Leopold von Sacher-Masoch

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Leopold von Sacher-Masoch

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Leopold von Sacher-Masoch vers 1860-70.

Nom de naissance Leopold von Sacher-Masoch
Naissance 27 janvier 1836
Lemberg (Empire d'Autriche)
Décès 9 mars 1895 (à 59 ans)
Lindheim (Allemagne)
Langue d'écriture Allemand

Œuvres principales

Leopold von Sacher-Masoch, né le 27 janvier 1836 et décédé le 9 mars 1895[note 1],[1] à Lemberg en Galicie[note 2], est un historien et un écrivain. Les ascendances de Masoch sont slaves, espagnoles et bohémiennes. Son père est chef de la police à Lemberg[2]. Eva von Sacher-Masoch est la grande-nièce de Sacher-Masoch, et la mère de la populaire chanteuse et actrice anglaise Marianne Faithfull.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Leopold von Sacher-Masoch est né de Leopold von Sacher et de Caroline Masoch, fille d’un médecin ukrainien. En 1838 le père ajoute le nom de son épouse à son patronyme et devient comme son fils Leopold von Sacher-Masoch père.

Une parti9

des renseignements sur sa vie et sa descendance proviennent de Carl-Felix de Schlichtegroll, auteur de Sacher-Masoch und der Masochimus (« Sacher-Masoch et le masochisme »), qui aurait consulté des archives chez Hulda Meister deuxième épouse de l'écrivain. Le document utilisé par Carl-Felix de Schlichtegroll aurait disparu pendant la deuxième guerre mondiale. Carl-Felix de Schlichtegroll en avait fait une biographie polémique. Beaucoup plus neutre est celle de Bernard Michel qui a consulté les archives de la petite fille de Sacher-Masoch : Mme Mechtilde Saternus[3].

« Et tout mes romans lorsqu'ils ne traitent d'une matière historique sont née de ma vie, baigné du sang de mon cœur » C'est avec cette citation de Sacher-Masoch que Bernard Michel introduit sa biographie. Sacher-Masoch est un écrivain né dans la génération intellectuelle scientiste et antcléricale[4].

Il est baigné entre l'art russe de Tourgueniev et de Gogol, passionné par la génération des romantiques et le pessimiste scientiste d' Schopenhauer et de Darwin. Contrairement à une partie des intellectuels autrichiens qui se sont ralliés à la supériorité germanique et au nationalisme pangermaniste Il est en 1866 anti-bismarckien Partisan des pauvres, ami des paysans, philosémite, il ne cache malgré tout pas la vulgarité des capitalistes juifs trop vite enrichis[5].

Sacher-Masoch est généralement considéré par les biographes comme anti-allemand, philosémite et francophile [6]. Toutefois, il écrit dans une histoire galicienne 1858: « Je suis Allemand, je pense, je sens et je veux en Allemand[7] ».

Et lorsque Sacher-Masoch évoque l'image de sa patrie natale il écrit : « Je vous salue tous, comme tous nous a enfanté un pays, la Galicie : Polonais, Ruthène, Allemands Israélites, que vous portiez le c'zmerkala tricorne [...] Que vous priez dans les synagogues, les temples , la cirkew ou à l'église, je vous salue de tout cœur[8] ».

« Au lieu d'être expliqué par son hérédité, Leopold von Sacher-Masoch a choisi d'inventer la sienne[9] ». « Derrière Sacher-Masoch se profile toujours la personnalité attachante et mystérieuse de son père : son double révéré, craint adoré, avec les mêmes goûts du luxe et du plaisir, la même passion du chasseur pour la traque de sa proie vivante, le même manque de modestie pour exalter sa propre réussite[10] »

« Sa famille paternelle était d’origine espagnole. Don Mathias Sacher combattit les protestants d’Allemagne à Mublberg sous l’empereur Charles-Quint, fut retenu en Bohême par une blessure, y épousa une marquise Jementi et fit sa patrie de celle de sa femme. Les Sacher vinrent en Galicie avec Jean-Népomucène, grand-père du romancier[11] »,

« En 1897, le professeur Masoch était entré en conflit avec l'université pour avoir attribué un diplôme à un Juif chirurgien sans l'autorité préalable du représentant des études médicales[12] ».

Accusé d'être Juif, il s'en défend. Il est pourtant marqué dès l'enfance par l'esprit juif. Don Mathias espagnol serait juif. Les allemands sont méfiants face à la généalogie de Sacher-Masoch car il est considéré comme protégé par l'argent juif. Masoch affirme qu'il est ami et protecteur des juifs, mais pas juif lui-même. « Son ancêtre Mathias Sacher n'était pas juif, mais, à l'extrême rigueur, d'origine sarrasine[13] ».

Nous sommes le 27 janvier 1836 la ville de Leopold est en émoi. Le grand-père Johann Nepomuk coure le visage enduit de savon. Le barbier s'élance derrière lui. On ouvre les bouteilles de Bordeaux. Caroline la femme du préfet vient de donner naissance à Leopold. L'enfant est baptisé dans le rite catholique. Et pour cet enfant la première apparition qui émerge des nimbes de son passé c'est Handscha sa nourrice ukrainienne. Elle est là. Elle devient un personnage récurrent dans l'œuvre masochienne. Lorsque Sacher-Masoch la décrit, il précise qu'elle porte des bottes de maroquin rouge[14]. Nombreuses seront les femmes cruelles bottées de maroquin rouge dans l'œuvre masochienne[14]. Pour Masoch les femmes qui l'entourent ont toutes une référence à une œuvre d'art, un peintre, pour Handscha c'est une madone de Raphaël. L'art sera, pour Sacher-Masoch une de ses images primitives.

« À la différence de sa véritable mère, la nourrice Handscha apparaît rétrospectivement à Leopold comme un objet de désir sexuel qui prend tout son prix, justement parce qu'elle est convoitée par ce qui compte dans la société, dans la hiérarchie du pouvoir et de l'amour. Elle est l'image originelle de la séductrice, ce qu'il ne cessera de rechercher toute sa vie. Elle a tous les caractères physiques : grande avec formes opulentes, des traits plein de noblesses. Toutes les femmes qu'il aimera, la Kottowitz, la Pistor, Wanda apparaissent comme des réincarnationde ce qu'il appelle « son idéal de femme » et qui est son image à elle. C'est elle qui perturbe par sa présence le triangle œdipien, et fait peser la menace de la transgression[14]. »

Les récits du folklore ukrainien de cette dernière et les mouvements révolutionnaires et nationaux dont il fut témoin marquèrent profondément le jeune Léopold, et par conséquent l'influencèrent ultérieurement. Il mentionne Handscha dans ses souvenirs publiés en 1887 dans Le Gaulois[15].

Handscha fut la première qui lui donna le goût du cruel[note 3], et implacable en lui racontant les légendes d'Ivan le terrible, de la czarine noire et de la juive Esterka « cette Pompadour juive de la Pologne » qui enchaînait le roi Casimir le Grand[11].

Sacher-Masoch passe ses premières années dans la préfecture de police, lieu privilégié pour les mises en scènes soldatesques et les déguisements[16]. Dans cette maison de police qui fut la maison de son enfance, il y rencontre des vagabonds, des criminels enchaînés, des « prostituées ricanantes et fardées[17] ». Chaque jour on administrait la schlague[18] sous les fenêtres de la maison de son enfance[19]. Avec Handscha il parle russe, langue natale de sa nourrice. Il fait également l'apprentissage d'autres langues le français le ruthène, le polonais et s'initie à l'allemand Le milieu culturel dans lequel il évolue est celui d'un Panslavisme populaire rehaussé d'une pratique du français apanage de la bourgeoisie cultivée. Jean-Paul Corsetti ajoute qu'il est aidé par une gouvernante française, du nom de Mlle Martinet[16].

Rusalkoja (1877) Witold Pruszkowski

Sa mère lui chante de tristes chansons polonaises. Sa grand-mère préfére les chants populaires, plus gais comme Krakowiak[20]

Par Mlle Martinet, le français devient sa deuxième langue maternelle.
À cinq ans il lit et parle couramment le français. Il lit Télémaque, le Don Quichotte et les Contes des mille et une nuits.

Il se familiarise plus avec les dieux grecs qu'avec Jésus. Avec Pâris, il dit donner la pomme fatale à Vénus, « Je voyais Troie brûler et suivais Ulysse dans ses voyages aventureux[21] ».

Tandis que Thérèse Bentzon, qui fut sa traductrice et son agent, raconte que Barbe-Bleue et le Chat botté l’enchantèrent à l’égal de Twardovski et de la Roussalka[11].

À dix ans il lit Molière, la campagne de 1812, de Ségur, le Gil Blas, à douze ans Voltaire souvenirs publiés dans Le Gaulois[22]
Il se passionne pour Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie. Il trouve une sensibilité à la nature. Il ignore la littérature romantique française ne lit de Balzac que la physiologie du mariage.
Bernard Michel regrette que Masoch n'ai pas lu Stendhal, Il trouve Mathilde de La Mole particulièrement proche des héroïnes masochiennes[23].

Une fièvre typhoïde le cloue au lit. Dans ce texte aux accents proustiens nous dit Bernard Michel, Sacher Masoch évoque ses fantasmes. « J'éprouvais une sorte de volupté en la servant, en lui obéissant, en subissant ses caprices.
Des ours, la belle sultane, Napoléon 1er. En lisant Jean-Jacques Rousseau avec Mlle Lambercier, il comprend que son cas n'est pas isolé[24] »
.

Il coure dans la campagne raconte que sa fantaisie lui joue des tours comme le Chevalier de la manche. Il affirme qu'il possède au suprême degré la faculté caractéristique des Russes, celle de savoir écouter et observer. Il écoute la nature, il la personnifie. La Nature est Femme. Elle est Déesse. Maternelle, Déesse Mère comme dans les religions païennes. Elle enfante. Elle anéantie. La Nature est sauvage, les violentes pluies de l'été, les grands gels de l'hiver, le vent, le chant des oiseaux[25]. Vous savez dit-il je suis un sensuel suprasensuel, et que chez moi chez moi tout a ses racines dans l'imagination et y trouve sa nourriture. Vers dix ans il lit la vie des martyrs. Ces lectures, ces images, le mettront dans une « état fiévreux » Cet état fiévreux, il va l'érotiser. Il devient pour Sacher-Masoch une scène primitive. Severin le décrit dans La Vénus à la fourrure[26] « La sensibilité de Sacher-Masoch plonge ses racines dans le catholicisme baroque de l'Europe centrale : exaltation du bizarre, supplices des corps déformés et mutilés, sentiments excessifs et de l'étrange […] Sans ses origines baroques, son univers reste incompréhensible[27] ».

Massacres en Galicie[modifier | modifier le code]

En 1846, il vit les massacres de Galicie. C'est le soulèvement brutal des communautés paysannes contre le seigneur. Sacher-Masoch a dix ans et il découvre la violence dans l'histoire des guerres civiles. La misère des paysans est le déclencheur. La justice paysanne lynche ceux qui s'opposent. Sacher-Masoch en témoigne dans trois nouvelles, romans : La justice des paysan 1877, Le paradis sur le Dniestr la même année, La Mère de Dieu 1883. Dans cette révolution Sacher-Masoch est fasciné par le personnage de Jakub Szela, chef des paysans polonais. On le retrouve souvent dans les romans de Sacher Masoch[28]. Il gardenra en mémoire « les petites charrettes misérables » qui transportaient les blessés et les morts « le sang coulait à travers la paille et les chiens léchaient[29] ». Image terrible, Masoch raconte à Thérèse Bentzon qui en témoigne dans la Revue des deux Mondes[11]. Le jeune Leopold a tout vu de ces massacres. Il décrit les scènes dans deux romans :  : Une histoire Galicienne (1858), Le nouveau Job (1879).

Études[modifier | modifier le code]

Le 28 juillet 1855, il passe brillamment l'épreuve d'histoire. Le 25 août il passe l'épreuve de philosophie et obtient son doctorat. Soutenue par Weiss doyen de la faculté en 1856-1857, il décide de présenter une thèse d'habilitation pour accéder à l'enseignement supérieur. Il choisi Charles Quint[30].

Les barricades de Prague[modifier | modifier le code]

L'amazone de Prague sur les barricades en 1848 archives de l'auteur Sacher Masoch.

Après son doctorat en philosophie obtenu à l’université de Graz, Leopold von Sacher-Masoch étudie l’histoire. En 1856, il donne des cours à l’université de Graz. Il coupe les ponts avec l'université après onze ans de démêlés avec un milieu universitaire dans lequel il ne s'était jamais vraiment intégré[31]. Il publie un ouvrage historique où il relate les barricades de Prague 1848. Le 12 juin 1848, la révolution éclate Sacher-Masoch se retrouve sur les barricades à côté des insurgés. Il se souvient de ce premier jour en dédiant son premier ouvrage, L'insurrection de Gand sous Charles Quint en 1857[32].

En 1848 la famille se retrouve à Prague. Les Tchèques élèvent des barricades. Sacher-Masoch est là. Il observe. Bakounine plaide. Masoch écoute. il est subjugué. Mais, avant tout, malgré ce climat révolutionnaire, il décrit les femmes polonaises : Aphrodites de la Visture Expression qu'il emprunte à Heine
Et pour Georges-Paul Villa la légende veut que Sacher-Masoch, dans ce climat d'émeutes, ait fait une apparition accompagnées d'une jeune cousine vêtue d'une pelisse et d'un pistolet à la ceinture. Elle aurait jeté des ordres que Masoch aurait exécuté. George-Paul Villa de conclure cette anecdote s'accorde trop bien avec les fantasmes de Masoch[33]
Or Masoch n'a que douze ans à cette époque. « Ce fut là que j’entendis pour la première fois siffler les balles. Mais j’étais tellement excité qu’elles ne m’imposaient guère. La lutte me grisait et m’entraînait comme un cheval de cosaque[34] ». Pendant cette tuerie, une femme du peuple cria : « Que fais-tu ici, malheureux enfant ? Tu veux donc te faire assassiner ? Rentre chez toi, chez ta mère ? » « Elle s’empara de mon bras, malgré moi, et m’entraîna vivement ». Bernard Michel affirme qu'il est hors de doute que Masoch ait assisté à ces évènements. Il en a été aussi témoin par des récits postérieurs.

Enfin Sacher-Masoch décrit les combattantes « Miroslawa entra, en courant, dans le jardin, où je me trouvais à ce moment. Elle portait une jaquette bleue, garnie de fourrure blanche, et une toque rouge. Deux pistolets et un poignard garnissaient sa ceinture (...) Sur une barricade, nous aperçûmes une superbe amazone, le fusil au bras ».
Il ne s'agit pas d'une simple vue de l'imaginaire de Sacher-Masoch. Son existence est attestée par une gravure de l'époque L'Amazone sur la barricade[35]. .

Elle s'appelait Theophilia Dittrichova. Elle était une ancienne serveuse, « son courage et la précision de son tir lui valurent les éloges d'Alberto Vojtěch Frič[35] ». À douze ans, spectateur ou acteur ? Masoch s'est identifié aux révolutionnaires[36].

Lorsque Sacher-Masoch raconte l'Amazone de Prague :« Les yeux et la bouche , entrouverts, semblaient sourire ; mais la lèvre était plissée par un expression de défi. C'était bien le sourire féroce d'une amazone bohème[37] ». Morte elle est Vénus au corps de marbre.

Les barricades de 1848 marque Sacher Masoch à tout jamais. Il les évoque en 1881 dans ses Nouvelles Histoires juives[38]. « Il y a environ quarante ans, dans cette grande époque lorsque les peuples s'éveillèrent à la ronde et commencèrent à secouer leurs chaînes[39] ».

Théâtre[modifier | modifier le code]

Criminels enchaînés, vagabonds, prostituées ricanantes et fardées[17]. lui ont-ils donné le goût du théâtre ? Théâtre qu'il découvre à l'âge de dix ans avec le goût du déguisement. Il écrit des vers pour son théâtre de marionnettes. Il joue avec succès sur un théâtre d’amateurs, indifféremment Shakespeare, Schiller, Goethe, Scribe et Kotzebue, il a en lui le désir de devenir comédien[11]. Il organise de grandes batailles avec des soldats de papier fixés sur de petits socles en bois. Des batailles napoléoniennes. Il est fan de Napoléon[40]

Le spectre de Barbara Radziwiłł répondant à l'invocation de Pan Twardowski. Tableau de Wojciech Gerson.

