Film pornographique

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Un film pornographique, aussi appelé film X par abus de langage, est un film contenant des scènes où l'acte sexuel humain est explicitement et délibérément montré dans le but d'exciter le spectateur. Les premiers films du genre apparaissent rapidement après la création du cinéma, au début du XXe siècle. Les autres noms donnés aux films pornographiques sont « films pour adultes » ou « films roses ». Contrairement aux films érotiques, le pénis en érection, la vulve, et le coït sont totalement montrés, avec des gros plans dans certains films.

Depuis le début des films pornographiques, la caméra est utilisée, la plupart du temps ces films ne sont pas destinés au grand public, mais pour des projections personnelles, dans des clubs privés ou dans des cinémas pour adultes. L'ère d'internet a radicalement changé la façon de distribuer de la pornographie, en plus de compliquer les poursuites légales pour obscénité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Photographies d'un film érotique autrichien, vers 1906, par le photographe Johann Schwarzer.

Les films pornographiques font partie des tout premiers films réalisés suite à l'invention du film cinématographique par les frères Lumière. Ces premiers films sont fortement marqués d'amateurisme et généralement tournés dans des maisons closes, mettant en scène des prostituées et leurs clients. Ces films sont également généralement projetés dans ces mêmes maisons closes.

À la suite du développement du cinéma muet au début du XXe siècle, les tournages de films pornographiques sont parfois réalisés en parallèle des films plus conventionnels, l'équipe de tournage utilisant les mêmes décors et parfois les mêmes acteurs. Ces tournages apportaient un apport financier permettant de soutenir la production de l'œuvre principale. Des réalisateurs très connus du cinéma muet en noir et blanc ont ainsi réalisé des films pornographiques. Les actrices de ces films sont généralement des prostituées ou de jeunes actrices.[réf. nécessaire]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Les films pornographiques après guerre suivent les innovations techniques du cinéma conventionnel, et des salles de cinéma spéciales les projettent. Plusieurs tentatives ont eu lieu aux États-Unis dans les années 1970 pour proscrire la pornographie. Mais les tribunaux firent la distinction entre une personne qui reçoit de l'argent en contrepartie d'un rapport sexuel, et la représentation cinématographique ou photographique d'un rapport sexuel.

La première femme à avoir été reconnue vedette du X est Linda Lovelace suite à sa participation dans le film Gorge profonde (Deep Throat en version originale) de 1972. Le succès de ce film, qui engrangea des recettes record, engendra bien d'autres films et de nouvelles « vedettes » comme Marilyn Chambers (dans Behind the Green Door), Gloria Leonard (dans The Opening of Misty Beethoven), Georgina Spelvin (dans The Devil in Miss Jones), Tina Russell, Leslie Bovee, Sharon Mitchell, Colleen Brennan, Careena Collins, Sharon Kane, Constance Money, Linda Wong, Bambi Woods (dans Debbie Does Dallas).

En France, les vedettes étaient Claudine Beccarie (dans Exhibition, de Jean-François Davy, 1975), Sylvia Bourdon, Brigitte Lahaie, Karine Gambier et Barbara Moose.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Cette période est qualifiée d'« âge d'or de la pornographie », au début des années 1980. Les principaux protagonistes de cette époque sont Kay Parker, Seka, Ginger Lynn, Annette Haven, Veronica Hart, Desiree Cousteau, Vanessa del Rio, Savannah, Traci Lords, Nina Hartley ou encore Hyapatia Lee. On note que globalement les hommes sont moins connus que leurs collègues féminins, mais cela comporte quelques exceptions notables comme John C. Holmes, Jamie Gillis et John Leslie.

En France, les stars étaient Marilyn Jess, Olinka Hardiman, Dominique Saint Claire, Élisabeth Buré et Mina Houghe.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Le développement des technologies de support comme les cassettes vidéo VHS puis le DVD, permit l'accès au grand public des films pornographiques dans le cadre de la vie privée, en quittant le milieu restreint des cinémas X. La qualité des productions déclina généralement pour répondre à une demande continuellement croissante. Il existe plusieurs centaines de studios qui produisent des dizaines de milliers de films chaque année, et plusieurs milliers de personnes travaillent comme acteur ou actrice pornographiques.

