École nationale des chartes

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École nationale des chartes
Logo de l'École depuis 2013 (inspiré du logo traditionnel du XIXe siècle
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Informations
Fondation 1821
Type Grand établissement
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 56″ N 2° 20′ 34″ E / 48.848889, 2.342778 ()48° 50′ 56″ Nord 2° 20′ 34″ Est / 48.848889, 2.342778 ()  
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Direction
Directeur Jean-Michel Leniaud
Chiffres clés
Enseignants 18 (16 titulaires et 2 non titulaires)[1]
Divers
Affiliation heSam Université, campus Condorcet Paris-Aubervilliers, membre associé de Sorbonne Universités.
Site web www.enc.sorbonne.fr/

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
École nationale des chartes

L’École nationale des chartes est une grande école française spécialisée dans les sciences auxiliaires de l’histoire, fondée en 1821, hébergée dans le bâtiment de la Sorbonne (Paris Ve).

L’école a actuellement le statut de grand établissement public français d’enseignement supérieur placé sous le contrôle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Ses élèves, recrutés par concours et pouvant accéder au statut de fonctionnaire-stagiaire de l'État[2], reçoivent le diplôme d’archiviste paléographe après avoir soutenu une « thèse de l’École des chartes » ; ils font généralement carrière comme conservateurs du patrimoine (surtout dans la filière « Archives »), conservateurs des bibliothèques ou enseignants-chercheurs en histoire.

Depuis 2005, elle délivre aussi des masters à des étudiants recrutés sur dossier et, depuis 2011, des doctorats.

Histoire de l'école[modifier | modifier le code]

L'entrée de l'École Nationale des Chartes, place de la Sorbonne à Paris
La porte de l'hôtel de Clisson, entrée de l'École des chartes de 1846 à 1866

Après plusieurs tentatives de création sous Napoléon Ier, sur l'idée du baron Joseph-Marie de Gérando, alors secrétaire général du ministère de l'Intérieur, l'École royale des chartes est fondée par une ordonnance de Louis XVIII du 22 février 1821 sur le modèle des grandes écoles[3]. Quelques années auparavant, les confiscations révolutionnaires avaient amené dans les dépôts littéraires puis dans les bibliothèques des masses de livres qu'il fallait traiter, cataloguer et donner à consulter[3]. Parallèlement, l'engouement romantique pour le Moyen Âge invite à former des spécialistes capables de renouveler l'historiographie française, en se fondant sur les archives confisquées sous la Révolution : l'appréhension de l'histoire a changé et les érudits religieux (surtout bénédictins) ne sont pas à même de permettre au pays de renouer avec son histoire nationale[4]. L'ordonnance prévoit que douze élèves soient nommés par le ministre de l'Intérieur, sur proposition de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et rémunérés pendant les deux ans de leurs études[4]. Ces dernières comprennent essentiellement de la paléographie et de la philologie dans un but purement utilitaire : les élèves doivent lire et comprendre les documents qu'ils seront chargés de conserver. Les professeurs et les élèves de l'école sont placés sous l'autorité du conservateur des manuscrits du Moyen Âge de la Bibliothèque royale située rue de Richelieu à Paris, et sous celle du garde général des Archives du Royaume[5].

Cette première expérience n'est pas concluante, en particulier parce qu'aucun débouché n'est proposé aux élèves : les cours doivent être suspendus le 19 décembre 1823, faute d'auditeurs, bien que l'Académie ait proposé une nouvelle liste de candidats[6]. Le Ministère de l'Intérieur désire néanmoins la réouverture de l'école : La Bourdonnaye demande un rapport auquel collabore Dacier, à l'origine de l'ordonnance du 11 novembre 1829 qui réorganise les enseignements[7]. L'école est désormais ouverte à tout bachelier mais, à la fin de la première année, six à huit lauréats sont choisis sur concours ; ils reçoivent un traitement et suivent deux années supplémentaires de formation. À leur sortie, ils reçoivent le diplôme d'archiviste paléographe et se voient réserver la moitié des postes vacants dans les bibliothèques et archives[4]. Le premier major est Alexandre Teulet.