Il joue au magicien Pan Twardowski donne le rôle d'un diable à un de ses frères, ou le travestit en femme de Barbe-Bleue[41],
Il lui arrivait d'imaginer, non sans humour, devenir un jour un Shakespeare petit-prussien. Du reste plus tard lorsqu'il lit les plus grands, il prétend avoir un tel respect qu'il n'ose plus écrire quelque vers. Il reste cependant « fidèle à Goethe pour lequel Faust représente le degré le plus élevé de l'activité humaine[42] »[43].
Dés son enfance il fréquente le théâtre allemand, le théâtre slave. La plupart de ses personnages de roman qu'ils soient paysans, ou Déesses, Impératrices, ou comme Dragomira :goule baudelairienne, ou encore sortie d'une œuvre d'art comme Hélène Fourment, sont des personnages de théâtre.
Il est complètement subjugué par l'acteur allemand Friedrich Haase. Il suit les troupes du théâtre du comte Skarbek qui passent en Hongrie en Galicie ou le public est fait d'officiers allemands, de fonctionnaires et de juifs[44]. Il joue en amateur dans sa chambre avec quelques camarades et la présence d'un sosie de Friedrich Haase, son acteur fétiche. Ils interprètent Faust où Sacher-Masoch prend le rôle principal.
Il fait la connaissance de l'acteur Josef Jiri Kolar et sa femme : Anna Manetinska-Kolàrova. Masoch tombe amoureux ou plutôt Anna exerce, malgré elle, une emprise sur lui :« nerfs d'acier [...] Qui tue l'homme qu'elle hait et fait de son amant un esclave [...] Crée pour représenter les Omphales et les Sémiramis [...] La gracilité de la panthère [...] une belle favorite de harem [...] grâce sauvage [...] belle statue animée [...] humour diabolique et une façon de rire brutale qui résonnait comme le claqement de fouet à esclave [...] ». Tous les éléments fétichistes de Masoch sont réunis dans sa vénération à Anna Manetinska-Kolàrova, Mme Kolar.
Mme Kolar est une femme vertueuse et une fois de plus cet amour sera platonique[45]

En 1864, il écrit pour le Théâtre. Il apprend d'Alexandre Dumas à s'inspirer de l'histoire pour créer une fiction [46]. Il écrit Les Vers du grand Fréderic une comédie qui se passe à la cour de Louis XV[47] Cette pièce prend partie contre la Prusse. Le personnage de la pièce nommé « Kaunitz triomphe par les femmes, car ce sont elles qui font l'histoire[48] ». Adolf von Sonnenthal (de), un très grand comédien de l'époque, se déplace spécialement pour assister à des représentations exceptionnelles. C'est une ovation. La pièce est acclamée par plusieurs rappels[49]. La pièce obtient des articles favorables à Liepzig et, en Saxe en Allemagne du nord. À Berlin les critiques sont moins favorables :« Il faut plutôt admirer qu'à la veille de la guerre de 1866 une pièce aussi nettement anti-prussienne ait pu être représentée, en trouvant des spectateurs favorables et des critiques qui ne fussent pas unanimement hostiles[48] ». En 1865, il tire de sa pièce un romam historique Kaunitz, souvent réédité[50] Dans une note Bernard Michel précise que Sacher-Masoch a écrit un pamphlet à partir des extraits de la critique[51]

En 1866 Sacher-Masoch en remet une couche avec une nouvelle comédie historique, L'homme sans préjugés[52]. C'est une œuvre politique, anticléricale et qui soutient le parti libéral Allemand. Lequel lui parait l'héritier des Lumières du XVIIIe siècle. Dans cette pièce il s'inspire de ce qui se passe à la cour de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse où deux camps s'opposent : Les jésuites, le partie de la morale. En lutte contre le parti du réformateur franc-maçon Joseph von Sonnenfels. Joseph von Sonnenfels avait le soutien de la loge des trois cannons. La première loge autrichienne "Aux trois canons" fut fondée à Vienne dont le grand Maître était le mari de l'impératrice, l'empereur Frantz. « Anticléricalisme violent, culte du progrès : Sacher-Masoch faisait l'éloge public de la Franc-maçonnerie [53] ».

Il arrête d'écrire pour le théâtre : Malgré « Un dialogue brillant, un sens aigu des situations. Les comédies ont mal vieilli, car elles étaient des pièces de circonstance dont les hardiesses n'étaient compréhensibles que par les contemporains[53] ».

Masochisme[modifier | modifier le code]

Identité masochiste[modifier | modifier le code]

L’image populaire du masochisme après 1890

En 1890, Richard von Krafft-Ebing, professeur en psychiatrie à l'Université de Vienne, écrit dans le domaine de la psychopathie sexuelle : « Ces perversions de la vie sexuelle peuvent être appelées masochisme, car le célèbre romancier Sacher-Masoch, dans de nombreux romans et surtout dans son célèbre La Vénus à la fourrure, a fait de ce type spécial de perversions sexuelle le thème favori de ses écrits[54]. »

Krafft-Ebing prétend, à propos de sa création sémantique du mot masochisme que, si Sacher-Masoch a écrit un ouvrage tel que La Vénus à la fourrure sous son vrai nom, accrédité par son épouse qui publie sous le nom de Wanda von Sacher-Masoch Confession de ma vie, il peut s'octroyer le droit de parler des ouvrages[55]. Mais Krafft-Ebing franchit un pas supplémentaire en baptisant ce qu'il appelle une « pathologie sexuelle » du nom de Masoch. La dite pathologie est désormais nommée masochisme.

« L’invention du masochiste : un psychopathe au féminin ou comment Krafft-Ebing, docte inventeur de perversions en tout genre, change Leopold von Sacher-Masoch en criminel du sexe pour avoir commis le pire des crimes : renier le primat du phallus (le privilège de la virilité). […] Krafft-Ebing en fait un pervers, c'est-à-dire un exclu, un réprouvé […] Dans Psychopathia sexualis, le masochisme est décrit comme monstrueux[56] »

« Pauvre Masoch ! Il est la victime inlassable de ce qui peut arriver de pire à un auteur : perdre son identité, pour en prendre une autre. Où le patronyme devient concept. On ne se remet pas d’une telle métamorphose » écrit Régis Michel, qui poursuit : « Toute l’entreprise du clinicien se résume à cette rhétorique normative, qui fonctionne en deux temps : repérer pour réprimer. La psychiatrie, chez Krafft-Ebing, n’est qu’une machine à produire du symptôme, dans le seul but de justifier l’internement du sujet. On s’en serait douté. Dans ce maelström punitif, tout le monde est psychopathe. Sauf le médecin. Krafft-Ebing fait de Masoch un suicidé de la société[56]. »

Régis Michel n'est pas le seul à être offusqué. Bernard Michel cite à son tour Krafft-Ebing et écrit : « D'un seul coup, il rendait Sacher-Masoch immortel, banalisé à travers toutes les langues du monde, mais il le tuait en tant qu'écrivain. Si quelque psychiatre avait forgé le mot « proustien », À la recherche du temps perdu ne risquait-elle pas de disparaître de la grande littérature pour devenir le jardin secret d'une sexualité marginale ? Et l'œuvre proustienne aurait pu disparaître comme celle de Masoch, les spécialistes le confirment tels que Pascal Quignard et Jean-Paul Corsetti[57] »

Pascal Quignard[58] cite l'écrivain Leopold Stern[59] : « Rousseauisme aurait fait aussi bien que masochisme[60] ». Aujourd'hui Rousseau repose au Panthéon depuis11 octobre 1794[61]. Et aujourd'hui sur Wikipédia, sur l'article Jean-Jacques Rousseau, rien à propos de Mlle Lambercier. Masoch, lui, continue a souffrir de l'opprobre des réactionnaires.

À propos de la santé mentale de Sacher-Masoch Bernard Michel explique : « Même l'arrivée du Grec et le cri terrible de Wanda :
« -Alors fouettez-le !
-Sur l'instant je reste figé sans dire un mot la situation est effroyablement comique, je pourrais moi-même en rire si elle n'était pas en même temps si en même temps si désespérément piteuse et outrageante pour moi[62] »
.

C'est un élément important dans le dossier sur une prétendue folie de Sacher-Masoch. Un fou n'a pas le sens de l'humour[63] ».

Il faudra le courage et la liberté du philosophe Gilles Deleuze pour libérer Sacher-Masoch de l'indignité[2],

Scènes primitives[modifier | modifier le code]

Les scènes primitives (scènes et images vues, vécues, restées figées, images religieuses, sa vision de la nature) vont hanter sa sexualité et son œuvre littéraire.

  • La scène avec sa tante Zénobie est une des scènes primitives de Masoch. La femme bourreau est une tante éloignée qu'il nomme Zénobie, reine de Palmire : « Tout à coup, la comtesse, fière et superbe, dans la grande pelisse de zibeline entra, nous salua et m'embrassa, ce qui me transportait toujours aux cieux ; puis elle s'écria : Viens, Leopold, tu vas m'aider à enlever ma pelisse. Je ne me le fis pas répéter. Je la suivis... » Sacher-Masoch raconte comment, caché, il a espionné cette tante si fascinante qui trompait son mari, comment il a assisté à l'humiliation de ce dernier, comment sa tante le corrigea au fouet. Puis, surpris dans sa cachette, à son tour, sa tante lui administra une magistrale fessée. Il en parle pour la première fois dans la Revue bleue[26]. Cette scène primitive, ce vécu toujours revécu, aménagé, photographié, figé dans son imaginaire a marqué son enfance et déterminera non seulement son œuvre, mais aussi sa sexualité. Comme Jean-Jacques Rousseau a vécu sa scène primitive avec Mlle Lambercier[64].

Pour Jean-Paul Corsetti Zénobie, cruelle et tendre, souveraine et charmeuse semble faire pivot dans l'inconscient du petit Leopold « et suivant les versions, elle occupe le centre d'une scène capitale et primitive[16] ».

  • Handscha : fille de paysans slaves, était opulente, robuste. « Handscha de haute stature, son allure presque majestueuse de blonde Junon épanouie[65]. » Lorsque Leoplod était enfant, Handscha l'avait repu de contes slaves, folklore caractérisé par la violence de ses héros, et, où les femmes avaient des rôles de premier plan. Sacher-Masoch était fasciné par le knout. À l'époque on punissait les malfaiteurs et les insoumis avec cet instrument. Les tsarines du XVIIIe siècle l'avaient si souvent prescrit qu'il faisait partie en quelque sorte de l'histoire russe. Fasciné par les arts. La peinture particulièrement l'a toujours inspiré et déclenche en lui une sorte de mysticisme. Il compare Handscha à La Vierge à la chaise de Raphaël[11]. Dans son autobiographie Masoch raconte qu'il fut fasciné par la cruelle Russalka qui attire à elle les beaux jeunes gens qu'elle étrangle avec sa chevelure d'or[66].
  • Les sectes religieuses de l'époque étaient le plus souvent loin d'exclure les femmes, elles leur accordaient même une présence très importante. Dans les contes populaires, on retrouvait constamment le thème de la femme dominatrice et cruelle censée être chargée d'une mission divine et qui inspirait leur activité.
  • La Nature : le petit Leopold est fasciné par la nature qu'il déifie, d'une manière quasi religieuse. Pour lui La nature c'est la Déesse Isis « Je me représente la femme dans comme la personnification de la nature, la déesse Isis et l'homme comme son prêtre et son esclave. J'ai reconnu en elle une cruauté analogue à celle de la nature qui rejette dès qu'elle n'en a plus besoin, tout ce qui lui servit d'instrument[67] ». La steppe sans fin le captivait. Il écoutait les oiseaux, la rumeur du vent. « Il aimait l'aventure, l'orage, mais n'éprouvait que répulsion devant le spectacle de bêtes abattues »[68]. Il fétichisait la nature. Dans ses romans, il parle toujours de la neige comme le manteau d'hermine de la nature : « L'hiver revêtait la terre de son manteau de neige[69] ». Il a du reste un profond respect pour la nature, écologiste avant l'heure « En rendant, au lieu de la crucifier comme vous le faites, à la nature toute son innocence, toute sa virginité première, répondit Mardona avec assurance: Dieu nous a donné l'esprit pour dominer la nature, et non pour la martyriser[70] ». Ses romans sont sillonnés de scènes fantasmées où sont présentes les fourrures, les fouets, les femmes qui humilient les hommes. Sacher-Masoch cherchera toujours à les mettre en scène dans sa vie privée..
  • L'art

« C’est quand les sens ont pour objet des œuvres d’art qu’ils se sentent pour la première fois masochistes. Ce sont les tableaux de la Renaissance qui révèlent à Masoch la puissance de la musculature d’une femme entourée de fourrures. C’est dans sa ressemblance avec une statue que la femme est aimée. Et le masochiste rend à l’art tout ce que l’art lui donne (...) Un organe devient humain quand il prend pour objet l’œuvre d’art[71] »

L'œuvre de Sacher-Masoch nous dit Gilles Deleuze est profondément culturaliste et esthétique. Masoch est fasciné par la puissance de la musculature, le masculin d'une femme. Entourée de fourrure, c'est l'animalité chez la femme. Dans Loup et louve, l’héroïne demande à son prétendant de se laisser coudre dans une peau de loup, de vivre et de hurler comme un loup, et d’être chassé[72]. « Mais partout du côté de la victime dans ces romans de dressage où est dressée/affectée celle qui doit dresser/affecter : c’est un cycle de forces, la femme transmet des forces animales acquises aux forces innées de l’homme, la femme et l’animal, l’animal et l’homme sont devenus indiscernables[73] »

  • Images religieuses

Sacher-Masoch a été fasciné par les images religieuses. Les supplices endurés par les saints, dit-il le mettaient dans un état fiévreux.

« Déjà, tout enfant, j'avais pour le genre cruel une préférence marquée, accompagnée de frissons mystérieux et de volupté; et, cependant, j'avais une âme pleine de pitié, et je n'aurais pas fait de mal à une mouche. Assis dans un coin sombre et retiré de la maison de ma grande tante, je dévorais les légendes des saints, et la lecture des tourments endurés par les martyrs me jetait dans un état fiévreux[26] »

On retrouve ce même type de témoignage dans un manuscrit inédit cité par Bernard Michel : Tout comme Goethe se disait ultra sensualiste, ultra sentimental[74], Masoch nous dit : vous savez, je suis un sensuel suprasensuel[note 4] :

« […] vers dix ans je pus lire la vie des martyrs. je me souviens avoir éprouvé une horreur qui n'était que du ravissement à ces lectures; Ils souffraient des pires tourments, avec une sorte de joie, ils se languissaient dans les geôles, étaient suppliciés sur le grill, percés de flèches, jetés dans la poix bouillante, livrés aux bêtes féroces ou cloué sur la croix. Souffrir et endurer d'affreux tourments m'apparut à partir de là comme un pur délice, particulièrement lorsque ces tourments étaient procurés par une belle femme, car pour moi, de tous temps poésie et démoniaque sont concentrés sur la femme[75] »

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La femme idéale[modifier | modifier le code]

Vénus au miroir, Titien

« Qu'elle soit princesse ou paysanne, qu'elle porte l'hermine ou la pelisse de peau d'agneau, toujours cette femme aux fourrures et au fouet, qui rend l'homme son esclave, est à la fois ma créature et la véritable femme Sarmate[26] ».
Pour Masoch la femme idéale « appartient à l'aristocratie. À de très rares exception près , les héroïnes de ses romans sont nobles et vivent dans des manoirs[76] ».
Dans Les Messalines de Vienne (1879), elles sont des Déesses descendues de l'Olympe pour charmer de simples mortels.
Dans Les Idéaux de notre temps (1875), Plant est séduit par une belle inconnue qu'il confond avec la Comtesse Bartfeld. Il découvre que c'est une enfant adoptée et que sa mère revend des vêtements, le charme est rompu.
Cette jeune fausse comtesse ressemble à Wanda qui s'invente une vie pour séduire Sacher-Masoch. Masoch ne cherche pas vraiment à en savoir plus tant il est fou de Wanda. Et ce n'est pas le fait qu'elle ne soit pas une aristocrate qui les sépare, la folie de Masoch pour Wanda n'a plus que faire de la naissance de Wanda, du reste il n'a jamais chercher vraiment à approfondir. Sa deuxième épouse n'est pas noble non plus. Seules des deux premières Vénus à la fourrure le sont : Fanny von Pistor et Anna von Kottowitz.

