Jean Dutourd

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Jean Dutourd

Activités écrivain, journaliste, éditeur
Naissance
Paris, France
Décès (à 91 ans)
Paris, France
Langue d'écriture français
Genres roman, essai, chroniques, pamphlet
Distinctions Prix Stendhal (1946)
Prix Courteline (1950)
Prix Interallié (1952)
Prix Prince-Pierre-de-Monaco (1961)
Prix Saint-Simon (2001)
Grand Prix Catholique de Littérature (2005)

Grand officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Membre de l'Académie française (fauteuil 31)

Œuvres principales

Jean Gwenaël Dutourd, né le à Paris, où il meurt le [1], est un romancier et essayiste français, membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Dutourd est né à Paris, le , de François Dutourd, chirurgien-dentiste et d’Andrée Haas[2]. Il perd sa mère à l’âge de sept ans, est mobilisé à vingt ans, et fait prisonnier au bout de quinze jours de guerre. Il s’évade six semaines plus tard, revient à Paris et passe une licence de philosophie à la Sorbonne. Licence incomplète, car il ne parvient jamais à décrocher le certificat de psychologie.

Il rencontre Gaston Bachelard à la Sorbonne : le philosophe est témoin de son mariage avec Camille Lemercier, le 22 mai 1942[3]. Le couple aura deux enfants : Frédéric et Clara (décédée). En suite de quoi il entre dans la Résistance, et occupe l'appartement de la famille de Pierre Brossolette partie à Londres. Arrêté au début de 1944, il s’évade et participe à la libération de Paris.

Son premier ouvrage, Le Complexe de César, paraît en 1946 et obtient le prix Stendhal. Jean Dutourd est conseiller littéraire au sein de la maison Gallimard de 1950 à 1966. Il est aussi éditorialiste et succède à Paul Gordeaux comme critique dramatique au quotidien France-Soir. Il tient une chronique hebdomadaire d’un quart d’heure sur Radio Courtoisie, de son éviction de France Soir en 1999 jusqu’en 2007.

Il a longtemps participé, presque quotidiennement, à l’émission Les Grosses Têtes, sur RTL, présentée par Philippe Bouvard. À partir de 2001, il répond tous les jours par téléphone à deux questions posées par Philippe Bouvard et, une fois dans l’année, se rend à l’émission en qualité d’invité d’honneur. Il arrête sa participation quotidienne à l’émission en septembre 2008. Sa participation fut critiquée par l'Académie.

De sensibilité monarchiste, Jean Dutourd est membre du comité de soutien du mouvement L'Unité capétienne, où l’on trouve les noms de Marcel Jullian, André Castelot, Gonzague Saint-Bris, Reynald Secher ou encore Georges Bordonove. Il se présente sous les couleurs de l’Union démocratique du travail (mouvement des Gaullistes de gauche) aux élections législatives de 1967, dans la circonscription de Rambouillet mais est battu par la députée sortante, la radicale Jacqueline Thome-Patenôtre. Par la suite, il s’affirmera et sera reconnu comme un homme de droite.

Le , il a été la cible d’un attentat qui détruisit son appartement parisien, sans faire de victime.

Jean Dutourd est élu à l’Académie française, au fauteuil de Jacques Rueff, le (fauteuil 31). Il était Président d'honneur du Club des Ronchons. Il est également élu à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, où il est reçu le .

Il est influencé par le duc de Saint-Simon, Stendhal et Jean Giono[3].

Tombe de Jean Dutourd au cimetière du Montparnasse

Il préside jusqu’en 2009 l’association Défense de la langue française (AG du 28/03/09) : c’est son confrère de l’Académie, Angelo Rinaldi, qui le remplace.

Il est membre du département de langues et de littérature de l’Académie serbe des sciences et des arts[4].

Il meurt le à 91 ans. Ses obsèques se déroulent le , en l'église de Saint-Germain-des-Prés à Paris, puis au cimetière du Montparnasse[5]. Y assistent notamment Philippe Bouvard, de nombreux académiciens, dont les écrivains Alain Decaux et Max Gallo, et l'historienne Hélène Carrère d’Encausse. L’éditeur Raphaël Sorin, l'avocat Paul Lombard, les hommes politiques Charles Millon et Jean Tiberi ont également assisté à la cérémonie[6].

Le 21 février 2013, Michael Edwards, poète anglais, né le 29 avril 1938, siègera finalement au fauteuil 31.

Citation[modifier | modifier le code]

« Aimer, c'est être embêtant, tatillon, exigeant, c'est vouloir qu'on soit mieux qu'on est, c'est empoisonner l'existence de l'être qu'on aime. » « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir »

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1946 : Le Complexe de César, essai (Gallimard)
  • 1947 : Le Déjeuner du lundi, roman (Robert Laffont)
  • 1947 : Galère, poèmes (Éditions des Granges-Vieilles)
  • 1948 : L'Arbre, théâtre (Gallimard)
  • 1950 : Le Petit Don Juan, traité de la séduction (Robert Laffont)
  • 1950 : Une tête de chien, roman (Gallimard)
  • 1952 : Au bon beurre, scènes de la vie sous l'Occupation, roman (Gallimard)[7]
  • 1955 : Doucin, roman (Gallimard)
  • 1956 : Les Taxis de la Marne, essai (Gallimard)
  • 1958 : Le Fond et la Forme, essai alphabétique sur la morale et sur le style, tome I (Gallimard)
  • 1959 : Les Dupes, contes (Gallimard)
  • 1959 : L'Âme sensible, essai (Gallimard)
  • 1960 : Le Fond et la Forme, tome II (Gallimard)
  • 1963 : Rivarol, essai et choix de textes (Mercure de France)
  • 1963 : Les Horreurs de l'amour, roman (Gallimard)
  • 1964 : La Fin des Peaux-Rouges, moralités (Gallimard)
  • 1965 : Le Fond et la Forme, tome III (Gallimard)
  • 1965 : Le Demi-Solde (Gallimard)
  • 1967 : Pluche ou l'Amour de l'art, roman (Flammarion)
  • 1969 : Petit Journal, 1965-1966 (Julliard)
  • 1970 : L'École des jocrisses, essai (Flammarion)
  • 1971 : Le Crépuscule des loups, moralités (Flammarion)
  • 1971 : Le Paradoxe du critique, essai (Flammarion)
  • 1971 : Le Paradoxe du critique, suivi de Sept Saisons, critique dramatique (Flammarion)
  • 1972 : Le Printemps de la vie, roman (Flammarion)
  • 1973 : Carnet d'un émigré (Flammarion)
  • 1976 : 2024, roman (Flammarion)
  • 1977 : Mascareigne, roman (Julliard)
  • 1977 : Cinq ans chez les sauvages, essai (Flammarion)
  • 1978 : Les Matinées de Chaillot, essai (S.P.L.)
  • 1978 : Les Choses comme elles sont, entretiens (Stock)
  • 1979 : Œuvres complètes, tome I (Flammarion)
  • 1980 : Le Bonheur et autres idées, essai (Flammarion)
  • 1980 : Discours de réception à l'Académie française (Flammarion)
  • 1980 : Mémoires de Mary Watson, roman (Flammarion)
  • 1981 : Un ami qui vous veut du bien (Petit manuel à l'usage des auteurs de lettres anonymes) (Flammarion)
  • 1982 : De la France considérée comme une maladie (Flammarion)
  • 1983 : Henri ou l'Éducation nationale, roman (Flammarion)
  • 1983 : Le Socialisme à tête de linotte (Flammarion)
  • 1984 : Œuvres complètes, tome II (Flammarion)
  • 1984 : Le Septennat des vaches maigres (Flammarion)
  • 1985 : Le Mauvais Esprit, entretiens avec J.-E. Hallier (Orban)
  • 1985 : La Gauche la plus bête du monde (Flammarion)
  • 1986 : Contre les dégoûts de la vie (Flammarion)
  • 1986 : Le Spectre de la rose (Flammarion)
  • 1987 : Le Séminaire de Bordeaux, roman (Flammarion)
  • 1989 : Ça bouge dans le prêt-à-porter (Flammarion)
  • 1990 : Conversation avec le Général (Flammarion)
  • 1990 : Les Pensées (Éditions du Cherche-Midi)
  • 1990 : Loin d'Édimbourg (Éditions de Fallois)
  • 1991 : Portraits de femmes, roman (Flammarion)
  • 1992 : Vers de circonstance (Éditions du Cherche-Midi)
  • 1993 : L'Assassin, roman (Flammarion)
  • 1994 : Domaine public (Flammarion)
  • 1994 : Le Vieil Homme et la France (Flammarion)
  • 1995 : Le Septième Jour, récits des temps bibliques (Flammarion)
  • 1996 : Le Feld-Maréchal von Bonaparte, uchronie (Flammarion)
  • 1996 : Scènes de genre et tableaux d'époque (Guy Trédaniel)
  • 1997 : Trilogie française (Le Séminaire de Bordeaux, Portraits de femmes, L'Assassin) (Flammarion)
  • 1997 : Scandale de la vertu (Éditions de Fallois)
  • 1997 : Journal des années de peste, 1986-1991 (Plon)
  • 1998 : Grand chelem à cœur (Éditions du Rocher)
  • 1999 : À la recherche du français perdu (Plon)
  • 2000 : Jeannot : mémoires d'un enfant, souvenirs (Plon)
  • 2001 : Le Siècle des lumières éteintes (Plon)
  • 2003 : Les cinq à sept de Fernand Doucin (Plon)
  • 2004 : Journal intime d'un mort (Plon)
  • 2006 : Les perles et les cochons (Plon) (ISBN 978-2259204217)
  • 2007 : Leporello (Plon) (ISBN 2259206050)
  • 2008 : La grenade et le suppositoire (Plon) (ISBN 9782259208000)
  • 2009 : La chose écrite (Flammarion)
  • Œuvres complètes, tome III (Flammarion)
Traductions

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1946 : prix Stendhal, pour Le Complexe de César
  • 1950 : prix Courteline, pour Une tête de chien
  • 1952 : prix Interallié, pour Au Bon Beurre
  • 1961 : prix Prince Pierre de Monaco, pour l'ensemble de son œuvre
  • 2001 : prix Saint-Simon, pour Jeannot, mémoires d'un enfant
  • 2005 : Grand Prix Catholique de Littérature, pour Journal intime d'un mort

Décorations[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'académicien Jean Dutourd est mort à 91 ans », dépêche AFP, mis en ligne le 18 janvier 2011
  2. Who's Who in France, Édition 1991-1992, page 640.
  3. a et b (fr) www.votrejournal.net « Jean Dutourd rencontre pour Service littéraire », sur Votre Journal (consulté le 9 mars 2010)
  4. (en) Liste des membres du département de langues et de littérature de l’Académie serbe des sciences et des arts
  5. « Hommage à M. Jean Dutourd », par Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel, en l'église Saint-Germain-des-Prés, le vendredi 21 janvier 2011.
  6. « Jean Dutourd : ses obsèques à Saint-Germain-des-prés et sa tombe à Montparnasse », Celemondo.com, 24 janvier 2011.
  7. feuilleter

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Royer, François Mitterrand élu à l'Académie française. François Mitterrand est élu au fauteuil de Jean Dutourd et prononce son éloge.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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