Le « moment Guizot » favorise l'École, qui réussit rapidement à s'imposer dans le champ historique, en particulier médiéval. Le 24 mars 1839 est fondée — entre autres par Louis Douët d'Arcq — la Société de l'École des chartes, qui publie la Bibliothèque de l'École des chartes afin de diffuser les travaux des chartistes[8]. C'est une des plus anciennes revues scientifiques françaises. Enfin, une ordonnance du 31 décembre 1846 réorganise la scolarité, cela pour plus d'un siècle[3]. Les élèves, bacheliers, sont recrutés sur examen (bientôt transformé en concours) puis suivent une scolarité de trois ans. Une thèse d'établissement est instituée, la première soutenance publique ayant lieu en 1849. Un Conseil de surveillance est créé, composé du garde des Archives, du directeur de la Bibliothèque royale, du directeur de l'École et de cinq membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres[4]. Enfin, l'école déménage et s'installe dans l'hôtel de Soubise, avec entrée par la porte de l'ancien hôtel de Clisson, à proximité immédiate des Archives du royaume[9].

L’École des chartes fait alors figure de référence en Europe[10] : la pédagogie (grâce à des fac-similés de documents anciens) et la méthodologie de la recherche historique sont profondément renouvelées[réf. nécessaire]. Les élèves reçoivent des enseignements de paléographie, sigillographie, numismatique, philologie, classement des archives et des bibliothèques, géographie historique, système des monnaies et des poids et mesures, histoire des institutions politiques de la France, archéologie, droit civil, droit canonique et droit féodal. Les enseignements ont à la fois une visée scientifique et professionnelle.

Les chartistes permettent ainsi à la France de posséder un réseau dense et efficace de services d'archives départementales[réf. nécessaire]. Il n'en est pas de même dans les bibliothèques : l'ordonnance de 1829 n'est jamais appliquée et, malgré l'ordonnance de 1839 leur réservant des places à la Bibliothèque royale, moins de 7 % des chartistes travaillent en bibliothèque en 1867[4]. Par la suite, le « monopole chartiste » est mis en place dans les archives : des décrets réservent aux anciens élèves de l'école les places d'archivistes départementaux (décret du 4 février 1850) et toutes les places aux Archives nationales (sauf celles de commis, décret du 14 mai 1887)[11].

Les élèves de la promotion 1857

L'école déménage en 1866 à l'hôtel de Breteuil, rue des Francs-Bourgeois, dans des locaux plus adaptés[9],[12]. Sans que cela affecte beaucoup l'enseignement, sept chaires sont créées par le décret du 30 janvier 1869 : paléographie ; langues romanes ; bibliographie, classement des bibliothèques et des archives ; diplomatique ; institutions politiques, administratives et judiciaires de la France ; droit civil et droit canonique du Moyen Âge ; archéologie du Moyen Âge. Mis à part des modifications de détail, elles demeurent inchangées jusqu'en 1955[4].

L'École nationale des chartes est une nouvelle fois déplacée en 1897 : elle s'installe alors au 19, rue de la Sorbonne, dans les locaux originairement prévus pour la faculté de théologie catholique de Paris[13]. L'école se rapproche ainsi géographiquement des autres organismes de recherche et d'enseignement hébergés à la Sorbonne, telles que la faculté des lettres et l'École pratique des hautes études. L'école jouit d'une salle de cours dotée de fenêtres des deux côtés, ce que l'on a jugé nécessaire à la pratique de la paléographie[réf. nécessaire]. Bien qu'ils aient été réaménagés, l'école se trouve toujours actuellement dans ces locaux.

Pendant tout le XIXe siècle, le recrutement de l'école est d'un assez haut niveau social[réf. nécessaire]. Bien que la formation soit très prestigieuse, les postes proposés à la sortie ne fournissent qu'un assez modeste traitement de fonctionnaire. C'est pourquoi une part non négligeable des élèves est constituée de rentiers se livrant à la recherche historique pour le plaisir[réf. nécessaire]. Cela a pour corollaire des élèves situés politiquement à droite : quand leurs professeurs Arthur Giry et Émile Molinier prouvent l'innocence de Dreyfus et participent à la fondation de la Ligue des droits de l'homme, les élèves de l'école prennent la plume et s'opposent vigoureusement à leur action[14]. L'école est avec la faculté de droit une des bases de l'Action française au début du XXe siècle[15]. Le conservatisme n'empêche cependant pas qu'au concours de 1906, pour la première fois, une femme, Geneviève Aclocque, intègre l'école dix-sept ans avant que la même chose n'arrive à l'ENS, soixante-six ans avant l'École polytechnique.