Le femme idéale pour Masoch est celle qu'il décrit dans ses romans. Elle est avant tout une femme de goût, une femme de la haute société, une femme cultivée. Elle est cantatrice, ballerine à l'opéra. Elle est comédienne. Ou au moins, elle est une amatrice avisée fréquentant régulièrement les salles de concert, de théâtre. Elle est toujours forcément animale sauvage, « Venus ensauvagée d'une fourrure[77] ». C'est la femme aux formes opulentes, au regard froid, aux nerfs d’acier, vêtue de fourrures. Elle porte toujours un fouet à la ceinture, des bottes, très souvent ces bottes sont de maroquin rouge comme celles que portait Handscha, sa nourrice[14]
Les interminables descriptions vestimentaires de ces femmes idéales, dans les romans de Masoch, sont toujours les mêmes : bottes, bottes cavalières, pantoufles, couleurs, soie, des drapés et surtout de la fourrure avec un goût tout particulier pour les Kazabaïka, ces vestes d'intérieure polonaises doublées et bordées de fourrure. Malgré le fétichisme exacerbé de ces répétitions ses romans n'en souffrent pas. Sacher-Masoch saisit les moindres nuance de couleur qui donnent de l'éclat précise Bernard Michel[78].
Sacher-Masoch explique une des raisons de sa passion pour la fourrure, c'est qu'une femme portant de la fourrure serait animale et autre qu'une grande chatte. Et selon lui : C'est de là que vient l'influence bienfaisante et diabolique qu'exerce sur les êtres spirituels et impressionnables la compagnie des chats [...] De la fourrure Masoch continue avec l'art... « Raphaël n'a pas trouvé cadre plus précieux pour les formes divines de la Fornanira et le Titien pour le corps rose de sa bien-aimée qu'une sombre fourrure[79] ».

La femme idéale est cruelle, quelquefois, Masoch, dans ses rêveries, dans ses œuvres, la rend, sadique, criminelle. Elle est justicière comme la Tzarine noire. La femme idéale ressemble à toutes celles qui dans l'histoire de notre civilisation se sont montrées féroces, intrigantes, manipulatrices dominantes, à toutes les reines, impératrices tsarines, déesses, amazones, écuyères[80], les sauvages, les femmes animales au corps de tigresse, les Dalilas[81].
Pour Leopold Stern : si Masoch a un attrait spécial pour la cruauté et l'infidélité de la femme, il ne peut concevoir cet idéal féminin ayant l'âme d'un Néron dans un corps de Phryné, que couverte de fourrure. « La sensation que lui donne le baiser d'une femme couverte de fourrure est celle qu'il éprouverait à embrasser une bête féroce, une ourse par exemple et en même temps que ses lèvres, il sent d'imaginaires griffes lui labourer la chair[82] ».
C'est ce que dit Séverin dans la Vénus à la fourrure : « (...) pendant qu’elle était blottie contre ma poitrine dans sa grande et lourde fourrure, un sentiment étrange et angoissant m’envahit ; c’est comme si un animal sauvage, une ourse, me serrait dans ses bras. Il me semble devoir déjà sentir petit à petit ses griffes pénétrer dans ma chair. Mais, pour cette fois, l’ourse est clémente et me laisse échapper[83] »

Une femme idéale qu'il a désespérément cherché sa vie durant. Ne dit-il pas à ce sujet, en répondant à un journaliste « Si cette femme était dans ma vie, comme il le croit, elle ne serait pas dans mes livres. Elle s’y faufile parce que j’ai la tête pleine d’elle »[84].

Roland Jaccard décrit comment Sacher-Masoch classe la femme :

« Si La Vénus à la fourrure est par bien des aspects terriblement daté, le récit frappe en revanche par la conception très actuelle que Léopold Sacher-Masoch se fait de la femme : il crée une échelle du désir, une échelle de la transgression où se retrouvent toutes les figures féminines dans un ordre opposé à celui des valeurs traditionnelles. Tout en bas de l’échelle se trouve l’épouse, la femme estimée, comparable à un fonctionnaire auquel le gouvernement aurait assuré un emploi stable, mais chichement rétribué. À un degré au-dessus se tient la femme adultère. Elle s’est affranchie du carcan, mais sa tromperie est forcée, calculée, au final peu subversive. C’est pourquoi l’écrivain la condamne et lui préfère la « femme séparée », celle qui ose se séparer de son mari pour vivre librement ses liaisons amoureuses. Tout en haut de cette échelle, il place l’Amazone, la femme surgie de nulle part, qui ne craint pas les jugements d’autrui, ne dépend ni du père, ni de l’amant, ni du mari : elle est la femme souveraine qui signe avec les hommes des contrats à durée déterminée. Wanda en est l’archétype, le modèle, l’idéal pour Sacher-Masoch[85]. »

Fantaisies et fétichisme dans sa sexualité

« Masoch aussi exemplaire que l'autre à nous avoir livré du rapport masochiste toutes les structures qu'incarne dans la figure d'une femme cet autre, auquel il a à dérober sa jouissance, cet autre, jouissance absolue, mais jouissance complètement énigmatique. II n'est pas un instant question même que cette jouissance puisse à la femme si je puis dire, lui faire plaisir. C'est bien le cadet des soucis du masochiste, c'est bien pourquoi sa femme, affublée du nom de Wanda, La Vénus aux fourrure, sa femme quand elle écrit ses mémoires nous montre à quel point de ses requêtes elle est à peu près aussi embarrassée qu'un poisson d'une pomme[86]. »

Ce qui fait dire à Jean-Paul Corsetti en citant l'aphorisme de Franz Kafka « Une cage partie à la recherche d'un oiseau[87]. »

  • Il aimait se faire fouetter de façon très sévère : « Voyant que j'en passais par où il voulait, il s'ingénia à rendre la chose aussi douloureuse que possible. Il fit fabriquer des fouets sur ses indications spéciales - entre autres le knout à six lanières armées de clous aigus. »[88] »
  • Il avait l'obsession d'être cocu mais à condition de tenir sa maîtresse en main. « Il me demanda carrément de lui être infidèle. (...) Il écouta mon refus sans mot dire ; sans même manifester le moindre dépit ; mais à partir de ce jour, il n'écrivit plus une ligne. Des semaines, des mois s'écoulèrent. Je vis venir le jour où nous allions nous retrouver sans argent »[89].
  • Il était fétichiste de la fourrure, Une obsession pour lui. Il explique son fétichisme ainsi : « Quant à la fourrure elle rappelle l’époque primitive où l'homme était couvert de poils ; elle fait naître la sensation d'une force sauvage, bestiale qui enivre complètement l'homme moderne de faible complexion. »[90] » Il cherche chez la femme, non seulement le côté bestial, sauvage, mais aussi une forme de virilité.
  • Il rêvait de se travestir en animal et de se faire chasser. Dans Loup et Louve l'héroïne demande à son prétendant de se laisser coudre dans une peau de loup, de vivre et de hurler comme un loup, et d'être chassé[91].
  • Gilles Deleuze confirme « Les goûts amoureux de Leopold von Sacher-Masoch sont célèbres ; jouer à l'ours, ou au bandit ; se faire chasser, attacher, se faire infliger des châtiments, des humiliations et même de vives douleurs physiques par une femme opulente en fourrure et au fouet; se travestir en domestique, accumuler les fétiches et les travestis; faire paraître de petites annonces, passer « contrat » avec la femme aimée, au besoin la prostituer[92] ».

Dans sa présentation de Sacher Masoch Gilles Deleuze nous dit aussi le propre du masochiste c’est d’être déçu. Car s’il rêve d’une femme sadique qui le torturerait à mort. Masoch et les masochistes, dans le passage à l’acte, ne cherchent ni Dragomira de La Pêcheuse d'âmes, ni la Tsarine noire encore moins la Hyène de Puszta chef des brigands. Ces tueuses, qu’il couche sur le papier, s’arrêtent à la porte son univers fantasmatique, à la porte de ses romans. « Le héros de Masoch dresse celle qui doit le dresser[93] » En réalité, il cherche celle qui va jouer un rôle, obéir aux scénarios que lui, Sacher Masoch dictera. Il cherche une comédienne. « La femme aimée n’est nullement sadique par nature, mais elle est lentement persuadée, dressée pour sa fonction[94] ». C’est pour cela que Gilles Deleuze dans la présentation de la Vénus à la fourrure nous dit que le propre de Masoch et du Masochisme est d’être déçu. Et il cite Dostoïevski[95]. « C’est trop idéaliste… et de ce fait cruel[96] ».

Les amours, les obsessions…[modifier | modifier le code]

Hélène Fourment ou La Petite Pelisse (Het Pelsken), c. 1638 Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Les années des barricades sont celles des premiers amours de l'écrivain. Leopold n'est pas un séducteur précoce. Il est mal à l'aise avec les jeunes filles. Il tombe amoureux en 1847 d'une de ses cousines Marie. Elle le trouble, devient son idéal et le reste pendant plusieurs années. Marie est l'amie inséparable de la sœur de l'écrivain, Rosa. Un jour il joue à cache-cache avec Marie et quelques autres enfants dont sa sœur Rosa. Marie l'attrape, il se jette à ses genoux, l'enlace, c'est alors qu'elle lui donne un coup de main sur la joue, presque en colère : Pas d'enfantillages s'écrit-elle ! puis armée d'une branche elle le pousse en avant :« Voilà mon esclave cria-t-elle aux autres jeunes filles[97]. Leur liaison reste vertueuse, et Marie décide de « cesser ces enfantillages ».
C'est avec Mina, une jeune bonne qu'il découvre un amour plus charnel. Mais l'amour idéalisé comme l'amour physique de Mina l'épouvante. »
Lors d'un voyage à Vienne, il découvre dans la galerie impériale du palais du Belvédère le portrait d'Hélène Fourment. Elle est la seconde épouse du peintre Pierre Paul Rubens. Rubens l'a peinte nue enrobée d'une fourrure. Hélène Fourment nue ensauvagée de fourrure devient une des obsessions de Sacher-Masoch. Il rêvait de découvrir Hélène Fourment vivante. Pour Masoch, il arrive le plus souvent que la découverte de l'amour se fasse à travers un tableau ou une statue « L'art est premier, la vie donne consistance à des rêves antérieurs[98] ».

À quatorze ans, il tombe sous le charme de Adela, son institutrice. Premier choc dit-il. Elle porte une veste bordée de fourrure, une Kazabaïka. Elle a l'air sévère, le punit. Il rêve de baiser son petit pied. Et témoigne, à propos, d'Adela de son adorable accès de colère[99].

Un soir chez sa mère, il rencontre Hanna M.., Il l'évite, mais il est séduit. Elle est cantatrice, femme de spectacle. Ce type de femme qui le fascine. Baiser chaste, mais poursuit-il : Je pouvais paraître ridicule dans mon rôle de Pétrarque ! Il était pessimiste quant à la durée de cette liaison platonique. Hanna se disait révolutionnaire. Elle prétendait correspondre avec Mikhaïl Bakounine[note 5], Giuseppe Mazzini, et être la confidente de Louis Kossuth. Cependant, malgré ses recherches, Bernard Michel ne trouve aucune trace de Hanna sur les listes des personnes suspectes[100]. Apprenant l'attraction irrésistible de Masoch pour Hélène Fourment, un soir, dans son boudoir, Hanna décide d'incarner le tableau de Pierre Paul Rubens. Leopold est fasciné. Il trouve la ressemblance parfaite et la décrit avec tous les éléments éléments fétichistes qui l'envoutent. « Elle était décoiffée sa chevelure se répandait sur ses épaules, son dos, comme de l'or rouge, retenue en même temps par un simple ruban et frissonnant sur son front comme celle d'une Vénus flamande [...] Des pantoufles brodées d'or enfermait ses petit pieds [...] La jaquette de velours rouge, garnie et fourrée de zibeline dorée[101] ».... Alors qu'il voyage avec Hanna dans un rêve quasi-religieux, entre la dame de compagnie qui sert le thé. Le voyage mystique se termine. Le charme est rompu. Masoch se battra en duel avec l'amant d'Hanna.

L'écriture de Sacher-Masoch est parsemée de répétitions de descriptions quelquefois les mêmes. C'est une véritable ascension du fantasme. Et le style n'en souffre pas, bien au contraire.

Après 1898 lorsque Sacher-Masoch rompt avec l'université, commence pour lui une période de vagabondage amoureux. Il élabore la Vénus à la fourrure et s'en explique dans Les Messalines de Vienne (1873) Jean-Paul Corsetti qui selon Bernard Michel donne les clefs de plusieurs de ses nouvelles. Et Sacher-Masoch confirme au même moment que La Vénus à la fourrure est bien son roman autobiographique : « D'ailleurs, ma Vénus à la fourrure repose sur des faits, si bien qu'à partir d'une série d'histoires réelles, naquit une histoire poétique — mon roman[102] ».

Anna de Kossov[modifier | modifier le code]

Anna de Kossov est la première Vénus à la fourrure avec laquelle Sacher-Masoch eut une liaison avant Fanny Pistor. Elle se présente sous le nom de Baronne Reizenstein, elle écrivit sous le pseudonyme de Franz von Nemmersdorf. Elle va lui inspirer son roman : La Femme séparée[103]. Dans la La Femme séparée, il décrit l'héroïne :« d'une présence surnaturelle et en même temps une présence animale. Elle a des yeux de louve, elle est vampire ».
Sacher-Masoch a une liaison décevante de courte durée avec la Baronne. Là où Il attend une sultane despotique, il ne trouve qu'une femme dure et sèche. Il aurait aussi découvert qu'elle avait une liaison avec son domestique. Or Sacher-Masoch avait le fantasme d'être cocu, mais pas trompé.

Fanny Pistor[modifier | modifier le code]

Masoch avec Fanny Pistor.

De novembre 1868 à juin 1869, il séjourne à Merano au Tyrol, à l'hôtel de l'archiduc Johann, puis à l'hôtel de la poste. Il fait la connaissance d'une jeune veuve de vingt-cinq ans : Fanny Pistor. Elle portait le nom d'une des plus grandes familles de Styrie, anoblies par le roi de Suède au XVIIe siècle. Elle est aussi la baronne de Bogdanoff. Et Selon Bernard Michel, Carl-Felix de Schlichtegroll à tort de penser que Fanny Pistor est une femme différente de la baronne Bogdanoff[note 6]. Bernard Michel cite Sacher-Masoch qui décrit Fanny Pistor comme une des plus belles femmes de l'aristocratie de Vienne: « Elle était idéale (...) elle avait la ligne d'une statue grecque (...) Il semblait briller en elle quelque chose de supraterrestre (...) des yeux verts qu'on ne peut décrire, démoniaques à l'intérieur et en même temps froid comme de la glace[104] ».

Nietzsche et Lou Salomé photographiés avec l'amant de celle-ci, Paul Rée. On aperçoit un fouet entre les mains de la cochère.

La fameuse photographie ci-contre représentant Sacher-Masoch aux pieds de Fanny Pistor, datant de 1869 est selon Bernard Michel, est un passionnant document sociologique.

Pour Bernard Michel, la seule photo qui a une force comparable est celle de Lou Andreas-Salomé avec pour pony boys Friedrich Nietzsche et Paul Rée Ci-contre également[105].

C'est avec Fanny Pistor qu'il signe son premier contrat[106] Si Bernard Michel se pose la question pourquoi un contrat. Il rapproche le contrat Afin d'échapper aux contraintes sociales de la vie autrichienne. Ils rêvent de voyage au lointain ou Masoch nommé Gregor pour la circonstance se serait présenté comme son domestique. Il prétendait se soucier de la réputation de Fanny von Pistor. D'après Bernard Michel, il ne s'en souciait guère. Ce qu'il cherche c'est donner réalité à son fantasme maîtresse-esclave. Elle prend le nom de princesse Bogdanoff pour lui faire plaisir suppose Bernard Michel. Ils voyagent en Italie et Masoch s'aperçoit très vite que Fanny n'a si le gout de la nature ni le goût du beau. C'est incompatible avec l'écrivain, pour Fanny von Pïstor la condition de la beauté c'est la propreté.
Cependant c'est à Florence qu'ils se mettent à la recherche du Grec. Le fameux Grec, que Sacher Masoch poursuit dans ses fantasmes. Ce Grec qui doit devenir l'amant, en toute complicité, de la femme aimée. Elle rencontre Salvini un acteur italien. Salvini, qui croit à une relation banale, est surpris par la présence constante du domestique polonais. Ils s'isolent, mais Gregor le domestique prétend remettre du bois dans la cheminée. Salvini rentre dans une fureur folle, donne un pourboire au domestique. Masoch baise servilement les mains de Salvini. « Croyant frôler le sublime, Leopold se retrouve dans une pièce de théâtre de boulevard[107] ». Salvini devient l'amant de Fanny, mais Leopold ne sera jamais fouetté par Salvini. Sacher-Masoch prend conscience du ridicule de la situation et abandonne Fanny[108].

