Illuminisme

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Page d'aide sur l'homonymie Le terme illuminisme qui se réfère au mouvement du XVIIIe ne doit pas être confondu avec la philosophie illuminative ou illuminationiste islamique développée par Sohrawardi au XIIe

L'illuminisme est un courant de pensée philosophique et religieux du XVIIIe qui se fonde sur l'idée d'illumination, c'est-à-dire d'une inspiration intérieure directe de la divinité. Ce courant est une réaction à l’esprit matérialiste des philosophes encyclopédistes du XVIIIe siècle[1].

Sommaire

Étymologie et usages [modifier]

Le terme a également été utilisé, notamment par Marcel Bataillon, pour désigner la doctrine des Alumbrados ou Illuminés d'Espagne, groupe de mystiques espagnols du XVIe siècle[2], ou pour parler de celle des quakers du XVIIe siècle[3].

Objectif [modifier]

L’illuminisme propose une lecture des textes chrétiens à la lumière du néo-platonisme et des sciences occultes, mettant l’accent sur l’intériorité de la quête mystique, et rejetant les formalités scolastiques. Ses principales figures sont le Suédois Emanuel Swedenborg (1688-1772) et les Français Antoine de La Salle (1754-1829), Martinès de Pasqually (1727 ?-1774), Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) et Antoine-Joseph Pernety, dit dom Pernety (1716-1796). L'illuminisme s'inspire des mystiques allemands Valentin Weigel (1533-1588) et Jakob Böhme (1575-1624).

NB : il importe de ne pas confondre l'illuminisme au sens français avec ce que les Italiens appellent illuminismo et qui signifie l'adhésion au rationalisme des Lumières, c'est-à-dire à peu près l'exact contraire.

Illuminisme dans l'Art [modifier]

La descendance de l’illuminisme sera nombreuse et féconde : le romantisme et le symbolisme y puiseront leur conception du monde comme universelle analogie. Balzac, entre beaucoup d’autres, fut profondément influencé par la pensée illuministe : on s’en apercevra aisément en lisant Louis Lambert, La Recherche de l’absolu, ou Le Lys dans la vallée.

Notes et références [modifier]

  1. Comme le dit Robert Amadou : « Le siècle des lumières est aussi celui des illuminés. La formule vient de René Jasinski. Le fait qu'elle résume fut long à s'imposer. Il a cessé d'être contestable ». Préface à L'Homme de désir de Louis-Claude de Saint-Martin, p. 9, éd. du Rocher, 1979, (ISBN 2268000400)
  2. Marcel Bataillon, Érasme et l'Espagne : recherches sur l'histoire spirituelle du XVIe siècle, Librairie Droz, 1937, réédition 1998
  3. Jacques Tual, « L'illuminisme quaker », dans Les Piétismes à l'âge classique : crise, conversion, institutions, édité par Anne Lagny, Presses univ. Septentrion, 2001, p. 281-308

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Antoine Faivre, Mystiques, théosophes et illuminés au siècle des lumières, G. Olms, 1976
  • Lumières et illuminisme : actes du colloque international (Cortone, 3-6 octobre 1983), Pacini, 1985
  • Auguste Viatte, Les Sources occultes du romantisme : illuminisme-théosophie, 1770-1820, Champion, 1969

Articles connexes [modifier]