La salle de lecture de la bibliothèque

Le concours d'entrée et les examens sont réformés au début des années 1930[16]. À cette époque, l'école prend également en charge la formation des bibliothécaires[17] en préparant au diplôme technique de bibliothécaire (DTB), nécessaire à l'obtention d'un poste en bibliothèque municipale classée ou bibliothèque universitaire. Les non-chartistes sont alors admis à suivre les cours d'histoire du livre et de bibliographie pour préparer le diplôme. Cette pratique prend fin en 1950 quand le diplôme supérieur de bibliothécaire (DSB) remplace le DTB[11].

Le milieu du XXe siècle est une période difficile pour l'école, qui se sclérose et peine à se renouveler. Ses effectifs diminuent fortement (9 élèves pour 8 enseignants en 1974). Son enseignement est alors considéré comme vieillissant, ne prenant que peu en compte les nouvelles approches historiques, notamment le renouveau historiographique de l'école des Annales[18]. Ce n'est que dans les années 1990, avec une réforme du concours d'entrée et des enseignements, et une nouvelle politique qu'un renouveau se fait réellement sentir : l'école entre dans une période de mutation sous la direction d'Yves-Marie Bercé (1992-2001), celle d'Anita Guerreau-Jalabert (2001-2006), ainsi que celle de Jacques Berlioz (2006-2011), qui se plaçait dans cette même conception des choses. Une formation solide aux nouvelles technologies appliquées à l'étude et à la conservation de l'héritage culturel d'une part, des relations beaucoup plus étroites et structurées avec les universités françaises et les institutions analogues dans les autres pays européens d'autre part, sont les deux axes principaux du développement actuel[réf. nécessaire].

Il existe depuis plusieurs années un projet de déménagement de l'École des chartes rue de Richelieu, dans une partie des locaux anciennement occupés par la Bibliothèque nationale de France sur le site Richelieu, afin d'y créer un pôle d'excellence en histoire de l'art (en relation avec l'Institut national d'histoire de l'art). Ce déménagement devrait avoir lieu en 2015[19] mais les activités de recherche de l'École des chartes rejoindraient le « campus Condorcet Paris-Aubervilliers » dans le cadre du plan campus[20],[21].

Missions, statuts, organisation[modifier | modifier le code]

Voyage d'étude d'élèves de l'École des chartes à Saint-Leu d'Esserent (1903).

Mission[modifier | modifier le code]

L'École nationale des chartes est régie par le décret no 87-832 du 8 octobre 1987, modifié par le décret no 2005-1751 du 30 décembre 2005[22].

Aux termes de l'article 3 de ce décret, « L'École nationale des chartes a pour mission d'assurer la formation de personnels scientifiques des archives et des bibliothèques. Elle concourt à la formation de toutes les personnes qui contribuent à la connaissance scientifique et à la mise en valeur du patrimoine national. Elle participe à la formation et à la recherche des étudiants en sciences de l'homme et de la société, particulièrement dans les disciplines relatives à l'étude critique, l'exploitation, la conservation et la communication des sources historiques. »

Organisation[modifier | modifier le code]

L’école a le statut de grand établissement et ses instances directrices sont composées du directeur de l'école, du conseil d'administration et du conseil scientifique.

Le directeur doit être professeur des universités ou issus des corps assimilés, notamment celui de « directeur d'études de l'École pratique des hautes études, de l'École nationale des chartes et de l'École française d'Extrême-Orient ». Il est nommé par décret du président de la République pour un mandat de cinq ans, éventuellement renouvelable une fois. Il est assisté d'un secrétaire général nommé également pour cinq ans.

Le conseil d'administration[23], qui comprend 21 membres, est constitué de quatre membres de droit, de dix membres nommés par le ministre chargé de l'enseignement supérieur et de sept membres élus seulement, trois enseignants, deux IATOS et deux élèves.