Wanda von Sacher-Masoch[modifier | modifier le code]

'Venus in Furs' from Leopold von Sacher-Masoch’s stationary.png Wanda :

Selon son autobiographie : Confession de ma vie, Wanda von Sacher-Masoch est née Aürora Rümelin. Et dès que Sacher-Masoch la rencontre, il la veut noble c'est ainsi qu'il la baptise Wanda von Dunajew.

Aürora vit entre une mère qui pleure au bord du lit et un père inactif qui prononce ces paroles : « N'aie pas peur, ça ne fait pas mal; on allume un grand feu dans la cheminée, on ferme portes et fenêtres - nous nous endormons - et nous ne nous réveillons plus - »

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Wanda von Sacher-Masoch 1879 Eigner.png

Elle est placée au couvent, privée de sa mère, elle dit avoir mis Dieu à sa place. À huit ans, elle retourne vivre auprès de sa mère. Son père fréquente les prostituées, il abandonne définitivement la famille. Elles ne le reverront jamais.
Proche de la religion elle finit par s'en éloigner définitivement. Avec sa mère, elles vendent leur linge et gardent l'indispensable. Elles souffrent terriblement de la faim et ne survivent que grâce à des petits boulots de couture. Aürora se disait torturée par la faim, avoir la fièvre de la faim. Elle faisait les boîtes à ordures en quête du moindre morceau de pain. Et elles vivaient sans électricité.

Un jour Madame Frischauer lui apporte un livre. Il s'agit du Legs de Caïn, l'ouvrage de Sacher-Masoch, dont madame Frischauer est fan. Berhold Frischauer, son fils ne le quitte jamais et madame Frischauer prétend que Masoch fascine toutes les femmes.

« Vous ne connaissez pas Sacher-Masoch me répondait-elle ? Son conte bleu du bonheur, la La Vénus à la fourrure, il lui faut une femme qui le traîne sous le joug, qui l'enchaîne comme un chien et qui lui donne des coups de pied quand il se permet de grogner[109]… »

Aürora est persuadée que son interlocutrice se trompe. Du reste une autre, Madame Wieser, parle de la pureté des rapports de l'écrivain. Mais Madame Frischauer insiste très lourdement : « Voulez-vous parier avec moi que c'est la femme la plus méchante et la plus réprouvée qui lui serait la plus chère ? »

En attendant, Madame Frischauer, entretient une correspondance épistolaire avec Sacher-Masoch et à chaque lettre l'écrivain « se jette à ses pieds et la supplie de couvrir son esclave de chaînes ».

Aürora se rend compte que madame Frischauer a mieux jugé Masoch. Et dans un premier temps Aurora Rümelin se désintéresse de Sacher-Masoch. Mais poussée par madame Frischauer, elle finit par céder et elle le rencontre.

Elle entame, à son tour, une relation épistolaire avec l'écrivain. Elle tombe sous le charme de la plume de Sacher-Masoch.

« Il avait un double idéal de femme, un bon et un mauvais, qui se disputaient dans son esprit. […] Il préférait se voir ruiner par un beau démon que de s'ennuyer avec une femme soi-disant vertueuse. […] Il est si modeste presque humble… »

Poussée par Leopold, Aurora écrit quelques nouvelles que Masoch fait publier dans un journal de Vienne. Elle reçoit une lettre qui contenait dix florins, son feuilleton est imprimé. Enfin sortie de la misère. Était-ce possible écrit-elle : « Ne pas mourir jeune dans la pauvreté et l'abandon, assurer les vieux jours de ma mère, chasser le vide de ma vie, tout cela possible ! »

Ils se marient ont trois enfants, l'un d'eux, Alexandre meurt à l'âge de dix ans du typhus.

Aurora épouse un écrivain renommé, encensé, celui qui lui permettra de devenir à son tour écrivaine. Sacher, lui, épouse celle qui doit incarner Wanda : la Vénus à la fourrure. L'une comme l'autre seront déçus.

La Vénus à la fourrure[modifier | modifier le code]

Manuscrit La Vénus à la fourrure édition 1902 dans une traduction de Raphaël Ledos de Beaufort.

Dans la Vénus à la fourrure, Sacher-Masoch fait dire à Wanda les paroles qui lui plaisent à entendre. Masoch a toujours recherché l'infidélité de la femme en toute complicité. Il ne veut pas être trompé. Wanda a prétendu être veuve. La femme idéale est Vénus en personne. Elle doit être cultivée. Il lui fait dire qu'elle a lu dans son enfance toute une panoplie de lectures que lui a lu. Elle précise que ses héros sont Vénus, Apollon, Hercule et Laocoon.

Le portrait de Wanda est dressé. Sa vie avec un pseudo mari mourant qui lui conseille de prendre des amants, relation extra conjugale où lui aussi, tout comme Masoch veut savoir, être le complice. « trouve-toi un mari agréable, même plusieurs, […] mais ne me cache rien […] Il te faut des jouets[110] ». Déculpabilisée peut-être, mais Wanda joue les prudes. En haut de son piédestal elle rétorque et prétend qu'aucun adorateur ne la troublera aussi longtemps que ce mari imaginaire survivra. « Il m'a fait devenir ce que je suis : une Grecque ». Une déesse rétorque Masoch ? Elle sourit et interroge Laquelle ? Vénus répond Masoch[110]. Elle devient ainsi La Vénus à la fourrure.

Le Grec[modifier | modifier le code]

Dans son roman La Vénus à la fourrure, Sacher-Masoch ne cesse de faire appel au Grec. Le Grec pour Masoch est celui avec lequel Wanda doit avoir un rapport licencieux. Ce rapport, Masoch le veut en toute complicité à aucun prix, il ne veut être trompé. Et c'est tout juste ce qui va se passer.

La rencontre
Une fois de plus Masoch décrit Wanda parée de tous les attributs fétichistes : bottines russes de velours mauve bordées d'hermine, une haute toque d'hermine semblable à celles de Catherine II de Russie. Elle fouette les chevaux ! L'attelage vole à une vitesse folle. Sa chevelure rousse est dénouée dans son dos. « Elle est aujourd'hui la lionne des Cascines[note 7] ».
Un cavalier les rattrape, « il monte un cheval noir élancé et sauvage. » « La lionne regarde le lion. » Masoch sent immédiatement le danger. L'homme est splendide. C'est un mâle. Wanda est hypnotisée. Masoch le décrit : il est chaussé de grandes bottes de cuir noir. Il porte un pantalon de cuir blanc, une redingote de fourrure bordée d'astrakan. Masoch est fasciné. « ... Ce beau visage à quelque chose de cruel... Apollon écorchant Marsyas (...) Je comprends maintenant l'érotisme qui émane de l'homme et j'admire Socrate qui reste vertueux en face d'un Alcibiade aussi séduisant[111] ».

À la fin du roman, comme dans la vie Wanda lui échappe. Elle appartient déjà à celui qui doit jouer le rôle du Grec. Masoch a immédiatement le sentiment que rien ne se passe selon son programme. Wanda est enivrée, elle a déjà basculé dans l'infidélité, tant ce qu'elle ressent est fort. Elle est passée de la complicité à la trahison. Elle est en osmose, psychologiquement, avec Apollon[note 8]. Le pressentiment qui trouble Masoch le pousse à écrire : « Je vous ai aimé comme un fou, je me suis offert à vous comme aucun homme ne l'a fait pour une femme (...) Vous devenez vulgaire (...) J'abandonne la femme que je ne peux que haïr et mépriser »[112].

Wanda rattrape son mari. Et, comme elle l'a fait tout au long du roman, elle réclame un mari et non un esclave. Elle a toujours semblé très lasse de ce rôle. Lasse d'endosser les lourdes fourrures, épuisée de se servir violemment du knout. elle parle de ce rôle épuisant tout au long du roman mais aussi dans son autobiographie Confession de ma vie. Elle va même jusqu'à le traiter de pauvre fou.

Trahison:
Enfin arrive la scène ultime, la grande trahison. Wanda attache solidement Masoch. Il croit qu'il conserve les deux faces de Wanda, l'épouse aimée, aimante et la dominatrice, celle qui satisfait ses pulsions masochistes. Wanda l'interroge : « Connais-tu l'histoire du bœuf de Denys le Tyran[note 9] ».
L'inventeur, façonneur du Taureau d'airain, serait selon l'histoire la première victime du supplice. C'est à cela que Wanda fait référence. Elle compare l'esprit inventif du créateur de l'objet de supplice à celui de Masoch et ses mises en scènes sophistiquées. Celles, qui parfois, devraient rester dans la rêverie. Car on sent bien qu'entre le verbe et le passage à l'acte, il y a quelquefois un monde. Forte de cette comparaison, elle décide de faire subir à Masoch le sort du concepteur de taureau d'airain, c'est-à-dire prendre Masoch à son propre piège. La masochisante va devenir sadique. Wanda n’est pas dupe, elle a très bien réalisé que le proposant, c’est lui. Qu’il est une sorte d’inventeur formateur de ce type de rapports exigés par lui-même. Pour elle, C’est bien lui qui la phagocyte dans son rôle. Elle fait référence au taureau d’airain pour prendre Masoch à son propre piège. Comme l’inventeur du taureau d’airain, fut le premier supplicié. Wanda va prendre pour argent comptant les fantasmes de son mari. Alors que dans ce type de relation, voir Wanda s’accoupler sous ses yeux, et se voir fouetter par son rival n’était qu’un délire fantasmatique. La pire des humiliations attend Masoch. Il va perdre son statut de patriarche, non plus dans le verbe mais au réel. Attaché sans pouvoir faire le moindre geste elle crie au Grec : Fouette-le…
« Au même moment, la tête noire bouclée du beau Grec apparaît ». Masoch décrit à nouveau, tous les éléments fétichistes. Car il est bien là, le beau militaire fétichisé. Il est là, le Grec.
« […] Je reste figé sans dire un mot. La situation est effroyablement comique ; je pourrais moi-même en rire, si elle n’était pas en même temps si désespérément piteuse et outrageante pour moi »
« Être maltraité sous les yeux d'une femme adorée par un rival comblé procure un sentiment indescriptible : je meurs de honte et de desespoir[113] ».

L’image populaire du masochisme après 1890.

Wanda n'a pas du tout apprécié le « Vous devenez vulgaire » dont Masoch l'a affublée, elle s'exclame : Suis-je cruelle ou en train de devenir vulgaire ? Interroge Wanda…
Avant sa grande colère, Masoch affiche du pessimisme Chacun de nous finit par être Samson dit-il. « On finit toujours pas être trahi par la femme qu'on aime, qu'elle porte une blouse de toile ou une fourrure de zibeline[112] ».
Il devient fou de rage. Le voyage masochiste, mystique s’arrête. Et comme un boomerang Masoch revient dans sa peau de patriarche dont la respectabilité est entachée, il est furieux et la misogynie devient explicite. C'est son intégrité de mâle, en tant que Père qui est entachée, retour à la civilisation judéo-chrétienne. Il réalise qu'il a perdu Wanda. L'influence d'Arthur Schopenhauer va-t-elle jouer un rôle ? Il le cite dans son essai sur les femmes : Parerga et Paralipomena: À la fin du roman, il déclare : « J'ai été un âne et j'ai fait de moi l'esclave d'une femme comprends-tu ? D'où la morale de l'histoire : qui se laisse fouetter mérite d'être fouetté... Mais, comme tu vois j'ai bien supporté les coups, le brouillard rose suprasensuel de mon imagination s'est dissipé et personne ne pourra plus me faire prendre les guenons sacrées de Bénarès[note 10] ou le coq de Platon[note 11] pour l'image de Dieu ».

Arthur Schopenhauer a écrit à propos des femmes : « Cela n’a servi qu’à les rendre si arrogantes, si impertinentes : parfois elles me font penser aux singes sacrés de Bénarès, qui ont si bien conscience de leur dignité sacro-sainte et de leur inviolabilité, qu’ils se croient tout permis[114] ». Sacher-Masoch et Arthur Schopenhauer évoque les prostituées sacrées[115]

  • Pour Masoch ce sont des guenons.
  • Pour Schopenhauer ce sont des singes et donc des mâles.

Bernard Michel réfuse l'idée selon laquelle Sacher-Masoch, influencé par Arthur Schopenhauer, serait misogyne.

Alors que Pour Roland Jaccard il est misogyne :

« On imagine que le masochiste idéalise la femme, qu’elle est sacrée reine et parée de toutes les vertus. C’est oublier que Leopold von Sacher-Masoch était un lecteur assidu d' Arthur Schopenhauer, il lui empruntait des réflexions misogynes (« Le sexe court de taille, étroit d’épaules, large de hanches, aux jambes torses, ne pouvait être nommé beau que par notre sexe à nous, que les sens aveuglent et les mettait dans la bouche de ses personnages[116] »

. Pour Jean-Paul Sartre Wanda est exploitée :

« En particulier le masochiste qui paye une femme pour qu'elle le fouette, la traite en instrument et, de ce fait, se pose en transcendance par rapport à elle. Ainsi le masochiste finit par traiter l'autre en objet et par le transcender vers sa propre objectivité. On rappelle, par exemple, les tribulations de Sacher-Masoch qui, pour se faire mépriser, insulter, réduire à une position humiliante,était contraint d'utiliser le grand amour que les femmes lui portaient, c'est-à-dire d'agir sur elles en tant qu'elles s'éprouvaient comme un objet pour lui[117]… »

Manipulée pour Emmanuel Dazin : il écrit : « Chez Masoch, la dominatrice affublée selon les désirs de l’esclave, les caractères qu’il lui attribue, est très vite stéréotypée […] Elle peut aller jusqu’à ressembler à une poupée, entre les mains de sa victime manipulatrice[118] ».

L'amant[modifier | modifier le code]

C'est pour Armand Rosenthal, un escroc, plagiaire, maître chanteur, mythomane, plusieurs fois condamné que Wanda quitte Masoch. Rosenthal utilise plusieurs pseudonymes et notamment Jacques Saint-Cère.

Bigame ? « Il m'a parlé de Jacques St [sic]-Cère, qui vient de se marier à Genève avec une dame Hentz, mariage très mystérieux. Or ce Jacques St-Cère ne s'appelle pas Rosenthal et il n'est pas du tout allemand. Son nom est Guy. C'est du moins sous ce nom qu'il s'est marié[119]. » À Genève Armand Rosenthal cherche à émettre une lettre de change de trente mille francs contre de fausses reconnaissance de dettes sur Sacher-Masoch[120].

Les biographes dont Bernard Michel racontent que le couple aurait mis, financièrement, Masoch à sec. Il est dit aussi que durant l'agonie de l'enfant Alexandre, les huissiers saisissent les meubles et autres objets dans la pièce voisine.

Wanda raconte, à son amant, ses souffrances. À quel point elle fut épuisée dans ce rôle qui n'était pas le sien. Elle a honte, Armand la console[121].
Armand est amoureux, mais ce qui donne plus de prix à Wanda c'est qu'elle est la femme d'un écrivain célèbre.

Sans scrupule, il se sert du nom de Masoch pour rentrer comme journaliste au Figaro.
Grace et ses manipulations et la confiance de ses supérieurs il se voit confier la rubrique de politique étrangère. Plus tard on comprend que tout ce qu'il écrit est purement imaginaire. Il se sert de l'argent sensé rétribué un informateur pour payer ses dettes personnelles.
Il devient même représentant du New-York Herald tribune.

Un de ses collègues, du Figaro, l'honnête et scrupuleux André Maurel, dit de lui : « Il manquait au-delà de tout tact, de prudence et modération. Il était snob, invraisemblablement puéril, n'imaginant pas qu'une vie peut être agréable sans parade ni poussière. Il lui fallait éblouir, par goût d'abord, par la conviction ensuite, que le faste était une nécessité et le signe d'une carrière épanouie[122] ».

Il rencontre Max Lebaudy, un jeune héritier innocent et très riche. Bernard Michel parle d'un cible idéale pour maître chanteur.
Saint-Cère attaque perfidement Lebaudy dans Le Figaro, et dans la Vie parisienne. Il extorque des sommes considérables au jeune Lebaudy pour cesser ses écrits. Max Lebaudy, meurt en 1895.

