Lui (magazine)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lui.
Lui
Image illustrative de l'article Lui (magazine)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Genre presse masculine
Prix au numéro 2,90 €
Diffusion 140 541[1] ex. (2013/2014)
Date de fondation 1er novembre 1963
Ville d’édition Paris

Propriétaire Jean-Yves Le Fur (depuis 2013)
Michel Birnbaum (1995-2013)
Groupe Filipacchi (1963-1994)
Directeur de publication Jean-Yves Le Fur
Directeur de la rédaction Frédéric Beigbeder
Rédacteur en chef Yseult Williams (2013), Jacques Lanzmann, Marcel Duhamel,...
ISSN 2269-5699
OCLC 863054690
Site web luimagazine.fr

Lui est un magazine masculin de charme créé en novembre 1963 par Daniel Filipacchi et Frank Ténot, avec les bénéfices de Salut les copains. Très populaire jusqu'au début des années 1980, avec un contenu mêlant articles de fond et jolies femmes dénudées, souvent célèbres, il entame un long déclin qui mène à l'arrêt de la parution en 1994. Passé aux mains du groupe de presse de Michel Birnbaum, après une relance éphémère, il devient pour un temps un magazine pornographique à la diffusion épisodique. Jean-Yves Le Fur le relance sous la forme d'un magazine dirigé par Frédéric Beigbeder le jeudi 5 septembre 2013[2].

Lui dans le groupe Filipacchi (1963 – 1994)[modifier | modifier le code]

Première série (1963 – 1987)[modifier | modifier le code]

L'objectif de l'ex-photographe de Paris Match devenu éditeur de presse (Salut les copains) avec Jazz Magazine racheté à Eddie Barclay était de réaliser un mensuel de charme de qualité, « à la française ». Ce magazine, fortement inspiré de Playboy eut énormément de succès de 1963 au début des années 1980, avec les photographies de nombreuses starlettes françaises dénudées, mais aussi de quelques actrices de premier plan, telles que Brigitte Bardot, Mireille Darc, Jane Birkin ou Marlène Jobert (la première fille à poser en couverture fut Valérie Lagrange (le numéro 1 parut le 01/11/63)) photographiées par Francis Giacobetti, futur réalisateur de Emmanuelle 2. Son slogan était « Lui, le magazine de l'homme moderne ». On peut aussi noter la parution dans le magazine d'une bande dessinée de Lauzier : Les Sextraordinaires Aventures de Zizi et Peter Panpan. Dans les premiers collaborateurs, on retrouve Jean-Louis Bory, René Chateau, Philippe Labro, Francis Dumoulin, Francis Giacobetti, Siné, Michel Mardore, Aslan, Robert Lassalvy, Gilles Sandier, et bien d'autres.

Logo chat lui.svg

À ses débuts, Lui s'était doté d'une mascotte, une tête de chat, l'équivalent pour le magazine du lapin de Playboy. Elle disparut au début des années 1970.

Le premier âge d'or de la revue coïncida avec l'arrivée au poste de rédacteur en chef de Marcel Duhamel, fondateur de la Série noire. Les pages de charme se firent plus explicites, mais il n'y eut pas d'escalade véritable. Montrer la pilosité pubienne d'une star aux seins nus, dans une revue grand public, passait alors pour audacieux. Marcel Duhamel reprit dans les titres de présentation des pages de charme le type de jeux de mots qu'il utilisait dans le cadre de la Noire (des exemples entre cent : « Marie ravie au lit[3] », « Pascale, une penchée émue[4] », « Bons baisers de Lucie[5] » voire « Maud de Paris[6] »).

Jacques Lanzmann contribua à faire du magazine « osé » (où les filles nues gardaient jambes serrées) un journal aux vulgarités malicieuses[7], de bonne tenue rédactionnelle.

Vers la fin de cette époque, plusieurs tentatives eurent lieu pour changer la formule de Lui et relancer le titre, efforts qui aboutirent à la seconde série et la parution en deux cahiers à partir de fin 1987. On peut citer le changement du slogan, devenu « Lui, la défonce de l'homme moderne[8] » pour quelques numéros et des apparitions de pilosités pubiennes sur la photo de couverture[9].

Le dernier numéro de la première série, le numéro 285, fut publié en novembre 1987.

Contenu[modifier | modifier le code]

La revue avait une rubrique cinéma, d'abord tenue par François Truffaut, puis par Michel Mardore.