Le conseil scientifique[23] est présidé par le directeur de l'école et comprend de droit tous les enseignants ayant le titre de directeur d'études, ainsi que d'autres membres de droit, quinze membres nommés, un enseignant élu et un représentant des élèves.

L'unité régionale de formation à l'information scientifique et technique (URFIST) de Paris et le comité des travaux historiques et scientifiques sont rattachés à l'École des chartes.

Formation[modifier | modifier le code]

Bureau du directeur

Archivistes paléographes[modifier | modifier le code]

Concours d'accès[modifier | modifier le code]

Les élèves français sont recrutés sur concours préparés dans certaines classes préparatoires littéraires. Depuis 1991, il est divisé en deux sections :

  • Section A, dite « classique », dont le programme comporte entre autres matières de l'histoire médiévale et moderne et du latin ;
  • Section B, dite « moderne », dont le programme comporte entre autres matières de l'histoire moderne et contemporaine et des langues vivantes.

Le concours est préparé dans les classes préparatoires à l'École des chartes (« hypochartes » puis « chartes »). Selon les lycées, les élèves préparant les concours A et B sont soit réunis dans une seule division avec des options distinctes, soit répartis dans deux sections différentes. Ceux qui préparent l'option B peuvent être regroupés dans des khâgnes avec des options supplémentaires.

En outre, un concours d'accès direct en deuxième année est ouvert aux candidats justifiant du niveau minimum de la licence en théorie ; en pratique, ce concours s'adresse à des candidats déjà engagés dans un parcours de recherche avancée ; l'École porte son attention par exemple sur des lauréats du concours d'agrégation ou des doctorants.

Le nombre de places aux concours est très limité (environ 25 places par an pour le total des trois concours) et bien inférieur au nombre de postes vacants dans les établissements publics d'archives. Une réforme du concours d'entrée est en cours depuis 2009 afin de rapprocher le concours de ceux des Écoles normales supérieures, avec certaines épreuves communes.

Statut des élèves[modifier | modifier le code]

La salle du « fer à cheval », au 1er étage de la bibliothèque

Les élèves recrutés par ces concours peuvent bénéficier du statut de fonctionnaires-stagiaires en contrepartie d'un engagement décennal et sont dans ce cas rémunérés (environ 1 200 euros par mois). Le choix est laissé aux lauréats du concours d'accepter ou non ce statut. Des élèves étrangers recrutés également par concours ou sur titres suivent le même cursus sans être rémunérés mais bénéficient de bourses d'études à peu près équivalentes au traitement de base des élèves fonctionnaires.

La scolarité dure trois ans et neuf mois[24]. À l'issue de leur scolarité, les chartistes doivent rédiger une thèse d'établissement, donnant droit au diplôme d'archiviste paléographe.

Les fonctionnaires ayant rempli les obligations de troisième année peuvent se présenter à l'entrée de deux écoles d'application : l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (Enssib, concours réservé[25]) et l'Institut national du patrimoine (INP, concours ouvert[26]). La direction de l'École nationale des chartes insiste tout particulièrement pour que les élèves s'orientent vers ces deux écoles, le législateur ayant considéré qu'elles constituent le complément indispensable à leur formation initiale afin qu'ils puissent continuer à occuper des postes de bibliothécaires et d'archivistes. Après leur scolarité dans ces écoles considérées pour eux comme des écoles d'application, ils deviennent respectivement conservateurs des bibliothèques et conservateurs du patrimoine. Chaque année, un certain nombre d'élèves passent le concours de l'INP dans les filières visuelles (Musées, Monuments historiques, Inventaire), ou le concours de l'agrégation (Histoire, Lettres, etc.) pour s'orienter vers la recherche ou l'enseignement.

Formation et enseignements[modifier | modifier le code]

L'enseignement est découpé en six semestres. Les enseignements sont constitués d'un tronc commun et d'options choisies par chaque élève en fonction de son projet scientifique et professionnel. Ces options sont conçues en collaboration avec un établissement universitaire.