À sa mort ses frères découvrent le chantage, et portent plainte. Armand Rosenthal alias Jacques Saint-Cère est arrêté le 10 janvier 1896 et emmené à la prison se Mazas. Les héritiers n'arrivent pas à prouver leur accusation, les sommes ayant été versées en liquide. Et Armand use d'intimidation auprès du seul témoin, l'ex-maîtresse de Lebaudy, Mlle Marsy sociétaire du Français. « N'avait-elle pas besoin constamment de la presse  ? Elle battit en retraire »[123].

Il quitte Wanda pour une autre femme d'écrivain, la femme de Paul Lindau (de) : Anna Kalish, elle divorça de son mari et épousa Jacques Saint-Cère. Elle le sert par ses multiples et célèbres relations. et organise chez eux rue Auber, un véritable salon. Les amis d'Anna Kalish font de Saint-Cère un personnage de premier plan.
Le scandale éclate sa condamnation de 1879 arrive au grand jour ainsi que ses dettes considérables. Ses divers collaborateurs et supérieurs se dédouanent, chacun minimilise la collaboration d'Armand au sein de leur organe de presse.
« Jacques Saint-Cère emprisonné comme un vulgaire escroc, la presse se déchaîne sans vergogne contre celui que sa puissance mettait jusque là à l'abri, et tous ceux qui ont naguère festoyé chez lui, non seulement lui tournent courageusement le dos, mais souhaitent effacer de leur vie les liens avec un homme aussi compromis et qui ne peut plus leur servir. C'est à qui n'aura jamais dîné rue Auber[119] ».

Le personnage d'Armand Rosenthal est évoqué en détail par Pierre Michel spécialise de Mirbeau. Octave Mirbeau aurait connu Armand Rosenthal sous le prénom de Guy[119]

Hulda dans son autobiographie parle de la naïveté de Masoch face au personnage. Tout le monde est abusé par Armand sauf elle[124].

Hulda Meister[modifier | modifier le code]

Leopold von Sacher-Masoch et Hulda Meister.
Hulda Leister deuxième épouse Sacher-Masoch (B.N. arch E.R.L. et CI. W. Hoffert archives Mme Saternus).

En 1883, Sacher-Masoch est brisé après la rupture avec Wanda et la mort de son fils Alexandre. Sacher Masoch embauche Hulda Meister en tant que traductrice.
Elle deviendra la deuxième épouse de Sacher-Masoch. En raison de ses difficultés à divorcer, ce n'est que bien plus tard qu'elle devient Hulda von Sacher-Masoch. Elle est cultivée, elle a reçu une éducation exceptionnelle pour l'époque : l'école d'institutrice de Stettin, et le conservatoire de musique de Berlin.
Elle a trente-six ans lorsqu'elle fait la connaissance de Sacher-Masoch. La relation n'a rien de passionnel. Sacher-Masoch lui fait trois enfants hors mariage : Olga née à Leipzig, 1886, Marfa née à Paris 1887; Ramon à Lindheim en 1889. Mais il semble en avoir fini avec sa recherche de la femme idéale, la femme fétichisée. Il a cependant des aventures hors couple : aventure avec Jenny Marr puis à Paris avec la fille du peintre Schlesinger.

Les biographes[modifier | modifier le code]

Bernard Michel écrit que de nombreux lecteurs de la Vénus à la fourrure, trompés par le nom, croient qu'elle en est l'inspiratrice. En réalité, elle se place en tant qu'actrice d'un rôle théâtral du roman. Elle en joue pour faire croire à Sacher-Masoch qu'elle est son idéal. Dans son livre Confession de ma vie, Elle se place en tant que victime d'un mari déséquilibré. Et, nous dit Bernard Michel, les pseudo-biographes de Sacher-Masoch ne font que « la paraphraser sans aucun sens critique[125] ».

À partir de son livre autobiographique, Confession de ma vie, Wanda von Sacher-Masoch est contredite par les deux livres d'un secrétaire auto-proclamé de Sacher-Masoch Carl-Felix von Schlichtegroll : Sacher-Masoch et le masochisme (1901) et Wanda sans masque et sans fourrure.

Selon Bernard Michel le dit secrétaire ne serait qu'un parasite. Il s'agirait d'un noble allemand, originaire des régions Baltes qui passe deux semaines chez Hulda, la seconde épouse de Sacher-Masoch. Il interroge, fouille dans les papiers pour écrire les deux livres. Il a le mérite, selon Bernard Michel de reproduire des passages entiers du journal de Sacher-Masoch et des documents disparus et irremplaçables aujourd'hui[note 12].
Carl-Felix von Schlichtegroll affirme que la mère d'Aürora aurait tenu un tabac, « le petit tabac du cirque », où la fille vendeuse, aurait attiré une clientèle de vieux messieurs intéressés par ses charmes. Il avait trouvé une lettre de 1867 du colonel des hussards Alexandre Rigyitzki qui avoue à Aürora (Wanda) « avoir passé des heures paradisiaques [...] dont la suite fut une déception très amère[126] ».

Lorsqu'elle rencontre Masoch elle se fait passer pour une veuve, elle n'est pas vierge. Elle se dresse un portrait conforme à l'idéal de Masoch. Masoch dupe ? Il ne semble pas. Le lendemain de leur mariage, le journal Tagesport annonce l'union entre Sacher-Masoch et la Baronne de Rümelin. Selon Wanda l'idée qu'elle qualifie de fantaisiste vient de Sacher-Masoch. « Pouvait-elle s'en formaliser ? elle qui avait joué pendant des mois je personnage d'une grande dame »[127]?

Elle se garde bien de lui dire qu'elle le connaît à travers Madame Frischauer, Berhold Frischauer, son fils que Sacher-Masoch considère comme une crapule[128]. C'est seulement à la naissance de son premier enfant que Wanda avoue son vécu. Masoch lui pardonne et s'engage à beaucoup travailler pour la faire vivre dignement avec leurs enfants.

Paul-George Villa, dans sa préface, voit Wanda comme une aventurière et prétend que le portrait qu'elle dresse d'elle-même dans confession de ma vie, n'est pas honnête. Il estime d'après le journal intime de Sacher-Masoch qu'elle aurait donné satisfaction au masochisme de l'écrivain dès les premières rencontres. Pourtant un peu plus loin dans sa préface, Villa nous dit en parlant de l'écrivain : « Il faut y voir une vérité personnelle, c'est-à-dire une réalité déformée, corrigée, amplifiée ou censurée par la sensibilité de l'écrivain, (...) la suite de l'histoire est un peu trop belle, un peu trop accordée au penchants du conteur, pour être véridique[129] »... D'autant que Sacher-Masoch est un mystique[note 13]. Il aurait pu nous dire, selon la célèbre phrase de Tennessee Williams prononcée par Vivien Leigh : « Je m'invente des mensonges que je suis seule à croire[130] »
Pour André Pieyre de Mandiargues : « Le masochisme est une expérience mystique[131] ».

Gilles Deleuze ne partage pas l'avis de Villa, « Le livre de Wanda est fort beau. Il fut jugé sévèrement par les biographes ultérieurs, qui, toutes fois, se contentaient souvent de le démarquer. C'est que Wanda présente d'elle-même une image trop innocente. On la voulait sadique, Sacher-Masoch était masochiste. Mais le problème ainsi n'est peut-être pas bien posé[132] ».

Selon Daniel Leuwers De l'innocence de Wanda : « En causant avec lui, je m’étais efforcé de “découvrir” et de discerner la vérité de la “littérature” dans ses paroles, mais tout s’embrouillait maintenant et je ne m’y retrouvais plus[133] » Daniel Leuwers dans sa préface nous dit : « Les frontières entre le fantasme et la réalité sont si perméables que l'inconscient arrive toujours à se frayer un chemin bénéfique dans les ornières les plus inquiétantes de l'activité humaine[134] ».

Selon Jean-Paul Corsetti « Léopold Von Sacher-Masoch apparaît, dans Confession de ma vie sous un regard oblique que seules certaines loupes permettent de saisir[135]. » Wanda est dans le plus grand dénuement lorsqu'elle rencontre Sacher-Masoch. Wanda écrit dans ses confessions : « Il y avait des jours où il allait vraiment trop loin ; ces jours-là je ne sortais plus de mon rôle de Maîtresse cruelle »[136]. Je me voyais forcée de faire souffrir des tortures physiques et morales raffinées à ce pauvre homme, malade de corps et d'âme, et quand émue de pitié, des larmes étouffantes m'empêchaient de rire, il levait vers moi des mains suppliantes et s'écriait : « Encore ! Encore ! Encore.. N'aie pas pitié de moi.. Plus je souffre par toi, et plus je suis heureux ! (...) J’ai lutté loyalement contre ma propre nature et je me suis fait violence pour lui donner autant de bonheur » [137]. Wanda vivait dans l'obsession d'être démunie. Elle avait vécu dans le manque une partie de son enfance et son adolescence. Avec Sacher-Masoch, ils vivaient du travail de l'écrivain, et bien entendu lorsqu'il s'arrêtait d'écrire, le spectre des privations hantait Wanda.

Wanda reproduit là, la réflexion d'une amie à qui elle s'est confiée : « Seulement ce qui est drôle, c'est que ce soit vous qu'il appelle « maîtresse » et que lui s'appelle esclave[138].

À propos d'un article de l'époque dans Débat, au journaliste qui critique Sacher-Masoch en disant que les femmes de ses romans se ressemblaient toutes et qu'il souhaitait qu'elles ne soient plus l'objet de ses livres, Sacher-Masoch répondit à Wanda : « Si cette femme était dans ma vie, comme il le croit, elle ne serait pas dans mes livres. Elle s’y faufile parce que j’ai la tête pleine d’elle. Dès que je veux peindre une femme, c’est elle qui vient sous ma plume ; malgré moi il me faut la décrire sans cesse, et une fois que j’y suis, c’est comme une ivresse : je ne peux pas m’arrêter, avant de l’avoir peinte dans sa démoniaque beauté cité par Wanda dans Confession de ma vie ». Et il ajoute en s'adressant à Wanda :« Tu pourrais m’aider beaucoup en maniant le fouet... C’est une volupté pour moi que d’être maltraité par le fouet ».

Wanda dira en le quittant : « Libre ! Délivrée du tourment de dix années !... M'appartenir de nouveau à moi ne jamais plus mettre une fourrure, ne jamais plus tenir un fouet et ne jamais plus entendre dire le mot Grec !... Comme une lourde armure portée durant de longues années, qui m'avait comprimée gênée dans les mouvements naturels de mon corps et menacée de me mutiler[139].

C'est ainsi que deux camps s'élèvent, ceux qui considèrent Wanda comme une victime et les autres ceux qui la considèrent comme une aventurière.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Une grande partie de l'œuvre de Sacher-Masoch est constituée par des contes nationaux et des romans historiques regroupés en cycles. Ses récits ont généralement pour héroïne une femme dominatrice ou sadique, comme dans Eau de Jouvence qui raconte l'histoire de la comtesse sanglante comtesse Élisabeth Báthory. Les héroïnes de Sacher Masoch ne se prétendent pas sadiques mais païennes[140]

« Oui, regardez-moi bien, je suis pire qu'une hérétique, je suis une païenne[141] ».

Deux de ses romans, La Pêcheuse d'âmes et La Mère de Dieu, concernent des sectes mystiques et sont selon Gilles Deleuze les plus grands romans de Sacher-Masoch[2].

Tandis que La femme séparée, qui eut à l'époque un grand succès, s'inspire de sa liaison malheureuse avec madame Kottowittz.

« Tu m'as aimé et je ne t'ai jamais oublié, comme je n'ai jamais oublié les contes que tu m'as dits, les airs que tu m'as chantés ». Sacher-Masoch, en s'adressant à Handscha, ajoutait qu'il lui était redevable de « son âme »[142] L'œuvre de Masoch est inspiré par tout ce folklore où les femmes ont un rôle prédominant. le folklore « Toute douleur toute félicité sont d'abord théâtrales » Masoch aime passionnément le théâtre. C'est non seulement ce qui ressort de son œuvre, mais Élisabeth Lemirre et Jacques Cotin nous le confirment[143]. Gilles Deleuze évoque l’extraordinaire décence de Sacher-Masoch. Le censeur le plus méfiant, écrit-il, « ne peut rien trouver à redire dans La Vénus à la fourrure, à moins de mettre en cause on ne sait quelle atmosphère, on ne sait quelles impressions d'étouffement et de suspens qui se manifestent dans tous les romans de Masoch » [144]. Et il dira plus loin : « Il ne s’agit en aucun cas d’une littérature pornographique, mais plutôt pornologique ».

Eric Alliez évoque le chapitre Re-présentation de Masoch[145], Chapitre où Gilles Deleuze acquiesce Bernard Michel à propos des correspondances entre Kafka et Masoch. L'analyse du nom de Gregor Samsa le héros de La Métamorphose est un hommage rendu à Sacher-Masoch par Franz Kafka. Lorsque Masoch voyage en Italie avec Fanny Pistor, qu'il se travestit en domestique, il choisit Gregor comme nom de valet. Puis Bernard Michel nous dit, les liens qui unissent Franz Kafka à Sacher-Masoch sont multiples. Non seulement le héros de La Métamorphose se prénomme Gregor, mais son nom Samsa a quelque chose à voir avec SAcher-MASoch, une anagramme qui a pour but de faire rimer Samsa avec Kafka. Puis, il y a cette image dans La Métamorphose

« Samsa était voyageur de commerce, était accrochée la gravure qu'il avait découpée peu auparavant dans une revue illustrée, et placée dans un joli cadre doré. Cela représentait une dame portant une toque et un boa de fourrure, assise bien droite, qui tenait vers le spectateur un volumineux manchon de fourrure où tout son avant-bras disparaissait[146] »

Lorsque la mère et la sœur décident de vider cette chambre, Gregor se précipite sur l'affiche et s'y colle. Pour Bernard Michel cette image « est comme une présence menaçante d'une féminité qui veut s'attaquer à sa personnalité ».

Enfin Bernard Michel trouve aussi des correspondances dans La Colonie pénitentiaire : Pour lui ces correspondances prouvent que Sacher Masoch a sa place dans la lignée des plus grands écrivains d'Europe centrale.

Ce que dit Gilles Deleuze sur le propos :

« Grégoire est bien le pseudonyme que prend le héros de la Vénus et Samsa semble bien le diminutif ou l'anagramme partielle de Sacher-Masoch. Ce ne sont pas seulement les thèmes masochistes qui sont nombreux chez Kafka, mais le problème des minorités dans l'empire austro-hongrois anime les deux œuvres. Il n'y a pas moins de grandes différences entre le juridisme de tribunal chez Kafka et le juridisme de contrat chez Masoch[147] »

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Sa revue : Au sommet[modifier | modifier le code]

En 1880, Hulda Meiste, celle qui sera sa seconde épouse, prétend qu'il se fixe à Budapest pour y diriger un journal et faire représenter son opérette Die Wächter der moral - Les gardiens de la morale. Le premier octobre 1881 la revue démarre sous le titre Auf der Höh - Sur les hauteurs. Plus tard nommée Au sommet[148]...

Pour Bernard Michel ce n'est pas à Budapest qu'il s'installe, mais en Bavière. Il est sans argent et sans perspectives. Il est aidé par un admirateur Rudolf von Gottschall qui le présente au jeune éditeur Baumgärtmer

La revue voit bien le jour 1er octobre à Leipzig, et non à Budapest comme précisé dans l'autobiographie d'Hulda.

Masoch promet de se maintenir « au sommet » « Se tenir au dessus des partis, d'exclure toute partialité, toute haine, ou toutes nations. Toutes tendances devront dialoguer, ouvertement et dans l'honneur, mais toujours avec dignité[149] ». Et Bernard Michel continue en citant le francophile Masoch dans sa déclaration d'amour à la France :« Cette belle France que j'aime tant, dont la langue est ma deuxième langue maternelle qui a toujours été en avant, dans la lutte de la lumière contre les ténèbres ». « Nos abonnés et nos lecteurs ont acquis la conviction que la revue Au sommet n'est pas une entreprise d'affaire, une spéculation de librairie, mais qu'elle poursuit exclusivement des buts idéaux... » relaté par Bernard Michel[150].

La littérature française représentée par des poèmes de Victor Hugo, un discours de Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Saint Saëns sur la musique,

Masoch s'attache à la bonne marche et continue d'écrire des textes, tels Le Raphaël des juifs 1881 ou Madame de soldan 1882

Un article de Josef Penizek présente aux lecteurs Jaroslav Vrchlický Vítězslav Hálek... Le monde slave est représenté par les russes, une autre nouvelle de Dostoïevski et de Saltykov-Chtchedrine[151].

