Jean Fautrier

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Jean Fautrier

Nom de naissance Jean Léon Fautrier
Naissance 16 mai 1898
Paris
Décès 21 juillet 1964 (à 66 ans)
Châtenay-Malabry
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste peintre
Graveur
Sculpteur
Formation Royal Academy de Londre
Mouvement artistique Art informel (tachisme)
Récompenses Grand prix de la Biennale de Venise en 1960

Œuvres réputées

Tête d'otage 1945

Jean Fautrier (Jean Léon Fautrier), né le 16 mai 1898 à Paris 8e et mort le 21 juillet 1964 à Châtenay-Malabry[1], est un peintre, graveur et sculpteur français.

Jean Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de l'art informel (tachisme). Il est aussi un pionnier de la technique de haute pâte.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père, au début des années 1910, il s'installe avec sa mère à Londres et est admis à la Royal Academy en 1912. En 1917, il s'engage dans l'armée et s'installe à Paris après la Première Guerre mondiale et expose pour la première fois en 1921.

Il expose ses premiers tableaux à la Galerie Fabre en 1923. Durant l'année 1927, il réalise une série de peintures (portraits, natures mortes, animaux écorchés, nus, paysages) où la couleur noire domine tout en restant une peinture figurative. Jusqu'en 1933, date à laquelle prend fin son contrat d'exclusivité, il se partage entre sculpture et peinture. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas.

Alors à court de ressources, Fautrier devient pendant cinq ans moniteur de ski en Savoie. Il se remet toutefois à peindre dès 1937. En 1943, il réalise sa vingt-deuxième et dernière sculpture, la grande Tête d'otage. La même année, arrêté par la Gestapo allemande, il fuit Paris et trouve refuge à Châtenay-Malabry. C'est là que le projet des Otages voit le jour : ces peintures seront exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne (voir Tête d'otage 1945). Le catalogue de l'exposition est préfacé par André Malraux.

Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille, et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers.

En 1950, il invente à l'aide de sa compagne, Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».

En réaction à l'invasion de Budapest par les Russes en 1956, Jean Fautrier reprend le motif des Otages pour la suite des Têtes de partisans, variations sur le vers « Liberté, j'écris ton nom » de Paul Éluard. Enfin jusqu'à sa mort qui survient en 1964, Fautrier brosse des tableaux d'inspiration plus structurée où se superposent stries, lignes colorées et grilles à plusieurs côtés.

De 1945 à 1964, Jean Fautrier habita à « L'Île Verte », propriété qu'il baptisa ainsi du nom d'un de ses tableaux, située au 34 rue Eugène Sinet à Châteany-Malabry. Rachetée en 2003 par le Conseil Général des Hauts de Seine, elle fait partie de l'ensemble de verdure de la Vallée aux Loups, avec la maison de Châteaubriand et l'Arboretum. Les jardins se visitent toute l'année.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Giulio Carlo Argan, Fautrier, Matière et mémoire , Milan, édition Appolinaire, 1960.
  • Bernard Bourrit, Fautrier ou le désengagement de l'art, Paris, Éditions de l'Épure, 2006.
  • André Berne-Joffroy et al., Dossier Jean Fautrier, cat. exp. Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1964.
  • André Berne-Joffroy et al., Jean Fautrier, cat. exp. Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1989.
  • André Berne-Joffroy et al., Jean Paulhan à travers ses peintres, cat. exp. Paris, Grand Palais, éd. RMN, 1974
  • André Berne-Joffroy, « Les Objets de Jean Fautrier », in Nouvelle Revue Française, n°29, mai 1955.
  • Pierre Cabanne, Jean Fautrier, Paris, Éditions La Différence, 1988
  • Robert Droguet, Fautrier 43, réédition, Paris, Éditions de l'Échoppe, 1995.
  • Jean Fautrier, Écrits publics, réédition, Paris, Éditions de l'Échoppe, 1995.
  • Jean Lescure, En écoutant Fautrier, Paris, Éditions de l'Échoppe, 1999.
  • André Malraux, Les Otages, catalogue de l'exposition à la Galerie Drouin, Paris, 1945 (repr. André Malraux Écrits sur l'art, Bibl. de la Pléiade, 2004, t. I).
  • André Malraux, Réponse à un ami américain à propos de l'exposition de Fautrier à New York (repr. André Malraux, Écrits sur l'art, Bibl. de la Pléiade, 2004, t. I).
  • Daniel Marchesseau et al., Jean Fautrier, cat. exp. Martigny (Suisse), Fondation Pierre Gianadda, 2004.
  • Rainer Michael Mason, Jean Fautrier. Les estampes. Nouvel essai de catalogue raisonné (avec deux contributions de Castor Seibel et Marcel-André Stalter), Genève, Cabinet des estampes, 1986 (édition allemande : Stuttgart, 1987)
  • Jean Paulhan, Fautrier l'enragé, réédition, Paris, Gallimard, 1991.
  • Yves Peyré, Isabelle d'Hauteville (iconographie), Fautrier, ou les outrages de l'impossible, Paris, Éditions du Regard, 1990, 437.p.
  • Francis Ponge, D'un seul bloc fougueusement équarri, réédition, Paris, Gallimard, 1976.
  • Michel Ragon, Fautrier, Le Musée de Poche, Paris, 1957
  • Marcel Zahar, « Fautrier ou de la puissance des ténèbres », in Formes, n°7, juillet 1930.
  • Alix Saint-Martin, « Jean Fautrier ou la pulsion du trait », in Magazine des Hauts-de-Seine, n°37, septembre-octobre 2014, pp. 35-38.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La Poste a émis un timbre en 2014 d'une valeur faciale de 1€65 représentant son œuvre Les Boîtes de conserves de 1947.
  • La municipalité de Paris 13e a baptisé à son nom une voie de l'arrondissement, la rue Jean-Fautrier, ainsi que la crèche municipale en hommage à l'artiste peintre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance n° 8/1021/1898, avec mention marginale du décès.
  2. Site officiel du musée
  3. Publiée page 434 de l'ouvrage de Yves Peyré, op. cit.