Virginie Despentes

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Virginie Despentes

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Virginie Despentes en mars 2012, à l'avant-première du film Bye Bye Blondie.

Activités Écrivaine, Réalisatrice
Naissance 13 juin 1969 (45 ans)
Nancy
Genres Roman, Essai, Autobiographie, Nouvelles
Distinctions Prix de Flore 1998
Prix Saint-Valentin 1999
Prix Trop Virilo 2010
Prix Renaudot 2010

Œuvres principales

Virginie Despentes, née le 13 juin 1969 à Nancy[1], est une écrivaine et réalisatrice française. Elle est également, à l'occasion, traductrice et parolière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Virginie Despentes découvre la lecture et l'écriture au collège, grâce à un professeur de français qui lui enseigne que la littérature est une chose cruciale : « il m'a ouvert la voie de la littérature et, en un sens, a changé ma vie[2]. » À quinze ans, Virginie Despentes est internée en hôpital psychiatrique[3]. A dix sept ans, en faisant du stop, au retour d'un voyage à Londres, elle est victime d'un viol, commenté dans son ouvrage King Kong Théorie[4]. Au même âge, après avoir passé son baccalauréat en candidate libre, elle quitte Nancy où vivent ses parents, postiers syndicalistes, et s'installe à Lyon[5]. Elle multiplie alors les petits boulots. Femme de ménage, prostituée[6] via le Minitel, dans des « salons de massage » et des peep shows, vendeuse chez un disquaire, puis pigiste pour journaux rocks et critique de films pornographiques[7], elle est vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris lorsque sort son premier roman, Baise-moi, refusé par de nombreuses maisons d'édition[8], aux Éditions Florent-Massot. Elle choisit alors son nom de plume en référence aux Pentes de la Croix-Rousse[9], quartier de Lyon dans lequel elle a vécu, avant de s'installer à Paris.

Elle quitte les éditions Florent-Massot après la publication de son deuxième roman, Les Chiennes savantes, en 1996. Elle rejoint alors les éditions Grasset, chez qui elle publie en 1998 un troisième ouvrage, Les Jolies Choses, adapté au cinéma en 2001 par Gilles Paquet-Brenner avec Marion Cotillard et Stomy Bugsy dans les rôles principaux. Le film reçoit le prix Michel-d'Ornano lors du Festival de Deauville 2001.

Elle reçoit le prix de Flore 1998 et le prix littéraire Saint-Valentin en 1999 pour Les Jolies Choses. Elle déclarera quelques années plus tard, dans un texte virulent sur la drogue paru dans le journal Le Monde : « J’ai écrit mon roman Les Jolies Choses en trois-quatre jours sous coke[10]. »

En 1999, Librio publie un recueil de nouvelles, pour la plupart inédites : Mordre au travers. Subversive, l'œuvre affiche un avertissement en quatrième de couverture qui stipule que l'« ouvrage contient des passages susceptibles de heurter la sensibilité de certains lecteurs[11]. » En 1997, Despentes avait déjà publié une nouvelle, « C'est dehors, c'est la nuit », dans un recueil collectif, Dix, édité sous la direction du magazine Les Inrockuptibles.

En 2000, elle réalise son premier film, Baise-moi, l'adaptation de son premier roman, en collaboration avec Coralie Trinh Thi, avec Karen Lancaume et Raphaëla Anderson comme protagonistes. Le film soulèvera alors une large polémique[12].

Deux ans plus tard paraît Teen Spirit. La même année Virginie Despentes publie en collaboration avec Nora Hamdi, un roman graphique, Trois étoiles, chez Au Diable Vauvert. Elle traduit aussi deux textes pour ce même éditeur : Plastic Jesus de Poppy Z. Brite et Mort aux Ramones, de l'anglais Poison Heart: Surviving the Ramones, une autobiographie de Dee Dee Ramone, ancien membre du groupe Ramones.

Le groupe de rock Placebo la sollicite en 2003 pour traduire en français un titre de leur album Sleeping with Ghosts : Protect Me from What I Want qui deviendra Protège-moi.

En 2004, après avoir participé au deuxième numéro intitulé « Toujours aussi pute » de la revue Bordel chez Flammarion et rédigé une biographie de Lemmy Kilmister du groupe Motörhead pour le magazine Rock & Folk, elle publie Bye Bye Blondie.

