Pierre Klossowski

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Pierre Klossowski

Activités romancier, philosophe, traducteur, et peintre
Naissance 9 août 1905
Paris
Décès 12 août 2001
Paris
Langue d'écriture français

Œuvres principales

Compléments

Pierre Klossowski (Paris, 9 août 1905 - ibid., 12 août 2001) est un romancier, essayiste, philosophe, traducteur, scénariste, acteur et peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de lointaine origine polonaise, Pierre Klossowski est le frère aîné du peintre Balthus. Leur père, Erich Klossowski, est peintre et historien de l'art ; leur mère (Elisabeth Dorothea Spiro, connue sous le nom de Baladine Klossowska) fut une élève de Pierre Bonnard.

L'enfance et l'adolescence des deux frères se passent dans un milieu d'artistes et d'écrivains. Dans leur entourage immédiat, les rapports d'intimité avec Rainer Maria Rilke, qui devient l'amant de sa mère (alors qu'il a quinze ans et son jeune frère, onze), puis la fréquentation d'André Gide sont déterminants pour les orientations respectives des deux garçons — surtout pour Pierre, que Gide guidera le temps de ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly.

Le contact quotidien avec l'auteur de L'Immoraliste fait surgir en Pierre Klossowski un ensemble de dilemmes moraux qui vont l'absorber durant de longues années avant de pouvoir être résolus dans la création d'une œuvre.

En 1928, Klossowski collabore avec Pierre Jean Jouve à la traduction des Poèmes de la folie de Friedrich Hölderlin.

À partir de 1935, après avoir fréquenté les milieux de la Société psychanalytique de Paris, dont la revue a publié son premier texte sur Sade, il rencontre Georges Bataille avec lequel il se lie d'une amitié profonde qui durera jusqu'à la mort de celui-ci. C'est à l'instigation de Bataille que Klossowski prendra contact avec André Breton et Maurice Heine, dans le groupe Contre-Attaque, et que, plus tard, il participera à la revue Acéphale et au Collège de Sociologie, et se liera avec le peintre André Masson.

Durant l'Occupation allemande, Klossowski entreprend des études de scolastique et de théologie à la faculté dominicaine de Saint-Maximin, puis à Lyon au séminaire de Fourvière et, enfin, à Paris, à l'Institut catholique. Il se trouve en contact avec des réseaux de la Résistance. À la Libération, il collabore à la revue œcuménique Dieu vivant. Mais, revenu à la vie laïque, il se marie en 1947 avec Denise Morin, une résistante rescapée du camp de Ravensbrück, et publie un ouvrage retentissant, Sade mon prochain.

En 1950, son premier roman, La Vocation suspendue, est une des transpositions des vicissitudes de sa crise religieuse. Mais le plus important de son œuvre romanesque est contenu, d'une part, dans la trilogie des Lois de l'hospitalité, réunissant La Révocation de l'Édit de Nantes (1959), Roberte, ce soir (1953) et Le Souffleur 1960) et, d'autre part, dans Le Baphomet, (1965 - prix des Critiques). Il se met à dessiner au début des années 50.

Pierre Klossowski s'est par ailleurs exprimé dans les essais Le Bain de Diane (1957), (mis en scène par Simone Benmussa au Théâtre du Rond-Point en 1986, avec la voix enregistrée de l'auteur), Un si funeste désir (1963) et, principalement, dans un ouvrage exégétique, Nietzsche et le Cercle vicieux (1969).

En outre, au cinéma, Klossowski apparait comme interprète dans le film de Robert Bresson, Au hasard Balthazar (1966), ainsi que dans celui de Pierre Zucca, Roberte (1978) qui s'inspire de sa trilogie des Lois de l'hospitalité. Il collabore également à la conception de 2 films de Raul Ruiz, L'Hypothèse du tableau volé (1979) et La Vocation suspendue.

À partir des années 1980, il se consacre presque exclusivement au dessin. Le nu et le demi-nu féminins, mis en scène dans des fictions érotiques et sado-philosophiques, sont des motifs constants dans ses oeuvres. Klossowski dessine des fantasmes qui ne se réalisent que sur le papier. Les allusions littéraires sont innombrables : à ses propres écrits, aux mythes antiques, à Sade, Dumas, Mirbeau, Apollinaire ou Bataille. Des expositions en France et à l'étranger montrent que sa réputation, dans ce domaine, n'a fait que grandir.

Il meurt à l'âge de 96 ans.