Des interview atypiques ont été alors réalisées par René Chateau: Sugar Ray Robinson, Alain Delon, Jean-Pierre Melville, Jean-Luc Godard et Jean-Paul Belmondo.

La revue publia également des textes inédits, dont un de Boris Vian, intitulé "le cinéma assassiné" (dans le numéro 11, de novembre 1964) sur la sclérose de la création cinématographique, présenté par Michel Mardore.

Le mensuel, très diffusé, réputé polisson bon chic - bon genre, connut un grand succès au cours des années 1960-70, sous l'égide de Régis Pagniez, directeur artistique et créateur de Salut les Copains, de Jean Demachy et de Jean-Pierre Binchet. Les nus, qui parurent vite fort sages, en raison de l'avènement du porno, étaient réalisés en studio à Paris, rue des Acacias, avec des modèles de l'Agence Catherine Harlé. Ces modèles pouvaient être très jeunes, Anaïs Jeanneret fut Fille du mois à quinze ans[10].

Le magazine, qui cultivait volontiers le second degré, publiait de longues interviews d'hommes politiques et de personnalités « sérieuses » (Michel Durafour, Valéry Giscard d'Estaing, Michel Rocard...). Il faisait la part belle à la gastronomie et au vin (chroniques de Jacques-Louis Delpal) et publia des photos de chefs et de viticulteurs demeurées célèbres : très mises en scène, en studio à Paris, mais aussi en extérieurs (Alsace, Champagne, Bordeaux et dans le Gers), elles étaient le fait du photographe Francis Giacobetti qui signait ses sujets "charme" du nom de Frank Gitty.

Outre la fille nue au centre du magazine (la Fille du mois), il comportait une très populaire pin-up d'Aslan (rubrique Les filles qu'on épingle, traduction libre de pin up).

Le célèbre verbicruciste (à l'époque) Roger La Ferté y proposait chaque mois une grille de mots croisés aux définitions coquines, sous le titre "Les mots croisérotiques". Exemple de définition : "On y voit la lune dans l'eau"....pour le mot "bidet".

Une autre rubrique, la Défonce du Consommateur d'Éric Colmet-Daage, futur directeur de Photo, présentait chaque mois des objets insolites et originaux. Il y eut plusieurs hors-série de Lui consacré à ces objets.

C'est aussi dans ce cadre que Francis Dumoulin imagina la Renault Le Car Van, garçonnière roulante dérivée de la Renault 5 et produite (1979 - 1983) à 450 exemplaires par Heuliez[11].

Seconde série (1987 – 1994)[modifier | modifier le code]

La seconde série fut publiée par le groupe Filipacchi de 1987 à 1994. Elle a vu paraître 69 numéros. Son rédacteur en chef fut Stéphane de Rosnay en 1989, puis Brice Couturier de 1990 à 1992.

Au départ, sa spécificité par rapport à la première série était qu'elle était publiée en deux cahiers, la partie "charme" se trouvant ainsi jusqu'en 1989 dans le second cahier. À partir du numéro 27, Lui revient à un magazine unique et le slogan devient "Le magazine de l'homme civilisé". La diffusion qui était au début des années 1980 de 350 000 exemplaires tombe à 70 000 exemplaires en 1993. Début 1993[12], le magazine abandonne la diffusion mensuelle et devient bimestriel. Le groupe Filipacchi arrête la parution en juin 1994[13],[14].

Éditions étrangères[modifier | modifier le code]

Lui a essaimé des éditions à l'étranger, comme son modèle américain Playboy

  • Édition italienne (1970-1986?) - « Il mensile dell'uomo moderno »
  • Édition américaine (1972-2007) sous le nom de Oui (en) - « For the man of the world » - a été publié par Playboy Enterprises à partir de 1972 comme un concurrent de Penthouse. Son slogan était « Oui, for the man of the world ». Il a ensuite changé de mains en 1981 et est devenu dans les années 2000, comme son inspirateur français durant cette période, une revue pornographique.
  • Édition brésilienne (1973?)
  • Édition allemande (1977–1992) - « Für Männer mit Lebensart »
  • Édition espagnole (1977-1980?) - « Revista internacional del hombre moderno » puis « Mucho mas que una revista erotica »

Lui sous Michel Birnbaum (1995 – 2006)[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Lui (1995 – 1997)[modifier | modifier le code]

Le titre fut repris de 1995 à 1997 (14 numéros) et baptisé Le Nouveau Lui par Michel Birnbaum, créateur et propriétaire du holding Altinea[14]. L'objectif était de revenir aux fondamentaux de Lui, censé pouvoir rester en évidence dans les foyers, sans effrayer ou choquer les enfants[14]. La couverture du premier numéro était consacrée à Mademoiselle Agnès[15]. Le magazine redevint mensuel et le graphisme historique du titre Lui fut modernisé. C'est dans cette série que pour la première fois, la couverture de Lui fut consacrée à un homme seul, sans modèle féminin l'accompagnant. Cette tentative de relancer Lui fut un échec. Le dernier numéro paraît en février 1997 avec Eva Herzigová en couverture[16].

