Paraclet

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Le Paraclet désigne le concept religieux de l'intercession. Il revêt différentes réalités selon la religion en question.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Paraclet (παράκλητος, Parakletos ; en latin "Paraclitus") est un mot d'origine grecque qui signifie « celui qui console », ou « celui qui intercède », l'« avocat ».


Doit-on lire parakletos ou periklytos?

La nuance est importante, car c'est sur la lecture de ce terme que se base la différence d'interprétation entre la bible et le coran.

Le terme "parakletos" signifie "consolateur" ou "avocat défenseur" et le terme "periklytos" signifie "glorieux" ou "béni".


Dans les manuscrits en langue grecque, on trouve le terme "parakletos" uniquement :

On ne trouve pas le mot periklytos ni dans les manuscrits grecs dont on peut consulter l’un des manuscrits existants (MSS); ils sont à disposition de toute personne qui veut les examiner (y compris deux des plus anciens: le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus au British Library de Londres). Il y a plus de 70 manuscrits du Nouveau Testament en langue grecque, précédant l’époque de Mahomet. Dans aucun d’entre eux on ne trouve le mot periklytos . Tous les manuscrits utilisent le mot parakletos, et le mot periklytos n’apparait jamais dans la Bible.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Les traditions chrétienne, musulmane, baha'ie et spirite ont interprété chacune à leur manière la personnalité du paraclet annoncé dans les Évangiles chrétiens. Il est considéré par les chrétiens comme étant l'Esprit saint, par les musulmans et les baha'is comme étant le prophète Mahomet, et par les spirites comme un esprit instructeur. "Celui qui console" existe aussi dans la tradition juive, et il est assimilé au Messie[1].


Qui est donc le parakletos?

Jean au chap. 14:16, Le verset dit: "Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur (en grec parakletos) afin qu’il demeure éternellement avec vous". Il convient de lire la suite pour comprendre qui est le Paraclet (parakletos) dont parle Jésus dans la bible.

En accord avec le contexte de Jean 14 et 16, Jésus dit que le parakletos n’est pas un être humain:

u14:16 - "...il demeure éternellement avec vous" (un être humain ne vit pas éternellement)

u14:17 - "...l’Esprit de vérité" (un être humain est distinct de l’Esprit)

u14:17 - "...le monde ne le voit point" (un être humain est visible)

u14:17 - "...et ne le connaît point" (un être humain est connu des autres)

u14:17 - "...il sera en vous" (un être humain ne peut être à l’intérieur d’un autre)

Jésus indique que le parakletos a une mission spécifique: manifester Jésus

u14:26 - "...l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom"

u14:26 - "...vous rappellera tout ce que je (Jésus) vous ai dit"

u16:8 - "...il convaincra le monde en ce qui concerne le péché"

u16:14 - "...Il me (Jésus) glorifiera"

Jésus spécifie que le parakletos est un esprit:

u14:17 - "...l’Esprit de vérité "

u14:26 - "...le consolateur (parakletos), l’Esprit Saint"


Dans la tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Le mot « paraclet » apparaît à deux reprises dans l'évangile de Jean. Jésus aurait promis la venue d'un Paraclet, ou consolateur, après son propre départ : «Jn 14,16 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre paraclet qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité », qui descendrait sur eux d'ici peu de jours.

D'après Emile Osty, le terme paraclet désigne celui qu'on appelle au secours, "avocat, conseiller, défenseur, intercesseur, consolateur". Jean parle dans ce passage d'un "autre paraclet, le premier étant Jésus"[2]. La première épître de Jean] utilise le mot grec paraclet dans un sens proche de intercesseur : Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste.1[3].

Le paraclet est, chez la plupart des chrétiens, le Saint Esprit, troisième personne de la Trinité, dont la manifestation est relatée dans les Actes des Apôtres : « Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux ».

Ainsi, selon le catéchisme de l'église catholique : "Jésus, lorsqu’il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint, le nomme le " Paraclet ", littéralement : " celui qui est appelé auprès ", ad-vocatus (Jn 14, 16. 26 ; 15, 26 ; 16, 7). " Paraclet " est traduit habituellement par " Consolateur ", Jésus étant le premier consolateur (cf. 1 Jn 2, 1). Le Seigneur lui-même appelle l’Esprit Saint " l’Esprit de Vérité " (Jn 16, 13)."[4]

Montanus (vers 173) affirma être l'organe en extase du paraclet et fonda le montanisme. Cela témoigne de la conception de l'esprit saint des premiers chrétiens. La perception de l'Esprit-Saint s'est progressivement développée dans le christianisme primitif et s'est officialisée surtout après le IVe Siècle. Elle a été un des points doctrinaux qui ont provoqué le schisme entre l'Église d'Orient et l'Église d'Occident. La conception de l'Esprit saint émanant du Divin et agissant par un organe angélique ou humain se lit déjà dans les psaumes (PS, 51 : 10-11) : "Crée en moi un cœur pur Ô Dieu, Et mets au-dedans de moi un esprit nouveau, un esprit ferme. Ne me rejette pas de devant Ta Face et ton esprit saint, ô ne me l'enlève plus."[5] Selon Montanus, le Paraclet serait différent du Saint-Esprit qui serait descendu sur les apôtres[6].

