Pauline Roland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Roland (homonymie).

Pauline Roland

Nom de naissance Marie Désirée Pauline Roland
Naissance 7 juin 1805[1]
Falaise
Décès 16 décembre 1852 (à 47 ans)[2]
Lyon
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme
Brevet d’institutrice
Profession Institutrice
Activité principale Journaliste
Autres activités
Militante féministe

Marie Désirée Pauline Roland, née à Falaise le 18 prairial an XIII (7 juin 1805) et morte à Lyon le 16 décembre 1852, est une féministe socialiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pauline Roland a reçu une instruction à l’insistance de sa mère, receveuse des postes de Falaise. Initiée par un de ses professeurs aux idées saint-simoniennes du fondateur du socialisme français, elle devient une adepte enthousiaste de sa philosophie. Suivant son arrivée à Paris en 1832, elle commence à écrire pour les premiers journaux féministes et compile une remarquable série d’histoires de France (1835), d’Angleterre (1838), d’Écosse et d’Irlande (1844).

Proche associée de George Sand et de Pierre Leroux, elle se joint à son phalanstère fouriériste à Boussac en 1847 où elle travaille comme institutrice et écrit pour l'Éclaireur de l'Indre. Elle vit pendant douze ans en union libre jusqu’en 1845 avec Jean-François Aicard, en insistant pour que leurs deux enfants, et un fils dont le père était Adolphe Guéroult, portent son nom et soient élevés par elle : « Je ne consentirai jamais à épouser aucun homme dans une société où je ne pourrais pas faire reconnaître mon égalité parfaite avec celui auquel je m’unirais… » À la mort de Flora Tristan en 1844, elle prendra également soin de sa fille Aline (qui sera plus tard la mère de Gauguin).

De retour à Paris en décembre, elle s’engage activement dans l’agitation et la publication féministes et socialistes, notamment avec Jeanne Deroin et Désirée Gay. Elle collabore à la Femme nouvelle. En 1848, elle prend la direction du Club républicain des femmes. Avec Jeanne Deroin et Gustave Lefrançais, elle fonde, en 1849, l’Association des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes qui insiste sur l’importance de l’égalité des sexes dans un programme d’éducation s’étendant sur les dix-huit premières années de la vie et des femmes restant dans le monde du travail. Elle a ensuite joué un rôle principal en convoquant l’Union des associations de travailleurs.

Elle a écrit dans les journaux de Proudhon le Peuple puis la Voix du Peuple[3].

En octobre 1849, les délégués de plus de 100 professions élisent Pauline Roland au comité central. Cette tentative de rétablissement du mouvement coopératif en 1848 est supprimée par le gouvernement en avril 1850 et Pauline Roland est au nombre des cinquante personnes arrêtées le mois suivant. À son passage devant la justice pour socialisme, féminisme et « débauche », elle fait l’objet d’attaques violentes avant d’être emprisonnée sept mois jusqu’à juillet 1851. Ceci ne l’empêche aucunement de s’impliquer très activement dans la résistance parisienne au coup d'État du 2 décembre 1851 qui mène au Second Empire, ce qui lui vaut d’être condamnée à dix ans de déportation en Algérie. Elle ne doit sa libération anticipée qu’à l’intervention de George Sand et de Pierre-Jean de Béranger. Sur le chemin du retour où elle allait retrouver ses enfants, les dures conditions de détention qu’elle avait dû endurer finissent par avoir raison de sa santé et entraîner sa mort.

Victor Hugo lui a consacré dans les Châtiments, le poème qui débute ainsi :

Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine…

Traductions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoîte Groult, Pauline Roland, ou comment la liberté vint aux femmes, Paris, Robert Laffont, 1991 (ISBN 978-2221065211)
  • Stéphane Michaud, Flora Tristan, George Sand, Pauline Roland : les Femmes et l’invention d’une nouvelle morale, 1830-1848, Paris, Créaphis, 2002 (ISBN 978-2907150507)
  • Édith Thomas, Pauline Roland : socialisme et féminisme au XIXe siècle, Paris, Marcel Rivière, 1956.
  • Fayçal Ouaret, Terres noires, Journal de Pauline Roland à Sétif, roman, Alger, Éditions Alpha, 2007.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]