Livre de poche

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Un livre de poche est un livre censé être suffisamment petit pour tenir dans une poche, et de prix relativement bas, en contrepartie d'une qualité plus faible (couverture plus souple et collée, plutôt que reliée). Le plus souvent, il s'agit de réimpressions d'ouvrages ayant déjà connu un succès suffisant sous leur format d'origine.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'idée du livre peu encombrant et bon marché remonte au XVIIe siècle[1]. Au XVIIe et XVIIIe siècles, les livres de colportage (tels ceux de la Bibliothèque bleue) sont des ouvrages de littérature populaire qui, par leur format et dans une certaine mesure leur conception, rappellent le livre de poche actuel.
Dans les années 1830, certains éditeurs de Bruxelles, pour des raisons politiques et de censure, publient de petits livres. Ces opuscules inspirent Gervais Charpentier, libraire-éditeur français « père du livre de poche » (avec l'imprimeur Eugène Roulhac sur ses intructions) qui lance en 1838 sa collection de la « Bibliothèque Charpentier » au format 18,3 x 11,5 cm à moitié prix (3,50 francs) et publie en trois ans tous les classiques de l'époque (Balzac, Hugo, Musset, etc.) avec succès. Il sera suivi en 1853 par Louis Hachette avec sa « Bibliothèque des chemins de fer », et en 1856 par la maison d'édition Michel Lévy frères avec la « collection Michel Lévy » à un franc et en petit format.
Dans les premières année du XXe siècle, la collection Nelson publie des ouvrages de petit format, cartonnés, toilés et recouverts d'une jaquette illustrée. En 1905, Fayard lance le « Livre populaire », romans populaires à 65 centimes de petit format et en 1916 les éditions Jules Tallandier commercialisent une collection concurrente, « Livre de poche », des romans populaires encore moins chers (dont Hachette devra d'ailleurs racheter le nom, comme « Le Livre Plastic », collection créée en 1948 par Marabout[2]). À partir de 1919, les Éditions du Sagittaire (éd. Simon Kra) lancent la « Collection Européenne » (1919-1951, formellement « Collection de la Revue européenne ») au format poche 13 × 18 cm.

Le livre de poche, en tant que genre et tel que nous le connaissons maintenant, ne prend réellement son essor que dans les années 1930 :

En France, l'histoire du livre de poche comporte plusieurs étapes :

En 2013, le livre de poche représente un tiers du marché du livre français, et un livre sur 4 acheté en librairie l’est dans ce format, contre 1 sur 5 en 2003[7].

Les Salons[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années des salons du livre se sont spécialisé sur le format poche :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lise Andriès, La Bibliothèque bleue au dix-huitième siècle : une tradition éditoriale, Voltaire Foundation,‎ 1989, p. 18
  2. Ellen Constans, Ouvrières des lettres, Presses Universitaires de Limoges,‎ 2007, p. 27
  3. Roger Chartier, Jacques Revel, Histoire de la France. Choix culturels et mémoire, Éditions du Seuil,‎ 2000, p. 205
  4. Source : article « The Third Paperback Revolution », Robert Fair de Graff et Pocket Books, sur le site paperbarn.www1.50megs.com (Hyde Park Books).
  5. Source : article « Le Masque », 10 février 2004, sur le site À l'ombre du Polar.
  6. Page « Notre histoire », sur le site officiel du Seuil.
  7. Denis Lefebvre, « Le 9 février 1953 : lancement du Livre de Poche », sur Historia,‎ 17 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Yvonne Johannot (1978). Quand le livre devient poche, Presses universitaires de Grenoble (PUG), collection Actualités-Recherches/Sociologie : 199 p. (ISBN 978-2-7061-0121-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]