Ainsi, les élèves suivent notamment des enseignements de[27] :

  • paléographie latine et française (autres langues au cours de séminaires)
  • archivistique, diplomatique et histoire des institutions ayant produit ces archives (médiéval, moderne, contemporain)
  • histoire du droit civil et canon
  • philologie romane
  • latin médiéval
  • histoire de l'art (médiéval, époques moderne et contemporaine)
  • archéologie médiévale
  • édition de texte
  • bibliographie
  • histoire du livre
  • critique de l'image documentaire
  • manuscrit et textes littéraires médiévaux
  • statistiques et cartographie appliquées à l'histoire
  • langues vivantes et informatique.

Des crédits ECTS sont alloués aux divers enseignements, ce qui permet à des élèves d'universités ou d'autres grandes écoles de suivre et valider certains de ces cours. Les enseignements dispensés à l'École des chartes peuvent donc s'inscrire dans les composantes des masters ; cela est rendu possible par le nouveau cadre de la réforme LMD. Les cours sont également ouverts sous condition à des auditeurs libres.

Masters[modifier | modifier le code]

La « grande salle » (salle de cours) avec la fresque représentant l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés

Depuis 2006, l'École des chartes a ouvert un master intitulé « Technologies numériques appliquées à l’histoire », formant une quinzaine d'élèves par promotion[28]. En première année, la scolarité s'organise autour d'un socle commun et de trois options (archives ; histoire du livre et des médias ; histoire de l'art). Le master reprend, en première année, les enseignements des élèves de l'école. En seconde année, on s'oriente vers une formation spécialisée dans le domaine de l'informatique. Deux parcours sont alors proposés, l'un tourné vers la recherche, et l'autre, est plus professionnel, vers la diffusion des connaissances dans un service à caractère patrimonial.

À partir de l'année 2011, l'école accueille deux autres masters. Le premier, intitulé « études médiévales », est offert en partenariat avec l'école normale supérieure, l'université Paris III et l'université Paris IV. Il est destiné à « former à la recherche littéraire pour les textes médiévaux, avec une ouverture interdisciplinaire au sein de la spécialité médiévale ». Le second, organisé avec l'école normale supérieure de Cachan et l'institut national de l'audiovisuel, est intitulé « concepteur audiovisuel. Représentations plurimédia de l’histoire, de la société et de la science. » Il vise à « former des concepteurs et des réalisateurs de documentaires dans l'audiovisuel (cinéma, télévision, radio, web) ainsi que des créateurs et responsables de sites multimédia intervenant dans la presse écrite et dans l'édition. »

Classe préparatoire intégrée à l'Institut national du patrimoine[modifier | modifier le code]

L'école des chartes assure une partie de la préparation au concours de conservateur du patrimoine, spécialité archives, des étudiants retenus dans la classe préparatoire intégrée de l'INP. Ces étudiants sont sélectionnés sur critères sociaux et académiques.

Recherche[modifier | modifier le code]

Le buste de Jules Quicherat par Jean Petit, souvent décoré et déguisé par les élèves

Les professeurs de l'École des chartes font partie du centre de recherche « Histoire, mémoire et patrimoine », dirigé par Olivier Guyotjeannin.

Quatre axes sont actuellement approfondis :

  • « Méthodologie et instruments de travail » afin de travailler à la constitution d'instrument de référence servant au monde scientifique (bibliographies, bases de données biographiques ou lexicographiques, etc.) et mis en ligne.
  • « Formes et pratiques de l'écriture documentaire médiévale » visant à l'édition et à l'étude d'actes privés
  • « Sources de l'histoire politique, administrative et judiciaire du Moyen Âge à l'époque moderne » : édition et étude de la production des institutions, visant à éclairer les mécanismes politiques ou judiciaires.
  • « Écriture, livre, archives : transmission des savoirs et conservation du patrimoine » sur la production et la transmission du patrimoine écrit.

Une part de l'activité de recherche de l'École est assurée grâce aux thèses des élèves, dont les champs d'études se sont diversifiés depuis de nombreuses années et touchent à toutes les périodes de l'histoire, notamment contemporaine[29].

Partenariats[modifier | modifier le code]

Un numériseur mis à disposition dans la bibliothèque

L'ouverture à d'autres institutions est un des piliers de la politique de l'actuelle direction. Elle s'est notamment rapprochée de l'École pratique des hautes études, de l'Institut de recherche et d'histoire des textes et du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de l'université de Poitiers pour créer l'École de l'érudition en réseau[30]. Elle participe aussi à l'Institut d'histoire du livre[31] avec la ville de Lyon (bibliothèque municipale et Musée de l'imprimerie), l'École normale supérieure de Lyon et l'Enssib.

