Edmonde Charles-Roux

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Edmonde Charles-Roux
Image illustrative de l'article Edmonde Charles-Roux
Edmonde Charles-Roux (janvier 2011).

Naissance 17 avril 1920 (94 ans)
Neuilly-sur-Seine
Nationalité française
Profession journaliste, femme de lettres
Récompenses prix Goncourt (1966)
Distinctions honorifiques Croix de guerre,
Légion d'honneur
Médias
Média principal presse écrite
Pays France
Presse écrite Elle, Vogue

Edmonde Charles-Roux, née le 17 avril 1920 à Neuilly-sur-Seine, est une femme de lettres française. Elle a également été la conjointe de Gaston Defferre ancien maire de Marseille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edmonde Charles-Roux est la fille de François Charles-Roux, ambassadeur de France, membre de l'Institut de France et dernier président de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez.

Une femme dans la guerre[modifier | modifier le code]

Edmonde Charles-Roux est, au cours de la Seconde Guerre mondiale, infirmière ambulancière volontaire, tout d'abord dans une unité de la Légion étrangère, le 11e régiment étranger d’infanterie. Elle est blessée à Verdun en portant secours à un légionnaire. Ensuite, elle entre en Résistance, toujours comme infirmière.

Après le débarquement de Provence, elle est rattachée ensuite à la 5e division blindée où elle exerce encore comme infirmière mais aussi comme assistante sociale divisionnaire. Elle a sous sa tutelle le 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC) et le Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE).

Décorée de la Croix de guerre, avec plusieurs citations, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur en 1945 et reçoit la distinction de « vivandière d'honneur » du RMLE des mains du colonel Gaultier, chef de corps.

Edmonde Charles-Roux honore la Légion étrangère de son implication auprès des légionnaires les plus démunis depuis plus de 60 ans et reçoit en 2007 la distinction et le grade de caporal d'honneur de la Légion étrangère.

Journaliste[modifier | modifier le code]

Après avoir retrouvé la vie civile, Edmonde Charles-Roux entre en 1946 à la rédaction d'un journal en voie de création, l'hebdomadaire féminin Elle. Edmonde Charles-Roux y passe deux ans[1].

À partir de 1948, elle travaille à l'édition française du magazine Vogue en tant que courriériste, et en devient la rédactrice en chef en 1954. Sa direction marque une profonde rupture dans le contenu et la mise en page du magazine.

La lecture de Vogue démocratise le luxe tout en donnant l'accès aux artistes les plus novateurs de l'époque, qu'il s'agisse d'écrivains comme François-Régis Bastide, Violette Leduc ou François Nourissier, ou de photographes comme Guy Bourdin, Henry Clarke, Irving Penn ou William Klein, ou encore des créateurs Christian Dior, Yves Saint Laurent et Emanuel Ungaro. En alliant prêt-à-porter et Pop Art, Edmonde Charles-Roux ne traite la mode qu'en la mettant en relation étroite avec toute autre forme de création. Elle quitte l'édition française de Vogue en 1966 dans un souffle de scandale, après avoir voulu imposer une femme de couleur en couverture du magazine[1].

Femme de lettres[modifier | modifier le code]

Trois mois plus tard, toujours en 1966, Edmonde Charles-Roux signe Oublier Palerme et se voit décerner le prix Goncourt. Ce roman est adapté au cinéma, en 1989, par Francesco Rosi sous le même titre en français, Oublier Palerme (en italien, Dimenticare Palermo). Elle rencontre la même année le maire de Marseille Gaston Defferre, et l'épouse en 1973.

Edmonde Charles-Roux connaît par la suite une carrière littéraire marquée notamment par Elle Adrienne, roman paru en 1971, L'Irrégulière, sur Coco Chanel, paru en 1974, et la biographie d'Isabelle Eberhardt en deux tomes, Un désir d'Orient et Nomade j'étais, parus en 1988 et 1995 respectivement.

Edmonde Charles-Roux est aussi connue pour la publication de ses récits-photo sur la vie de Gaston Defferre (L'Homme de Marseille en 2001), ou de celle de Coco Chanel (Temps Chanel en 2004).

Enfin, elle signe les livrets de plusieurs ballets de Roland Petit parmi lesquels Le Guépard et Nana.

Membre de l'académie Goncourt depuis 1983, elle en devient la présidente de 2002 à 2014 (le prix 2013 est le dernier attribué sous sa présidence). Elle reste membre de l'académie et cède la présidence au journaliste Bernard Pivot. Au nom du pluralisme de la presse, elle préside jusqu'en 2011 la Société des amis de l'Humanité.

En 2008, elle fait partie de la commission présidée par Hugues Gall et chargée par Christine Albanel, ministre de la Culture, de pourvoir le poste de directeur de la Villa Médicis à Rome.

En avril 2010, elle reçoit du président de la République Nicolas Sarkozy la décoration de Commandeur de la Légion d'honneur. Elle est élevée à la dignité de grand officier en juillet 2013[2].

Elle est présidente de l'« Association pour le soutien de la Maison Elsa Triolet-Aragon » sise au Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère et Képi blanc
  • Edmonde Charles-Roux : Les années mode, Marseille, Musées de Marseille,‎ 1995, 44 p. (ISBN 2-902308-14-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]