René (roman)

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René
Image illustrative de l'article René (roman)
Illustration de 1803 : René marchant avec Amélie.

Auteur Chateaubriand
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Date de parution 1802

René est un roman publié en 1802 par François-René de Chateaubriand. Cette œuvre appartient au mouvement littéraire du romantisme. Elle a engendré le « mal du siècle ». En effet à la chute de l'Empire, toute une génération, pétrie de romantisme, déchue de ses rêves de gloires, désorientée et réduite à l'inaction croira se reconnaitre dans le personnage de Chateaubriand. Cet ennui, cette inquiétude, cette désespérance se retrouveront à des degrés diverses dans les oeuvres romantique et jusque dans le spleen baudelérien.

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Publié en 1802, des liens étroits à une époque où Chateaubriand éprouve lui-même le « vague des passions », où l'on est désabusé de tout sans avoir usé de rien si bien que l'"on habite un monde vide avec un cœur plein", commun aux intellectuels de sa génération et qui préfigure le mal-être de la jeunesse romantique, avivée, qui plus est, par le "mal du siècle". Chateaubriand, Constant, Senancour sont de ces auteurs pré-romantiques qui donnèrent naissance à de jeunes héros dévorés par le vague des passions, un ennui et un dégoût maladifs de la vie à un âge où le cœur déborde des plus belles passions. Le jeune-homme civilisé devient "habile sans expérience" puisqu'il peut appréhender les sentiments humains par les livres et non par la vie. Désenchanté, il voit ainsi le feu des passions s'éteindre avant qu'il n'ait pu s'embraser. En outre, la femme, par sa nature excessive, craintive, inconstante et l'incertitude de ses sentiments, entraîne les jeunes hommes dans la mollesse de leurs passions à mesure qu'ils fréquentent leur société. Ainsi, les anciens, séparés des femmes dans les activités du quotidien, avaient l'esprit moins trouble et une énergie disponible à l'exercice de leurs passions.

Ce récit souligne les nombreuses correspondances entre la nature et le héros au tempérament romantique qui semble dominé par des forces qui le dépassent, dans un contexte teinté de mysticisme.

L’enfance de René est inspirée de celle de Chateaubriand qui vécut loin de son foyer et était d’humeur solitaire. Cependant ce roman est une fiction malgré les ressemblances entre l’auteur et le personnage principal.

René est la suite du roman Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert publié en 1801.

Le résumé[modifier | modifier le code]

Exilé dans la tribu des Natchez, René raconte sur la demande de Chactas et du père Souël, l’histoire de son passé et de son existence malheureuse. À la recherche d’une identité qu’il ne trouve pas, obsédé par cette quête infructueuse et bouleversé par la mort de son père, René décide de voyager mais rien n’y fait. En proie à des tourments méconnus, il aspire au suicide. Pour l’en empêcher, sa sœur Amélie lui apporte le réconfort de sa présence ; mais elle dépérit aussi d’un mal inconnu et va s’enfermer dans un couvent. René assiste à l’émouvante cérémonie de ses vœux et surprend le secret de ce mal étrange : Amélie qui s’est prise pour son frère d’une tendresse excessive, est torturée de remords. Le jeune homme s’éprend également de sa sœur Amélie. Le désespoir du jeune homme vient enfin combler le vide de son existence malheureuse. Laissant sa sœur repentante et apaisée par la vie du couvent, il s’embarque alors pour l’Amérique où il apprend par une lettre qu’Amélie est morte comme une sainte « en soignant ses compagnes ». Telle fut l'histoire de René. Chactas ému le prit dans ses bras et le vénérable père Souël, auditeur de ce touchant récit, lui adressa de tendres reproches et lui dit que la mort d'Amélie était le juste châtiment de la vie errante et inutile qu'il avait menée jusqu'alors.

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

  • La solitude, le mal-être qu’elle engendre : Pendant tout son récit, René n’est pas bien dans sa peau. Il est peu ordinaire et rejette les autres. Au départ, il vit bien sa solitude, puis voyage pour combler un manque qu’il n’identifie pas totalement.
  • L’amour fraternel : Amélie, la sœur de René, est la seule personne qui soit proche de lui. René se sent bien avec elle, et tout le livre tourne autour de leurs relations, qui, selon qu’elles s’améliorent ou se détériorent, le rendent serein ou torturé.
  • Le voyage : À la recherche de la sérénité, René voyage dans différents pays comme la Grèce et la Belgique, mais voyage aussi à travers la France.
  • La religion : Durant le récit, on suit le rapprochement d’Amélie vers la religion, rapprochement faisant beaucoup souffrir René.

Différents thèmes mineurs sont aussi abordés, comme la colonisation ou les relations paternelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liste des prêtres de fiction

Liens externes[modifier | modifier le code]

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