 à la suite d'un dîner ourdi par son médecin, Odette Poulain, et l'intime de celle ci, le général Corniglion-Molinier, ministre de la Justice enchanté de se trouver face à une femme modeste et vertueuse. Le livre restera toutefois sous le coup de la triple interdiction[58] de vente aux mineurs, d'affichage et de publicité, noyant l'écrivain Dominique Aury dans une « conspiration du silence »[43]. L'année suivante Jean de Berg lui rend un hommage clandestin en lui dédiant son roman sadomasochiste, L'Image[43], fiction[59] publiée sous le manteau avec une préface signée par Alain Robbe-Grillet des initiales de Pauline Réage.

Toujours au second plan, « femme d'à côté », Dominique Aury continue jusqu'en 1977 sa carrière effacée et influente comme secrétaire générale de la NRF auprès de Jean Paulhan puis de Marcel Arland et de Georges Lambrichs. Parfaitement bilingue, « La Fouettée »[60] est celle qui permet à la maison d'ouvrir le public français à la littérature internationale[60]. En 1956, elle publie Lecture pour tous, essais savants où elle étudie à travers des œuvres choisies, depuis Tristan jusqu'à Lolita en passant par René, les auteurs qui s'y cachent. Elle en est récompensée par le Grand Prix des Critiques. Elle participe à de nombreux jury littéraires, ceux des

Elle y exerce avec conviction[61] une partialité constante en faveur de la maison Gallimard. En 1960, elle quitte la Guilde du livre. La NRF publie certains de ses poèmes sous le titre de Songes[62], qui sera repris pour une première édition dédiée trente ans plus tard[63]. Elle reçoit la Légion d'honneur des mains du général de Gaulle, lequel n'a pas été laissé dans l'ignorance de l'identité de Pauline Réage[64]. En 1961, elle crée chez Gallimard une collection, L'Histoire fabuleuse, consacrée à de nouveaux talents, tel Michel Bernard[65], réinterprétant les « héros, les mythes et les civilisations perdues (…) pour que l'enchantement demeure »[57]. L'aventure dure trois ans mais ce souci de concilier classicisme et modernité est restée la signature de la NRF, gage de reconnaissance pour les écrivains. Par la suite, elle confert à François Nourissier la notoriété en l'y faisant entrer.

En 1962, les trois mil six cent premiers exemplaires d' Histoire d'O étant épuisés, Jean-Jacques Pauvert lance une nouvelle édition et en confie la diffusion en anglais à Grove Press l'année suivante. Ce n'est qu'en 1965, après un procès en appel, que peut paraître la nouvelle traduction faite par Richard Seaver (en). Ayant signé Sabine d'Estrées, celui-ci évite les peines prévues par la censure, beaucoup plus sévères dans certains états des États-Unis. Au Royaume-Uni, les copies sont saisies[66] mais la diffusion s'organise depuis Paris. En 1967, Maurice Béjart veut créer un ballet Histoire d'O mais finit par renoncer dans un contexte délétère d'homophobie exacerbée par le choix de Dominique Aury et Jean Paulhan de publier l'anti-militariste Tombeau pour cinq cent mille soldats, dans lequel Pierre Guyotat dépeint sans pudeur l'homosexualité masculine.

La liaison de Dominique Aury avec Jean Paulhan s'enchevêtre de celle qu'elle noue avec Janine Aeply, la femme et collaboratrice du peintre caractériel Jean Fautrier, adepte violent de parties fines et illustrateur du sulfureux Georges Bataille, mais la relation à quatre qui se propose restera confinée au fantasme. C'est que, habitante de Malakoff, elle s'efforce de rejoindre le plus souvent possible sa maison de campagne à Boissise-la-Bertrand, 7 rue François Rolin, où elle vit avec un âne et un Jean Paulhan souffrant de ses blessures de guerre et d'une sciatique, malade qu'elle veille, elle-même migraineuse, avec abnégation[67] jusqu'à la mort de celui-ci en 1968.

Effacement en clair obscur (1968-1998)[modifier | modifier le code]

« J'ai vécu avec lui (...) la dernière part de moi vivante, de ma vie d'être vivant. Après, je n'ai pas vécu. J'ai cessé. Tout. »

— A propos de Jean Paulhan, Anne Desclos en 1998 à la cinéaste Pola Rapaport venue la photographier.

Au printemps 1968, alors que Jean Paulhan se meurt à l'hôpital, elle rédige la nuit à son chevet Une fille amoureuse, où elle s'explique dans ses rapports secrets à l'homme aimé. Le texte sert de préface l'année suivante au cinquième et dernier chapitre, initialement écarté, du manuscrit d'Histoire d'O qu'elle publie sous le titre Retour à Roissy. Quelques mois plus tard, c'est Édith Thomas qu'elle perd.

En 1972, son amie Janine Aeply, dans une démarche et un style directement inspirés de la leçon de Pauline Réage[43], publie, sur les traces d'Emmanuelle Arsan et de Violette Leduc, le récit de son expérience échangiste, Eros zéro[68]. Suivront à leur tour Xavière Gauthier et Anaïs Nin puis les « filles d'O »[69], Catherine Millet, Régine Deforges, Francoise Rey, Vanessa Duriès, Florence Dugas, Alina Reyes, Sonia Rykiel, Virginie Despentes… Trois siècles après L'École des filles, en accord avec l'évolution des mœurs et la libération de la parole des femmes, un genre littéraire nouveau s'affirme[70], que Marguerite de Navarre n'aura qu'effleuré et dont Dominique Aury aura été la pionnière.