L'école s'est aussi rapproché d'autres établissements d'enseignement supérieur parisiens pour former le pôle de recherche et d'enseignement supérieur Hautes Études-Sorbonne-Arts et Métiers (HESAM), dont la création a été officialisée le 30 décembre 2010[32].

L'école tente également de s'ouvrir à l'étranger. Des programmes de coopération ont été mis en œuvre avec des institutions comme les Archives d'État de Russie et plusieurs bibliothèques moscovites, l'université d'Alicante ou des centres de recherche italiens[33]. Traditionnellement, des élèves étrangers (souvent suisses, belges ou d'Afrique francophone) viennent se former à l'école. Aujourd'hui, elle tente d'attirer de nouveaux élèves, pour des séjours plus courts, grâce à des partenariats avec des universités. Les élèves sont également invités à effectuer des stages dans des services d'archives ou de bibliothèque de pays étrangers.

La bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque[34] est créée par l'ordonnance du 31 décembre 1846 : elle occupe alors l'une des deux pièces réservées à l'école dans l'hôtel de Soubise. Elle déménage avec l'école en 1897. La bibliothèque occupe depuis les deuxième (salle de lecture, salle d'histoire), troisième (salle du « fer à cheval ») et quatrième (bureaux, magasins dans le grenier) étages de l'école.

En 1920, sa gestion est confiée au secrétaire de l'école, à l'époque René Poupardin, disposant d'un gardien. Elle est aujourd'hui dirigée par un conservateur des bibliothèques.

Elle est conçue comme une bibliothèque de recherche et de travail. Ses collections sont donc particulièrement fournies dans les matières enseignées par l'école : histoire médiévale, philologie, histoire du livre et bibliographie, etc. Pour faciliter le travail des lecteurs, l'ensemble des collections (environ 150 000 volumes) est en libre accès. Le catalogue est disponible en ligne[35]. De très nombreuses ressources électroniques sont également disponibles sur place.

La bibliothèque manque actuellement de place. Il est prévu qu'elle rejoigne, elle aussi, la rue de Richelieu.

Diffusion des savoirs[modifier | modifier le code]

Un ouvrage publié aux éditions de l'école

L'école tente de mettre en valeur son travail scientifique et pédagogique à travers plusieurs entreprises. Parmi elles, le site Thélème[36] propose des dossiers pédagogiques, conseils, cours, fac similé interactifs pour s'auto-former dans les matières enseignées à l'école.

Éditions de l'École des chartes[modifier | modifier le code]

L'école publie également un certain nombre de travaux, sous forme papier ou électronique. Les « Mémoires et documents de l'École des chartes » sont des monographies, souvent issues d'une thèse d'École des chartes ou de doctorat. Ils sont publiés depuis 1896 et diffusés par Honoré Champion et Droz. Deux autres collections ont été créées plus récemment, les « Études et rencontres » (actes de colloques, brèves monographies) et « Matériaux pour l'histoire » (album illustrés, de grand format). Enfin, « ELEC » désigne les éditions en ligne de l'école[37], qui comprennent des bases de données, des éditions de textes, des actes de colloques, des bibliographies et des études.

La Société de l'École des chartes[modifier | modifier le code]

La Société de l'École des chartes[38] regroupe les élèves et anciens élèves qui le souhaitent. Elle est actuellement présidée par Marie-Paule Arnauld[39] qui a été élue le 29 mai 2010 en remplacement de Bernard Barbiche. Avec l'appui de l'École, la Société édite, deux fois par an, la Bibliothèque de l'École des chartes. Cette revue scientifique, fondée en 1839, est l'une des plus anciennes de France.

Quelques chartistes célèbres[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Élève de l'École nationale des chartes.

Recherche[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Sont parfois qualifiés de « chartistes » par des biographes peu rigoureux des historiens français (La Villemarqué, Achille Jubinal et Louis Madelin, par exemple) ou étrangers (Alfred Métraux, K. J. Conant ou Aleksander Gieysztor) qui ont suivi en auditeur libre certains enseignements dispensés à l'École. Il en est de même d'Auguste Poulet-Malassis, de José-Maria de Heredia et de François Mauriac, inscrits comme élèves, mais n'ayant pas achevé leur scolarité.