De 2004 à 2005, Virginie Despentes tient un blog sur lequel elle poste chaque jour un billet d'humeur : « Il y était volontiers question de concerts, films ou livres, mais aussi de morts de gens, de commentaires de radio ou de télé », et elle ajoute : « et aussi j'y racontais mes petits trucs, genre j'ai dîné avec qui et on a parlé de quoi... », en donnant une dimension cathartique à la pratique du journal intime en ligne : « régulièrement j'expliquais que j'allais mal, ce qui constitue quand même mon activité principale[13]. » Au-delà de l'interaction mise en place entre l'auteur et ses lecteurs, le blog fut piraté en 2005, ce qui entraina sa fermeture[14].

En 2005, elle rédige trois titres pour l'album Va chercher la police du groupe A.S. Dragon, ainsi que deux préfaces, l'une pour Roland Cros et son ouvrage sur le groupe Bérurier Noir et l'autre pour J'assume de Nina Roberts, actrice pornographique.

L'année suivante, elle publie son premier livre plus autobiographique, mais qui prend la forme d'un essai  : King Kong Théorie. L'œuvre est présentée comme un « manifeste pour un nouveau féminisme[15]. » Le magazine féministe belge Axelle organise alors une collecte des réactions suscitées par la lecture du livre[16]. La même année, Despentes réalise le clip de la chanson Mauvaise étoile pour Patrick Eudeline.

En 2009, elle réalise son premier documentaire, Mutantes (Féminisme Porno Punk), diffusé sur Pink TV[17] et édité l'année suivante en DVD chez Blaq Out. Elle écrit également une nouvelle sur l'érotisme féminin pour le magazine Psychologies[18].

2010 marque son retour au roman : elle publie Apocalypse bébé, toujours chez Grasset. Le roman reçoit le prix Trop Virilo le 2 novembre 2010 et le prix Renaudot le 8 novembre 2010. Le Diable Vauvert édite aussi une nouvelle traduction établie par Virginie Despentes : Déséquilibres synthétique de l'anglais Will Work for Drugs de Lydia Lunch. La même année, Cécile Backès et Salima Boutebal proposent une adaptation théâtrale de King Kong Théorie, durant le « Off » du Festival d'Avignon[19].

Elle réalise l'adaptation cinématographique de Bye Bye Blondie avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart[20], qui sort en mars 2012.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Virginie Despente est « devenue lesbienne à 35 ans », selon ses propres termes[21]. Compagne de la philosophe Beatriz Preciado[22],[23], elle déclare à propos de leur relation et de son propre changement d'orientation sexuelle : « Ma vision de l'amour n'a pas changé, mais ma vision du monde, oui. C'est super agréable d'être lesbienne. Je me sens moins concernée par la féminité, par l'approbation des hommes, par tous ces trucs qu'on s'impose pour eux. Et je me sens aussi moins préoccupée par mon âge : c'est plus dur de vieillir quand on est hétéro. La séduction existe entre filles, mais elle est plus cool, on n'est pas déchue à 40 ans »[24].

Littérature[modifier | modifier le code]

Écrits dans un style qui allie oralité brutale et réalités crues, les ouvrages de Virginie Despentes ont fait d'elle le symbole d'une certaine littérature « trash ».

Chronique sociétale, exploration du milieu de la prostitution et de la pornographie, mise à nu de l'envers du décor de la célébrité, ou récit de trajectoires existentielles abîmées, l'œuvre de Despentes témoigne d'un monde à différentes vitesses où les inégalités sociales s'ajoutent aux discriminations. Virginie Despentes parle elle-même de ce « moteur » matriciel dans son écriture qu'est « l'observation des gens, des choses[25] ».

Marianne Payot, critique littéraire, évoque ce « style nerveux, ironique, vivant » et souligne « l'acuité du regard sur notre société et ses clivages et l'empathie pour les pauvres hères qui la composent. » Elle parle aussi de ces « obsessions sexuelles immuables et jubilatoires » et d'un « diabolique savoir-faire romanesque. » Avant de conclure : « La scandaleuse s'impose comme la chef de file d'une génération gaiement libertaire et décomplexée[26]. »

Même si son écriture est éloignée de tout militantisme frontal[27], en 2006, Despentes raconte comment elle est devenue ce personnage controversé dans King Kong Théorie, un essai autobiographique. Elle revient alors sur ses liens avec les théories féministes autour de trois axes majeurs : la question de l'acte prostitutionnel, les enjeux de la pornographie, et les problématiques inhérentes au trauma du viol. Elle évoque aussi ses conceptions littéraires.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Essai[modifier | modifier le code]