Le public hétérosexuel masculin constitue la majeure partie du marché. Ainsi les femmes au physique agréable, capables de tourner aussi bien avec des hommes qu'avec des femmes, sont les actrices les plus demandées comme Jenna Jameson, Belladonna, Aurora Snow, Asia Carrera, Jill Kelly, Chloe Jones, Heather Hunter, Ashlyn Gere et Racquel Darrian.

C'est aussi l’arrivée des stars des pays de l'Est comme Silvia Saint, Daniella Rush, Monica Sweetheart, Anita Dark, Lea Martini et Sandra Romain.

Les vedettes françaises étaient Tabatha Cash, Zara Whites, Julia Channel et Rebecca Lord.

Il n'y a pas de sélection par l'âge ou le physique des acteurs masculins, les éléments les plus importants étant leur capacité à maintenir une érection et à éjaculer sur demande (l'usage de produits « dopants » peuvent les aider). Les acteurs masculins sont depuis longtemps moins nombreux que les actrices, et leur salaire sensiblement inférieur. Leur rôle étant de servir de substitut au spectateur, ils ont généralement un rôle de second plan, la caméra se focalisant principalement sur sa partenaire féminine. Cependant, à partir des années 1980, le phénomène de starisation se développa aussi parmi les acteurs masculins, sous l'impulsion d'acteurs comme Rocco Siffredi, Ron Jeremy, Lexington Steele, Rodney Moore, Sean Michaels, Ed Powers, Vince Vouyer et Peter North font probablement partie des acteurs hétérosexuels les plus connus.

Les vedettes françaises sont Titof, HPG, Philippe Dean, Ian Scott et Manuel Ferrara.

La capacité de production commençant à saturer le marché du film pornographique, les pratiques évoluèrent vers des pratiques jusqu'ici plus confidentielles, comme la sodomie, le BDSM, les multiples pénétrations etc. Certaines de ces pratiques furent incorporées aux films pornographiques plus conventionnels, créant une nouvelle norme de pratiques sexuelles. D'autres studios se sont tournés vers un système à longue traîne, se spécialisant dans la réalisation de fantasmes plus spécifiques et ne touchant qu'un nombre limité d'amateurs, mais en diversifiant leur offre afin d'occuper ces niches commerciales. Le studio japonais (??) s’est ainsi spécialisé dans ce type de marché, proposant aux consommateurs de signaler les fantasmes qui les intéressent, le studio réalisant les films ensuite. Les acteurs et actrices les plus recherchés devinrent donc ceux qui incorporaient ces pratiques à leur répertoire de jeu d'acteur.

Années 2000[modifier | modifier le code]

L'internet et le web vont changer la donne, les films X sont téléchargés illégalement et parallèlement le paiement se met en place sur des sites web pour voir des films. Tout cela donne accès à un plus large public international. Les actrices X sont rapidement propulsées au rang de « starlettes » par le web. Les amateurs deviennent aussi des stars avec leur webcam. Mais les Américaines dominent toujours le marché comme Jenna Haze, Tory Lane, Brooke Haven et Sasha Grey.

Les Françaises sont Clara Morgane, Katsuni, Melissa Lauren et Ovidie.

En 2005, avec Pirates, des films pornographiques que l'on pourrait qualifier d'un nouveau genre commencent à faire leur apparition, ces derniers se rapprochant plus du cinéma traditionnel avec un scénario travaillé, des costumes, et même des effets spéciaux. Le film qui a sans doute révélé ce genre est Pirates II, La vengeance de Stagnetti avec le plus gros budget de l'histoire du cinéma X[1].

Durant l'année 2008, la chaine Canal+ a commencé à produire la série de films X-Femmes, des films destinés à un public plutôt féminin[2].

L'industrie pour adultes[modifier | modifier le code]

L'industrie mondiale du film pornographique est dominée par les États-Unis. Avec la zone de la vallée de San Fernando, la Californie est au cœur de cette industrie[3].