Lui, trimestriel pornographique (2001 – 2007)[modifier | modifier le code]

Le magazine est publié à partir de 2001 sous la forme d'un trimestriel à caractère pornographique. Son slogan est "L'Officiel de la photo de charme". Il est publié par la société 1633 dont le président et unique actionnaire est Michel Birnbaum[17]. Patrick Guérinet fut directeur de la rédaction délocalisée à Marseille jusque 2010[18]. Mais en septembre 2010, avec le départ de Guérinet, la presse de charme de la société 1633 repart à Paris[19]. François de Guillebon prend la direction éditoriale des titres de 1633 en juillet 2010[20].

Lui sous Jean-Yves Le Fur (2013-)[modifier | modifier le code]

Le titre est racheté par Cape Editions qui le cède à la nouvelle société Lui, dont Jean-Yves Le Fur possède 70%, Cape Editions 20% et Frédéric Beigbeder 10%. Jean-Yves Le Fur avait lancé avec succès DS Magazine et Numéro à la fin des années 1990 et Cape Éditions édite les magazines Grand Prix, Autosport, Ferdinand et Youngtimers. Ils veulent en faire un magazine luxueux et international avec un nouveau slogan « Lui, le magazine des hommes qui pensent à elle ». Le premier numéro, tiré à 400.000 exemplaires, est sorti le 5 septembre 2013[21] avec Léa Seydoux en couverture. Il est dirigé par Frédéric Beigbeder, directeur de la rédaction, en binôme avec Yseult Williams, rédactrice en chef[22]. L'épouse de Jean-Yves Le Fur, Małgosia Bela, après être apparue dans une série de photos du premier numéro, fait la couverture du magazine en janvier 2014.

Autre magazine[modifier | modifier le code]

Avant 1963, un autre magazine léger avait porté le même titre (vers 1960).

Les célébrités nues dans Lui[modifier | modifier le code]

Tableau des Célébrités nues dans Lui

Critique[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, le site de l'association de critique des médias Acrimed publie un article critiquant violemment le nouveau magazine Lui, lui reprochant notamment son anti-féminisme « branché »[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ojd.com/Support/lui
  2. Télérama, « article Peut-on encore bander pour lui » (septembre 2013)
  3. Lui no 123, avril 1974
  4. Lui no 187, août 1979
  5. Lui no 128, septembre 1974
  6. Lui no 135, avril 1975
  7. Les filles de Lui, extrait de Sexy Folies (novembre 1986)
  8. Lui no 265, février 1986
  9. Lui no 272, octobre 1986
  10. Lui no 230, mars 1983
  11. Renault 5 Le Car Van
  12. Lui - seconde série no 61, décembre-janvier 1993
  13. Lui - seconde série no 69, mai-juin 1994
  14. a, b et c Place au «Lui» new-look. Le «magazine de l'homme moderne» va reparaître - Libération - 21/09/1995 - Philippe Bonnet
  15. Le Nouveau Lui no 1, octobre 1995
  16. Le Nouveau Lui no 14, février 1997
  17. Le «Rolling Stone» français renaît de ses cendres - Le Figaro - 22 mars 2008
  18. Marseille charme la presse masculine - 20 minutes - 8 novembre 2004.
  19. Playboy, Newlook… la presse sexy met les voiles de Marseille - Marsactu - Julien Vinzent - 22 septembre 2010
  20. Philippe Desmoulins, éditeur délégué des magazines des éditions 1633 - Strategies.fr - 22/07/2010
  21. Ces titres de presse qui se relancent, Le Figaro, 5 mai 2013.
  22. Frédéric Beigbeder prend les rênes du magazine Lui nouvelobs.com - Par Vincent Monnier - 03-05-2013
  23. Eve Guiraud Le « nouveau » magazine Lui ? Un retour « branché » et antiféministe aux années soixante Acrimed, 14 janvier 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lanzmann, Le Voleur de hasards, souvenirs, éditions Jean-Claude Lattès, 1994.