Dans la tradition islamique[modifier | modifier le code]

Le paraclet est le prophète Mahomet à qui Dieu dictera, par l'intermédiaire de l'ange Gabriel, le Coran, qui clôt le cycle de la Révélation. L'allusion au paraclet, contenue dans le Coran, est le verset (Cor. VII, Al-A'raf : 157) : " Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit mentionné chez eux dans la Torah et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants."[7],[8],[9], etc.

Le mot "parakletos" signifie le "consolateur" ou "l'avocat", terme adopté par la communauté chrétienne. L’apologétique islamique l’a associé au mot "periklytos", qui signifie quant à lui: "loué", le "glorieux", sens du terme "Mohamed" en arabe. Cependant, il n'est jamais mention de ce terme dans les manuscrits de la bible en langue grecque et une association de ces termes « reviendrait à traiter une langue indo-européenne (le grec) comme une langue sémitique » dans laquelle primeraient les consonnes, ce qui est inexact[10].

Quant aux paroles bibliques "il vivra éternellement", les musulmans ont interprété cela comme le fait que Mahomet vit au travers des prières que continuent à lui adresser des milliers de musulmans. Selon d'autres exégètes, il est question du Coran que la religion musulmane identifie comme un miracle infalsifiable et éternel (Chapitre Al Hijr, verset 9).

Dans la tradition baha'ie[modifier | modifier le code]

Selon l'exégèse autorisée des écrits saints baha'is par le "Gardien de la Cause de Dieu" (Valí 'Amr'ulláh) Shoghi Effendi Rabbání (1897-1957), les allusions bibliques au "Mont Paran"[11] et au "Paraclet"[12] font référence à la révélation du prophète de l'islam[13]. Dans ses ouvrages intitulés Javáhíru'l-Asrár ("Joyaux des Mystères Divins")[14] et Kitáb-i-Íqán ("Livre de la Certitude")[15] Bahá'u'lláh (1817-1892), qui est le prophète-fondateur de la foi bahá’íe, donne une explication des prophéties bibliques et coraniques visant à mettre en évidence l'unité fondamentale de tous les prophètes, comme autant de réapparitions de la même lumière divine se reflétant successivement dans différents miroirs. Et dans son ouvrage intitulée Lawḥ-i-Aqdas ("épître le plus sainte", surnommée "épître aux chrétiens")[16], il déclare ouvertement être le retour annoncé par Jésus de "l'Esprit de Vérité".

Dans le spiritisme[modifier | modifier le code]

Le paraclet est l'un des Esprits dont les déclarations reçues lors de séances spirites sont signées : L'Esprit de Vérité. Plusieurs de ces déclarations sont rapportées dans l'Évangile selon le spiritisme[17].

L'Abbaye du Paraclet[modifier | modifier le code]

Le Paraclet est le nom donné par Pierre Abélard au couvent, l'Abbaye du Paraclet, qu'il a établi près Nogent-sur-Seine dans le département de l'Aube.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Talmud de Babylone, Sanhédrin 98b
  2. La Bible édité et traduite par Emile Osty et Joseph Trinquer, Paris: sans ed, 1973.
  3. 1 Jean 2:1
  4. Catéchisme de l'église catholique, verset 691, sur le site du Vatican, consulté le 6 novembre 2008
  5. Les Saintes Écritures, Traduction du monde nouveau, imprimé par Wachtturm-Gesellschaft, Selters/Taunus, RFA. N° d'éditeur : 5675. Dépôt légal : Juillet 1987. (ISBN 2-903321-49-3) ; p. 743
  6. Encyclopédie Encarta, rubrique Montan
  7. Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. VII, Al-A'raf : 157)
  8. Lire également : (Cor. LXI, Le rang : 5), (Cor. III : La Famille d'Imran : 75), (Cor. II, La Vache : 75)
  9. Traduction en ligne du Coran en français
  10. Marie-Thérèse Urvoy, Abécédaire du christianisme et de l’islam, éditions de Paris,‎ 2008, p. 69.
  11. Deutéronome: 33/2
  12. Évangile selon Saint Jean 14/16,26; 15/26 et 16/7-8,13-14
  13. Lettre du gardien du 26 décembre 1941 dans "Letters from the Guardian to Australia and New Zealand"
  14. Consultable en ligne sur la médiathèque baha'ie francophone
  15. Consultable en ligne sur le site Religare
  16. Consultable en ligne sur la médiathèque baha'ie francophone
  17. l'Évangile selon le spiritisme, chapitre 6, paragraphes 4 à 8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]