De l'Italie Masoch publie Angelo De Gubernatis et des articles scientifique du volcanologue Luigi Palmieri

Une traductrice est recrutée, celle qui va devenir la deuxième épouse de Masoch Hulda Meister, elle présente l'œuvre de Matilde Serao, une grec installée à Naples.

Les slaves du sud sont représentés par un roman d'Ogulic et par une étude de Maria Cop[152] sur les femmes slaves du Sud. Avec l'Italie l'Europe est bien représentée.

En revanche les polonais se refusent à toute collaboration en particulier Kraszewski que Sacher-Masoch a sollicité. Ils prétendent que l'écrivain était anti-polonais pour avoir écrit un texte accusant les polonais d'antisémitisme[153].

À ces données, il faut ajouter : La revue publia au moins deux articles élogieux sur Léon Gambetta signés Joseph Reinach et du Journaliste Armand. Juliette Adam égérie de Gambetta donna à la revue une courte nouvelle : À Golfe-Juan[154], [155].

Masoch aurait reçu des subventions annuelles de plusieurs milliers de marks provenant de la famille Rothschild et du baron Moses Montefiore. Il aurait également reçu des milliers de marks provenant du gouvernement hongrois en échange d'articles de propagande[156].

Fétichisme et fantaisie dans ses romans[modifier | modifier le code]

  • Selon Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin qui ont préfacé Don Juan de Kolomea La fourrure présente dans la plupart des histoires galiciennes témoigne que Caïn et sa descendance sont du côté sauvage. L'image sera si forte que « la femme ne pourra être Venus qu'ensauvagée d'une fourrure. »[157]
  • Fétichiste des bottes, des pantoufles, du pied. Il décrit les bottes, les bottines, les pantoufles. Les bottines lacées qu’il nomme Czimas. Ses héros embrassent les pieds, les pantoufles brodées d'or, supportent des « coups de pieds », lavent les pieds. « La jeune femme, les dents serrées la frappa à deux reprises du bout de ses petits pieds dédaigneux. D'un mouvement spontané, la pénitente, de ses deux mains s'empara de ce pied, chaussé d'une pantoufle brodée d'or, et le pressa contre ses lèvres. »[158] « Ses héritiers découvrirent parmi toutes sortes d'objets précieux, un coffret d'ébène incrusté d'ivoire, où se trouvait une vieille pantoufle fanée. Le premier étonnement passé, ils s'en amusèrent, et n'en parlent jamais qu'en riant. »[159] « L'éclat rouge des talons frappant un parquet, une pantoufle fanée au fond d'un coffret d'ébène et d'ivoire, l'écarlate d'une paire de gants ». Une citation de la préface de Don Juan de Koloméa et qui sillonnera toujours l'œuvre de Sacher-Masoch comme une image figée, en provenance de l'image originaire.
  • Les femmes chez Sacher-Masoch : Toutes les femmes de ses romans sont puissantes à l'image de ses fantasmes. Il fait référence aux Tsarines noires. À Omphale, reine légendaire de Lydie, et Sémiramis, reine de Ninive et de Babylone ; à Roxelane, sultane d'origine ukrainienne épouse de Soliman le Magnifique, à Zénobie, reine de Palmire, à Catherine II de Russie. Toutes intrigantes et rusées. Dans les temps anciens, avec Libussa (680. – 738) il lui attribue des pouvoirs surnaturels. – Le livre de Libussa ou jugement de Libussa (Sand Libussa) est le texte le plus ancien en langue Bohème. – Ou encore à la reine Elischka toutes deux citées dans L’Amazone de Prague[160]. Elles sont toujours vêtues de pelisse de fourrure, de Kazabaïka ; elles sont supérieures, ont des regards d'acier ; elles sont chaussées de bottes, sont cavalières. « Elles portent des fouets à la ceintures, voulant bien faire sentir le danger qu'il y a à les séduire. »[161] Elles sont vampires et elles ont des yeux de louves[162]. Elles ont des yeux de Sphinx, Lola[163] un corps de tigresse, cuirassée comme des guerrières, tueuses, dévoreuses, bestiales, ourses. Dans La Hyène de la Puszta la victime bascule dans un sadisme fou, le roman accumule les fétiches : « femmes de qualité », « femmes de théâtre », « méchante variété de modernes Messalines », il s'agit de « gantières », des « bottines de velours noir rehaussé d'étroites bandes de fourrure de zibeline », « il se mettait à ses pieds comme un esclave… comme un chien ! », « un bon de tigresse », « écuyère belle autant que vertueuse ». Il n'y a pas une ligne de ce roman qui ne soit pas dans le fétichisme, dans le masochisme et à la fin dans une sorte de sadisme ; qui n'est pas celui des romans de Sade.
  • Chasseresses, dans la plupart des romans de Masoch , une scène de chasse est minutieusement décrite : la femme idéale chasse l'ours ou le loup et s'empare de sa fourrure[164].
  • Les femmes chez Sacher-Masoch sont vertueuses car l'acte sexuel n'est pas le but du rapport, l'orgasme non plus, il est même, souvent, fâcheux car il représente l'arrêt du désir c'est ce que nous dit Gilles Deleuze[165]. Ce rapport au désir fait l'objet de travail approfondi dans L'Anti-Œdipe ouvrage que Deleuze a écrit avec Félix Guattari[166]

De la vertu des héroïnes chez Sacher-Masoch Éric Alliez parle d'absolue chasteté de ces romans rose-noir[167]

Sadisme dans les romans[modifier | modifier le code]

Dans La Vénus à la fourrure Sacher-Masoch établi un programme[note 14]. qu'il cherche à mettre en scène (dans la vraie vie) avec une masochisante[note 15]. Si la femme sadique est souvent présente dans ses romans, il ne la cherche pas dans le passage à l'acte

Et même Richard von Krafft-Ebing, créateur du Monstre sémiologique est perplexe , convient que le masochiste s'arrête à la rêverie à son tour, il écrit :

« L’instinct de conservation agit contre les suites extrêmes du masochisme, et c’est pourquoi le meurtre et la lésion grave, qui peuvent être commis dans la passion sadique, n’ont autant que je sache, aucun pendant passif dans la réalité. Mais dans les rêveries, les désirs pervers d’individus masochistes peuvent fort bien aller jusqu’à ces conséquences extrêmes[55]… »

Si Sigmund Freud a confirmé le terme sadomasochisme cité par Krafft-Ebing, il se retrouve, vers la fin de sa vie, devant une énigme. Il avoue qu'« il est d'ailleurs rare que les tortures masochistes produisent la même impression de sérieux que les cruautés — fantasmées ou mises en scène — du sadisme[168] ».
En parlant de Wanda et de Sacher Masoch, Gilles Deleuze écrit : qu'on aurait voulu que Wanda soit sadique, mais elle ne l'était pas, « elle sera sa compagne à la fois docile, exigeante et dépassée[169].

De ce fait rencontre improbable en dehors du rêve fantasmatique : Gilles Deleuze précise qu'en cas de rencontre : « chacun fuit ou périt[2] ». Masoch et avec lui la plupart des masochistes ont besoin du sadique dans la rêverie, mais aussi pour essayer de provoquer une réaction sadique chez le masochisant. Ainsi il rêve du sadique comme il provoque le sadisme lequel sadisme comme le masochisme sont au plus profond de l'être humain « Une intuition immédiate et irrécusable donne à penser que, sans une certaine dose de masochisme, (comme autant de sadisme) parvenir à un minimum d'équilibre serait impossible Roger Dadoun[170] ». Pour en parler, Theodor Reik écrit : « Le masochiste envoie le sadique en éclaireur[171] »

Le Legs de Caïn[modifier | modifier le code]

Peter Paul Rubens - Cain slaying Abel, 1608-1609.jpg

Les textes de référence écrits par Masoch et consacrés à propos de Legs de Caïn sont la Vénus à la fourrure et L'Érrant[172] Malheureusement, nous dit Philippe Sellier, La Vénus à la fourrure a réduit la complexité de l'œuvre masochienne au masochisme[173].

La présence voilée de Caïn au XIXe siècle ne fait qu'annoncer, sur un mode allégorique et moral, l'aveu de la littérature plaidant coupable, ainsi que l'écrivit Georges Bataille[174].

Le Legs de Caïn restera inachevé. Il devait comprendre six thèmes : l'amour, la propriété, l'État, la guerre, le travail, la mort. Seul l'amour et la propriété furent traités. La Vénus à la fourrure en fait partie
L'œuvre de Sacher Masoch est sous le signe de Caïn. Sacher-Masoch se dit fils de Caïn, condamné d'avance par Dieu.
Pour Gilles Deleuze, le crime de Caïn appartient entièrement au monde masochiste[175].

Selon Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin, Caïn et sa descendance sont du côté sauvage. L'image sera si forte que pour Masoch que « la femme ne pourra être Venus qu'ensauvagée d'une fourrure[176] ».
Sacher Masoch place l'essentiel de son œuvre sous le signe de Caïn, Jean-Paul Corsetti s'étonne que la postérité ne retienne qu'une pathologie, celle du masochisme.
Le Legs de Caïn dit-il à partir duquel s'organise la production littéraire de l'écrivain galicien, demeure écartée de presque toutes les histoires du Caïnisme au XIXe siècle
Même, poursuit Jean-Paul Corsetti, Mario Praz dans son ouvrage de référence consacré au romantisme noir n'évoque Sacher-Masoch que par une simple note[177] « Qu'il suffise d'indiquer que le type de femme cruelle aux yeux de sphinx domine dans le cycle des romans Grausame Frauen de Leopold von Sacher Masoch qui a donné son nom à la tendance sexuelle illustrée dans ce chapitre[178]. », c'est ainsi que Mario Paz n'honore pas l'œuvre de Masoch, mais la renvoie à la pathologie dans laquelle Richard von Krafft-Ebing l'a baignée.

Pour Jean-Paul Corsetti, ainsi que l'a montré Pascal Quignard :

« En face de Caïn il y a Jésus : Caïn est un rapport à la mort comme violence inaugurale. Il est le meurtre du frère (...) il définit le rapport à l'histoire aux totalités qu'il déchire. Mais du même coup, il institue l'histoire, en tant que déchirement[1]. »

Pour Sacher-Masoch l'enfer n'est pas seulement dans les profondeurs abyssales, mais aussi au-dessus de nos têtes, le monde céleste est infernal. Jean-Paul Corsetti poursuit : « Jésus incarne l'eros sacrifié, là où Caïn dit la transgression de l'interdit le meurtre fratricide et assume le masque de Thanatos[179] »

Pour Roland Jaccard,

« à l'origine, il y a cette réfutation de Leibniz : le monde dans lequel nous vivons n'est pas le meilleur des mondes possibles. Le monde, tel que l'envisage Sacher-Masoch, est le « Legs de Caïn », il est placé sous le signe du mal, du crime, de la malédiction, de la culpabilité. La nature nous a donné la destruction comme moyen d'existence[116]. »

Hermann Hesse dans Demian identifie la Déesse-Mère avec Éve, géante qui porte au front le signe de Caîn. Selon l'auteur, le signe de Caïn ne serait pas une marque visible, en somme une marque corporelle de sa faute, mais un signe de supériorité et de force de caractère.
Hermann Hesse, toujours, dans Demian : selon lui toute l'histoire de Caïn est née du « signe » : « Il existait une race hardie, dont le visage brillait d'une intelligence qui faisait peur aux médiocres ; ceux-ci se sont garantis contre leur inquiétude en inventant le récit de la Genèse. Aujourd'hui les fils de Caïn existent toujours : ils ne paissent pas longtemps avec le troupeau ; au terme d'une errance solitaire, ils accèdent au cercle restreint des initiés : Moïse, Bouddha, César, Jésus, Loyola, Napoléon, Nietzsche... Eux seuls sont de véritables éveillés »[180].

L'œuvre de Masoch rejoint les gnostiques qui considèrent la création comme une création mauvaise engendrée par un mauvais démiurge. D'une certaine manière, tout le monde créé est infernal.

Pour Pascal Quignard, Dans son chapitre Le double Jésus Cain « Jésus est la mort-sens, la mort soumise que la mère crucifie »[181].

Caïn est le fils préféré de sa mère, Ève. Il est l'auteur du meurtre inaugural, fratricide. Sacher-Masoch fils de Caïn, se dire fils du plus grand maudit de l'histoire, Caïn, relève d'un masochisme métaphysique. C'est se désirer comme tel, déçu, jaloux de l'amour que Dieu portait à son frère Abel. Caïn condamné d'avance par Dieu, condamné à l'errance. L'univers mental de Sacher-Masoch est peuplé de fantasmes métaphysiques, où il reconnaît l'existence d'un lien supposé avec Dieu, avec le divin, mais non pour y trouver un refuge compensatoire, « le Ciel » . Pour Sacher-Masoch se dire fils de Caïn, cela revient à considérer le ciel comme l'enfer. L'enfer n'est pas seulement dans les profondeurs abyssales, mais aussi au-dessus de nos têtes, le monde céleste est infernal. Caïn deviendra aussi le héros des gnostiques qui considèrent la création comme une création mauvaise engendrée par un mauvais démiurge. Pour les gnostiques le cruel Yahvé de l'Ancien Testament n'était qu'un Démiurge en révolte contre le Dieu suprême. Les gnostiques se rangeaient du côté de tous ceux qui s'étaient opposés à l'usurpateur. Pour eux Caïn était détenteur d'un savoir secret dès les origines du monde. Caïn regrettait qu'Éve n'ait pas cueilli aussi le fruit de l'arbre de vie.

Réhabilitation de Caïn

Le premier à réhabiliter Caïn fut Lord Byron : « Le serpent disait vrai : cet arbre du savoir et cet arbre de vie étaient bons et désirables. »[182]

  • Victor Hugo dans La Légende des siècles.
  • Nietzsche : « On nommera l'histoire sainte du nom qu'elle mérite, étant l'histoire maudite »[183].
  • Hermann Hesse dans Demian : selon lui toute l'histoire de Caïn est née du « signe » : « Il existait une race hardie, dont le visage brillait d'une intelligence qui faisait peur aux médiocres ; ceux-ci se sont garantis contre leur inquiétude en inventant le récit de la Genèse. Aujourd'hui les fils de Caïn existent toujours : ils ne paissent pas longtemps avec le troupeau ; au terme d'une errance solitaire, ils accèdent au cercle restreint des initiés : Moïse, Bouddha, César, Jésus, Loyola, Napoléon, Nietzsche... Eux seuls sont de véritables éveillés. »

Ce qui caractérise la nature des fantasmes masochiens, c'est de se désigner et de se désirer comme coupable. Donc la culpabilité entre les mains de Sacher-Masoch est construite comme une immense machine de jouissance. Et cela on le retrouve dans toute son œuvre et particulièrement dans ses grands livres où sont abordés les thèmes religieux où le jeu de la culpabilité se retrouve non seulement dans le miroir des figures humaines mais aussi dans le miroir des figures divines. Ce qui nourrit Sacher-Masoch c'est la prolifération de sectes à l'époque qui baignent toutes dans un climat d'hérésie où l'on retrouve des résurgences gnostiques et cette fascination de Sacher-Masoch pour une métaphysique de la transgression du bien est à son époque appliquée donc par des communautés qui se réclament de cette métaphysique-là. Dans l'errant « apprend à renoncer à mépriser la vie à aimer la mort[172] ».

Influences[modifier | modifier le code]

L'influence des philosophes tels Arthur Schopenhauer, Friedrich Nietzsche et particulièrement Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, l'auteur de Dieu et l'État (1882)[184] et son Catéchisme révolutionnaire[185], est reconnue par des biographes tels que Jean-Paul Corsetti et Bernard Michel. Cette influence joue particulièrement sur le cycle du Legs de Cain.

Influence de Schopenhauer

Sacher-Masoch est un grand admirateur de Schopenhauer grand philosophe mais aussi misogyne[116]. Arthur Schopenhauer fut le maître à penser de Nietzsche, de Sacher-Masoch et d'autres. Lorsque l'on ressent une certaine misogynie à la fin de la Vénus à la Fourrure on sent l'influence du philosophe Mais l'influence est toute aussi intéressante lorsqu'elle s'applique à la mort, un des thèmes du Legs de Caïn.