Recueil[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]
  • 2005 : préface à Bérurier Noir de Roland Cros, éditions Vaderetro.
  • 2005 : préface à J'assume de Nina Roberts, Scali.
  • 2009 : préface à En Amérique de Laurent Chalumeau, Grasset.
  • 2011 : préface à Paradoxia de Lydia Lunch, Au Diable Vauvert.
  • 2013 : préface à Guide de survie en milieu sexiste de Galou et Blan, éd. Blandine Lacour.
Autres textes[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisations[modifier | modifier le code]

Participations[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • 1992 : Participation au groupe Straight Royer, avec Cara Zina, l'auteur d'Heureux les Simples d'esprit, chez Robert Laffont.
  • 2000 : Sortie de Baise-moi, le son, bande originale du film éponyme, qui reflète, dans une certaine mesure, les inspirations et goûts musicaux de l'auteur.
  • 2003 : Adaptation en français de la chanson Protect Me from What I Want de Placebo issue de leur album Sleeping with Ghosts sous le titre Protège-moi.
  • 2005 : Trois chansons écrites pour le groupe A.S. Dragon : Cher tueur, Seule à Paris, Cloue-moi au ciel, extrait de l'album Va chercher la police.
  • 2006 : Disc jockey lors de l'événement « Explicit part 1 Yesporno », une manifestation autour de la féminité et de la pornographie[31].

Virginie Despentes a également chanté avec son groupe Skywalker un titre inclus dans la compilation Créatures des Abysses, sous le label Wild Palm.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma
Théâtre
  • 2009 : King Kong Théorie, lecture théâtrale d'après l'essai du même nom par Virginie Jortay[32].
  • 2010 : King Kong Théorie, adaptation théâtrale d'après l'essai du même nom par Cécile Backès et Salima Boutebal.
Audio
  • 2010 : Apocalypse bébé, mise en voix par Nadège Piton, disque audio, Audiolib.

Bibliographie sur Virginie Despentes[modifier | modifier le code]