Liste des directeurs de l'école[modifier | modifier le code]

Liste des directeurs[40]
1847 1848 Jean-Antoine Letronne
1848 1854 Benjamin Guérard professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1854 1857 Natalis de Wailly membre de l'Institut
1857 1871 Léon Lacabane professeur à l'École des chartes
1871 1882 Jules Quicherat professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1882 1916 Paul Meyer professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1916 1930 Maurice Prou professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1930 1954 Clovis Brunel professeur à l'École des chartes, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, membre de l'Institut
1954 1970 Pierre Marot professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1970 1976 Michel François professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1976 1987 Jacques Monfrin professeur à l'École des chartes, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, membre de l'Institut
1987 1993 Emmanuel Poulle professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut
1993 2002 Yves-Marie Bercé professeur à l'université Paris-Sorbonne, membre de l'Institut
2002 2006 Anita Guerreau-Jalabert directeur de recherche au CNRS
2006 2011 Jacques Berlioz directeur de recherche au CNRS
2011 En cours Jean-Michel Leniaud[41] directeur d'études à l'EPHE

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les thèses soutenues à l'École des chartes depuis 1849 sont conservés aux Archives nationales sous la cote ABXXVIII[42].
  • Les papiers de la Société de l'École des chartes sont également conservés aux Archives nationales sous la cote 11AS[43].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • École nationale des chartes, Livre du centenaire (1821-1921), Paris, A. Picard, 1921, 2 vol. Le vol. 1, rédigé par Maurice Prou, est une histoire et une présentation de l'École.
  • Les chartistes dans la vie moderne : causeries faites à la société de l'école des chartes (1931-1936), Paris, Société de l'école des chartes, 1938, VIII-275 p.
  • École nationale des chartes, Livret de l'École des chartes (1821-1966), Paris, École des chartes, 1967. Contient les textes appliqués à l'établissement depuis 1821 et la liste des diplômés jusqu'en 1967. Dernière édition donnant tous les anciens élèves.
  • Jean-Michel Leniaud, « L'École des chartes et la formation des élites (XIXe siècle) », La revue administrative, 46, 1993, p. 618-624.
  • Olivier Guyotjeannin, « Aperçus sur l'École des chartes au XIXe siècle », Erudición y discurso histórico : las institutiones europeas (s. XVIII-XIX), éd. F. M. Gimeno Blay, Valencia, Universitat de València, 1993, p. 285-307.
  • L'École nationale des chartes : histoire de l'école depuis 1821, Thionville, G. Klopp, 1997, (ISBN 2-911992-05-9).
  • Christian Hottin, « L'École des chartes », Universités et grandes écoles à Paris, Les palais de la Science, Action Artistique de la Ville de Paris, 1999, p. 100-105, [lire en ligne].
  • Lara Jennifer Moore. Restoring order : the École des chartes and the organization of archives and libraries in France, Litwin Book, 2008.
  • Bertrand Joly, « L'École des chartes et l'affaire Dreyfus », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 147, 1989, p. 611-671, [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revue Bibliothèque de l'École des chartes (210 numéros en ligne, soit 15622 contributions, pour les années 1840-2006), Publiée par la Société de l'École des chartes, et consacrée à l’étude critique et à l’exploitation des matériaux de l’histoire (du Moyen Âge à nos jours).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Répartition par établissement, académie et fonction des personnels enseignants non permanents ou titulaires de l’enseignement supérieur, hors enseignants des disciplines hospitalo-universitaires, en 2009-2010 p. 15, effectif équivalent temps plein
  2. C qui implique une rémunération comme les élèves des ENS et de l’École polytechnique.
  3. a, b et c Site de l'École des chartes
  4. a, b, c, d, e et f Henri-Jean Martin, « Les chartistes et les bibliothèques », Bulletin des bibliothèques de France, 1972, no 12, p. 529-537.
