Université populaire de Caen

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Université populaire de Caen

Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Fondation
Fondation 2002
Fondateur Michel Onfray
Identité
Site web www.upc.michelonfray.fr

L'université populaire de Caen est une association loi de 1901 proposant des conférences gratuites et ouvertes à tous. Elle a été créée en octobre 2002 par Michel Onfray. Les conférences ont lieu dans plusieurs endroits de Caen et de sa banlieue : CDN de Normandie, théâtre d'Hérouville-Saint-Clair, Musée des Beaux-arts de Caen, Panta Théâtre, Café Mancel, et Espace Puzzle. Elles sont régulièrement radiodiffusées l'été sur France Culture

Contexte[modifier | modifier le code]

À la suite du « choc du 21 avril » 2002 (Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle française), Michel Onfray décide de créé une université populaire pour répondre à ce qu'il qualifie de « nécessité d'éducation collective », éducation qu'il veut libertaire et gratuite. Faisant le choix délibéré de la province, il l'implante à Caen, dans sa région d'origine, où il organise chaque année un séminaire de philosophie hédoniste[1], qui constitue le corps de son projet de contre-histoire de la philosophie.

Il s'oppose à l'enseignement universitaire de la philosophie, et en affirme au fil de ses conférences le caractère peu philosophique et essentiellement historique. Le principal reproche qu'il adresse aux philosophes institutionnels est que ceux-ci ne liraient pas les textes dont ils parlent, et se contenteraient de faire des synthèses de publications antérieures. Ce faisant, ils citent des erreurs factuelles -de date par exemple- reprises d'article en article, ou de manuel en manuel. Michel Onfray propose un enseignement renouvelé passant par la lecture des auteurs plutôt que par ce qu’on en a dit.

Ses cours[2] d'histoire de la philosophie sont diffusés[3] chaque été sur la radio France Culture[4].


Le projet[modifier | modifier le code]

Le projet du philosophe Michel Onfray s'appuie sur une volonté de démocratisation de la culture en dispensant gratuitement un savoir au plus grand nombre. La culture y est vue comme un support à la construction de soi, non comme une occasion d'inscription dans un système socio-économique. Le projet est fondé sur l'idée que le désir de savoir est considérable. Le succès des débats, forums, séminaires, universités d’été, etc., témoignerait d’une authentique et pressante demande. Michel Onfray note que l’offre oscille entre l’élitisme de l’université et l’improvisation des "cafés philos", l’une reproduisant le système social, l'autre réduisant souvent la pratique philosophique à la seule conversation. Le projet s'appuie tout autant sur la volonté de changer les conditions de vie que sur l'intérêt qu'il y a à comprendre le monde dans lequel on vit et les forces dont on dispose pour le transformer.

Le principe[modifier | modifier le code]

L'université populaire telle qu'imaginée par Michel Onfray retient de l'université traditionnelle la qualité des informations transmises, le principe du cycle qui permet d'envisager une progression personnelle, la nécessité d'un contenu transmis en amont de tout débat. Elle garde du café philosophique l'ouverture à tous les publics, l'usage critique des savoirs, l'interactivité et la pratique du dialogue comme moyen d'accéder au contenu. Mais pour celles qui considèrent qu'un savoir de qualité même discuté, peut être un vecteur d'aliénation s'il ne met pas l'auditeur en capacité d'en produire un à partir de sa propre situation, les modes d'action et les procédures pédagogiques sont autres : il s'agit de créer les conditions de la co-construction et de faire œuvre, que celle-ci soit intellectuelle, sociale ou, mieux, politique. Nous sommes là bien plus dans un processus de démocratie culturelle, dans ce que Georges Deherme appelait "la coopération des idées".

Le fonctionnement[modifier | modifier le code]

La gratuité et l'ouverture à tous sont les principes de base : pas d'âge requis, ni de titres ou de niveaux demandés, pas d'inscriptions ni de contrôle des connaissances, pas d'examens, ni de diplômes délivrés. Le cours est dispensé une fois par semaine pendant deux heures : une heure d'exposé argumenté est suivie d'une heure de discussion. Le cycle s’étend de mi-octobre à mi-mai. Il s'articule autour des vacances scolaires de l'Académie de Caen. Par ailleurs, des groupes de travail sont organisés, dans lesquels chacun est appelé à devenir, dans un cadre collectif, auteur et acteur de son savoir.

L'université populaire offre des conférences regroupées par thème sur le modèle d'une véritable université. Elle n'est cependant pas reconnue par le ministère de l'Enseignement supérieur, ne demande pas d'inscription aux auditeurs et ne délivre aucun diplôme. Les conférenciers ne sont pas non plus tenus de posséder les titres nécessaires dans l'enseignement supérieur.

Le sillage de l'UP de Caen[modifier | modifier le code]

D'autres Universités Populaires se sont créées dans le sillage de celle de Caen. Elles fonctionnent toutes selon la méthodes du cours ou de la conférences. Nombreuses d'entre elles ont diversifiés leurs méthodes et pris des initiatives au service d'autres ambitions : l'émancipation des femmes, l'augmentation de la capacité individuelle et collective d'agir, la transformation sociale et politique. Ainsi, certaines Universités populaires créées ces dix dernières années, notamment à Aix-en-Provence, Roubaix, à l'Université Paris 8, et à la MJC de Ris-orangis, se donnent des objectifs plus offensifs, et entendent déboucher sur l'action et l'engagement dans la cité. Par exemple, l'Université Populaire - Laboratoire social de Ris-Orangis ne fait pas de cours et ne s'inscrit pas dans une démarche de démocratisation de la culture. Marquée par certaines expériences d'Amérique latine et par les idées de Miguel Benasayag, elle part de ce qui affecte les gens là où ils habitent pour en faire surgir, par des groupes de travail et des enquêtes, ce que Foucault appelait des "savoirs assujettis" qui viennent interpeller les pouvoirs et les rapports sociaux en place.

« Séminaires »[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arte, comprendre le monde. sélection livres. « Ces six volumes regroupent sept années du travail effectué par Michel Onfray pour nourrir son séminaire de philosophie hédoniste. »
  2. Synopsis détaillé et bibliographie du Séminaire de philosophie de Michel Onfray : Contre-histoire de la philosophie.
  3. Et téléchargeables sur France Culture : « Conférences de Michel Onfray ».
  4. « Conférences de Michel Onfray », France Culture.