Distinction[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

de Klossowski[modifier | modifier le code]

« Les dieux ont enseigné aux hommes à se contempler eux-mêmes dans le spectacle comme les dieux se contemplent eux-mêmes dans l'imagination des hommes. »

in Le Bain de Diane

à propos de Klossowski[modifier | modifier le code]

« Cet homme semble venir de très loin. Pas seulement d'Europe centrale, pas seulement de la Rome impériale, pas seulement de Tübingen. Sous ce drôle de crâne, au front plus haut que nature, se battent, s'étreignent, se haïssent, font l'amour et la mort, comme nuages dans un ciel en difficulté, une multitude de cibles des héros de la mythologie aussi bien que ceux de Kafka, de Nietzsche, d'Hofmannsthal, de Rilke, tous véritables habitants de l'aujourd'hui des siècles et des siècles.
Nous ne sommes pour cet homme hanté, cet homme d'extase, que contemporains de hasard. »

Georges Perros

Publications[modifier | modifier le code]

Récits, romans et essais[modifier | modifier le code]

  • Sade mon prochain, Paris, Éditions du Seuil, 1947
  • Les Méditations bibliques de Hamann, avec une étude de Hegel, 1948, Éditions de Minuit
  • La Vocation suspendue, Paris, Gallimard, 1950
  • Roberte, ce soir, Paris, Éditions de Minuit, 1953
  • Le Bain de Diane, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1956
  • La Révocation de l'Édit de Nantes, Paris, Éditions de Minuit, 1959
  • Le Souffleur ou Un théâtre de société, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1960
  • Un si funeste désir, recueil d'articles, Paris, Gallimard, 1963
  • Les Lois de l'hospitalité (La Révocation de l'Édit de Nantes, Roberte, ce soir, Le Souffleur), édition définitive augmentée d'un avertissement et d'une postface, Paris, Gallimard, coll. Le Chemin, 1965
  • Le Baphomet, Paris, Mercure de France, 1965
  • Sade mon prochain, nouvelle édition précédée d'un avertissement et de Le Philosophe scélérat, Paris, Éditions du Seuil, 1967
  • Origines cultuelles et mythiques d'un certain comportement des Dames Romaines, Montpellier, Fata Morgana, 1968 - nouvelle édition, 2010
  • Nietzsche et le Cercle vicieux, Paris, Mercure de France, 1969
  • Les derniers travaux de Gulliver suivi de Sade et Fourier, Montpellier, Fata morgana, 1974
  • La Ressemblance, recueil d'articles suivi d'un entretien avec Alain Arnaud, Marseille, André Dimanche, 1984
  • Le Mage du Nord, essai sur Hamann et traduction des Lettres de J. G. Hamann et Golgotha et Scheblimini, Montpellier, Fata Morgana, 1988
  • La Monnaie vivante, précédé d'une lettre de Michel Foucault à l'auteur sur La Monnaie vivante, hiver 1970, Paris, Joëlle Losfeld, coll. Récits témoignages, 1994
  • L'Adolescent immortel, Paris, Gallimard, coll. Le Cabinet des lettrés, 2001
  • Écrits d'un monomane. Essais 1933-1939, Paris, Gallimard, coll. Le Promeneur, 2001
  • Tableaux vivants. Essais critiques, 1936-1983, Paris, Gallimard, coll. Le Promeneur, 2001

Quelques articles[modifier | modifier le code]

  • « Fragments d'une lettre à Michel Butor », dans Les Cahiers du Chemin, n° 1, octobre 1967, p. 90
  • « L'Indiscernable », dans La NRF, n° 306, juillet 1978, pp. 20–29
  • « Le plus grave malentendu », dans Les Cahiers du Chemin, n° 5, janvier 1969, p. 104
  • « Premier entretien sur l'idée du porte-malheur », dans Les Cahiers du Chemin, n° 16, octobre 1972, p. 10
  • « La décadence du Nu », dans Les Cahiers du Chemin, n° 27, avril 1976, p. 108
  • « Aux limites de l'indiscrétion », entretien avec J.-M. Monnoyer, dans La NRF, n° 325, février 1980, pp. 70–86
  • « Jean-Noël Vuarnet », dans La NRF, n° 338, mars 1981, pp. 82–93

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Poèmes de la folie de Hölderlin, traduction de Pierre Jean Jouve avec la collaboration de Pierre Klossowski, avant-propos de Bernard Groethuysen, Paris, Fourcade, 1930 ; rééd. Gallimard, 1963
  • Friedrich Sieburg, Défense du nationalisme allemand, Paris, Grasset, 1933
  • Friedrich Sieburg, Robespierre, Paris, Ernest Flammarion, 1936
  • Max Scheler, Le sens de la souffrance suivi de deux autres essais : Repentir et renaissance, Amour et connaissance, Paris, Aubier, 1936
  • Franz Kafka, Journal intime, suivi de Esquisse d'une autobiographie, de Considérations sur le péché et de Méditations, Paris, Grasset, 1945
  • Johann Georg Hamann, Méditations bibliques, Paris, Éditions de Minuit, 1948
  • Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir, Paris, Club français du livre, 1954 ; repris dans l'édition des Œuvres complètes, sous la direction de Gilles Deleuze et Michel Foucault, Paris, Gallimard, 1967
  • Suétone, Vie des douze César, Paris, Club français du livre, 1959
  • Paul Klee, Journal, Paris, Grasset, 1959
  • Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, suivi des Investigations philosophiques, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque des idées, 1961
  • Li-Yu, La Chair comme tapis de prière, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1962
  • Virgile, L'Énéide, Paris, Gallimard, 1964
  • Martin Heidegger, Nietzsche, traduit de l'allemand par Pierre Klossowski, Paris, Gallimard, 1971

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]