Rapport à la mort chez Arthur Schopenhauer :

« Comment as-tu osé interrompre le repas sacré du néant, pour faire surgir une telle masse de malheur et d'angoisse[186] ? »

Rapport à la mort chez Leopold Von Sacher-Masoch :

« Qu'est-ce donc le bonheur ? continua le vieillard. Je l'ai cherché partout où s'agite le souffle de vie. Le bonheur n'est-ce pas la paix, qu'en vain nous poursuivons ici-bas ? N'est-ce pas la mort qui nous inspire tant d'effroi ? (...) Pourquoi donc craindre ce que nous avons été si longtemps ? (...) Mieux vaudrait, il est vrai, ne pas naître, ou bien une fois né, rêver jusqu'à la fin ce rêve décevant[172] ».

Rapport à la mort chez Friedrich Nietzsche :

« D'après l'antique légende, le roi Midas poursuivit longtemps dans la forêt le vieux Silène, compagnon de Dionysos, sans pouvoir l'atteindre. Lorsqu'il réussit enfin à s'en emparer, le roi lui demanda quelle était la chose que l'homme devait préférer à toute autre et estimer au-dessus de tout. Immobile et obstiné, le démon restait muet, jusqu'à ce qu'enfin, contraint par son vainqueur, il éclatât de rire et laissât échapper ces paroles : « Race éphémère et misérable, enfant du hasard et de la peine, pourquoi me forces-tu à te révéler ce qu'il vaudrait mieux pour toi ne jamais connaître ? Ce que tu dois préférer à tout, c'est pour toi l'impossible : c'est de n'être pas né, de ne pas être, d'être néant. Mais, après cela, ce que tu peux désirer de mieux, c'est de mourir bientôt. » Friedrich Nietzsche[187] »

Influence Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine :

Sacher-Masoch fait sa connaissance du philosophe, révolutionnaire, anarchiste Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine au congrès panslaviste de Prague [188]

Du rapport à la propriété chez Masoch :

« Et j’ai éprouvé de même la malédiction qui s’attache à la propriété… Née de la violence et de la ruse, elle provoque les représailles et engendre la discorde et les forfaits sans fin[172] »,

Du rapport à la propriété chez Bakounine :

« Pour faire une révolution radicale, il faut donc s'attaquer aux positions et aux choses, détruire la propriété [...][189] »

Rapport au travail chez Masoch :

« Le travail seul peut nous affranchir de la misère originelle. Tant que chacun cherche à vivre aux dépens du prochain, la paix sera impossible[172] »

Du rapport au travail chez Bakounine :

« Le travail est la seule base fondamentale de la dignité et du droit humain[189] »

D'autres exemples de concordance sont signalés par Jean-Paul Corsetti[190]

À propos d'Octave Mirbeau

« Quant à la vision de l'humaine condition, où se conjuguent les influences de Pascal et de Baudelaire, dûment laïcisés, de Dostoïevski et de Schopenhauer, elle est imprégnée du plus noir pessimisme. La vie, farce sinistre sans rime ni raison, est éminemment absurde, et la sagesse consiste à la regarder en face en toute lucidité, sans illusions ni espérances »[191] à cette citation Pierre Michel (écrivain) spécialiste d'Octave Mirbeau réplique : « Au premier rang de ces lois qui régissent le monde à notre insu, Mirbeau place ce qu’il appelle « la loi du meurtre » (pour sa part, Sacher-Masoch y voyait : le legs de Caïn)[192] ».

Relations publiques[modifier | modifier le code]

Sacher-Masoch de langue allemande, autrichien et francophile, qui, selon Bernard Michel écrit, dans Les prussiens d'aujourd'hui, ses reproches à l'Allemagne bismarckienne d'avoir oublié dans la réussite matérialiste, ses idéaux et le sens de sa mission[193].

Il obtient un plébiscite français unanime, lorsqu'il se déchaine et apostrophe le lecteur :

« Le feu sacré s’est éteint chez toi , Allemagne et le plus triste, c’est que tu l’as éteins toi-même. Longtemps il avait brillé comme un étoile qui montre le chemin ; mais tu n’as plus d’étoile tu n’as plus d’idéal. Tu as versé du sang, tu as amassé de l’or. Tu peux t’enorgueillir de tes conquêtes et de tes milliards. Que t’importe la haines des peuples ? Que t’importe tes vertus, tes grandeurs passée ? C’est le bouclier du malheur, mais ta prospérité se couronne de mensonges. - Le beau ? Tu as préféré la gloire sanglante de Rome à la gloire immortelle d’Athènes, tu n’auras désormais ni Homère ni Phidias - La liberté ? Qu’en feras-tu ? Comme les cohortes et la plèbe antique, tu ne reconnais plus d’autres dieux que César[11] ! »

Par cette proclamation non seulement Masoch acquiert le plébiscite français, mais Les Contes Galiciens assurent une place brillante auprès de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev.

Juliette Adam[modifier | modifier le code]

Il rentre en relation avec la très célèbre Juliette Adam. Elle est la maîtresse de Léon Gambetta. Lorsqu'elle lance sa revue Chez Calmann-Lévy, elle publie deux nouvelles de Sacher-Masoch. Hassara Raba et L'Ilau.

Elle rencontre personnellement Sacher-Masoch à Leipzig en 1882. Selon Bernard Michel, elle joue un rôle important afin d'obtenir la légion d'honneur à Sacher Masoch[194].

Catherine Strebinger[modifier | modifier le code]

Elle entre dans la vie de Sacher-Masoch en juin 1878. elle avait déjà traduit quelques nouvelles. En 1879 elle devient sa traductrice attitrée à la place de Thérèse Bentzon. Thérèse Bentzon après avoir encensé Sacher-Masoch va tirer sur lui à boulets rouges.

Catherine Strebinger est très vite séduite par la personnalité de l'écrivain, son talent, sa culture, elle le chasse carrément et veut un enfant de lui. Ce qui déplait à Masoch, car le chasseur, c'est lui. Lui qui forme sa dominatrice et lui souffle les dures paroles qu'elle doit prononcer[195].

« Les femmes trop masculines l'exaspéraient. Chasseur, il n'aimait pas devenir le gibier. Les femmes dominatrices dont il rêvait devaient être aussi passionnées et sentimentales[196] »

Catherine Strebinger est une femme passionnément libre. Masoch, est partisan dans l'abstrait de l'émancipation de la femme. Il est là en contradiction avec ce qu'il préconise : trop c'est trop ! Catherine est trop libre pour l'écrivain maso-phallocrate. En revanche Wanda est subjuguée. Ce qui déplait profondément à Masoch. Wanda fait alliance avec Catherine, elle en parle dans confession de ma vie.

Catherine tient un langage très étonnant pour l'époque et Bernard Michel la cite lorsqu'elle s'adresse à Wanda : « Quand un jeune acteur, Strassann, est engagé à Graz, elle murmure à Wanda lors de la première représentation : « Il est par trop beau, il faut que je me le paie » ». Tant de liberté fascine Wanda .

Catherine devient la maîtresse de l'homme politique grand polémiste Français Henri Rochefort. Les relations de Catherine et Masoch se détériorent. Catherine et Wanda sont parfois injuriées dans les parcs de la ville. Enfin Catherine découvre que les bijoux offert par Henri Rochefort sont faux et s'en plaint à Léon Gambetta. Elle quitte Graz à la recherche de « nouveaux cadres pour ses plaisirs[197] ».

Thérèse Bentzon[modifier | modifier le code]

Sous forme de roman, en 1874, Thérèse Bentzon traduit huit nouvelles de Leopold von Sacher-Masoch. Ces nouvelles sont publiées chez Hachette sous le titre : Le Legs de Caïn et sur la Revue des deux Mondes du 15 décembre 1875 sous le titre Les Contes Galiciens.
Catherine Strebinger devient la traductrice attitrée de Sacher-Masoch. Thérèse Bentzon torpille l'écrivain.

Elle intervient auprès de plusieurs éditeurs et fait refuser le Nouveau Job par Calmann-Lévy éditeur attitré de l'écrivain.

Elle écrit à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel

« Un livre froid, décousu et mal composé […] Surtout que l'auteur n'écrive rien directement dans son français qu'il croit très joli du reste. Peut être ferez-vous bien d'insinuer poliment que si son français est celui de ses lettres, vous trouverez l'allemand plus facile à comprendre […] Sacher-Masoch vous parle à la fin d'un grand roman en deux volumes qui se recommande par des scènes « d'une vive sensualité ». Je vous engage à vous méfier car s'il avoue que c'est vif, ce doit être révoltant. Il n'a ni tact ni mesure […] Il n'y a que l'argent qui en lui suscite son inspiration […] Cet homme est une vrai forban à sa manière, quoique plein de talent[198]. »

Ainsi le Nouveau Job est refusé par Pierre-Jules Hetzel.

Ces lettres non datées avec précision arrive chez Hetzel en 1876. Catherine Strebinger devient traductrice attitrée de l'écrivain en 1878. Thérèse Bentzon n'est plus celle « qu'il nommait sa très aimable chargée d'affaire[199] »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Legs de Caïn -l'Errant[172]
  • Don Juan de Kolomea[200]
  • Frinko Balaban, Clair de Lune, Marcella) Traduction Thérèse Bentzon, Sous titre Contes galiciens. Hachette, 1874
  • Le legs de Caïn Nouveaux récits galiciens (La justice des paysans, Le Haydamak, la Hasara Raba, Le Mariage de W.Kochanski). Traduction Thérèse Bentzon, Paris, Calmann-Lévy, « coll. La bibliothèque contemporaine » 1876

Ils en ont parlé[modifier | modifier le code]

Philosophes, préfaciers, essayistes, biographes, traducteurs, agents, secrétaire auto-proclamé...

Ordre moral[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Paul Corsetti[202], dans son livre Dégénérescence (1894) Max Nordau prolonge les théories de L'homme de génie (1889). prétend que Le masochisme est une sous-espèce de la sensation sexuelle contraire. on le lit en dans le chapitre consacré à l'égotisme[203] et à l'ibsénisme[204].
Selon Rudolph Gottschall, à côté de la Vénus à la fourrure, le livre de nouvelles du Faublas de Louvet « ont le charme de la naïveté ».

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Le Fou de Firleiouwka, Femmes slaves XXX, Revue des deux Mondes (15 août 1889), LXe Année, Troisième période, t. CII, Paris, 1890, p. 918-922
    • Parution 1995, Préface Emmanuel Dazin, Fouets et Fourrure, éditions Le Castor Astral
  • La Mère de Dieu, trad. Strebinger, préf. Jean-Paul Corsetti, , Champ Vallon, Seyssel, 1991.
  • La Pêcheuse d'âmes, trad. L.-C. Collomb, préf. Jean-Paul Corsetti, Champ Vallon, Seyssel, 1991
  • La Vénus à la fourrure : et autres nouvelles, prés. Daniel Leuwers, Presses Pocket, Paris, 1985, (ISBN 2-266-03879-6)
  • Œuvres maîtresses : La Vénus à la fourrure, Le Cabinet noir de Lemberg, La Pêcheuse d'âmes, Les Batteuses d'hommes, La Pantoufle de Sapho et autres contes, préface Cécile Guilbert, Éditions Robert Laffont, sortie le 21 novembre 2013
  • La Vénus à la fourrure, trad. N. Waquet, préface de N. Waquet, Paris, Petite Bibliothèque Rivages, 2009
  • La Madone à la fourrure, trad. V. Piveteau, postface de J. Allouch et V. Piveteau : « Où le mariage moderne réduit le masochisme à la portion congrue », Paris, Epel, 2011
  • Un testament insensé, Paris, Autrement, 2009 (ISBN 9782746713550)
  • Contes juifs, 2007
  • La Femme séparée, trad. Strebinger, Marseille, Via Valerino, 1991
  • L’Amour de Platon, trad. J.-F. Boutout, Lagrasse, Verdier, 1991.
  • Esthétique de la laideur, suivi de Diderot à Petersbourg (Diderot in Petersburg) Traduit et introduit par Georges-Paul Villa, Paris, Buchet-Chastel, 1967
  • Les Batteuses d'hommes (sept nouvelles), vol. I, éd. Claude Tchou, 1967
    • (La Dompteuse, Kasimira, Krach en amour, Un duel à l'américaine, Martscha, La Hyène de la Puszta, La Dame blanche de Machow.)
  • Le Legs de Caïn, contes galiciens (cycle inachevé), vol. I, éd. Claude Tchou, 1967
    • (Dont L'Errant, Don Juan de Kolmea, Frinko Balaban, Clair de lune, Marcella. Le Conte bleu du bonheur.)
  • L'Amour cruel (sept nouvelles), vol. II, éd. Claude Tchou, 1967
    • (La Tsarine noire, La Vénus de Murany, Les Noces sanglantes de Kiev, La Pantoufle de Sapho, La Judith de Bialopol, Eau de Jouvence, La Fontaine aux larmes.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les dates retenues ici sont celles de la notice d'autorité de la BnF
  2. La Galicie est une province polonaise annexée par l'Autriche ; après de multiples changements de noms (Lemberg, Lwów, Lvov), la ville a retrouvé son nom historique de Lviv, en Ukraine.
  3. Gilles Deleuze, Jean-Paul Corsetti, Bernard Michel, Leopold Stern le confirment
  4. Supra du mot latin signifiant au-dessus de… Masoch emprunte cette expression à Goethe pour désigner une sexualité de plaisirs exceptionnels qui lui apporterait une transgression érotique. Selon Bernard Michel, cette expression est très vite devenue un tic d'écriture, p. 172.
  5. Ce qui, bien évidement attire Masoch, car il est fasciné par Bakounine
  6. Archives familiales von Pistor Steinermärkisches Landsarchiv. Les archives municipales de Baden ne conservent pas de documents antérieur à 1919. Carl-Felix de Schlichtegroll écrit qu'elle est née Koch. Il semble croire à tort que Fanny Pistor et la princesse Bodganoff sont deux femmes différentes livre cité 1901 p. 93-96 et Wanda sans masque et sans fourrure, traduction, 1968 p. 16-30
  7. À Florence, la promenade des Cascines est évoquée par de nombreux artistes dont Paul-Dominique Gourlier, Paul Chardin
  8. Lorsque Masoch sent que Wanda lui échappe, c'est ainsi que Masoch nomme le Grec
  9. Il semble que le bœuf d'airain soit plus connu sous le nom de Taureau d'airain et qu'il soit plus souvent attribué à Phalaris, tyran d'Agrigente en Sicile. Il est cité par Flaubert dans Salammbô La Pléiade Gallimard, p. 936-950.
  10. C'est ainsi qu' Arthur Schopenhauer, connu pour sa misogynie et maître à penser de Sacher-Masoch, nommait les prostituées sacrées au temple et, du reste, les femmes en général. Les prostituées sacrées adorées en tant que déesses, elles correspondent à l'image de la dominatrice d'aujourd'hui
  11. Diogène jeta un coq plumé dans l'école de Platon et s'écrira : « Voilà l'homme de Platon »
  12. Bernard Michel Lettre d'Hulda de Sacher Masoch à sa fille Marfia. Linddheim. 18 août 1900 Archive madame Saternus p. 321.
  13. Qu’il soit social ou érogène, religieux ou laïque, le masochisme est toujours un voyage mystique « Le masochisme est une expérience mystique : André Pieyre de Mandiargues - Le Troisième Belvédère (1971) - La mort mithridatisée - Éditions Gallimard ». Masoch est un mystique il est « suprasensuel ». Il est mystique sous une forme érogène. Il l'est aussi sous une forme sociale, comme un baume à sa souffrance, face à une insoutenable douleur, la perte d’un enfant. C’est ainsi qu’il a écrit le Le Fou de Firleiouwka
  14. La différence entre un programme et un fantasme, le programme est un message direct adressé au masochisant qui évoque clairement ce que le masochiste attend de lui est clairement expliqué dans l'ouvrage de Gilles Deleuze et Félix Guattari Mille Plateaux sous le titre Capitalisme et schizophrénie au chapitre Comment se faire un corps sans organes p.  187 188
  15. Néologisme deleuzien pour indiquer le dominant dans l'univers masochiste. Pour Gilles Deleuze le partenaire du masochiste ne peut pas être un sadique

