Quiétisme

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Plaque commémorant le débat sur le quiétisme entre Bossuet et Fénelon, séminaire Saint-Sulpice, Issy-les-Moulineaux

Le quiétisme est une doctrine mystique consistant en un itinéraire spirituel de « cheminement vers Dieu ». Inspiré par les œuvres du prêtre espagnol Miguel de Molinos, le quiétisme vise à la perfection chrétienne, à un état de quiétude « passive » et confiante. Cet itinéraire passe par un désir continuel de « présence à Dieu », de quiétude et d’union avec Dieu aboutissant au terme du cheminement, à un dépassement mystique des étapes qui ont permis le cheminement lui-même (pratiques ascétiques et respect des contraintes de la vie liturgiques). Pour les quiétistes l'union à Dieu bien avant la mort est le but de la vie chrétienne.

Le quiétisme apparaît comme une réaction au jansénisme, par la recherche d'un Dieu plus accessible que celui des hôtes de Port-Royal, qui ne parviennent à la communion divine qu'après la mort et après une vie marquée par une ascèse rigoureuse et terrifiante qui ne leur garantit pas d'être sauvés.

Cette doctrine prend naissance en Italie vers la fin du XVIIe siècle, prêchée par un théologien espagnol, Miguel de Molinos (1628-1696). Elle est condamnée par le pape Innocent XI dans la bulle Coelestis Pastor (le pasteur des cieux) (1687). Fénelon dans son ouvrage Les maximes des saints défendra le point de vue traditionnel de sa pensée en s'appuyant sur les Pères Grecs (saint Clément d'Alexandrie et saint Jean Cassien, notamment) et sur de nombreux mystiques chrétiens occidentaux.

Le développement de cette doctrine, violemment combattue par Bossuet, alimente une crise religieuse en France dans les dernières années du XVIIe siècle. La victoire de Bossuet sur Fénelon et Mme Guyon entraîna ce que Louis Cognet a appelé « le crépuscule des mystiques », la fin du mysticisme chrétien en France.

Selon Jean-Paul Sartre, le quiétisme,

« c'est l'attitude des gens qui disent : les autres peuvent faire ce que je ne peux pas faire. »

— Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme, Gallimard, 1996, p. 51

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Position de Fénelon sur le quiétisme

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