Le X en France[modifier | modifier le code]

Pour le cinéma français, de tels films ont longtemps été soumis à la censure. Aujourd'hui, la classification X est adoptée volontairement par les producteurs de certains films. Toutefois, certains films peuvent être interdits aux moins de 18 ans. Les interdictions d'un film à certains publics sont réalisées par la commission d'exploitation dépendant du ministère de la Culture et peuvent avoir des conséquences importantes sur la viabilité économique du film. L'appellation X viendrait du fait que l'on barrait autrefois de croix les affiches des films censurés. Elle est devenue une convention internationale.[réf. nécessaire]

À l'heure actuelle cependant il n'existe plus de films pornographiques au sens strict du terme. Toutes les prises de vues sont effectuées en vidéo et l'exploitation se fait uniquement par la vente de celles-ci sous la forme de DVD, par la télévision et par internet, et non plus par exploitation en salle. Il subsiste néanmoins une salle consacrée au cinéma X dans la région de Reims[Laquelle ?], et une autre à Paris « Le Beverley » ainsi qu'à Metz « le Royal ».

À ce titre, les films X ne sont plus soumis à la législation du cinéma, mais à celle du multimédia. Les seules obligations en sont donc le dépôt légal et d'en empêcher l'accès aux mineurs.

Les films pornographiques sont autorisés en France.

Le Syndicat des Acteurs de l'Industrie Pornographique édite une charte signée par les sociétés de productions qui s'engagent à respecter une certaine déontologie.

Films autorisés à la distribution en France[modifier | modifier le code]

Films autorisés à la vente et à la location :

Ces catégories peuvent être déclinées chacune selon des pratiques sexuelles (fellation, sodomie, gang-bang, fist fucking, etc) ou encore des spécialités (fétichisme, sadomasochisme, gérontophilie, urophilie, etc).

Cependant de nombreux films sont multicritères, ainsi de nombreux films qualifiés de films hétérosexuels incorporent des scènes homosexuelles mais uniquement féminine. Les films transsexuels sont souvent catalogués comme films gay ou lesbien.

Films autorisés à la télédiffusion[modifier | modifier le code]

En France les films à caractère pornographique sont autorisés uniquement entre minuit et cinq heures du matin, sur des chaînes payantes (abonnement en double cryptage ou Pay per view) avec de nombreuses restrictions par rapport aux films autorisés à la vente et à la location.

Films autorisés sur chaîne à abonnement[modifier | modifier le code]

Les films doivent avoir un scénario, lequel ne doit pas comporter de scènes de viol ou d'inceste. Ils ne peuvent pas se référer aux déclinaisons des pratiques ou des spécialités.

En pratique, les chaînes n'ont pas utilisé pleinement cette semi-liberté, ainsi l'homosexualité masculine avant l'apparition de la chaîne Pink TV était absente (hors événement exceptionnel type Gay pride ou le film mensuel de la chaîne XXL) ; quant à l'homosexualité féminine, elle est souvent limitée à quelques scènes (exclusivement lesbiennes ou bisexuelles) dans un ensemble de scènes hétérosexuelles. Enfin, le choix des films privilégie les acteurs et actrices jeunes et en bonne santé (pas de handicap physique, actrice de moins de 35 ans, pas de femmes enceintes…). Le producteur indépendant Régis Pelleau s'emploie à défendre le patrimoine breton grâce à des films pornographiques ou les acteurs s'expriment en breton. Fort d'un partenariat avec l'association EOL, de nombreux films sont diffusés régulièrement dans les salles d'art et essai du Finistère nord.

Films autorisés en Pay-per-view[modifier | modifier le code]

Tous les films autorisés à la vente, avec comme restriction l'absence de scène de viol ou d'inceste et les déclinaisons de spécialité.