  5. Société de l'École de Chartes, Livret de l'École de Chartes, Dumoulin et Auguste Durand, 1852, p. 37
  6. L'école son histoire, son œuvre. Livre du centenaire, Auguste Picard,‎ 1921, p. 10
  7. Société de l'École de Chartes, Livret de l'École de Chartes, op. cit., p. 40
  8. Société de l'École des chartes, Chronique et mélanges, Bibliothèque de l'École des chartes, volume 50, 1989, p. 279
  9. a et b Christian Hottin, « L’École des Chartes », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris : les palais de la science, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1999 (ISBN 2-913246-03-6), p. 100-104, spécialement p. 100.
  10. P. Frédéricq, « L'enseignement supérieur de l'histoire à Paris, notes et impressions de voyage » dans Revue internationale de l'enseignement, 2e semestre 1883, p. 746-752 : « L’École des chartes m'a paru être une institution hors de pair. C'est, avec l'École pratique des hautes études, ce que l'enseignement historique offre de plus solide, de plus complet, de plus vraiment scientifique à Paris. Aussi l'étranger envie-t-il à la France son École des chartes, déjà ancienne, l'Allemagne, si bien outillée dans ses universités pour l'histoire et les sciences auxiliaires, ne possède rien d'analogue jusqu'à présent à ma connaissance. »
  11. a et b Site des Archives nationales
  12. Claire Berche, « Bibliothèque des Archives nationales » dans Les Bibliothèques parisiennes : architecture et décor, p. 200-201.
  13. Christian Hottin, « L’École des Chartes », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris : les palais de la science, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1999 (ISBN 2-913246-03-6), p. 100-104, spécialement p. 102.
  14. Bertrand Joly, « L'École des chartes et l'affaire Dreyfus » dans Bibliothèque de l'École des chartes, 1989, vol. 147-1, p. 611-671.
  15. Olivier Dumoulin, « Histoire et historiens de droite », in Jean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites en France, tome 2, « Cultures », Éditions Gallimard, collection « Tel », 2006, p. 361-362.
  16. Arrêtés des 19 juin 1931, 16 mars 1931 et 5 octobre 1932
  17. Arrêté du 22 février 1932 ; décrets des 29 avril 1933 et 29 novembre 1933
  18. Daniel Renoult, « Les formations à la recherche de leurs réformes », dans Histoire des bibliothèques françaises, 2e éd., tome IV, p. 847-858, spécialement p. 848.
  19. Brochure de présentation de l'école, 2012, p. 7.
  20. Communiqué de presse du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 11 juillet 2008.
  21. Jacques Berlioz, l'École des chartes et le campus Nicolas de Condorcet.
  22. Version consolidée du décret.
  23. a et b Les conseils de l'École des Chartes
  24. En réalité, les cours s'étendent sur trois années universitaires. Les élèves disposent encore de quelques mois pour terminer leur thèse et passer les concours des écoles d'application et intègrent ces écoles en janvier.
  25. Un certain nombre de postes de conservateurs d'État sont réservés aux chartistes, mais il n'existe pas de telle réserve pour les postes de conservateurs territoriaux.
  26. Suite au décret 2007-1245 du 20 août 2007 réformant le statut des conservateurs du patrimoine ; voir aussi « Réforme du statut des conservateurs », dans Cultures, no 100, sept.-novembre 2007, p. 7.
  27. Liste complète des enseignements par semestre sur le site de l'école
  28. Le master sur le site de l'école
  29. Voir les positions des thèses de ces dernières années, représentatives de la diversité des recherches menées
  30. Site internet de l'École de l'érudition en réseau.
  31. Site de l'Institut d'histoire du livre.
  32. Communiqué de presse du 5 janvier 2011.
  33. Quelques programmes de partenariats sur le site de l'école
  34. La bibliothèque sur le site de l'école.
  35. Catalogue de la bibliothèque de l'école.
  36. Site internet de Thélème
  37. Site des éditions en ligne de l'École des chartes
  38. Site officiel de la Société de l'École des chartes
  39. Marie-Paule Arnauld élue président de la Société de l'École des chartes
  40. Établie à partir du Livre du centenaire (1821-1921) et de la Bibliothèque de l'École des chartes
  41. Décret du 10 août 2011
  42. [1]
  43. Archives nationales