  • Shandy April Lemperlé, Comment prendre une autre forme : une étude sur la traduction anglaise et la version cinématographique du roman Baise-moi de Virginie Despentes, 2006[33].
  • Shirley Jordan, « "Dans le mauvais goût pour le mauvais goût" ? Pornographie, violence et sexualité féminine dans la fiction de Virginie Despentes », Nouvelles écrivaines : nouvelles voix ?, Rodopi, 2002[34].
  • Nadia Louar, « Version femmes plurielles : relire Baise-moi de Virginie Despentes », Palimpseste. Revue de traduction, n° 22, 2009[35].
  • Jean-Max Méjéan, « Entretien avec Virginie Despentes », Comment parler de cinéma ?, L'Harmattan, 2005.
  • (en) Shirley Jordan, « Revolting Women ? Excess and détournement de genres in the work of Virginie Despentes », Contemporary French Women's Writing, Peter Lang, 2004[36].
  • (en) Michèle A. Schaal, « Gendered Performances: Fatherhood and Masculinity in Virginie Despentes’s Teen Spirit », Masculinities in Twentieth- and Twenty-First Century French and Francophone Literature, Ed.Edith B. Vandervoort, Newcastle upon Tyne: Cambridge Scholars Publishing, 2011. 41-63[37].
  • Michèle A. Schaal, « Virginie Despentes or a French Third Wave of Feminism? », Cherchez La Femme. Women and Values in the Francophone World, Eds. Adrienne Angelo and Erika Fülöp, Newcastle upon Tyne: Cambridge Scholars Publishing, 2011. 39-55[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne : Virginie Despentes, BnF, consulté le 22 janvier 2012.
  2. Jean-Louis Tallon, Entretien avec Virginie Despentes, HorsPress, webzine, 2002.
  3. [vidéo] Interview de Virginie Despentes, Salut les Terriens !, 17 mars 2012.
  4. Virginie Despentes, King Kong Théorie (2006), éd. Le Livre de poche, 2007, p. 33
  5. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Express.
  6. « La prostitution volontaire et occasionnelle, à laquelle je me suis livrée un temps » dans un interview accordée à LeMagazine
  7. Virginie Despentes, Écrivain française sur www.evene.fr
  8. « Ses débuts littéraires sont difficiles. Baise-moi, son premier roman, est systématiquement refusé par les maisons d’édition. Son style trash déplait et effraie les professionnels. Grâce au courage d’une nouveau-née dans le monde de l’écrit, elle est enfin publiée en 1994. » Romancière française sur www.onirik.net.
  9. Jean-Louis Tallon : - Despentes est réellement un pseudo ? Virginie Despentes : - Oui. C'est en référence au quartier « des pentes » de la Croix-rousse, à Lyon.  ; Horspress - webzine culturel : Entretien avec Virginie Despentes (extrait) [L'interview en ligne]
  10. « Virginie Despentes dénonce les affres de la cocaïne » sur le site Le Mague [consulté le 6/12/10]
  11. Mordre au travers, Librio, 1999, quatrième de couverture.
  12. Les lacunes de la loi www.lepoint.fr
  13. Virginie Despentes : "Je pense que les futurs auteurs importants viendront du blog, assurément." sur www.buzz-litteraire.com
  14. Blog piraté
  15. King Kong Théorie, Grasset, coll. "essai", 2006, quatrième de couverture.
  16. Appel aux lecteurs/lectrices de "King Kong Théorie" de Virginie Despentes sur www.buzz-litteraire.com
  17. « Virginie Despentes revient avec un documentaire sur le "féminisme prosexe" » sur www.buzz-litteraire.com
  18. « La nouvelle érotique by Virginie Despentes » sur www.buzz-litteraire.com
  19. King-Kong, c'est la femme virile qui dénonce le "système d'émasculation des filles sur www.lestroiscoups.com
  20. Manon des sources est devenue lesbienne: Emmanuelle Béart tourne "Bye Bye Blondie" de Virginie Despentes
  21. Virginie Despentes : “J'avais envie de faire une comédie amoureuse gouine”, Télérama, 20 mars 2012
  22. Cécile Daumas, « Tête à queue », Libération, 14 octobre 2008.
  23. Géraldine Sarratia, « Sur le tournage du prochain Despentes », Les Inrockuptibles, 5 septembre 2010.
  24. Virginie Despentes: punk un jour, punk toujours, Elle Québec, janvier 2011
  25. « Journaliste - C’est quoi votre moteur quand vous écrivez ? Despentes - L’observation. Observer les gens, les choses. » Interview dans Le Matin
  26. Virginie Despentes décape à vif sur www.lexpress.fr
  27. « Je n’ai pas vraiment mené un combat féministe, je ne suis pas très militante. Parce qu’écrire est trop prenant, et parce que j’ai encore beaucoup de mal avec les groupes. Moins je vois de gens et mieux je me porte. Donc ça ne va pas trop bien avec une activité politique » Interview dans Le Matin
  28. « Virginie Despentes gagne le prix "Trop Virilo" pour sa "poussée de testostérone" », sur http://www.lepoint.fr (consulté le 2/11/2010)
  29. Voir la fiche du film. [consulté le 17/10/10]
  30. Voir [1] [Consulté le 18/11/10]
  31. Voir le programme de l'événement Explicite part 1 Yesporno, une manifestation autour de la féminité et de la pornographie
  32. Voir la présentations de la mise en lecture de King Kong Théorie. [Consulté le 18/11/10]
  33. Shandy April Lemperlé, Comment prendre une autre forme : une étude sur la traduction anglaise et la version cinématographique du roman Baise-moi de Virginie Despentes, thèse, University of Montana/American University of Paris, 2006.
  34. (fr) Shirley Jordan, « "Dans le mauvais goût pour le mauvais goût" ? Pornographie, violence et sexualité féminine dans la fiction de Virginie Despentes », sur Google Livres (consulté le 21 juillet 2011)
  35. Article en ligne
  36. (fr) Shirley Jordan, « Revolting Women ? Excess and détournement de genres in the work of Virginie Despentes », sur Google Livres (consulté le 21 juillet 2011)
  37. (en) Michèle A. Schaal, « Gendered Performances: Fatherhood and Masculinity in Virginie Despentes’s Teen Spirit », sur Google Livres (consulté le 7 décembre 2011)
  38. (en) Michèle A. Schaal, « Virginie Despentes or a French Third Wave of Feminism? », sur Google Livres (consulté le 7 décembre 2011)

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