En 1974, elle devient membre du Conseil supérieur des Lettres et accepte une interview préservant son anonymat pour L'Express. L'hebdomadaire publie en une une image choquante de Corinne Cléry extraite de l'adaptation cinématographique d'Histoire d'O que Just Jaeckin a réalisée à la suite du film Emmanuelle. Le scandale rendu public par le cinématographe, les manifestations du MLF, les protestations de l'Église catholique portées par Monseigneur Marty, les pressions de la congrégation pour la doctrine de la foi et du PCF sont d'une telle ampleur que le Parlement, voulant éviter le retour à la censure, légifère sur la diffusion des films pornographiques en créant une « catégorie X » puis vote une taxe prohibitive sur les recettes. Au Royaume-Uni, le film restera interdit jusqu'en février 2000 et aux États-Unis le livre, pour lequel en 1969 le libraire montréalais Guy Delorme avait été arrêté[71], fera l'objet d'un autodafé organisé par des féministes sur un campus en 1980[5]. En France, le succès du film, quoique celui ci, désavoué par l'écrivain, ne rende rien de son exercice de style ni de sa composition barthienne, fait passer les ventes à 850 000 exemplaires[4], grâce à l'édition de poche[72] que vient compléter une réédition préfacée par Michel Décaudin de celles de 1967 et de 1969 ainsi qu'une réimpression de l'édition de prestige illustrée en 1962 par Leonor Fini[73].

Dans la prison enchantée
L'envers du monde brodant
Fallait-il tant désirer
Quitter l'ombre pour le vent
Fallait-il poursuivre un songe
Au passant fallait-il croire
Il n'a dit qu'un seul mensonge
Le mensonge est dans l'espoir
Deux strophes d'Anne Desclos
publiées par Régine Desforges[74].

En 1994, elle reçoit le reporter John de Saint-Jorre, qui mène une enquête sur Maurice Girodias, l'éditeur obstiné de Story of O. Un compte rendu publié dans The New Yorker[75] trahit la confidence, confirmant les rumeurs selon lesquelles Dominique Aury est la mystérieuse Pauline Réage, qui avait été jusqu'alors identifiée à Jean Paulhan, à André Malraux, à André Pieyre de Mandiargues, à Henry de Montherlant, à Alain Robbe-Grillet… un écrivain qui ne pouvait être qu'un homme. L'article précise que le prénom du pseudonyme fut choisi en hommage aux héroïnes de l'écrivain, Pauline Borghese et Pauline Roland, avant que ne soit trouvé sur une carte d'état major le nom évocateur de Réage. D'aucuns ont remarqué que Pauline Réage est l'anagramme à un h près d' égérie Paulhan.

En 1996, deux ans avant sa mort, est publié le recueil Songes, une partie de son œuvre poétique.

« (...) je n’aurai jamais rien fait. Une fois, transmis des fantasmes, oui, mais si bien transmis qu’ils ne sont plus à moi. »

— Dominique Aury à Édith Thomas en 1968.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La liste n'inclut pas les innombrables articles de critique littéraire que Dominique Aury a produit en tant que journaliste et chroniqueuse littéraire.

Poésie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Études d'auteurs choisis
Participations à des présentations thématiques
Essais pédagogiques publiés avec le concours du Centre national des lettres

Sous le pseudonyme de Pauline Réage[modifier | modifier le code]

Anthologies critiques[modifier | modifier le code]

Poésie
Littérature générale
Correspondance de Jean Paulhan

Traductions[modifier | modifier le code]

Figures de la littérature anglaise (1944-1963)
Écrivains des marges (1956-1994)

Préfaces[modifier | modifier le code]

En tant que directrice de collection à la Guilde du Livre
Œuvres d'écrivains femmes
Thèmes choisis

Principaux articles parus dans les revues de critique[modifier | modifier le code]

Premiers articles biographiques (1939-1952)
Principales contributions à la nouvelle Nouvelle Revue française (1953-1984)
Autres critiques

Scénarios[modifier | modifier le code]

Palais de la Méditerranée, Nice, 29 mars 1955,
Théâtre Hébertot, Paris, du 5 au 11 juin 1955
  • J. Bourdon, Le Soleil dans les yeux, Films Borderie & Reggane Films, 1962,
adaptation cinématographique du roman de Michèle Perrein.

Aphorismes[modifier | modifier le code]

« (...), on regarde un supplice qui n'en finit pas. Mais on reste, on écoute de toutes ses forces pour entendre à travers les cris ce qui n'échappe aux âmes que dans les supplices, la vérité de de la honte, du remord, du désir, du désespoir[77]. »

— A propos du journal intime de Benjamin Constant.

« Les actes laissent des traces moins profondes que le rêve[78]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Entretiens publiés par écrit
Entretiens audio visuels
Sur l'écrivain
Sur l’œuvre
Sur son père
  • Ch. Okret Manville, La politique de promotion culturelle britannique en France (1930-1953) - De la publicité aux relations culturelles. - thèse de doctorat, IEP, Paris, 2002.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

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