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pascal Quignard, L'Être du balbutiement : Essai sur Sacher-Masoch, Gallimard,‎ 2014 (1re éd. 1969) (ISBN 9782715235014), p. 11
  2. a, b, c et d Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, coll. « Arguments »,‎ 1967 (ISBN 2-707-30332-1), p. 7
  3. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 10
  4. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 8
  5. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 9
  6. Leopold von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), La Pêcheuse d'âmes, Champ Vallon, p. 377
  7. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 11
  8. Cité par Bernard Michel : Eine galizische Geschuchtr (Une histoire galicienne), 1858, p.VII. La Czemerka est une tunique lacée polonaise, la Jarmurka la calotte noire des juifs. La Cirkew et l'Église uniate
  9. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 13
  10. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 16
  11. a, b, c, d, e, f et g Thérèse Bentzon, Un romancier Galicien : Leopold Sacher Masoch, t. 12,‎ 1875 (lire sur Wikisource), p. 816-837
  12. Cité par Bernard Michel Der Emissär. Eine galizische Geschichte, édition Credner, Prague, 1863, p.11. Rappelons que Sedlnitsky était ministre de la police en 1848
  13. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 26
  14. a, b, c et d Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 30
  15. Le Gaulois journal littéraire et politique français - livraison 16 août 1887
  16. a, b et c Jean-Paul Corsetti Repères bibliographiques - La Pêcheuse d'Âmes p.  377
  17. a et b Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 31
  18. Wikitionary
  19. Victor Tissot, Vienne et la vie viennoise,Paris,‎ 1878,, p. 101
  20. Cité par Bernard Michel « Musik und Theater bei den Slaven » (Musique et théâtre chez les Slaves) New Musik Zeitung, 15 mars 1882, réédité dans Souvenirs 1984 p. 77
  21. Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure [1870], t. 1, Édition Villa Paris,‎ 1967, p. 254
  22. Le Gaulois le 28 août 1887
  23. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 36
  24. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 41
  25. Sacher Masoch, Fedosia, Choses vécues, Revue bleue II,‎ 1888, p. 147-148
  26. a, b, c et d Revue Bleue Souvenir d'enfance et réflexions sur le roman 1888.
  27. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 40.
  28. Sacher Masoch, Le roi paysan, Choses vécues, Revue bleue III,,‎ 1888, p. 407-408
  29. Eine, Autobiographie Souvenirs Belleville,,‎ 1879
  30. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 103.
  31. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 153
  32. Jean-Paul Corsetti Repères bibliographiques - La Pêcheuse d'âmes p.  379.
  33. George-Paul Villa, préface, biographie de Leopold von Sacher-Masoch Éditions Claude Tchou Tome 1 - p. 23
  34. Sacher-Masoch - L'Amazone de Prague, Femmes slaves p.  130, Édition Agora pocket Revue des deux MondesISBN 9 782266 22896 1
  35. a et b Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 80
  36. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 81
  37. Sacher-Masoch - L'Amazone de Prague, Femmes slaves p.  132
  38. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 83
  39. (de) Leopold von Sacher-Masoch, Neue Judengescichten - Nouvelles histoires juives,‎ 1881, p. 58
  40. (de) Eine, Autobiographie , Deutsche Monatsbätter,‎ 1879, p. 259-269
  41. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 37
  42. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 84
  43. Leopold von Sacher-Masoch, Chose vécues X, Comment je devins acteur XI, Mon premier amour, XII, Une actrice slave, Revue Bleue,‎ 1889, p. 500-505
  44. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 95
  45. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 95-98
  46. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 116
  47. (de) Leopold von Sacher-Masoch, Die Verse Friedrich des Grossen, (Les vers du Grand Frédéric) : comédie historique en trois actes, Hurter, Schaffhausen,‎ 1864, p. 4,9,50,26,48,55,67,
  48. a et b Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 117
  49. Dit par Bernard Michel Une affiche de cette représentation se trouve dans les archives de Mme Saternus
  50. (de) Leopold von Sacher-Masoch, Kaunitz, Wiener Verlag,‎ 1865
  51. (de) Leopold von Sacher-Masoch, Ueber den Werth der Kritik (Sur la valeur de la critique), Frobeen, Zurich,‎ 1879, p. 10-13
  52. (de) Leopold von Sacher-Masoch, Der mann ohne Vorurtheil (L’homme sans préjugés, Forbeen Zurich,‎ 1877
  53. a et b Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 119
  54. (de) Richard von Krafft-Ebing, NeweForschungen auf dem Gebiet der Psychopathia Sexualis, Stuttgart,‎ 1990 — Cité par Bernard Michel dans son ouvrage sur Sacher-Masoch
  55. a et b Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia sexualis : étude médico-légale à l'usage des médecins et des juristes (ISBN 2-907563-26-2), p. 237.
  56. a et b Régis Michel, « L’Anti-Masoch. Essai sur les errements de la maso(miso)analyse »,‎ 2006.
  57. Bernard Michel, Sacher-Masoch - Des hommes et l’histoire, Éditions Robert Laffont (ISBN 2-221-05617-5), p. 7.
  58. L'Être du balbutiement, p. 13
  59. Leopold Stern Sacher-Masoch ou l'amour de la souffrance -Édition Bernard Grasset 1933
  60. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions - Livre I.
  61. Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau, Tallandier, 2003, p. 754.
  62. Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 242.
  63. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 172
  64. Jean Jacques Rousseau - Les Confessions - Livre Ichap III
  65. Préface Paul-Georges Villa Contes et romans - Leopold Von Sacher Masoch - éditions Tchou - 1967
  66. Leopold von Sacher Masoch, Écrits autobiographiques et autres textes,, Léo Scheer,‎ 2004 (ISBN 2-915280-37-1)
  67. Masoch La Vénus à la fourrure
  68. Préface Paul-Georges Villa - Leopold Von Sacher-Masoch p. 21
  69. Masoch La dame blanche - La hyène de Puszta p. 123
  70. Masoch La Mère de Dieu
  71. Gilles Deleuze, De Sacher Masoch au Masochisme article en ligne [1]
  72. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 82
  73. G. Deleuze, « Re-présentation de Masoch », Critique et clinique, p. 72 - également cité, expliqué par Éric Alliez Deleuze avec Masoch article en ligne [2]
  74. De Sacher Masoch au Masochisme article en ligne [3].
  75. Bernard Michel Sacher-Masoch -Du coté de Kolomea, note 31 chapitre 2 Coray-Saternus (Marfa von Sacher-Masoch, Die drei Kinder im Herrengaten (Les trois Enfants dans le jardin du château) manuscrit inédit, 1943-1944, p. 40.
  76. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 123
  77. Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin, préface Don Juan de Kolomea, éditions Philippe Picquier.
  78. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 124
  79. Léopold von Sacher -Masoch, La Vénus à la fourrure, t. 1, Villa,‎ 1870, p. 258
  80. La vertueuse écuyère dans la hyène de Puszta, la dame blanchep. 102
  81. La Dalila du peuple dans la hyène de Puszta, la dame blanche p. 136
  82. Leopold Stern Sacher Masoch Éd Grasset p.  58
  83. La Vénus à la fourrure le froid et le cruel Édition de Minuit p. 189
  84. Wanda von Sacher-Masoch, Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini » (ISBN 2-07-071516-7)
  85. Roland Jaccard, « Lecture pornologique », Philosophie magazine, no 78,‎ 27 mars 2014 (lire en ligne).
  86. « Lacan XVI- La logique du fantasme 1966-1967 » [PDF],‎ 14 Juin 1967
  87. Jean-Paul Corsetti Préface, La dame blanche Sacher-Masoch Édition Terrain Vague ISBN 2.85208.136.5 et 1158-7146: p. 16
  88. Wanda von Sacher-Masoch p. 106
  89. Wanda von Sacher-Masoch, Confession de ma vie, Gallimard (ISBN 2-07-071516-7)
  90. Léopold Von Sacher-Masoch Fouets et Fourrures, édition Le Castor Astral, collection Les inattendus
  91. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 82
  92. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 8
  93. Gilles Deleuze - Critique et Clinique p. 72
  94. Gilles Deleuze en ligne - De Sacher-Masoch au masochisme
  95. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel, Éditions de Minuit, p. 16 avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure.
  96. Dostoïevski, Humiliés et offensés.
  97. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 91
  98. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 92
  99. Sacher Masoch, La femme au fouet, Choses vécues, Revue bleue V,,‎ 1888, p. 502
  100. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 93
  101. Masoch cité par Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 94
  102. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 155.
  103. Leopold Von Sacher-Masoch La Femme séparée, édition Via Valeriano
  104. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 154
  105. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 157
  106. Contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher-Masoch [4]
  107. pasge 159
  108. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 159
  109. Wanda von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini » (ISBN 2-07-071516-7)
  110. a et b Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 138.
  111. Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 224
  112. a et b Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 232.
  113. Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 244.
  114. Arthur Schopenhauer Essai sur les femmes Parerga et paralipomena - [5]
  115. Prostitution sacré Le monde des religions article en ligne [6]
  116. a, b et c Article Roland Jaccard. Le Monde, 13 décembre 1991.
  117. Jean-Paul Sartre, L’être et le néant Tel, Gallimard p. 419, ISBN 2-07-029388-2.
  118. Emmanuel Dazin, Préface de Fouets et Fourrures, éditions Le Castor Astral, collection « Les Inattendus », 1995.
  119. a, b et c Pierre Michel, « MIRBEAU, JACQUES SAINT-CÈRE ET L'AFFAIRE LEBAUDY » [PDF].
  120. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 264.
  121. Wanda von Sacher Masoch, p.  254-256.
  122. André Maurel, souvenir d'un écrivain, Hachette 1895 p. 123-126.
  123. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 282-283.
  124. Sacher-Masoch -écrits autobiographique et autres textes - Éditions Léo Scheer chap. autobiographique Hulda von Sacher Masoch p.  53 ISBN 2-915280-37-1.
  125. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 186.
  126. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 187
  127. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 202
  128. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 188
  129. Préface Paul-Georges Villa, p 22, Contes et romans - Leopold Von Sacher Masoch
  130. Tennessee Williams, Un Tramway nommé Désir
  131. André Pieyre de Mandiargues - Le Troisième Belvédère (1971) - La mort mithridatisée - Éditions Gallimard
  132. Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 7
  133. Wanda von Sacher-Masoch, Confession de ma vie Tel, L'infini Gallimard, ISBN 2-07-071516-7
  134. Préface Daniel Leuwers, La Vénus à la Fourrure Leopold Von Sacher Masoch, ed presse pocket
  135. Jean-Paul Corsetti|titre=Confession de ma vie, éditeur Gallimard|collection=infini -
  136. Wanda von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini », p. 124
  137. Wanda von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini », p. 128
  138. Wanda von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini », p. 107
  139. Wanda von Sacher-Masoch (préf. Jean-Paul Corsetti), Confession de ma vie, Gallimard, coll. « Infini », p. 284
  140. De Sacher-Masoch au Masochisme article en ligne
  141. Leopold von Sacher-Masoch Gilles Deleuze, La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 135.
  142. George-Paul Villa, préface, biographie de Leopold von Sacher-Masoch Éditions Claude Tchou Tome 1 - p. 20
  143. Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin, préface Don Juan de Kolomea La pantoufle de Sapho, Éditions Philippe Piquier.
  144. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 23.
  145. Libération (journal) mai 1989 Une notice bio-bibliographique compose le Chap.VII de Critique et clinique, Paris, Minuit 1993p. 71 - 73
  146. La Métamorphose, Franz Kafka.
  147. Critique et clinique Gilles Deleuze note bas de page p. 73.
  148. écrits autobiographique et autres textes - Éditions Léo Scheer chap. autobiographique Hulda p.  53 ISBN 2-915280-37-1
  149. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 249
  150. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 250
  151. Cité par Bernard Michel : Dostoïevski, Der Knabe bei Christo zum Weichnachtsbaum. (L'"enfant auprès du Christ prés de l'arbre de Noêl), HdH, 1882, 5p.500-503
  152. Cop (Maria) Südslawische Frauen, AdH, 1883,7.
  153. Zur Rutheenen und Juden in Gallizien (sur la question juive et ruthène en Galicie AdH., 1883,7.
  154. Note de Bernard Michel : Adam Juliette , À Golfe-Juan, AdH, 1884, 11, p. 321-338. On y trouve aussi des romans médiocres, André Theuriet et Victor Escalier.
  155. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 249-250-251.
  156. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 259.
  157. Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin, préface Don Juan de Kolomea La pantoufle de Sapho, éditions Philippe Picquier.
  158. Leopold Von Sacher-Masoch, La Pénitente.
  159. Leopold Von Sacher-Masoch, Donjuan de Kolomea La pantoufle de Sapho, éditions Philippe Picquier.
  160. Leopold Von Sacher-Masoch, L'Amazone de Prague
  161. Fouets et Fourrures, préface Emmanuel Dazin
  162. Leopold Von Sacher-Masoch, La Femme séparée
  163. Leopold Von Sacher-Masoch, Lola Fouets et Fourrures.
  164. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 154.
  165. Gilles Deleuze - Vincennes cours 27/05/80 - 3 Transcription : Frédéric Astier
  166. Gilles Deleuze et Félix Guattari, L'Anti-Œdipe – Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de Minuit, coll. Critique.
  167. Éric Alliez - Masoch avec Deleuze Multitudes 25 été 2006 - [7].
  168. Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1894 (réimpr. 1999) (ISBN 2-130-45208-6)
    voir Le Problème économique du masochisme
  169. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 8
  170. Roger Dadoun préface, La Tsarine Noire Édition Manucius p. 27
  171. Theodor Reik, Le masochisme, Paris, Payot,‎ 1953 (réimpr. 2000), 418 p. (ISBN 2-228-89359-5)
    un essai de psychanalyse sur la psychologie et le psychisme masochiste
  172. a, b, c, d, e et f Leopold von Sacher-Masoch, Prologue L’errant (lire sur Wikisource)
  173. Philippe Sellier, Mythes Littéraires - Le triomphe des caïnites, Éditions du Rocher, p. 261
  174. Jean-Paul Corsetti Cite Georges Bataille Préface La Mère de Dieu p. 9.
  175. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Le Froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, p. 84.
  176. Élisabeth Lemirre et Jacques Cottin, préface Don Juan de Kolomea La pantoufle de Sapho, Éditions Philippe Picquier.
  177. Mario Praz La carne , la morte e diavolo nella letteratura romamtica, Firenze, G.S.ansoni editore, 1966 - La chair, la mort, le diable, traduction française Constance Thompson Pasquali, Paris Denoël, 1977 p. 438
  178. Jean-Paul Corsetti Préface La Mère de Dieu p. 7
  179. Jean-Paul Corsetti Préface La Mère de Dieu p. 11
  180. Hermann Hesse, Demian, Le livre de poche
  181. Pascal Quignard - Éd. Mercure de France.
  182. Byron Caïn
  183. Nietzsche - Loi contre le christianisme
  184. Dieu et l'État (1882) [8]
  185. Catéchisme révolutionnaire Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, [9]
  186. Schopenhauer, Métaphysique de l’amour métaphysique de la mort, Bibliothèque 10/18
  187. Friedrich Nietzsche, L'Origine de la tragédie, Traduction française de J. Marnold et J. Morland
  188. Choses vécues VIII. Bakouinine, Revue bleue, 2e semestre 1888 3e série no 8 28 août 1888 p. 250-252
  189. a et b Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine cité par Daniel Guerin, Ni Dieu ni maître Anthologie de l’Anarchisme, t. 1,2, Maspéro,‎ 1974
  190. Jean-Paul Corsetti Préface La Mère de Dieu p. 12-13
  191. Octave Mirbeau
  192. Pierre Michel (écrivain) : article en ligne [10]
  193. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 276
  194. Lettre de la direction des archives de France. 15 juin 1888 cité par Bernard Michel
  195. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, coll. « Arguments »,‎ 1967 (ISBN 2-707-30332-1)
  196. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 239.
  197. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 252
  198. Lettres de Thérèse Bentzon à Pierre-Jules Hetzel. Deux lettres non datées (1876) Archive Hetzel. Dossiers d'auteurs Bibliothèque Nationale Cabinet des manuscrits. Nouvelles acquisition 16.987 N° 302 à 327 citées par Bernard Michel.
  199. Bernard Michel, Sacher-Masoch, Robert Laffont, p. 275.
  200. Leopold von Sacher-Masoch, Don Juan de Kolomea (lire sur Wikisource)
  201. Puissance du masochisme, suivie de la tsarine noire et autres contes - Éditions Manucius [11] ISBN 978-2-84578-125-2.
  202. Jean-Paul Corsetti Leoppold von Sacher-Masoch La dame blanche, préface. Édition Terrain vague 1991 ISBN 2.85208.138.5 et ISSN 1158-7148.
  203. Selon wiktionary [12].
  204. Enivré de théâtre, qui appartient au théâtre d'Henrik Ibsen [13].
  205. Un essai de Roland Jaccard [14]
  206. Interview, de Christine Letailleur France Culture [15]
  207. Marie-Gillain interprètera le rôle de Wanda [16]