Motifs d'interdiction[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Le fait de réaliser un film de l'une des catégories suivantes constitue un délit pénal, pouvant aboutir à des peines de prison et d'amendes :

Pornographie dans les films non classés X[modifier | modifier le code]

Quelques exemples connus :

  • Caligula de Tinto Brass est un film de 1979 traditionnel retraçant les quelques années du règne de Caligula césar de 37 à 41 après J.-C. agrémenté de scènes pornographiques rajoutées au montage (pour une version longue de 3 heures) contre l'avis du réalisateur.
  • Les Idiots de Lars von Trier contient de la nudité et une courte scène de groupe avec pénétration non simulée (1998).
  • Baise-moi de Virginie Despentes défraye la chronique lors de sa sortie en 2000 par le caractère complètement explicite de toutes les scènes sexuelles et violentes.

Faux sperme[modifier | modifier le code]

Le « faux sperme » est utilisé dans l'industrie pornographique afin d'amplifier le sentiment de virilité exprimé par une éjaculation abondante. Il est éjecté au moyen d'un discret système de tube transparent placé sur la face non visible du sexe de l'acteur. Plusieurs recettes sont utilisées, en particulier un mélange de méthylcellulose et d'eau[6]. Une autre, classique des années 1980, (3/4 de blanc d'œuf cru + 1/4 de lait concentré sucré) était moins anodin bactériologiquement mais « agréable à avaler ».

Bareback contre rapports protégés[modifier | modifier le code]

Préservatif masculin

Les films pornographiques filment traditionnellement des rapports non protégés. Avec l'apparition du SIDA, l'usage du préservatif s'est répandu et les films pornographiques gays ont été les premiers à adopter majoritairement l'usage du préservatif. Toutefois, et jusqu'à maintenant, très peu de films pornographiques hétérosexuels ont adhéré à cette politique de préservation de la santé publique[réf. nécessaire].

Avec l'apparition du relapse[7] dans le milieu gay, phénomène se traduisant par l'abandon du préservatif dans les relations sexuelles car il est de plus en plus mal supporté, est apparue dans les films pornographiques une nouvelle catégorie de films dit « barebacks » (« chevauchée sauvage », ou plus littéralement « cul à cru »[7]) qui présentent des rapports sexuels entre hommes consentants non protégés. Ces films, libérant l'imaginaire de ceux qui les regardent qui les trouvent plus excitants, connaissent un grand succès et représentent maintenant plus de 25 % du marché pornographique en France alors que pendant près de 20 ans ils n'étaient qu'une production très marginale[réf. nécessaire].

Toutefois les associations de prévention et de lutte contre le SIDA ont jusqu'à ce jour toujours essayé de lutter contre ces productions, tentant même en vain de les faire interdire. Ce phénomène se répand de plus en plus même si les studios précisent que leurs acteurs sont tous séropositifs ou tous séronégatifs vérifiés, et mettent systématiquement en préambule de leur film un message d'avertissement sur les dangers du SIDA. Dans les faits, d'une part, il existe toujours un délai d'incubation de la maladie pendant laquelle la personne parait séronégative, et d'autre part, la surinfection d'un individu séropositif par un partenaire séropositif complique la prise en charge médicale et réduit l'espérance de vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Yopadato, « “Pirates II”, le film X de Digital Playground le plus cher jamais réalisé »,‎ 2008 (consulté le 29 août 2009) : « “Pirates II : Stagnetti’s Revenge“, le film X le plus cher de tous les temps avec un budget de 10 000 000 $. »
  2. (fr) Clarence Edgard-Rosa, « Porno pour femmes : « Ça manque de sale, de bestial » », sur Rue89,‎ 18 août 2012 (consulté le 13 février 2014)
  3. (en) Rebecca Leung, « Porn In The U.S.A. », sur CBS News.com,‎ 2004 : « The epicenter of the porn industry is Chatsworth, Calif., a quiet suburb north of Los Angeles. »
  4. Art. 225-17 du Code Pénal
  5. Art. 521-1 du Code Pénal et Art. L215-6 du Code Rural
  6. Faux sperme.
  7. a et b http://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-2-page-70.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Zimmer (dir.), Le Cinéma X, La Musardine, 2012 (ISBN 978-2842715083)
  • François Jouffa & Tony Crawley, L'âge d'or du cinéma érotique et pornographique 1973-1976, Ramsay Cinéma, 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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